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黄金与宝藏谜团与秘密

Ali Baba et les Quarante Voleurs

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Mais lorsque fut la huit cent cinquante-quatrième nuit

Elle dit :

… il en conçut une jalousie amère et sentit sa poche à bile éclater de dépitune jalousie bilieuse et sentit éclater de dépit sa poche à fiel. Et il se leva aussitôt, à l’instant mêmeà l’heure et à l’instant, et courut chez son frère voir par ses propres yeux ce qu’il y avait à voir.

Et il trouva Ali Baba qui avait encore sa pioche à la main, ayant fini d’enfouir son or. Il l’aborda sans le saluer, sans l’appeler par son nom ni son prénom, et même sans le traiter de frère. Car il avait oublié cette proche parenté depuis qu’il avait épousé le riche produit de l’entremetteuse. Il lui ditEt, l’abordant sans lui donner le salam et sans l’appeler par son nom ni par son prénom et même sans le traiter de frère, car il avait oublié cette proche parenté depuis qu’il avait épousé le riche produit de l’entremetteuse, il lui dit : « Ah, c’est comme ça, ô père des ânes, que tu fais le réservé et le cachottier avec nous ! Oui, continue à simuler la pauvreté et la misère et à faire le gueux devant les gens, pour, dans ton gîte à poux et à punaises, mesurer l’or comme le grainetier son grain ! »

En entendant ces paroles, Ali Baba fut profondément troublé et perplexe. Ce n’était pas qu’il soit avare ou intéressé, mais il redoutait la méchanceté et l’œil avide de son frère et de l’épouse de celui-ci. Il réponditfut à la limite du trouble et de la perplexité, non point qu’il fût avare ou intéressé, mais parce qu’il redoutait la méchanceté et l’avidité d’œil de son frère et de l’épouse de son frère, et il répondit : « Par Allah sur toi ! je ne sais trop à quoi tu fais allusion. Hâte-toi plutôt de t’expliquer, et je ne manquerai pas de franchise à ton égard ni de bons sentiments, bien que depuis des années et des années tu aies oublié le lien du sang et que tu détournes ton visage du mien et de celui de mes enfants ! »

Alors Kassim, d’un ton autoritaire,l’impérieux Kassim dit : « Il ne s’agit pas de tout cela, Ali Baba ! Il s’agit seulement de ne pas faire semblant d’ignorer ce dont je parlede ne pas feindre avec moi l’ignorance, car je sais ce que tu as intérêt à me tenir caché ! » Et, lui montrant le dinar d’or encore enduit de suif, il lui dit en le regardant de travers : « Combien de mesures de dinars semblables à celui-ci as-tu dans ton grenier, ô fourbe ? Et où as-tu volé tant d’or, dis, ô honte de notre maison ? » Puis, en quelques mots, il lui révéla comment son épouse avait enduit de suif le dessous de la mesure qu’elle leur avait prêtée, et comment cette pièce d’or s’y était trouvée attachée.

Lorsqu’Ali Baba eut entendu ces paroles de son frère, il comprit que la faute était faite et ne pouvait se réparer. Aussi, sans se faire poser un plus long interrogatoire, et sans donner à son frère le moindre signe d’étonnement ou de chagrin, de se voir découvert, il dit : « Allah est généreux, ô mon frère ! Il nous envoie Ses dons avant même que nous les désirionsIl nous envoie Ses dons même avant leur désir ! Qu’il soit exalté ! » Et il lui raconta, dans tous ses détails, son aventure dans la forêt, sans toutefois lui révéler la formule magique. Et il ajouta : « Nous sommes, ô mon frère, les fils du même père et de la même mère. C’est pourquoi tout ce qui m’appartient t’appartient, et je veux, si tu me fais la grâce de l’accepter, t’offrir la moitié de l’or que j’ai rapporté de la caverne ! »

Mais le méchant Kassim, dont l’avidité égalait la noirceur, répondit : « Certes ! c’est bien ainsi que je l’entends. Mais je veux également savoir comment je pourrais entrer moi-même dans le rocher, s’il m’en prenait envie. Et ne t’avise pas surtout de me tromper à ce sujet, autrement je vais de ce pas te dénoncer à la justice comme le complice des voleurs. Et tu ne pourras qu’y perdreEt tu ne pourras que perdre à cette combinaison-là ! »

Alors le bon Ali Baba, songeant au sort de sa femme et de ses enfants, en cas de dénonciation, et poussé davantage par son caractère conciliant que par la peur des menaces de son cruel frèrepoussé encore plus par son naturel accommodant que par la peur des menaces d’un frère à l’âme barbare, lui révéla les trois mots de la formule magique, tant pour l’ouverture des portes que pour leur fermeture. Et Kassim, sans même lui dire une parole de remerciementremercîment, le quitta brusquement, résolu à aller s’emparer tout seul du trésor de la caverne.

Donc, le lendemain, avant l’aurore, il partit vers la forêt, en poussant devant lui dix mulets chargés de grands coffres qu’il se proposait de remplir du produit de sa première expédition. D’ailleurs il se réservait, une fois qu’il se serait bien rendu compte des provisions et des richesses accumulées dans la grotte, de faire un second voyage avec un plus grand nombre de mulets et même, s’il le fallait, avec tout un convoi de chameaux. Et il suivit, en tous points, les indications d’Ali Baba qui avait poussé la bonté jusqu’à se proposer comme guide, mais qui s’était vu écarter durement par les deux paires d’yeux soupçonneux de Kassim et de son épouse, la résultante de l’entremise.

