Le Prince prédestiné
À la naissance d’un prince, des déesses annoncent qu’il mourra à cause d’un crocodile, d’un serpent ou d’un chien. Son père le fait vivre dans une maison isolée pour le protéger. Mais en grandissant, le prince veut partir découvrir le monde. Pourra-t-il échapper à ce qui lui a été prédit ? Ce récit de l’Égypte ancienne est écrit sur un papyrus dont la fin est perdue : la lecture s’arrête là où le texte manque.
阅读提示: Le récit contient des menaces de mort, une menace de se laisser mourir et la mise à mort d’un serpent.
Il était une foisIl y avait une fois un roi693 qui n’avait pas de filsà qui il ne naissait pas d’enfant mâle. Son cœur en fut tout attristé. Il demanda un garçon aux dieux de son temps, et ils décidèrent de lui en faire naître un.Son cœur en fut tout attristé ; il demanda un garçon aux dieux de son temps et ils décrétèrent de lui en faire naître un. Sa femme devint enceinte ; les mois passèrent, puis un fils naquit.Il coucha avec sa femme pendant la nuit, et alors elle conçut ; accomplis les mois de la naissance, voici que naquit un enfant mâle.Explication : La naissance reste. La formulation sexuelle est adoucie pour les enfants. Quand les Hathors694, des déesses, vinrent fixer son destinles Hathors694 vinrent pour lui destiner un destinExplication : Les Hathors sont des déesses qui annoncent le destin de l’enfant dans ce récit égyptien. Leur nom est conservé., elles dirent : « Qu’il meure par le crocodile, ou par le serpent, ou encore par le chienvoire par le chien ! » Quand les gens qui étaient avec l’enfant l’entendirent, ils allèrent le direils l’allèrent dire à Sa Majesté, qui en eut le cœur tout attristé.Sa Majesté, v. s. f., et Sa Majesté, v. s. f., en eut le cœur tout attristé.Explication : « v. s. f. » signifie « vie, santé, force », un souhait associé au roi. Cette formule répétée dans l’original est retirée du seul mode modernisé pour fluidifier la lecture. Sa MajestéSa Majesté, v. s. f., lui fit construire une maison de pierre sur la montagne, où se trouvaient des hommes et toutes les bonnes choses de la demeure du roi. L’enfant n’en sortait pas.une maison de pierre sur la montagne, garnie d’hommes, et de toutes les bonnes choses du logis du roi, v. s. f., car l’enfant n’en sortait pas. Et quand l’enfant fut grand, il monta sur la terrasse695 de sa maison. Il aperçutEt quand l’enfant fut grand, il monta sur la terrasse695 de sa maison, et il aperçut un lévrier qui marchait derrière un homme qui allait sur la route. Il dit à son page qui était avec lui : «avec lui « Qu’est-ce qui marche derrière l’homme qui marche sur la routel’homme qui chemine sur la route ? » Le page lui dit : « C’est un lévrier ! » L’enfant lui dit : « Qu’on m’en apporte un tout pareil ! » Le page alla le redire à Sa Majesté, qui dit :Le page l’alla redire à Sa Majesté, v. s. f., et Sa Majesté, v. s. f., dit : « Qu’on lui amène un jeune chien courant, pour que son cœur ne soit pas tristede peur que son cœur ne s’afflige ! » Et, voici, on lui amena le lévrier.
