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Fantômes et espritsDrôles de transformations

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Le Prêtre de Ch’ang-Ch’ing

Un vieux prêtre meurt, puis se réveille dans le corps d’un seigneur. Il se retrouve dans un château, entouré de gens qu’il ne connaît pas. Mais il se souvient de son ancienne vie et voudrait retrouver son monastère.

Avertissement : Ce conte parle de la mort, d’un accident de cheval mortel et d’une âme qui entre dans un autre corps.

Version du texte

ÀA Ch'ang-ch'ing 1, vivait un prêtre dont le nom m'échappe, mais qui était réputé pour sa grande vertu et la sainteté de sa vie. Bien qu'âgé de 80 ans, il était encore robuste. Un jour pourtant il fit une chute si malheureuse qu’il ne se releva pas. Lestomba si malheureusement qu'il ne se releva pas, les autres prêtres accoururent à son secours, le croyant évanoui, mais il avait déjà rendu l'âme. Celle-ci flottait dans les airs et atteignait déjà la frontière du Honan. Un noble seigneur, de très ancienne famille, le faucon au poing, partait à la chasse au lièvre, suivi d’une dizaine de cavaliers. Son cheval fit un brusque écart et le jeta au sol :d'une dizaine de cavaliers ; son cheval fit un brusque écart, le renversant sur le sol où il se tua net. ÀA ce moment précis, passait l’âme du prêtre. Ellel'âme du prêtre, elle entra dans ce corps inanimé, qui revécut soudain. Quand les gens de sa suite arrivèrent à son secours, ignorant ce qui s’étaitinanimé qui revécut soudain ; aussi quand les gens de sa suite arrivèrent à son secours, ignorant ce qui s'était passé, il ouvrit un œil et dit :

Illustration

— Comment cela a-t-il pu arriver ?

On le transporta chez lui avec mille précautions. À peine eut-il franchi le seuil que des femmes au visage poudré et aux sourcils noircis l’entourèrent. Ses serviteurs s’empressaient autour de lui et le regardaient avec stupeur. Aussi ému qu’eux,précautions, mais à peine eût-il franchi le seuil qu'il se fit blanchir le visage et noircir les sourcils, et comme ses serviteurs empressés autour de lui le regardaient avec stupeur, aussi ému qu'eux,Explication : Le chinois décrit des femmes maquillées qui viennent entourer le prêtre : ce n’est pas lui qui se fait maquiller. La version modernisée précise qui agit. il leur dit :

— Je suis prêtre ! Comment cela a-t-il pu arriver ?prêtre, comment cela a-t-il pu arriver.

Ses gens crurent qu’il déraisonnait à cause de sa chute et attendaient d’autres explications. Maisqu'il déraisonnait par l'effet de sa chute et attendaient de lui d'autres explications, mais il ne dit plus rien et ferma les yeux. ÀA son repas il ne voulut prendre que du riz sans assaisonnements, refusant le vin et la viande. La nuit, il couchait seul et ne pouvait supporter l’approcherepoussant toute nourriture ; la nuit il couchait seul, et ne pouvait supporter l'approcheExplication : Le chinois « 酒肉则拒 » précise qu’il refuse le vin et la viande ; il vient d’accepter le riz. La lecture modernisée lève cette contradiction locale, sans modifier l’original de Halphen. Conserver le refus précis et les relations décrites par l’édition, avec deux moments distincts. de sa femme légitime ou de ses concubines. Cet état de choses dura plusieurs jours, quandquantExplication : La transcription numérique porte « quant ». Le mode modernisé restitue la conjonction temporelle claire dans cette phrase ; l’original numérique est conservé. un matin il déclara qu'il voulait un peu marcher. Ce retour à la vie remplit de joie les serviteurs. Comme il était faible et tenait mal sur ses jambes, chacun voulait l’aider et le soutenir.serviteurs ; comme il était faible et mal assuré sur ses jambes, ce fut à qui l'aiderait et le soutiendrait. Pour le distraire, on lui apporta les comptes et le registre des impôts, laissés en attente depuis longtemps à cause de sa maladie. Il les repoussa et refusa de les examiner. Mais il demanda si quelqu’un connaissait le département de Ch’ang-ch’ing, dans la province de Shantung. Touslivraisons de comptes et le registre des impôts en souffrance depuis longtemps à cause de sa maladie ; il les repoussa et refusa de les examiner ; mais il demanda si quelqu'un connaissait le département de Ch'ang-ch'ing dans la province de Shantung ; tous le connaissaient.

