La Princesse Miao Shan
Miao-chan passa neuf années dans la solituderetraite et parvint au plus haut degré depoint culminant de la perfection. Ti-ts’ang-wang vint à Hiang-chan, il fut si émerveillé de sa vertu qu’il tint conseil avec le T’ou-ti local pour décider ce qu’il convenait de faire en pareil caspareille occurrence.
— ÀA part Jou-lai, dans tout l’occident on chercherait vainement son égale en perfection et en dignité, elle est la reine des trois mille poussahs et de tous les êtres qui sur terre ont peau et sang, c’est notre souveraine à tous. En conséquence, le 19e jour de la IIe lune, nous la ferons monter sur son trône pour qu’elle répande ses bienfaits sur le monde.
Le T’ou-ti fit ses invitations pour la cérémonie de l’intronisation. Le roi dragon des mers de l’ouest, les esprits des cinq montagnes sacrées, les saints empereurs, au nombre de cent-vingt, les trente-six fonctionnaires du ministère de T’ai-soei, les officiers célestes préposés au vent, aux pluies, aux éclairs et à la foudre, les trois principes, les cinq saints, les huit immortels, les dix rois de l’enfer, tous se trouvèrent présents au jour fixé : Miao-chan alla s’asseoir sur son trône de fleurs de lotus, l’assemblée des dieux la proclama souveraine du ciel, de la terre et du bouddhisme. En outre, le conseil des dieux jugea qu’il n’était pas convenable que Miao-chan restât seule à Hiang-chan, on la pria de se choisir un excellent jeune homme et une jeune fille de haute vertu, qui puissent la servir dans sa pagode. Ce fut encore le T’ou-ti qui fut chargé de trouver les deux jeunes gens en question. Il fit des recherches et rencontra un jeune moine nommé Chan-tsai, originairebonze nommé Chan-tsai, il était de Li-tcheou ; après la mort de ses parents il s’était fait solitaire sur la montagne de Ta-hoa-chan, c’était encore un novice en perfection. Quand il revint faire part de sa trouvaille, Miao-chan commanda qu’on le lui amenât.
— Qui es-tu ? lui demanda-t-elle.
— Je suis un pauvre moinebonze sans familleparenté ici-bas, et sans vertu, dès mon jeune âge j’ai mené la vie solitaire sur la montagne Ta-hou-chan, on m’a appris que votre puissance n’a d’égale que votre bonté, et j’ose venir vous prier de me guider vers la perfection. — Je crains seulement que ton désir de la perfection ne soit pas sincère.
— Je n’ai plus de parents et je viens de plus de cinq cents kilomètres environmille lys pour vous trouver, comment manquerais-je de sincérité ?
— Quel est ton savoir-faire ?
— Je n’ai aucune adresse, j’ose tout espérer de votre grande compassion, et sous votre conduite j’arriverai.
— Bien, retire-toi sur le sommet de cette roche en attendant que je trouve unj’avise au moyen de te transformer.
Miao-chan fit venir le T’ou-ti et lui commanda d’aller prier tous les Immortels de se transformer en pirates, qui escaladeront la montagne agitant des torches, tenant en main des sabres et des lances et menaçant de tout tuer.
— Alors, je me réfugierai sur le sommetfaîte du rocher, et de là je sauterai dans le précipice pour éprouver la fidélité et l’affection de Chan-tsai.
Un moment après, une horde de bandits au visage farouche se précipite vers la pagode de Hiang-chan. Miao-chan crie au secours, gravit la pente abrupte, fait un faux pas et tombe dans le ravin. Chan-tsai vit sa patronne tomber dansde l’abîme, n’écoutant que son bon cœur, sans hésiter, se précipite lui-même pour la sauver.
— Qu’avez-vous à craindre des brigands, lui dit-il en pleurant, vous n’avez rien à voler, pourquoi vous jetez-vous au bas de ce rocher, vous exposant à une mort inévitable ?
