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Neige et hiver

La Petite Fille aux allumettes

Le dernier soir de l’année, une petite fille vend des allumettes dans les rues enneigées. Personne ne lui en achète, et elle n’ose pas rentrer sans argent. Pour réchauffer ses doigts gelés, elle allume une allumette. Dans la petite flamme, une image merveilleuse apparaît. Ce court conte d’Andersen nous invite à suivre une enfant seule, qui rêve de chaleur, d’un bon repas et de tendresse.

Préludes — Des pas sur la neige

Claude Debussy
Version du texte

Il faisait affreusement froid. Il neigeait, et la nuit commençait à tomber.Il faisait affreusement froid ; il neigeait, et le soir commençait à devenir sombre ; C’était le dernier soirc’était le dernier soir de l’année, la veille du jour de l’an. Par ce froid et dans cette obscurité, une petite fille marchait dans la rue, tête nue et pieds nus. Oh,Par ce froid et dans cette obscurité marchait une petite fille dans la rue, tête nue et pieds nus; oh, elle avait bien eu des pantoufles aux pieds, lorsqu’elle était sortie de chez elle, mais à quoi bon ! C’étaient de très grandes pantoufles : sa mère les avait portées avant elle. La petite les avait perduesC’étaient de très grandes pantoufles, sa mère les avait mises en dernier lieu, tant elles étaient grandes, et la petite les avait perdues en se dépêchant de traverser la rue lorsque deux voitures passaient très vite. Elle ne put retrouver l’une des pantoufles. Un garçon s’enfuyait avec l’autre : il dittrès vite ; l’une des pantoufles fut impossible à retrouver, et un garçon courait avec l’autre ; il dit qu’elle pourrait lui servir de berceau, quand il aurait des enfants.

La petite fille marchait donc sur ses petits pieds nus, qui étaient rouges et bleus de froid. Ellebleus de froid ; elle serrait dans un vieux tablier une quantité d’allumettes de soufre, et en tenait un paquet à la main en marchant. De toute la journée, personne ne lui en avait acheté. Personne ne lui avait donné le moindre sou. Elleà la main en marchant; de toute la journée personne ne lui en avait acheté ; personne ne lui avait donné le moindre sou ; elle avait faim, elle était gelée, elle avait un aspect lamentable, la pauvre petite ! Les flocons de neige tombaient sur ses longs cheveux dorés, qui bouclaient joliment dans son cou, mais elle ne pensait pas à cette beautéà cette parure. À toutes les fenêtres, des lumières brillaientA toutes les fenêtres brillaient les lumières, et une délicieuse odeur d’oie rôtie flottait dans la rue. C’était la veilleétait répandue dans la rue ; car c’était la veille du jour de l’an, et ça, elle y pensait.

Dans un angle entre deux maisons dont l’une avançait un peu plus que l’autre dans la rue, elle s’assit et se blottit. Elleelle s’assit et se blottit ; elle avait replié sous elle ses petites jambes, mais elle avait encore plus froid. Elle n’osait pas rentrer chez elle : elle n’avait vendu aucune allumette et n’avait pas gagné un sou. Son père la battrait. Il faisait froid aussi chez eux. Ils n’avaient que le toit au-dessus de leur tête, et le vent sifflait à l’intérieur,elle avait encore plus froid, et elle n’osait pas rentrer chez elle, car elle n’avait pas vendu d’allumettes et pas eu un sou, son père la battrait, et il faisait froid aussi chez eux, on n’avait que le toit au-dessus et le vent sifflait jusque dedans, malgré la paille et les chiffons mis pour boucher les plus grosses fissures. Ses petites mains étaient presque mortes de froid. Oh, comme une petite allumette pourrait faire du bien. Si elle osait en tirer rien qu’une du paquet, la frotter contre le mur et se réchauffer les doigts. Elle en tira une, pfutt ! comme le feu jaillit, comme elle brûla ! Ce fut une flamme chaude et claire, comme une petite lumière qu’elle entoura de sa main. C’étaitcomme une petite lumière qu’elle entoura de sa main ; c’était une drôle de lumière ! Il semblait à la petite fille qu’elle était assise devant un grand poêle de fer à boules de cuivre et tuyau de cuivre ; le feu brûlait délicieusement et réchauffait très bien. Non,le feu brûlait délicieusement, il réchauffait très bien ; non, qu’est-ce qu’il y a ?... La petite fille étendait déjà les pieds pour les réchauffer aussi... quand la flamme s’éteignit. Le poêle disparut..., la fillette restait avec un petit bout d’allumette brûlée à la main.

