Légende de Maui
À Toa-reva, le Soleil traverse le ciel si vite que la mère de Maui n’a pas le temps de cuire ses aliments. Pour lui venir en aide, Maui prépare un piège. Cette version tahitienne, traduite en français par Louis Gaussin en 1860, raconte comment il obtient des journées plus longues.
Aloha ʻOe — Adieu à toi
Atarea était son père et Huahea sa mère. Ils venaient de Toa-reva, une terre sous le vent. Leur fils Maui devint très célèbre à Fareana.Atarea était son père, Huahea sa mère ; ils étaient d’une terre sous le vent, de Toa-reva : il leur naquit Maui, celui qui devint si célèbre à Fareana. Maui épousaprit pour femme Hinahina-toto-io.
Le Soleil se levait sur Toa-reva et, peu de temps après, il descendait déjà à l’horizon. Cela mettait Maui en colère, car sa mère était obligée de manger l’ape et le taro crus. Comme il l’aimait, il était triste de voir ses lèvres irritées par ces aliments crus. Le temps manquait pour chauffer le four, tant la course du Soleil était rapide.Le Soleil se levait sur Toa-reva et il ne s’écoulait pas un long temps que déjà il déclinait à l’horizon ; ce qui mettait Maui en colère parce que sa mère était obligée de manger l’ape et le taro crus ; et, à cause de son amour pour elle, il était chagrin de voir ses lèvres enflammées par l’ape et le taro crus ; le temps manquait pour chauffer le four, tant la course du Soleil était rapide.
Maui chercha alors un moyen de s’emparer du Soleil. Il imagina un piège composé de cordes de taura, de mati, de roa, de nape et de ieieun piége composé de taura, de mati, de roa, de nape, de ieie, et il y ajouta un cheveu de Hinahina-toto-io. Au chant du coq, Maui disposa son piège au bord de l’ouverture par où le Soleil sort de terre. Aux premières lueurs de l’aube, quand on commence à pouvoir distinguer une mouche qui vole, les rayons du Soleil s’engagèrent dans le piège. Quand le jour se leva, son cou y fut pris.Au chant du coq, Maui disposa son piége au bord de l’orifice (par où le Soleil sort de terre) : aux premières lueurs du crépuscule, quand on commence à pouvoir distinguer une mouche qui vole, les rayons du Soleil s’engagèrent dans le piége, et, au jour, son cou y fut pris. Les différents liens furent bientôt brisés. Seul le cheveu de Hinahina-toto-io arrêta le Soleil et résista à tous ses efforts. En vain, cent fois, il s’élança vers le ciel ; en vain, cent fois, il se précipita dans les profondeurs d’où il venait. Il ne réussit qu’à se briser le cou.Les différents liens furent bientôt brisés, seul le cheveu de Hinahina-toto-io arrêta le Soleil et résista à tous ses efforts ; en vain par cent fois il s’élança vers le ciel, en vain par cent fois il se précipita dans les profondeurs d’où il venait, il ne réussit qu’à se rompre le cou. Alors Maui, triomphant, apparutAlors Maui triomphant apparut et lui dit : « C’est moi le grand Maui-titii-ataraa. » Le Soleil l’implora humblement et lui dit : « Ô Maui ! délivre-moi ! — Je ne te délivrerai pas, je te retiens à cause du malje te retiens pour le mal que tu as causé à ma mère en la forçant à manger son ape cru. Si tu avais avancé comme il fautSi tu avais marché comme il convient, je te délivrerais. » Le Soleil lui répondit : « Si je meurs, le monde n’ira pas mieux. Il n’y aura plus de lumière, tout restera dans l’obscurité, et la nourriture de ta mère ne sera pas mieux cuite.le monde ne s’en trouvera pas mieux ; il n’y aura plus de lumière, tout restera dans l’obscurité, et la nourriture de ta mère n’en sera pas plus cuite. » Maui lui dit : « Si je te délivre, est-ce que tu ne vas pas me tromper ?ne me tromperas-tu pas ? » Le Soleil lui répondit : « Non, je ne te tromperai pas. — Le four de ma mère aura-t-il le temps d’être chauffé ? — Oui, le four de ta mère sera chauffé, et même jusqu’à trois fois par jour. » Maui lui dit alors : « Tu es libre », et le détacha.« Tu es libre » ; et le détacha. Depuis, le Soleil suivit majestueusement sa course sur Toa-reva. On put préparer le peretia, cueillir les fruits, leur enlever l’écorce et même manger à l’excès avant que le Soleil descende dans la mer.Depuis, le Soleil parcourut majestueusement sa carrière sur Toa-reva, et on put préparer le peretia, cueillir les fruits, leur enlever l’écorce et même se surcharger de nourriture avant que le Soleil ne descendît dans la mer.