Miao-chan se mit aussi à pleurer.
— Il faut bien, reprit-elle, se conformer à la volonté du ciel.
Chan-tsai inconsolable suppliait le ciel et la terre de sauver sa protectrice. Miao-chan lui dit alors : — Tu n’aurais pas dû exposer ta vie en te jetant au fond de ce précipice, je ne t’ai pas encore transformé, tu as fait un acte héroïque et je connais maintenant ton bon cœur. Tiens, regarde ici plus bas.
— Oh c’est un cadavre si je ne me trompe.
— Oui, c’est ton ancien corps, maintenant tu es transformé, tu peux t’élever à volonté dans les airs et voler.
Chan-tsai se prosterna pour remercier sa bienfaitrice qui lui dit :
— Dorénavant tu joindras tes mains pour réciter les prières à mes côtés et tu ne me quitteras plus un seul jour.
Le regard surnatureltranscendant de Miao-chan aperçut au fond des mers du Sud le troisième fils de Long-wang, qui pour exécuter les ordres paternels, fendait les flots sous la forme d’une carpe. Ilfigure d’une carpe, il fut pris dans le filet d’un pêcheur, qui le porta sur le marché de Yué-tcheou pour le vendre. Miao-chan envoya aussitôtde suite son fidèle Chan-tsai sous la figure d’un serviteur pour l’acheter. Ellel’acheter, elle lui remit mille sapèques pour acheter la carpe qu’il rapporta au bas du rocher de P’ou-t’ouo, où elle fut remise en liberté dans la mer. Le fils de Long-wang remercia affectueusement sa libératrice, et de retour au palais, il raconta à son père l’aventure dont il venait d’être victime.
— Pour la remercier, fais-lui présent d’une perle lumineuse, afin que la nuit elle puisse réciter ses prières.
La fille du troisième fils de Long-wang demanda à son grand-père la permission d’aller la lui offrir, et de se mettre sous sa conduite pour étudier la doctrine de la sagesse. Long-wang agréa sa demande, et la jeune fille prit la perle lumineuse qu’elle vint présenter à Miao-chan, tout en la suppliant de bien vouloir l’accepter comme élève en perfection. Après quelques difficultés, plutôt pour éprouver sa volonté, sa prière fut accueillie. Chan-tsai l’appela sa sœur, et Long-niu lui donna le doux nom de frère, tous deux vécurent comme frère et sœur aux côtés de Miao-chan.
Après que le roi Miao-tchoang eut brûlé la pagode de l’Oiseau blanc et tué sa fille, le Bouddha Kia-lan fit un rapport à Yu-hoang, et le pria de ne pas laisser ces crimes impunis. Yu-hoang justement irrité, commanda à P’an-koan d’examiner sur le livre des vivants et des morts quelle devait être la durée du règne de ce roi meurtrierhomicide. P’an-koan feuilleta son registre et vit que, d’après le décret divin,que d’après le décret divin son règne sur le trône de Hing-ling devait durer vingt ans, mais que ce laps de temps n’était pas encore expiré.
— Ce qui est fixé est immuable, reprit le dieu, je vais alors le punir en lui envoyant la maladie.
Il fit venir le dieu des épidémies et lui commanda d’affliger son corps d’ulcères qui ne pourraient être guéris que par les remèdes qui lui seraient donnés par sa fille Miao-chan.
Le dieu des épidémies au reçu de cet ordre couvrit le corps du monarque d’ulcères douloureux, et ce prince n’eut plus de repos ni le jour ni la nuit. Ses deux filles et leurs maris passaient leurs journées en fête, pendant qu’il se tournait et retournait en gémissant sur son lit de souffrancedouleur ; vainement on fit appel à tous les médecins les plus réputéstoutes les célébrités médicales, le mal empirait toujours, et le désespoir s’empara de lui. Il fit afficher une proclamation dans laquelle il s’engageait à céder la succession de son royaume à quiconque lui donnerait un remède efficace pour lui rendre la santé.
