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黄金与宝藏谜团与秘密

Ali Baba et les Quarante Voleurs

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Mais lorsque fut la huit cent cinquante-deuxième nuit

Elle dit :

… au nombre de quarante : pas un de plus, pas un de moins.

Et ils arrivèrent, ainsi chargés, au pied d’un grand rocher qui était à la base du monticule, et s’arrêtèrent en file bien ordonnée. Et leur chef, qui était en tête de file, déposa un instant son lourd sac de voyageson lourd bissac sur le sol, se redressa de toute sa taille face au rocher et, d’une voix retentissante, s’adressant à quelqu’un ou à quelque chose d’invisible à tous les regards, il s’écria :

« Sésame, ouvre-toi ! »

Et aussitôt le rocher s’entrouvrits’entr’ouvrit largement.

Illustration

Alors le chef des brigands voleurs s’écarta un peu, pour laisser d’abord ses hommes passer devant lui. Et quand ils furent tous entrés, il rechargea son sac de voyageson bissac sur son dos, et pénétra le dernier.

Puis il s’écria d’une voix de commandement qui n’admettait aucune répliqued’une voix de commandement sans réplique :

« Sésame, referme-toi ! »

Et le rocher se referma en se scellant, comme si jamais la sorcellerie du brigand ne l’avait divisé, par le pouvoir de la formule magiquepar la vertu de la formule magique.

À cette vue, Ali Baba fut prodigieusement étonnés’étonna en son âme prodigieusement, et se dit : « Pourvu que, par leur science de la sorcellerie, ils ne découvrent pas ma cachettema retraite et ne me réduisent alors à un petit paquet, en faisant entrer ma longueur dans ma largeuret ne fassent alors entrer ma longueur dans ma largeur ! » Et il se garda bien de faire le moindre mouvement, malgré toute l’inquiétude qui le tourmentaitl’inquiétude qui le travaillait au sujet de ses ânes, qui continuaient à s’ébattre librement dans le fourré.

Quant aux quarante voleurs, après un séjour assez prolongé dans la caverne où Ali Baba les avait vus s’engouffrer, leur retour s’annonça par un bruit souterrainils donnèrent quelque signe de leur réapparition par un bruit souterrain semblable à quelque tonnerre lointain. Et le rocher finit enfin par se rouvrir et laisser sortir les quarante, avec leur chef en tête, et tenant à la main leurs sacs de voyageleurs bissacs vides. Et chacun d’eux retourna à son cheval, le rebrida, et sauta dessus, après avoir fixé le sac de voyagele bissac sur la selle. Et le chef se tourna alors vers l’ouverture de la caverne et prononça à haute voix la formule : « Sésame, referme-toi ! » Et les deux moitiés du rocher se rejoignirent et se soudèrent sans aucune trace de séparation. Et tous reprirent, avec leur mine de goudron et leurs barbes de cochons, le chemin par où ils étaient venus. Et voilà pour eux.

Mais pour ce qui est d’Ali Baba, la prudence, qu’Allah lui avait donnée parmi ses autres donsla prudence, qui lui était échue en partage parmi les dons d’Allah, fit qu’il resta encore dans sa cachette, malgré tout le désir qu’il avait d’aller rejoindre ses ânes. Car il se dit : « Ces terribles brigands voleurs peuvent bien, ayant oublié quelque chose dans leur caverne, revenir sur leurs pas à l’improviste et me surprendre ici même. Et c’est alors, ya Ali Baba, que tu verras ce qu’il en coûte à un pauvre diable comme toi de se mettre sur la route de si puissants seigneurs ! » Donc, ayant ainsi réfléchi, Ali Baba se contenta simplement de suivre de l’œil les redoutables cavaliers jusqu’à ce qu’il les ait perdus de vuejusqu’à ce qu’il les eût perdus de vue. Il attendit encore bien longtemps après leur disparition. Toute la forêt avait retrouvé un silence rassurant quand il se décida enfin à descendre de son arbre. Il prit encore mille précautions, se retournant à droite et à gauche à chaque fois qu’il passait à une branche plus basseEt ce ne fut que bien longtemps après qu’ils eurent disparu, et que toute la forêt fut rentrée dans un silence rassurant, qu’il se décida enfin à descendre de son arbre, et encore avec mille précautions, et en se retournant à droite et à gauche au fur et à mesure qu’il quittait une branche élevée pour une branche plus basse.

