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Princes et princessesEn familleFées et magieVoyages et aventures

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La Princesse Miao Shan

Version du texte

Sur ces entrefaites Tchao-tcheng et Lieou-k’in les deux envoyés royaux arrivèrent à la pagode de Hiang-chan ; Miao-chan avertie de leur arrivée, envoya Chan-tsai qui les introduisit auprès d’elle. Les deux officiers exhibèrent la lettre du roi, et en donnèrent lecture.

— Le roi a appris qu’ici vit un immortel dont la puissance et la miséricorde n’ont point d’égales au monde, sa réputation de clémence a passé au-delàau delà des quatre mers jusque dans mon royaume de Hing-ling. Moi, Miao-tchoang, roi de cet État, j’ai dépassé la cinquantaine, et je suis affligé d’ulcères que tous les remèdes ont été impuissants à guérir. Voici qu’aujourd’hui un moinebonze me donne l’assurance qu’à Hiang-chan je pourrai recevoir la main et l’œil qu’une personne vivante aura sacrifiésobtenir la main et l’œil d’une personne vivante, et qu’il en préparera une potion mystérieuse capable de me rendre toute ma santérestituer ma santé dans son état primitif. Confiant dans ses paroles et dans la bonté de l’immortel à qui il m’adresse, j’ose demander qu’on veuille bien me prêter les deux parties du corps vivant nécessaires pour guérir mes ulcères. Je vous assure de mon impérissable reconnaissance, et j’envoie les deux ministres Tchao-tcheng et Lieou-k’in recevoir ce que je vous demande avec confiance.

Le matin suivant, l’immortelle de la pagode leur demande de lui prendre la main gauche et l’œil gauche. Lieou-k’in hésite devant ce sacrifice.ordonne de prendre un couteau, de lui couper la main gauche et de lui cerner l’œil gauche. Lieou-k’in prend le couteau qu’on lui présente, mais il n’ose pas couper.Explication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original. — Hâtez-vous, presse l’immortelle, vous avez ordre de retourner le plus rapidement possible ; pourquoi hésitez-vous comme une jeune fille ?

Lieou-k’in dut obéir. Le sacrifice s’accomplit, et une odeur d’encens se répandit.s’exécuter, il enfonce le couteau, le sang jaillit vermeil et inonde la terre, il répand comme une odeur d’encens.Explication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original. L’œil et la main sont déposés sur un plateau d’or et les envoyés se hâtent de retourner après avoir offert leurs hommages reconnaissants à l’immortelle. Quand les officiers furent repartis, Miao-chan qui s’était transformée pour leur offrir une main etpermettre de lui couper une main et de lui arracherExplication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original. un œil, s’adressa alors à Chan-tsai, lui annonça qu’elle partait pour le royaume de Hing-ling afin de préparer elle-même la potion exigée pour la guérison du roi.

— Si la reine envoie de nouveau chercher un œil et une main je me métamorphoserai de nouveau et tu les lui donneras.

ÀA peine avait-elle achevé qu’elle monta sur une nuée et disparut dans l’espace. Les deux officiers arrivent au palais et présentent à la reine le terrible remèderemède macabre qu’ils avaient apporté ; celle-ci émue de reconnaissance et de compassion s’écria les larmes aux yeux :

— Quel immortel peut bien être assez charitable pour daigner sacrifier sa main et son œil même pour le salut d’un roi ?

Puis subitement ses larmes redoublent d’abondance, elle jette un cri, elle croit reconnaître la main de sa fille Miao-chan à une tache noire et indélébile qui la caractérisait.

— Qui en effet, poursuit-elle d’une voix entrecoupée de sanglots, qui pourrait avoir le courage de donner sa main sinon un enfant pour le salut de son père ?

— Sur la terre il ne manque point de mains semblables, reprit le roi, que dis-tu là ?

Pendant qu’ils étaient hésitants, le moinebonze entra dans l’appartement du roi. — Il y a deux cents ans et plus, dit-il, que cette grande immortelle s’adonne à la perfection, innombrables sont ceux qu’elle a déjà sauvés. Donnez-moi cette main et cet œil.

