La Reine des neiges
《童年情景》作品15——异国和异国的人们
Seconde histoire — Un petit garçon et une petite fille
Dans la grande ville, où il y a tant de maisons et tant de gens que la place n’est pas suffisante pour que tout le monde puisse avoir un petit jardin, et où, par conséquent, la plupart des gensoù, par suite, la plupart des gens doivent se contenter de fleurs en pots, deux pauvres enfants avaient tout de même un jardin un peu plus grand qu’un pot de fleurs. Ils n’étaient pas frère et sœur, mais ils s’aimaient autant que s’ils l’avaient été. Les familles habitaient juste en face l’une de l’autre; elles habitaient deux chambres sous les toits.elles habitaient deux mansardes ; À l’endroit où le toità l’endroit où le toit de l’une des maisons voisines était tout près du toit de l’autre, et où les gouttières couraient le long des avancées des toitsdes avant-toit, une petite fenêtre s’ouvrait dans chacune des maisons ; il suffisait d’enjamber les gouttières pour passer d’une fenêtre à l’autre.
Chacune des deux familles avait devant sa fenêtre une grande caisse de bois où poussaient des plantes potagèresherbes potagères qui servaient à la cuisine, et un petit rosier ; il y avait un rosier dans chaque caisse, et il poussait magnifiquementil poussait à ravir. Puis, les parents eurent l’idée de placer les caisses en travers des gouttières, si bien qu’elles allaienten sorte qu’elles allaient presque d’une fenêtre à l’autre, et qu’elles avaient l’air de deux champs de fleurs. Les tiges des pois retombaient sur les caisses, et les rosiers lançaient de longues branches, encadraient les fenêtres, se penchaient l’un vers l’autre ; c’était presque un arc de triomphe de verdure et de fleurs. Comme les caisses étaient situées très hauttrès haut situées, les enfants savaient qu’ils ne devaient pas y grimper, mais on leur permettait parfois d’y monter et de s’y rejoindre pour s’asseoir sur leurs petits bancs sous les roses. C’était délicieux de jouer là.
Ce plaisir n’existait plus l’hiver. Les fenêtres étaient souvent complètement givrées. Ils chauffaient alorsLes fenêtres étaient souvent tout à fait givrées, ils chauffaient alors des pièces de cuivre sur le poêle, posaient la pièce froide sur le carreau glacé, et cela faisait un excellent trou d’observation, tout rond, tout rond; derrière regardait un œil affectueux, un à chaque fenêtrederrière épiait un œil affectueux, un à chaque fenêtre ; le petit garçon et la petite fille étaient là ; il s’appelait Kay et elle Gerda. L’été, ils pouvaient se rejoindre d’un bond, l’hiver, il fallait descendre beaucoup d’étages et en remonter autant ; dehors la neige voltigeait.
— Ce sont les abeilles blanches qui s’agitent, disait la vieille grand-mèregrand’mère.
— Ont-elles aussi une reine? demanda le petit garçon, car il savait qu’il y en a une chez les vraies abeilles.
— Il y en a une, dit la grand-mèregrand’mère. Elle vole au milieu du groupe le plus dense, c’est la plus grande de toutes, et jamais elle ne reste sur la terre, tout de suite elle repart dans l’épais nuage. Souvent, par les nuits d’hiver, elle parcourt les rues de la villeelle court les rues de la ville et regarde dans les chambres en s’approchant des fenêtres, qui gèlent alors étrangement, et se couvrent comme de fleurs.
— Oui, je l’ai vu ! dirent les deux enfants, qui surent ainsi que c’était vrai.
— Est-ce que la reine des neiges peut venir ici ? demanda la petite fille.
— Elle n’a qu’à venir, dit le garçon, je la mettrai sur le poêle chaud, et elle fondra.
La grand-mèregrand’mère lui caressa les cheveux et raconta d’autres histoires.
Le soir, lorsque le petit Kay fut à demi déshabillé, il grimpa sur la chaise près de la fenêtre et regarda par le petit trouguigna par le petit trou ; quelques flocons de neige tombaient dehors, et l’un d’eux, le plus gros de tous, resta au bord de l’une des caisses de fleurs ; ce flocon grandit peu à peu. Il finit par devenirce flocon grandit peu à peu, il finit par devenir une femme vêtue du plus ravissant voile blancdu plus délicieux voile blanc, qui était fait comme de millions de flocons étoilés. Elle était belle et charmante, mais de glace, brillante, aveuglante, et pourtant elle vivait ; ses yeux étincelaient comme deux étoiles, mais étaient sans calme ni repos. Elle fit un signe de tête vers la fenêtre et leva la main. Le petit garçon fut effrayé et sauta de la chaise, et alors il sembla qu’un grand oiseau passait devant la fenêtre.