Et, après que des jours eurent passé,Et, après que les jours eurent passé là-dessus, quand l’enfant eut grandiquand l’enfant eut pris de l’âge en tous ses membres, il envoya un message à son père, disant : « Allons ! pourquoi être comme les fainéants ? Puisque je suis destiné à trois destins funestes, même si j’agis selon ma volonté, Dieu fera tout de même ce qui lui tient au cœurtrois destinées fâcheuses, quand même j’agirais selon ma volonté, Dieu n’en fera pas moins ce qui lui tient au cœur ! » On écouta tout ce qu’il disait. On lui donna toutes sortes d’armes et son lévrier pour le suivre. On le transporta sur la côte orientaleOn écouta tout ce qu’il disait, on lui donna, toute sorte d’armes, on lui donna aussi son lévrier pour le suivre, on le transporta à la côté orientaleExplication : Les propositions sont séparées pour faciliter la lecture. La note 696 de Maspero dit explicitement « la côte orientale » : ce sens est clarifié dans le seul mode modernisé ; « côté » reste dans la transcription numérique originale.696, on lui dit : « Ah ! Va où tu le désires ! »on lui dit : « Ah ! va où tu le désires ! » Son lévrier était avec lui ; il s’en alla donc, selon son caprice, à travers le pays, se nourrissant des premières prises de tout le gibier du pays.vivant des prémices de tout le gibier du pays. Arrivé pour s’envoler697 vers le prince de Naharinna698, voici, le prince de Naharinna n’avait pas eu de fils, mais seulement une fille.voici, il n’était point né d’enfant au prince de Naharinna, mais seulement une fille. Il lui avait construit une maison dont les soixante-dix fenêtres se trouvaient à environ trente-six mètres du sol. Il se fit amener tous les enfants des princes du pays de Kharou699 et leur dit :Or, lui ayant construit une maison dont les soixante-dix fenêtres étaient éloignées du sol de soixante-dix coudées, il se fit amener tous les enfants des princes du pays de Kharou699, et il leur dit :Explication : La coudée royale égyptienne mesure environ 52 cm. Les soixante-dix coudées donnent ici un ordre de grandeur d’environ 36 mètres, arrondi pour rendre cette hauteur imaginable ; ce n’est pas la valeur de toutes les coudées historiques. « À celui qui atteindra la fenêtre de ma fille, elle sera donnée pour femme !Celui qui atteindra la fenêtre de ma fille, elle lui sera donnée pour femme ! »
Or, bien des jours après ces événementsOr, beaucoup de jours après que ces événements furent accomplis, tandis que les princes de Syrie étaient à leur occupation de chaque jour, le prince d’Égypte passa à l’endroit où ils étaient. Ils le conduisirent à leur maison et lui préparèrent un bain. Ils donnèrent de la nourriture à ses chevaux et prirent toutes sortes de soins pour lui. Ils le parfumèrent, appliquèrent un onguent sur ses pieds et lui donnèrent de leurs pains. Pour faire la conversation, ils lui dirent :tandis que les princes de Syrie étaient à leur occupation de chaque jour, le prince d’Égypte étant venu à passer à l’endroit où ils étaient, ils conduisirent le prince à leur maison, ils le mirent au bain, ils donnèrent la provende à ses chevaux, ils firent toutes sortes de choses pour le prince : ils le parfumèrent, ils lui oignirent les pieds, ils lui donnèrent de leurs pains, ils lui dirent en manière de conversation : « D’où viens-tuvienstu, bon jeune homme ? » Il leur dit : « Moi, je suis fils d’un soldat des chars700 du pays d’Égypte. Ma mère mourut, mon père prit une autre femme. Quand elle eut des enfants, elle se mit à me haïr, et je me suis enfui pour lui échapperQuand survinrent des enfants, elle se mit à me haïr, et je me suis enfui devant elle ». Ils le serrèrent dans leurs bras, ils le couvrirent de baisers. Or, après que beaucoup de jours eurent passé,Or, après que beaucoup de jours eurent passé là-dessus, il dit aux princes : « Que faites-vous donc ici ? » Ils lui dirent : «Ils lui dirent « Nous passons notre temps à faire ceci : nous nous envolons. On donnera la fille du prince de Naharinna pour femme à celui qui atteindra sa fenêtreNous passons notre temps à faire ceci : nous nous envolons, et celui qui atteindra la fenêtre de la fille du prince de Naharinna, on la lui donnera pour femme ». Il leur dit : « S’il vous plaît, je prononcerai une formule magique pour mes jambesje conjurerai mes jambesExplication : Conjurer signifie ici prononcer une formule magique. Maspero conserve « s’envoler » et explique dans la note 697 qu’il envisage une épreuve magique, sans affirmer que le prince grimpe à la fenêtre. et j’irai m’envoler avec vous ». Ils allèrent s’envoler, comme ils le faisaient chaque jour. Le prince resta à distance pour regarder, et la fille du chef de Naharinna tourna son visage vers lui.Ils allèrent s’envoler comme c’était leur occupation de chaque jour, et le prince se tint éloigné pour voir, et la figure de la fille du chef de Naharinna se tourna vers lui. Or, après que des jours eurent passé, le prince alla s’envoler avec les enfants des chefs. Il s’envola et atteignit la fenêtre de la fille du chef de Naharinna. Elle l’embrassa et le serra dans ses bras.Or, après que les jours eurent passé là-dessus, le prince s’en alla pour s’envoler avec les enfants des chefs, et il s’envola, et il atteignit la fenêtre de la fille du chef de Naharinna ; elle le baisa et elle l’embrassa dans tous ses membres.