— Eh bien, dit-il, j'ai de sérieuses raisons de croire que les affaires de ce département vont mal. Il faut que j’aillemal, il faut que j'aille moi-même y faire une inspection sérieuse. Allezsérieuse, allez préparer les bagages.

Tous lui firent remarquer qu’il était à peine convalescent et qu’un pareil voyage serait imprudent. Il ne voulut rien entendre et, le lendemain,observer qu'il était à peine convalescent, qu'un pareil voyage serait une imprudence, il ne voulut rien entendre et le lendemain on partit. ÀA Ch'ang-ch'ing, on trouva tout en ordre, comme d’habitude. Le seigneur demanda un renseignement à quelqu’un du pays. Puis on s’engagea dans un chemin qui aboutit finalementordre comme à l'ordinaire, le seigneur demanda un renseignement à quelqu'un du pays, puis on s'engagea dans un chemin qui, finalement, aboutit à un ermitage. Un disciple, voyant arriver des hôtes de distinction, se précipita à leur rencontre, les accueillant avec le respect qui leur était dû. Le seigneur demanda alors où se trouvait le vieux prêtre ; le disciple répondit que le vénéré maître était mort depuis longtemps. Le seigneur demanda alors où était sa tombe. On le conduisit au cimetière, où les ronces recouvraient de petites tombes mal entretenues. Personne ne put lui indiquer exactementavait depuis longtemps dépouillé son enveloppe terrestre ; il demanda alors où était sa tombe ; on le conduisit alors au cimetière où les ronces recouvraient de petites tombes mal entretenues, personne ne put lui indiquer au juste celle du maître. Alors il demanda qu’on prépare ses chevaux pour repartir. Mais avant de partir,ses chevaux pour repartir, mais auparavant il dit aux disciples :

— Votre maître, prêtre austère et sain, a dû laisser quelques reliques personnelles (littéralement mouillées de la sueur de ses mains). Ilmains), il faut les conserver respectueusement et veiller à leur entretien.

Tous le promirent formellement. Alors il se mit en route et rentra dans son château. Son cœur était comme mort. Il restait des journées entières assis en silence. Jamais il ne s’intéressait ni à sa famille ni à ses affaires. Des mois passèrent ainsiformellement, alors il se mit en route et rentra dans son château, son cœur était comme mort, il restait des journées entières, assis en silence, jamais il ne s'intéressait ni à sa famille ni à ses affaires, et ainsi pendant des mois. Enfin, un jour il se glissa hors du château, arriva au monastère et s’adressamonastère, et s'adressant aux disciples :

— Voici votre maître revenu, leur dit-il.

Croyant avoir affaire à un fou, ils se regardaient en riant. Mais il leur raconta toutes sortes d’histoires et la nouvelle incarnation de son âme dans un autre corps. Ilsriant, mais il leur raconta toutes sortes d'histoires, la nouvelle incarnation de son âme dans un autre corps, et ils le crurent. Son ancien lit, ses affaires personnelles, tout avait été conservé précieusement. Il reprit alors son existence d’autrefois.précieusement, il reprit alors son existence d'autrefois. Sa famille vint à plusieurs reprises, avec de nombreux chevaux et voitures, pour le supplier de revenir. C’est à peine s’ilforce chevaux et voitures le supplier de revenir, c'est à peine s'il les regarda. Une année se passa. Sa femme lui envoya de somptueux présents. Il les renvoya enpassa, sa femme lui envoyait de somptueux présents, il les renvoya, disant qu'un homme qui porte sur lui un seul vêtement en toile de cotoncotonnade grossière n'a nul besoin de soieries. On renonça à le faire changer d’avis. Les gens du pays qui passaient par Ch’ang-ch’ingd'idées, les gens du pays qui passaient par Ch'ang-ch'ing venaient le saluer respectueusement et admiraient cet homme grave qui, jeune encore, avait pourtant plus de quatre-vingts ans.

Une histoire analogue conte l'aventure d'une âme de prêtre entré dans le corps d'un « coq de village », grand séducteur de filles. L’idée» grand enjôleur de filles ; l'idée est en somme la même.


Notes de bas de page

1. Ch'ang-Ch'ing département dans la préfecture de Chi-nan, province de Shantung.

Quizz

Question 1 / 3

Que chasse principalement le faucon pèlerin réel ?