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Neige et hiverVoyages et aventuresTous ensemble

La Reine des neiges

Les éclats d’un miroir maléfique entrent dans l’œil et le cœur d’un garçon, qui devient froid et méchant. Puis la Reine des neiges l’emporte avec elle. Son amie refuse de l’abandonner et part à sa recherche. Dans ce conte d’Andersen, elle traverse des jardins, des palais, le pays des brigands et des terres glacées. Elle est petite, mais son désir de retrouver son ami lui donne beaucoup de courage.

Scènes d’enfants, op. 15 — Des pays et des hommes étrangers

Robert Schumann
Version du texte

Première histoire (conte en sept histoires) — Qui traite du miroir et de ses morceaux

Voilà ! nous commençons. Quand nous serons au bout de l’histoire, nous en saurons plus que nous ne savons maintenant. Il y avait un méchant troll, un des pires : c’était « le diable ». Un jour,maintenant ; car c’était un méchant trold ; c’était un des pires, c’était « le diable », Un jour, il était de très bonne humeur, parce qu’il avait fabriqué un miroir. Ce miroir avait un pouvoir : tout ce qui était bon et beau devenait presque insignifiant dans son reflet. Mais tout ce qui ne valait rien et paraissait laid y ressortait et devenait encore plus laidun miroir, et ce miroir avait cette propriété que tout le bon et le beau qui s’y réfléchissait s’y réduisait à presque rien, mais tout ce qui ne valait rien et avait vilain aspect y ressortait et devenait encore plus vilain. Les plus charmants paysages y avaient l’air d’épinards cuits, et les meilleures personnes devenaient repoussantesles meilleures gens devenaient repoussants ou se tenaient la tête en bas sans ventre, les visages étaient déformés au point de devenir méconnaissablesles visages étaient dénaturés au point de n’être plus reconnaissables, et si l’on avait une tache de rousseur, on pouvait être sûr que le nez et la bouche en étaient couverts. C’était tout à fait amusant, disait « le diable ». Et si quelqu’un était saisi d’une pensée bonne et pleine de foiune bonne et pieuse pensée, on voyait dans le miroir une grimace, qui faisait rire le diable-trolltrold de son ingénieuse invention. Tous ceux qui allaient à l’école des trolltrolds, car il avait une école de trolltrolds, racontaient partout qu’un miracle s’était produit ; on allait enfin voir, disaient-ils, le vrai visage du monde et des gensla véritable figure du monde et des gens. Ils couraient de tous côtés avec le miroir, et finalement, tous les hommes et tous les pays y avaient été déformésil n’y eut finalement pas un homme ni un pays qui n’y eût été déformé. Ils voulurent alors voler aussi vers le ciel même pour se moquer des anges et de « Notre-Seigneur ». Plus ils s’élevaient hautPlus ils s’élevèrent haut avec le miroir, plus celui-ci grimaçait. Ils avaient du mal à le tenir. Ils volèrentplus celui-ci grimaça, ils avaient peine à le tenir ; ils volèrent de plus en plus haut, de plus en plus près de Dieu et des anges; alors le miroir gigota si effroyablement avec ses grimaces qu’il leur échappa des mains et vint s’écraser à terre, où il se brisa en centaines de millions ou en milliards de morceaux et davantage. Il fit ainsi beaucoup plus de mal qu’avant. Plusieurs de ces morceaux étaient à peine plus gros que des grains de sable et volèrent partout dans le monde. Lorsqu’ils entraient dans les yeux des gens, ils y restaient. On voyait alors tout déformé, ou on ne voyait que le mal dans chaque chose : chaque poussière avait gardé le pouvoir du miroir entier., et ainsi fit beaucoup plus de mal que précédemment; car plusieurs de ces morceaux n’étaient guère plus gros que des grains de sable, et volèrent partout dans le monde, et lorsqu’ils entraient dans les yeux des gens, ils y restaient, et alors on voyait tout défiguré, ou bien en toute chose on ne voyait que ce qui était mal, chaque poussière du miroir ayant conservé la propriété qu’avait le miroir entier ; Quelques personnes eurent mêmequelques personnes eurent même un petit fragment du miroir qui vint se loger dans leur cœur, et alors, ce fut affreux, leur cœur fut comme un bloc de glace. Quelques morceaux du miroir furent assez grands pour servir de vitres, mais à travers ces vitres-là il n’était pas bon de voir ses amis; d’autres morceaux furent employés pour des lunettes, et tout allait mal, quand des gens prenaient ces lunettes pour bien voir et se montrer justesse montrer équitables; le diable riaitle malin riait à s’en faire éclater le ventre, ce qui le chatouillait très agréablement. Et dans l’air volaient encore de minuscules particules de verrede petits atomes de verre. Écoutez maintenant.

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