Miao-chan sa troisième fille avait appris par révélation à Hiang-chan tout ce qui se passait au palais. Elle prit la figure d’un moinebonze médecin, vêtu de sa chape, coiffé du bonnet réglementaire et chaussé de souliers de paille. Àréglementaire, et chaussé de souliers de paille, à sa ceinture était suspendue une gourde renfermant des pilules et d’autres remèdes. Dans cet attirail il va droit à la porte du palais, lit l’édit royal affiché aux portes du palais pour demander un médecin, et le déchire. Le gardien du palais le saisit et l’interpelle avec colère :
— Qui es-tu pour oser déchirer cet édit royal ?
— Mon pauvre amibonze, je suis médecin, j’ai lu l’édit qui a été affiché aux portes de la capitale et devant le palais, le roi demande un médecin qui puisse le guérir, or je suis médecin et d’une vieille famille lettrée, je me propose pour lui rendre la santé.
— Si tu es lettré pourquoi t’es-tu fait moinebonze ? Ne valait-il pas mieux gagner honorablement ta vie en pratiquant ton art, plutôt que de te raser la tête et courir le monde en fainéant ? Du reste tous les plus grands médecinstoutes les sommités médicales ont vainement essayé de guérir le roi, penses-tu que tu seras plus habile que tous ces vieux praticiens ?
— Soyez sans inquiétude, je tiens de mes ancêtres des recettes très efficaces, et je suis sûr de pouvoir rétablir lame fais fort de rétablir santé du roi.
Le gardien du palais fit parvenir sa pétition jusqu’à la reine,reine qui alla en informer le roi, et le moinebonze finit par se faire introduire. Arrivé dans les appartements royaux, il s’assied afin de se mettre dans le calme, et d’avoir la plénitude de toutes ses facultés au moment d’examiner le roi. Quand il se sentit bien maître de toutes ses facultés il s’approcha du lit, prit la main du roi, lui tâta le pouls, examina minutieusement le genre du mal, puis l’assura que sa maladie était facile à guérirfacilement guérissable.
Une chose cependant présenterait une grosse difficulté, c’est que le remède convenable était à peu près impossible à trouver. Le roi manifesta son mécontentement pour cette remarque. Pour toute maladie il y a une ordonnance de médecin, et pour toute ordonnance il y a un remède adaptéspécifique, pourquoi dites-vous que l’ordonnance est facile et qu’il n’y a paspas de remède ?
— Majesté, le remède à employer pour votre mal ne se trouve dans aucune pharmacie, et personne ne consentira à le vendre. Le roi se fâcha, crut à une imposture et fit chasser le moinebonze, qui sortit en ricanant.
La nuit suivante, le roi vit en rêve un vieillard qui l’interpella en ces termes :
— Ce moinebonze seul peut guérir votre maladie, et si vous le priez, il vous donnera lui-même le remède en question. Le roi se réveilla aussitôt que ces mots furent prononcés, il pria la reine de faire revenir le moinebonze, à qui il conta le songe qu’il venait d’avoir, et le supplia de lui procurer le remède convenable.
— Finalement quel remède faut-il se procurer pour me guérir ?
— Il faut la main et l’œil d’une personne vivante, afin d’en composer le breuvage qui vous sauvera. Le roi se récrie avec indignation :
— Ce moinebonze se moque de moi, qui voudra jamais me donner sa main et son œil ? Le voudrait-on, je ne me sentirais pas le cœur d’en faire usage.
— Il n’y a pourtant pas d’autre recette efficace, dit le moinebonze.
— Alors, où pourrai-je me procurer ce remède d’après toi ?
— Votre Majesté peut députer un de ses ministres, en lui recommandant l’observance de l’abstinence bouddhique ; il ira à la pagode de Hiang-chan, et là on le lui donnera.
— Où se trouve Hiang-chan, à quelle distance d’ici ?