On alla réjouir le cœur du père de la princesse en lui disant :On s’en alla pour réjouir le cœur du père de la princesse, et on lui dit : « Un homme a atteint la fenêtre de ta fille ». Le prince interrogea le messager, disant : « Le fils de quel prince ?Le fils duquel des princes ? » On lui dit : « Le fils d’un soldat des chars, venu en fugitif du pays d’Égypte pour échapper à sa belle-mère, quand elle eut des enfants ». Le prince de Naharinna se mit dans une grande colèrese mit très fort en colère. Il dit : « Est-ce que moi je donnerai ma fille à ce fugitif du pays d’Égypte ? Qu’il reparte !au transfuge du pays d’Égypte ? Qu’il s’en retourne ! » On alla dire au prince : « RetourneRetourne t-en au lieu d’où tu es venu ». Mais la princesse le saisit, et elle jura par Dieu, disant : « Par la vie de Phrâ Harmakhis701 ! si on me l’arrache, je me laisserai mourir sur-le-champsi on me l’arrache, je ne mangerai plus, je ne boirai plus, je mourrai sur l’heureExplication : La princesse menace toujours de se laisser mourir immédiatement si on lui retire le jeune homme. La méthode par refus de nourriture et de boisson est retirée du seul mode modernisé pour les enfants. ». Le messager alla répéter toutes ses paroles à son père. Le prince envoya des gens pour tuer le jeune homme alors qu’il était dans sa maison.Le messager alla pour répéter tous les discours qu’elle avait tenus à son père ; et le prince envoya des gens pour tuer le jeune homme, tandis qu’il était dans sa maison. La princesse leur dit : « Par la vie de Phrâ ! si on le tue, au coucher du soleil, je serai morte ; je ne vivrai pas une heure de plus, plutôt que de rester séparée de luije ne passerai pas une heure de vie, plutôt que de rester séparée de lui ! » On alla le direOn l’alla dire à son père. Le prince fit amener le jeune homme avec la princesse. Le jeune homme fut saisi de terreur en arrivant devant le prince. Mais celui-ci l’embrassa, le couvrit de baisers et lui dit :Le jeune homme fut saisi de terreur, quand il vint devant le prince, mais celui-ci l’embrassa, il le couvrit de baisers, il lui dit : « Raconte-moiConte-moi qui tu es, car voici, tu es pour moi un fils ! » Le jeune homme dit : « Moi, je suis l’enfant d’un soldat des chars du pays d’Égypte. Ma mère mourut, mon père prit une autre femme. Elle se mit à me haïr, et moi je me suis enfui pour lui échappermoi je me suis enfui devant elle ». Le chef lui donna sa fille pour femme ; il lui donna une maison, des vassaux, c’est-à-dire des personnes qui dépendent de lui, des champs, du bétail et toutes sortes de bonnes chosesdes vassaux, des champs, aussi des bestiaux, et toute sorte de bonnes chosesExplication : Le terme vassaux indique ici des personnes dépendant du prince. La précision ne leur attribue pas tout le statut juridique du vassal dans l’Europe médiévale.702.