Le lendemain, on eut un grand froid sec, ...puis vint le dégel, ...puis vint le printemps. Le soleil brillait, des bourgeons se montraient, les hirondelles construisaient leurs nids, les fenêtres s’ouvraient, et les deux enfants furent de nouveau assis dans leur petit jardin, là-haut sur la gouttière, au-dessus de tous les étages.
Les roses fleurirent magnifiquement cette année-là ; la fillette avait appris un psaume où il était question de roses, et c’était aux siennes qu’elle pensait; elle chanta le psaume au petit garçon, et ils chantèrent ensemble ;
Dans les vallées poussent les roses,
l’enfant Jésus y vient et cause.
Et les enfants se tenaient par la main, embrassaient les rosesbaisaient les roses, regardaient la pure lumière du soleil de Dieu, et lui parlaient comme si l’enfant Jésus avait été làcomme si l’enfant Jésus eût été là. Quelles charmantes journées d’été, comme c’était délicieux d’être dehors auprès des beaux rosiers qui semblaient ne pas vouloir cesser de donner des fleurs ! Kay et Gerda étaient assis et regardaient un album d’animaux et d’oiseaux, lorsque... l’horloge sonnait exactement cinq heures à la grande tour de l’église... lorsque Kay dit : — Aïe, ça m’a piqué au cœur! et j’ai quelque chose dans l’œil ! La fillette le prit par le cou ; il cligna des yeuxil clignota ; non, il n’y avait rien à voir. — Je crois que c’est parti, dit-il. Mais ce n’était pas parti. C’était justement une de ces poussières de verre venues du miroir briséune de ces poussières de verre éclatées du miroir, nous nous le rappelons bien, le miroir de trolltrold, la vilaine glace qui rendait petit et laid tout ce qui s’y reflétait de beau et de bon. Tout ce qui était mauvais et méprisable, le moindre défaut, y ressortait tout de suitequi rendait petit et laid tout ce qui s’y réfléchissait de beau et de bon, tandis que tout ce qui était bas et vil, tout défaut quelconque y ressortait tout de suite. Le pauvre Kay avait aussi reçu un grain jusque dans le cœur, et son cœur allait bientôt devenir comme un bloc de glace. Il ne ressentait plus aucune douleurIl ne ressentait plus aucun mal, mais le verre était là. — Pourquoi pleures-tu? demanda-t-il. Tu es laide comme çaTu fais laid comme ça. Pfuh ! Et il cria soudain : Cette roseEt il cria soudain : cette rose est mangée par un ver ; et regarde comme celle-là pousse de travers ; ce sont de sales roses, en somme; elles ressemblent aux caisses où elles sont !
Et il donna un coup de pied dans la caisse et arracha les deux roses.
— Kay, qu’est-ce que tu fais ? cria la fillette.
Et la voyant épouvantée, il arracha encore une rose et rentra vite par sa fenêtre, laissant la gentille petite Gerda.
Lorsqu’elle vint ensuite avec le livre d’images, il lui dit que c’était bon pour les bébés. Et si la grand-mèregrand’mère racontait des histoires, il trouvait toujours quelque chose à critiqueril trouvait toujours à y redire. Même, quand il en avait l’occasionquand il pouvait s’arranger pour cela, il marchait derrière elle, et parlait comme elle ; c’était tout à fait ça, et les gens riaient. Il sut bientôt suivre et imiter tout le monde dans la rue. Tout ce qui était étrange et déplaisantTout ce qui était singulier et peu plaisant chez les gens, Kay savait l’imiter, et l’on disait : « Il est intelligent, ce garçon-là ! » Mais c’était le verre entré dans son œil et le verre qu’il avait dans le cœur qui produisaient cet effet, et il taquina même la petite Gerda, qui l’aimait de toute son âme.
Ses jeux changèrent complètement : ils devinrent sérieuxSes jeux devinrent tout autres qu’auparavant, ils furent sérieux. Un jour d’hiver, comme il neigeait fort, il sortit une grande loupe, tendit un coin de sa veste bleue, pour y faire tomber quelques flocons.
— Regarde dans le verre, Gerda, dit-il, et chaque flocon devint beaucoup plus gros, et eut l’air d’une fleur magnifique ou d’une étoile à dix côtés ; c’était superbe.
— Vois-tu, comme c’est curieux. C’est bien plus intéressant que les vraies fleurs. Et il n’y a pas là le moindre défaut, les flocons sont parfaits, tant qu’ils ne fondent pas.
Un peu après, Kay arriva, les mains dans de gros gants, et portant son traîneau sur le dos, il dit à Gerda, en lui criant dans les oreilles :
— On m’a permis d’aller sur la Grande-Place, où les autres jouent ! Et il partit.