Et il arriva bientôt au pied du rocher qu’il reconnut, entre tous les rochers, à son aspect entièrement lisse et à son sommet surmonté d’un grand arbre. Et il leva ses deux bras vers le rocher et dit : « Sésame, ouvre-toi ! » Et le rocher se fendit soudain par le milieu. Et Kassim, qui avait déjà attaché des mulets aux arbres, pénétra dans la caverne dont l’ouverture se reboucha aussitôt sur lui, grâce à la formule de fermeture. Or, il ne savait pas ce qui l’y attendait !

Et d’abord ce fut un éblouissement, à la vue de tant de richesses accumulées, de monceaux d’ord’or par monceaux et de joyaux entassés. Et le désir lui vint plus intense d’être le maître de ce fabuleux trésor. Et il vit bien qu’il lui faudrait pour emporter tout cela non seulement une caravane de chameaux, mais tous les chameaux réunis qui voyagent des confins de la Chine jusqu’aux frontières de l’Irân. Et il se dit que la prochaine fois il prendrait les mesures nécessaires pour organiser une véritable expédition à butin, se contentant cette fois de remplir de pièces d’ord’or monnayé autant de sacs que pouvaient en porter ses dix mulets. Et, ce travail achevé, il revint vers la galerie qui aboutissait au rocher de fermeture, et s’écria :

Illustration

« Orge, ouvre-toi ! »

Car l’ébloui Kassim, l’esprit entièrement pris par la découverte de ce trésor, avait tout à fait oublié le mot qu’il fallait dire. Et ce fut sa perte, sans espoir de salutEt il en fut ainsi pour sa perdition sans recours. Il dit donc à plusieurs reprises : « Orge, ouvre-toi ! Orge, ouvre-toi ! » Mais le rocher resta fermé. Alors il dit :

« Avoine, ouvre-toi ! »

Et le rocher ne bougea pas.

Alors il dit :

« Fève, ouvre-toi ! »

Mais aucune fissure ne se produisit.

Et Kassim commença à perdre patience, et cria, d’un seul souffletout d’une haleine :

« Seigle, ouvre-toi ! — Millet, ouvre-toi ! — Pois chiche, ouvre-toi ! — Maïs, ouvre-toi ! — Sarrasin, ouvre-toi ! — Blé, ouvre-toi ! — Riz, ouvre-toi ! — Vesce, ouvre-toi ! »

Mais la porte de granit resta close. Et Kassim, terrifié en comprenant qu’il restait enfermé pour avoir oublié la formuleà la limite de l’épouvante en s’apercevant qu’il restait enfermé pour avoir perdu la formule, se mit à débiter, devant le rocher impassible, tous les noms des céréales et des différentes variétés de grains que la main du Semeur lança sur la surface des champs, à l’enfance du monde. Mais le granit resta inébranlable. Car l’indigne frère d’Ali Baba n’oublia, parmi tous les grains, qu’un seul grain, celui-là même auquel étaient attachés les pouvoirs magiquesauquel étaient attachées les vertus magiques, le mystérieux sésame.

Or, c’est ainsi que tôt ou tard, et souvent plus tôt que plus tard, le destin aveugle la mémoire des méchants, leur dérobe toute clarté, et leur enlève la vue et l’ouïe, sur l’ordre du Puissant sans bornesde par l’ordre du Puissant sans bornes. Car le Prophète — sur Lui les bénédictions et la plus belle des salutationsle plus choisi des salams ! — a dit, parlant des méchants : « Allah leur retirera le don de Sa clarté et les laissera tâtonner dans les ténèbres. Alors, aveugles, sourds et muets, ils ne pourront plus revenir sur leurs pas ! » Et ailleurs l’Envoyé — qu’Allah l’ait en Ses meilleures grâces ! — a dit de ceux-là : « À jamais leurs cœurs et leurs oreilles ont été fermés avec le sceau d’Allah, et leurs yeux voilés d’un bandeau. Pour eux est réservé un supplice épouvantable ! »

Donc, lorsque le méchant Kassim, qui ne s’attendait pas du tout à ce désastreux événement, eut vu qu’il ne possédait plus la formule aux pouvoirs magiquesla formule vertueuse, il se mit, pour la retrouver, à se secouer la cervelle dans tous les sens, mais bien inutilement, car à tout jamais sa mémoire s’était dépouillée du nom magique. Alors, en proie à la frayeur et à la rage, il laissa là les sacs pleins d’or, et se mit à parcourir la caverne en tous sens, à la recherche de quelque issue. Mais il ne rencontrait partout que des parois de granit désespérément lissesne rencontrait partout que parois granitiques lisses désespérément. Et, comme une bête féroce ou quelque chameau en rut, il écumait d’une écume de bave et de sang, et se mordait les doigts de désespoir. Mais là ne fut point tout son châtiment : car il lui restait encore à mourir. Ce qui ne devait pas tarder !

En effet, à l’heure de midi, les quarante voleurs revinrent vers leur caverne, comme ils le faisaient chaque jourselon leur habitude journalière

— À ce moment de sa narration, Schahrazade vit apparaître le matin et, discrète, se tut.