Or, après que des jours eurent passé,Or, après que les jours eurent passé là-dessus, le jeune homme dit à sa femme : « Trois destins me sont prédits : le crocodile, le serpent, le chien.Je suis prédestiné à trois destins, le crocodile, le serpent, le chien. » Elle lui dit : «Elle lui dit « Qu’on tue le chien qui court devant toi. » Il lui dit : «Il lui dit « S’il te plaît, je ne tuerai pas mon chien que j’ai élevé quand il était petit ! » Elle eut très, très peur pour son mari,Elle craignit pour son mari beaucoup, beaucoup, et elle ne le laissa plus sortir seul. Or, on eut envie de voyager :Or, il arriva qu’on désira voyager : on conduisit le prince vers la terre d’Égypte, pour s’y promener à travers le pays703. Or voici, le crocodile du fleuve sortit du fleuve704, et il vint au milieu du villageau milieu du bourg où était le prince. On l’enferma dans un logis où il y avait un géant. Le géant ne laissait pas sortir le crocodile. Mais quand le crocodile dormait, le géant sortait se promener. Puis, quand le soleil se levait, le géant rentrait dans le logis. Cela se répéta tous les jours pendant deux mois705.Le géant ne laissait point sortir le crocodile, mais quand le crocodile dormait, le géant sortait pour se promener ; puis quand le soleil se levait, le géant rentrait dans le logis, et cela tous les jours, pendant un intervalle de deux mois de jours705. Et, après que des jours eurent passé,Et, après que les jours eurent passé là-dessus, le prince resta pour se divertir dans sa maison. Quand la nuit vint, le prince se coucha sur son lit et le sommeil s’empara de ses membres. Sa femme emplit un vase de lait et le plaça à côté d’elle. Quand un serpent sortit de son trou pour mordre le prince, voici, sa femme se mit à surveiller son mari avec attentionse mit à veiller sur son mari minutieusement. Alors les servantes donnèrent du lait au serpent706 ; il en but, il s’enivra, il resta couché le ventre en l’air, et la femme le tua avec sa hachela femme le mit en pièces avec des coups de sa hacheExplication : La mort du serpent et l’arme restent. Le détail du corps mis en pièces est adouci pour les enfants.. On réveilla le mari, qui fut très étonné,On éveilla le mari, qui fut saisi d’étonnement, et elle lui dit : « Vois ! ton dieu t’a donné un de tes sorts entre tes mains ; il te donnera les autres ». Il présenta des offrandes au dieu, il l’adora et il exalta sa puissance tous les jours de sa vie.
Et, après que des jours eurent passé,Et, après que les jours eurent passé là-dessus, le prince sortit se promener près de son domaine. Comme il ne sortait jamais seul, voici que son chien était derrière lui.le prince sortit pour se promener dans le voisinage de son domaine ; et comme il ne sortait jamais seul, voici son chien était derrière lui. Son chien s’élança dans la campagne pour poursuivre du gibier, et lui se mit à courir derrière son chien.Son chien prit le champ pour poursuivre du gibier, et lui il se mit à courir derrière son chien. Quand il fut arrivé au fleuve, il descendit vers le bord du fleuve derrière son chien. Alors le crocodile sortit et l’entraîna vers l’endroit où était le géant. Celui-ci sortit et sauva le prince. Alors le crocodile dit au prince :à la suite de son chien, et alors sortit le crocodile et l’entraîna vers l’endroit où était le géant. Celui-ci sortit et sauva le prince, alors le crocodile, il dit au prince : « Ah, moi, je suis ton destin qui te poursuit ; quoi que tu fassesquoi, que tu fasses, tu seras ramené sur mon chemin (?) à moi, toi et le géant. Or, vois, je vais te laisser aller : si le… tu sauras que mes enchantements ont triomphé et que le géant est tué ; et si tu vois que le géant est tué, tu verras ta mort707 ! »
Et quand la terre s’éclaira et qu’un deuxième jour commença,Et quand la terre se fut éclairée et qu’un second jour fut, lorsque vint…
Notes de bas de page
693. Le conteur ne dit pas explicitement de quel pays il s'agit, mais il emploie, pour désigner le père de son héros, le mot soutonou, qui est le titre officiel des rois d'Égypte : c'est donc en Égypte que se passent tous les événements racontés au début du conte.
694. Sur les Hathors, voir Le conte des deux frères, et l'Introduction, chapitre III.
695. Le toit des maisons égyptiennes était plat et il formait, comme celui des temples, des terrasses sur lesquelles on venait prendre le frais. On y construisait des kiosques légers et quelquefois, comme au temple de Dendérah, de véritables petits bâtiments en pierre de taille qui servaient de chapelle et d’observatoire.On y élevait des kiosques légers, et quelquefois, comme au temple de Dendérah, de véritables édicules en pierre de taille qui servaient de chapelle et d'observatoire.
696. La côte orientale, c'est la Syrie, par rapport à l'Égypte : nous verrons en effet que le prince arrive au pays de Naharinna. Le Naharinna est connu aussi sous le nom de Naharaîna. Les mariages de princes égyptiens avec des princesses syriennes sont fréquents dans l'histoire réelle.