Souvent, sur la place, les garçons les plus audacieuxles garçons les plus hardis attachaient solidement leur traîneau à la voiture d’un paysan, et le suivaient ainsi un bon bout de chemin. C’était amusant. Pendant qu’ils jouaient, un grand traîneau arriva. Il était entièrement blancComme le jeu allait son train, arriva un grand traîneau, il était entièrement blanc, et une personne enveloppée dans une fourrure blanche, coiffée d’un bonnet de fourrure blanc, y était assise; elle fit deux fois le tour de la place, et Kay accrocha rapidementprestement son petit traîneau à la grande voiture, et les voilà glissant ensembleles voilà glissant de conserve. La course s’accéléra et les mena dans la rue voisine.La course fut de plus en plus rapide et mena dans la rue voisine; La personne qui conduisait tourna la têtela personne qui conduisait tourna la tête, fit à Kay un signe de tête amical, on aurait dit qu’ils se connaissaient ; chaque fois que Kay voulait détacher son petit traîneau, cette personne lui faisait signe de nouveau, et Kay restait assis.Kay restait assis ; Ils franchirent la porte de la ville.ils franchirent la porte de la ville. La neige se mit alors à tomber si fortà tomber si dru que le petit garçon ne pouvait voir sa main devant lui ; et il lâcha vite la corde pour se dégager du grand traîneau, mais rien n’y fit, sa petite voiture était bien accrochée, et l’on courait comme le vent. Il cria très fort, mais personne ne l’entendit, et la neige le fouettaitla neige cinglait et le traîneau filait; parfois le traîneau faisait un bond brusqueparfois un soubresaut se produisait, la route semblait pleine de fossés et de bosses. Kay était épouvanté, il voulut réciter la prière du Notre Pèreil voulut dire son Notre-père, mais il ne put se rappeler que la grande table de multiplication.
Les flocons grossirent de plus en plus, ils finirent par être comme de grandes poules blanches; soudain, elles firent un écart, le grand traîneau s’arrêta, et la personne qui le conduisait se leva. Son manteaula personne qui le conduisait se leva, son manteau et son bonnet de fourrure n’étaient que de la neige ; c’était une dame, grande, svelte, d’une blancheur éclatante, c’était la reine des neiges.
— Nous avons fait un bon bout de chemin, dit-elle, mais tu as froid ? Viens te fourrer dans ma peau d’ours.
Et elle le prit dans son traîneau, étendit sur lui sa fourrure, et Kay crut disparaître dans un amas de neige.
— As-tu encore froid? demanda-t-elle, et elle lui embrassa le frontelle lui baisa le front.
Aïe, c’était plus froid que la glace, et le froid le pénétra jusqu’au cœuret il en fut pénétré jusqu’à son cœur, qui pourtant était déjà presque un bloc de glace; il lui sembla qu’il allait mourir... mais cela ne dura qu’un instant, puis cela lui fit du bien ; il ne ressentit plus le froidpuis il en éprouva du bien ; il ne ressentit plus la froidure qui l’entourait.
— Mon traîneau ! n’oublie pas mon traîneau !
C’est à quoi il pensa tout d’abord; et le traîneau fut attaché à l’une des poules blanches, qui vola derrière eux en le portant sur son dos. La reine des neiges embrassa KayLa reine des neiges baisa Kay encore une fois, et alors il oublia la petite Gerda et sa grand-mèregrand’mère et tout le monde de chez lui.
— Tu n’auras pas d’autre baiser, dit-elle, car un de plus te tuerait.
Il la regarda : elle était belle. Il ne pouvait imaginer un visage plus rayonnant d’intelligence et de charme. Elle n’avait plus l’air de glaceIl la regarda, elle était belle, il ne pouvait imaginer un visage plus rayonnant d’intelligence et de charme, elle n’avait plus l’air de glace, comme lorsqu’elle avait été à sa fenêtre et lui avait fait signe ; à ses yeux, elle était parfaite. Il n’avait aucune crainte et lui racontaà ses yeux elle était parfaite, il ne sentait aucune crainte, il lui raconta qu’il savait calculer de tête, même avec les fractions, qu’il connaissait la surface des pays, et le nombre des habitants, et elle souriait tout le temps. Mais Kay eut l’impression que tout ce qu’il savait ne suffisait pourtant pas. Il leva les yeux vers le vaste espace, et elle s’envola avec lui,Et il parut à Kay que tout ce qu’il savait n’était tout de même pas suffisant, et il regarda en l’air dans le vaste espace, et elle s’envola avec lui, s’envola haut jusque sur le nuage noir, et l’orage gronda et rugit. On aurait ditl’orage gronda et mugit, on aurait dit qu’il chantait de vieilles chansons. Ils volèrent au-dessus de forêts et de lacs, de mers et de pays ; au-dessous d’eux le vent froid sifflait, les loups hurlaient, la neige étincelait, les corneilles noires croassaient, mais tout en haut brillait la lune grande et claire, et Kay la contempla toute cette longue nuit d’hiver; le jour venu, il dormait aux pieds de la reine des neiges.