— Il y a environ mille cinq cents kilomètres, ou davantagetrois mille ly et plus, mais je tracerai moi-même l’itinéraire à suivre, et dans très peu de temps il sera de retour.
Le roi, qui souffrait affreusement, apprenant que le voyage serait rapidement effectué, se montra très satisfait. Il fit appeler ses deux ministres Tchao-tcheng et Lieou-k’in, leur recommanda d’observer rigoureusement les prescriptions de l’abstinence, et de se mettre aussitôt en route pour Hiang-chan. Il donna ordre au Ministère des Rites de garder le moinebonze au palais jusqu’au retour des envoyés.
Les deux gendres du roi, Ho-fong et Tchao-k’oei, qui se préparaient déjà en secret à recueillir la succession du trône dès que le roi ne serait plus, apprirent non sans surprise que le moinebonze avait bon espoir de guérir le malade et qu’il attendait au palais qu’on lui apportât les médicaments sauveurs. Craignant que la couronne ne vînt à leur échapper, et que le roi fidèle à sa promesse ne donnât le royaume au moinebonze après guérison, ils appelèrent Houo-li, courtisan sans conscience, et concertèrent leur plan pour déjouer les espérances de cet ambitieux médecin. Il fallait se hâter car les délégués voyageaient à marches forcées et seraient bientôt de retour. Cette nuit même Houo-li donnerait au roi une potion empoisonnée, composée soi-disant par le moinebonze pour calmer ses douleurs en attendant le retour des deux ministres, puis, des assassins tueraient le moine bouddhistecouperaient la gorge au bonzeExplication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original. ; du même coup, le roi et le moinebonze trouveraient la mort, et le royaume passerait aux mains des deux gendres du roi. Les deux sbires Ts’ang-t’eou et Souo-ta furent chargés d’assassiner le moinebonze. Tout étant bien réglé dans les moindres détails, les deux gendres se retirèrent tout joyeux et bien rassurés sur l’heureux succès du complot.
Le moinebonze resté au palais n’avait qu’un corps d’emprunt créé pour l’occasionformé pour la circonstance, et Miao-chan était retournée à la pagode de Hiang-chan. Pendant qu’elle conversait avec Chan-tsai, elle vit les deux traîtres Ho-fong et Tchao-k’oei qui préparaient le poison et se disposaient à le donner au roi ; immédiatement elle ordonna à l’esprit du ciel Yeou-i,appela l’esprit du ciel Yeou-i qui était de garde ce jour-là, de voler au palais, de changer en un potage inoffensif le poison qu’on se préparait à donner au roi et de ligoter solidement les assassins du moinebonze.
Il était minuit, le traître Houo-li portant dans ses mains la potion empoisonnée frappa à la porte des appartements royaux et fit dire à la reine que le moinebonze venait de préparer une potion calmante en attendant le retour des courriers ;
— Je viens, annonça-t-il, la présenter à sa Majesté.
La reine prit la coupe entre ses mains et allait la donner au roi, quand soudain arrive Yeou-i, l‘envoyé de Miao-chan ; d’un mouvement rapide comme l’éclair il renverse à terre le contenu de la coupe que le roi allait porter à ses lèvres et bouleverse les personnes présentes qui roulent par terre. ÀA ce moment même, l’assassin Souo-ta entre dans la chambre du moinebonze, le fixe et veut lui asséner un coup de sabre en plein visage. Le moinebonze se dérobe au coup par un écart rapide, et l’assassin, sans savoir comment, se trouve enveloppé dans la chape du moinebonze et jeté à terre. Il se démène et veut se délier, mais ses mains sont comme immobilisées par une force mystérieuse, toute fuite est impossible. L’esprit Yeou-I, après avoir rempli la mission qui lui avait été confiée, retourna à Hiang-chan en informer Miao-chan.