697. Le mot poui, employé à plusieurs reprises, dans notre texte, pour désigner l'action des princes, signifie bien voler, s'envoler, et c’est seulement par un emploi inexact qu’on l’a traduit par grimperc'est par abus seulement qu'on l'a traduit grimper. Le prince de Naharinna impose-t-ilimpose t-il aux prétendants une épreuve magique ? Je suis tenté de le croire, en voyant que, plus loin, le fils du roi d'Égypte conjure ses jambes avant de participer à l’épreuve à son touravant d'entrer en lice à son tour. Nous avons rencontré d'ailleurs, dans le premier Conte de Satni Khâmoîs, un personnage qui sort de terre, littéralement, qui s'envole en haut, au moyen des talismans du dieu Phtah.
698. On pourra trouver bizarre que le prince, qui ignorait l’histoire de la princesse de Naharinna, arrive dans le pays où elle se trouveignorant l'histoire de la princesse de Naharinna, arrivât dans le pays où elle se trouvait avec l'intention de s'envoler pour la conquérir. L’auteur égyptien a simplement voulu mettre le lecteur à l’avance dans la confidence de ce qui allait se passer.Aussi bien, l'auteur égyptien n'a-t-il songé qu'à mettre le lecteur par avance dans la confidence de ce qui allait se passer. C'est ainsi que, dans le Conte des deux Frères, les magiciens de pharaon, tout en ignorant l'endroit précisendroit, précis où est la femme que Pharaon convoite, envoient des messagers vers toutes les contrées, et recommandent spécialement qu'on donne une escorte au messager qui se rendrait dans le Val de l'Acacia, comme s'ils savaient déjà que la fille des dieux y résidait.
699. Voir dans Comment Thoutîyi prit la ville de Joppé, ce que les Égyptiens entendaient sous le nom de pays de Kharou.
700. Le char de guerre égyptien était monté par deux hommes, dont l'un, le kazana, conduisait les chevaux, et l'autre, le sinni, combattait : c'est un sinni que le prince de notre conte se donne pour père. Les textes nous montrent que ces deux personnages étaient égaux en grade et qu'ils avaient rang d'officier (Maspero, Études égyptiennes, t. II, p. 41).
701. On s'attendrait à voir une princesse syrienne jurer par un Baal ou par une Astarté : l’auteur, qui ne s’arrêtait pas à ces détails,l'auteur, qui n'y regardait pas de si près, lui met deux fois dans la bouche la formule égyptienne du serment par Phrâ-HarmakhisPhrâ- Harmakhis et par Phrâ.
702. Voir dansCf. dans Les mémoires de Sinouhît, l'énumération du domaine que le prince de Tonou constitua à Sinouhît, quand il lui eut donné sa fille en mariage.
703. Peut-être : pour chasser dans ce pays, ainsi qu’au début du Conte.
704. Pas plus que dans le Conte des deux Frères, l'auteur égyptien ne nomme le fleuve dont il s'agit : il emploie le mot iaoumâ, iôm, la mer, le fleuve, et cela lui suffit. L'Égypte n'a pas en effet d'autre fleuve que le Nil. Le lecteur comprenait sur-le-champsur le-champ que iaoumâ désignait le Nil, comme le fellah, le paysan égyptien d’aujourd’hui, quandle fellah d'aujourd'hui quand on se sert devant lui du mot bahr, sans y joindre l’adjectif malkhah, salél'épithète malkhah, salé : bahr et malkhah signifie alors la mer.
705. Le géant et le crocodile sont deux personnages liés aux astres, les symboles de deux constellations importantesdeux personnages astronomiques, l'emblème de deux constellations importantes qu'on voit figurées, entre autres, au plafond du Ramesséum. Il semble que le dieu les aitdieu, les ait envoyés sur terre pour accomplir la destinée prédite par les sept Hathors.
706. Sur la façon dont les Égyptiens attiraient les serpents, voir le passagesur la façon dont les Égyptiens attiraient les serpents, le passage de Phylarque, Fragment 26, dans Müller-Didot, Fragmenta Historicorum Græcorum, t. I, p. 340.
707. Il y a ici l'indication d’un signe annonçant un événement, semblable à ceuxun intersigne analogue à ceux que j'ai signalés plus haut au Conte des deux frères et au deuxième conte de Satni-Rhâmoîs. Un passage manquant nous empêche malheureusement de reconnaître la nature de ce signe.Une lacune nous empêche malheureusement de reconnaître quelle en était la nature.