Lorsqu’il fut à terre, Ali Baba s’avança vers le rocher en question, mais tout doucement et sur la pointe des pieds, en retenant sa respiration. Il aurait bien voulu aller d’abord revoir ses ânes et se rassurer à leur sujet : ils étaient toute sa fortune et le pain de ses enfants. Mais tout ce qu’il avait vu et entendu du haut de son arbre avait allumé dans son cœur une curiosité sans précédentEt il aurait bien voulu auparavant aller revoir ses ânes et se tranquilliser à leur sujet, vu qu’ils étaient toute sa fortune et le pain de ses enfants, mais une curiosité sans précédent s’était allumée dans son cœur de tout ce qu’il avait vu et entendu du haut de son arbre. Et d’ailleurs c’était sa destinée qui le poussait invinciblement vers cette aventure-là.

Or, arrivé devant le rocher, Ali Baba l’inspecta de haut en bas, et le trouva lisse et sans une fissuresans une anfractuosité où aurait pu se glisser la pointe d’une aiguille. Et il se dit : « C’est pourtant là-dedans que sont entrés les quarante, et c’est bien avec mon propre œil que je les ai vus disparaître là-dedans ! Ya Allah ! Quelle subtilité ! Et qui sait ce qu’ils sont entrés faire dans cette caverne protégée par toutes sortes de talismans dont je ne sais riendéfendue par toutes sortes de talismans dont j’ignore le premier mot ! » Puis il pensa : « Par Allah ! j’ai pourtant bien retenu la formule d’ouverture et la formule de fermeture ! Si je les essayais un peu, pour voir seulement si dans ma bouche elles ont le même pouvoir quela même vertu que dans la bouche de cet effrayant bandit géant ! »

Et, oubliant toute sa timidité d’autrefoisoubliant toute sa pusillanimité ancienne, et poussé par la voix de sa destinée, Ali Baba le bûcheron se tourna vers le rocher et dit :

« Sésame, ouvre-toi ! »

Et bien que les trois mots magiques aient été prononcésEt bien que les trois mots magiques eussent été prononcés d’une voix mal assurée, le rocher se sépara et s’ouvrit largement. Et Ali Baba, dans une épouvante extrême, aurait bien voulu tourner le dos à tout cela et laisser ses jambes l’emporter comme le venteut bien voulu tourner le dos à tout cela et livrer ses jambes au vent, mais la force de sa destinée l’immobilisa devant l’ouverture et le força à regarder. Et, au lieu de voir là dedans une caverne de ténèbres et d’horreur, il fut immensément surprisil fut à la limite de la surprise en voyant s’ouvrir devant lui une large galerie, qui donnait de plain-pied sur une salle spacieuse creusée en voûte à même la pierre, et recevant largement la lumière par des ouvertures angulaires ménagées dans le haut. Si bien qu’il se décida à mettre un pied devant l’autre, et à pénétrer dans ce lieu qui, à première vue, n’avait rien de particulièrement terrifiant. Il prononça donc la formule pour demander la protection divinela formule propitiatoire : « Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux ! » qui acheva de le réconforter, et s’avança sans trop trembler jusque dans la salle voûtée. Et dès qu’il y fut arrivé, il vit les deux moitiés du rocher se rejoindre sans bruit et boucher complètement l’ouverture. Cela l’inquiéta malgré tout, car maintenir son courage n’était pas son fort : ce qui ne laissa pas de l’inquiéter, malgré tout, vu que la constance dans le courage n’était pas son fort. Toutefois il pensa qu’il pourrait désormais, grâce à la formule magique, faire s’ouvrir d’elles-mêmes devant lui toutes les portes. Et il se laissa alors aller à regarder en toute tranquillité ce qui s’offrait devant ses yeux.