Le matin venu les deux gendres du roi s’informent de la tournure des événements de la nuit ; tout le palais était dans la plus grande confusion ; on parlait d’empoisonnement, des femmes du palais gisaient sans mouvement, le moinebonze aurait été assassiné, et même son assassin était couché sur le sol et ligoté etc... ÀA la nouvelle de l’assassinat du moinebonze, le roi appela Tch’ou-ting-lié et lui ordonna de faire saisir les meurtriers. Tch’ou-ting-lié était le second fils du grand général Tchou-lié ; il alla saisir l’assassin Souo-ta qui gisait à terre sans pouvoir faire un mouvement. Souo-ta reprit soudain ses esprits. Ilrevint subitement à la pleine possession de lui-même, il se vit en présence du grand juge.
— Comment, soupira-t-il, comment puis-je bien me trouver ici ?
Il se rappelait avoir voulu tuer le moine bouddhistefendre la tête du bonze, et être tombé sans pouvoir se délier ; pour lui, cette aventure ressemblait à un rêveétait comme un songe... Le grand juge l’interroge, il refuse de parler ; alors on ordonne de lui appliquer la torture ; vaincu par la douleur, il se décide à tout avouer. Il raconta en détailpar le menu comment les deux filles du roi et leurs maris Ho-fong et Tchao-k’oei, craignant que le royaume ne vînt à tomber aux mains du moinebonze médecin, avaient comploté avec le courtisan Houo-li la perte du moinebonze et l’empoisonnement du roi. Il ajouta :
— Houo-li mon supérieur m’a commandé d’aller tuer le moinebonze, comment aurais-je pu lui désobéir, moi son esclave.
On porta à la connaissance du roi toutes les circonstances du drame qui venait de se passer au palais ; il entra dans uneun si violente colère qu’il grinçait des dents et avait peine à parler tant il était bouleversé.
— Suis-je donc un monstre, dit-il à la reine en vociférant ; ma fille si bonne et si vertueuse je l’ai mise à mort, et ses deux sœurs, que j’ai comblées de richesses et de jouissances, viennent aujourd’hui m’empoisonner, comme pour me remercier de tous les biens qu’elles me doivent, et font assassiner le moinebonze mon médecin, le ciel ne peut tolérer un pareil crime.
Il donne l’ordre immédiat de saisir les deux traîtres Ho-fong et Tchao-k’oei ses deux gendres et de les conduire au supplice ; quant à Houo-li et Souo-ta, ils seraient mis à mortcoupés en mille morceauxExplication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original..
— Que mon commandement soit exécuté sans retard.
Tch’ou-ting-lié, au reçu de l’ordre de saisir les deux gendres du roi ne perdit pas un moment, d’autant plus que bien souvent il avait eu à souffrir de leurs procédés hautains ; il se met à la tête de deux mille soldats de la garde royale, et cerne leurs palais. Ilpalais, les enchaîne et les jette en prison. Les deux filles du roi n’eurent plus de ressource que d’aller implorer la clémence de la reine ; celle-ci poussée par sa tendresse maternelle alla trouver le roi pleurant et lui exposa le brisement de son cœur.
— Leur sœur est morte, il ne me reste plus qu’elles, oserai-je encore vous prier de leur faire grâce de la vie ?
Le roi garda longtemps le silence, paraissant plongé dans une profonde réflexion ; il finit par dire : — Qu’elles soient enfermées dans le palais ; pour tous les autres pas de grâce, c’est la mort.
Tout fut exécuté comme le roi l’avait ordonné. Quand les deux sœurs se virent enfermées seules dans le palais, elles s’embrassèrent en sanglotant ; mieux vaudrait la mort, se dirent-elles, nous irions rejoindre notre sœur Miao-chan, et elles tombèrent évanouies. Le T’ou-ti leur apparut en songe et leur dit :
— Votre sœur cadette n’est pas morte, elle est parvenue à la perfection spirituelleperfection ; imitez-la, et plus tard elle viendra vous trouver, n’oubliez point mes paroles.