Elle frotta une deuxième allumette. Celle-ci brûla et éclaira le mur, qui devenait transparent comme un voile partout où tombait sa lueur.Une seconde fut frottée, brûla, éclaira, et aux endroits où sa lueur tombait sur le mur, celui-ci devenait transparent comme un voile ; La petite fille vit l’intérieur de la salle, où la table était mise. Une nappe d’une blancheur éclatante était couverte de porcelaine fine. L’oie rôtie fumait, farcie de pruneaux et de pommes. Et, ce qui était encore plus magnifique,la petite fille vit l’intérieur de la salle, où la table était mise, la nappe était d’une blancheur éclatante, couverte de porcelaine fine, l’oie rôtie fumait, pleine de pruneaux et de pommes, et — ce qui était encore plus magnifique, — l’oie sauta du plat, marcha sur le parquet avec une fourchette et un couteau dans le dos, et vint jusqu’à la pauvre fille. Alors,dans le dos; et vint jusqu’à la pauvre fille ; alors, l’allumette s’éteignit, et l’on ne pouvait plus voir que l’épais mur gris.

Elle alluma encore une allumette. Elle fut alors assise sous un superbe arbre de Noël ; il était encore plus grand et plus décoréplus paré que celui qu’elle avait vu par la porte vitrée chez le riche marchandchez le riche négociant, au Noël précédent. Des milliersau dernier Noël; des milliers de lumières brûlaient sur les branches vertes, et des images bariolées, comme celles qui ornent les fenêtres des boutiques, la regardaient. La petite étendit les mains en l’air... et l’allumette s’éteignit. Les lumières de Noël montèrent de plus en plus haut. Elle vit qu’elles étaient devenues des étoiles scintillantes. L’une d’elles fila,l’allumette s’éteignit; les multiples lumières de Noël montèrent de plus en plus haut, elle vit qu’elles étaient devenues les étoiles scintillantes, l’une d’elles fila, et traça une longue raie lumineuse dans le ciel.

Illustration

— En voilà une qui meurt, dit la petite. Sa vieilledit la petite, car sa vieille grand-mèregrand’mère, la seule personne qui avait été bonne pour elle, mais qui était morte maintenant, avait dit : « Quand une étoile tombe, une âme monte vers Dieu ».

Elle frotta encore une allumette contre le mur. Une lueur se répandit. Au milieu apparut sa vieillecontre le mur, et une lueur se répandit, au milieu de laquelle était la vieille grand-mèregrand’mère, nette, brillante, douce et aimable.

Grand-mèreGrand’mère ! cria la petite. Oh, emmène-moi ! Je sais que tu seras partie quand l’allumette aura fini de brûler. Partiequand l’allumette sera finie; partie comme le poêle chaud, la délicieuse oie rôtie et le grand arbre de Noël béni !...

Et elle frotta en hâte tout le reste des allumettes qui étaient dans le paquet. Elle voulait retenirdans le paquet, elle voulait retenir grand-mère. Les allumettesgrand’mère ; et les allumettes brillèrent d’un tel éclat qu’il faisait plus clair qu’en plein jour. Jamais grand-mèregrand’mère n’avait été si belle, si grande ; elle souleva la petite fille sur son braselle leva la petite fille sur son bras, et elles s’envolèrent superbement et joyeusement, haut, très haut. Et là,haut, très haut; et là, pas de froid, ni de faim, ni d’inquiétude..., elles étaient chez Dieu !

Et dans le coin de la maison, au froid matin, la petite fille était assise avec des joues roses et le sourire à la bouche..., morte, gelée la dernière nuit de la vieille année. Le matin du Nouvel An se leva sur le petit cadavre, assis avec les allumettes de soufre, dont un paquet était presque entièrement brûlé. Elle a voulu se réchauffer, dit-on. Personne ne savaitNul ne savait ce qu’elle avait vu de beau, avec quelle splendeur elle et sa grand-mèregrand’mère étaient entrées dans la joie du Nouvel An !

Quizz

Question 1 / 5

Quel métier exerçait John Walker, qui vendait des allumettes à friction en 1827 ?