Et il vit, tout le long des murs, s’étageant jusqu’à la voûte, des piles et des piles de riches marchandises, et des ballots d’étoffes de soie et de brocart, et des sacs de provisions de nourriturede provisions de bouche, et de grands coffres remplis jusqu’aux bords de pièces d’argentd’argent monnayé, et d’autres pleins d’argent en lingots, et d’autres remplis de dinars d’or et de lingots d’or par rangées alternées. Et, comme si tous ces coffres et tous ces sacs ne suffisaient pas pour contenir les richesses accumulées, le sol était jonché de tas d’or, de bijoux et d’orfèvreries, au point qu’on ne savait où poser le pied sans heurter un bijou ou buter contre un tas de dinars flambantstant que le pied ne savait où se poser sans se heurter à quelque joaillerie ou se buter à quelque tas de dinars flambants. Et Ali Baba, qui de sa vie n’avait vu la vraie couleur de l’or ni même connu son odeur, s’émerveilla de tout cela au-delà de toute mesures’émerveilla de tout cela à la limite de l’émerveillement. Et à voir ces trésors entassés là, au hasard des fournées, et ces innombrables splendeurs dont les moindres auraient magnifiquement ornéces innombrables somptuosités dont les moindres eussent avantageusement orné le palais d’un roi, il se dit qu’il devait y avoir non pas des années mais des siècles que cette grotte servait de dépôt, en même temps que de refuge, à des générations de voleurs fils de voleurs, descendants des pillards de Babylone.

Lorsqu’Ali Baba fut quelque peu revenu de son émerveillement, il se dit : « Par Allah, ya Ali Baba, voici que ta destinée prend un visage blanc, et te transporte d’à côté de tes ânes et de tes fagots au milieu d’un bain d’or comme n’en ont vu que le roi Soleïmân et Iskandar aux deux cornes ! Et du coup tu apprends les formules magiques et te sers de leurs pouvoirste sers de leurs vertus et te fais ouvrir les portes de roc et les fabuleuses cavernes, ô bûcheron béni ! C’est là une grande grâce du Rétributeur, qui te rend ainsi le maître des richesses accumulées par les crimes de générations de voleurs et de bandits. Et si tout cela est arrivé, c’est bien pour que tu puisses être désormais, avec ta famille, à l’abri du besoin, en faisant servir à un bon usage l’or du vol et du pillage ! »

Et, s’étant mis par ce raisonnement en paix avec sa conscience, Ali Baba le pauvre se pencha vers un des sacs à provisions, le vida de son contenu et le remplit rien que de dinars d’or et d’autres pièces en oren or monnayé, sans s’intéresser à l’argent ni aux autres objets précieuxsans s’attacher à l’argent et aux autres objets de prix. Et il chargea le sac sur ses épaules et le porta au bout de la galerie. Puis il revint dans la salle voûtée, et remplit de la même manière un second sac, puis un troisième sac et plusieurs autres sacs, autant qu’il pensait que pouvaient en porter, sans faiblir, ses trois ânes. Et, cela fait, il se tourna vers l’entrée de la caverne et dit : « Sésame, ouvre-toi ! » Et dans l’instant les deux battants de la porte rocheuse s’ouvrirent dans toute leur largeur, et Ali Baba courut rassembler ses ânes et les fit approcher de l’entrée. Et il les chargea des sacs, qu’il prit soin de cacher habilement, en disposant des branchages par-dessusen accommodant des branchages par-dessus. Et, quand il eut achevé cette besogne, il prononça la formule de fermeture, et les deux moitiés du rocher se rejoignirent aussitôt.

Alors Ali Baba poussa devant lui ses ânes chargés d’or, en les encourageant d’une voix pleine de respect, et non point en les accablant des malédictions et des injures retentissantes qu’il leur adressait d’ordinaire, quand ils traînaient leurs pieds. Car si Ali Baba, comme tous les conducteurs d’ânes, gratifiait ses bêtes d’appellations telles que : « ô religion du zebb ! » ou « l’histoire de ta sœur ! » ou « fils d’enculé ! » ou « vente d’entremetteuse ! », ce n’était point certes pour les offusquer, car il les aimait à l’égal de ses enfants, c’était simplement pour leur faire entendre raison. Mais cette fois il sentit qu’il ne pouvait, en toute justice, leur appliquer de tels qualificatifs, quand ils portaient sur eux plus d’or qu’il n’y en avait dans le coffre du sultandans la cassette du sultan. Et, sans les bousculer autrement, il reprit avec eux le chemin de la ville…

Illustration

— À ce moment de sa narration, Schahrazade vit apparaître le matin et, discrète, se tut.