Il les saisit, voila les yeux des assistants, prit une pilule magique qu’il mélangea avec une poudre médicale et en composa un médicament. S’adressant ensuite au roi :

— Appliquez cet onguent sur votre côté gauche.

Le remède n’eut pas plutôt touché la peau que toute douleur disparut comme par enchantement, il ne resta plus aucune trace d’ulcères sur toute la partie gauche de son corps mais le côté droit resta gonflé et endolori comme par le passé.

— Pourquoi, dit-il, ce remède mystérieux, si efficace pour le côté gauche ne produit-il aucun effet pour le côté droit ?

— C’est, reprit le moinebonze, que la main gauche de la sainte ne guérit que le côté gauche par son contactattouchement. Si vous voulez envoyer de nouveau vos officiers lui demander son œil droit et sa main droite, votre guérison sera complète.

Le roi envoya de nouveau les deux officiers avec une lettre de remerciements pour le bienfait obtenu, dans laquelle il la priaitet la priant d’y mettre le comble en guérissant son côté droit.

Au retour des envoyés, Chan-tsai prit la figure de Miao-chan déjà privée d’une main et d’un œilà demi mutilée, leur demanda de lui prendre la main droite etcommanda de lui couper la main droite, de lui arracherExplication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original. l’œil droit, et de les déposer sur un plateau. Lieou-k’in à la vue de ces blessuresquatre blessures sanglantes ne put s’empêcher de s’écrier :

— Ce moinebonze est un méchant homme, comment peut-il oser martyriser ainsi une femme pour guérir le roi et obtenir sa succession ?

Cette réflexion faite il repartit pour le royaume de Hing-ling avec son compagnon. Le roi en les voyant de retour fut au comble de la joie ; le moinebonze accourt, prend une seconde pilule magique qu’il fait dissoudre dans l’eau, ordonne au roi de l’appliquer sur son côté droit, les ulcères disparaissent comme les ténèbres au lever du soleil. La cour entière accourt féliciter le roi de sa guérison et acclame le moinebonze. Le roi lui confère le titre honorifique de : MoineBonze à l’œil brillant. Ce dernier se prosterna pour remercier le souverain, et ajouta :

— Moi, pauvre moinebonze, j’ai quitté le monde, je n’ai qu’un désir c’est que votre Majesté gouverne ses sujets avec équité et miséricorde, que tous les officiers du royaume se montrent des hommes de devoir ; quant à moi, je suis accoutumé à errer de-ci de-là, je n’ai aucun désir d’obtenir la royauté, mon bonheur l’emporte sur tous les bonheurstoutes les félicités d’ici-bas.

ÀA ces derniers mots, il agita la manche de sa robe, un nuage descendit du haut des cieux, le moinebonze s’y assit et monta dans les airs où il disparut. De la nue tomba un billet contenant ces mots :

— Je suis un des maîtres de l’occident, je suis venu pour guérir la maladie du roi et rendre hommage à la vraie doctrine.

Tous ceux qui furent témoins de ce prodige s’écrièrent unanimement :

— Ce moinebonze est le bouddha vivant qui remonte aux cieux !

On porta le billet au roi Miao-tchoang qui s’écria :

— Qui suis-je pour avoir mérité qu’une des puissances du ciel daigne descendre vers moi et me guérir en sacrifiant ses mains et ses yeux !

Quel visageQuelle figure avait ce saint personnage qui vous a donné ce remède ? demanda-t-il ensuite au ministre Tchao-tcheng.

— C’est une femme qui m’a paru avoir le visage de votre fille défuntela figure de feue votre fille Miao-chan.

— Quand elle a sacrifié ses mains ettu as coupé ses mains et arraché ses yeux, a-t-elle paru souffrir ? — J’ai été bouleversé par son sacrificeseulement vu couler du sang en grande abondance, et le cœur m’a manquéExplication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original., mais le visage de la donatrice paraissait rayonnant de bonheur.

— C’est bien sûr ma fille Miao-chan qui est parvenue à la perfection spirituelleperfection ; qui aurait bien pu me donner ses yeux et ses mains sinon elle ? Vous tous, purifiez-vous et gardez l’abstinence et vous irez à Hiang-chan remercier la sainte de cette faveur inappréciable. J’irai moi-même plus tard faire un pèlerinage de remerciement.