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国王与王后女巫与巫师谜团与秘密

Le Jeune Roi des Îles Noires

Un jeune roi raconte à son visiteur comment son mariage heureux est devenu un cauchemar. Sa femme cache un secret, son royaume a changé d’aspect et un sort l’empêche de vivre librement. Quel rapport y a-t-il entre son malheur et les étranges poissons du lac voisin ? Dans ce récit des Mille et Une Nuits, ses confidences permettent peu à peu de comprendre un mystère qui touche tout un pays.

侯赛尼调式器乐曲

传统音乐
文本版本

« Vous saurez, seigneur, continua-t-il, que mon père, qui s’appelaitappeloit Mahmoud, étaitétoit roi de ce royaumeroi de cet état. C’est le royaume des ÎlesIsles Noires, qui prend son nom des quatre petites montagnes voisines ; car ces montagnes étaientétoient autrefoisci-devant des îlesisles ; et la capitale où habitait le roi mon père se trouvait à l’emplacement de l’étang que vous avez vula capitale où le roi mon père faisoit son séjour, étoit dans l’endroit où est présentement cet étang que vous avez vu. La suite de mon histoire vous expliquera tous ces changements.La suite de mon histoire vous instruira de tous ces changemens.

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» Le roi mon père mourut à l’âge de soixante-dix anssoixante et dix ans. Dès que je lui succédai, je me mariaiJe n’eus pas plutôt pris sa place, que je me mariai ; et la personne que je choisis pour partager la dignité royale avec moi, étaitétoit ma cousine. J’eus toutes les raisons d’être heureux de l’amour qu’elle me montraJ’eus tout lieu d’être content des marques d’amour qu’elle me donna ; et de mon côté, j’éprouvai pour elle tant de tendresseje conçus pour elle tant de tendresse, que rien n’étaitétoit comparable à notre union, qui dura cinq années. Au bout de ce temps-là, je m’aperçus que la reine ma cousine ne s’intéressait plus à moin’avoit plus de goût pour moi.

» Un jour qu’elle étaitétoit au bain l’après-midil’après-dîné, je me sentis une envie de dormir, et je me jetai sur un sofa. Deux de ses servantes, présentes dans ma chambre, vinrent s’asseoir, l’une à ma tête et l’autre à mes pieds, un éventail à la main. Elles voulaient me rafraîchir et chasser les mouches qui auraient pu troubler mon sommeil.Deux de ses femmes qui se trouvèrent alors dans ma chambre, vinrent s’asseoir, l’une à ma tête, et l’autre à mes pieds, avec un éventail à la main, tant pour modérer la chaleur, que pour me garantir des mouches qui auroient pu troubler mon sommeil. Elles me croyaientcroyoient endormi, et elles s’entretenaiententretenoient tout bas ; mais j’avais seulement les yeux fermésj’avois seulement les jeux fermés, et je ne perdis pas une parole de leur conversation.

» Une de ces femmes dit à l’autre : « N’est-il pas vrai que la reine a grand tort de ne pas aimer un prince aussi aimable que le nôtre ? » « Assurément, répondit la seconde. Pour moi, je n’y comprends rien, et je ne sais pourquoi elle sort toutes les nuits, et le laisse seul. Est-ce qu’il ne s’en aperçoit pas ? » « Mais comment voudrais-tu qu’il s’en aperçoiveHé comment voudrois-tu qu’il s’en aperçût, reprit la première ? Chaque soir, elle mélange à sa boisson un certain jus d’herbe qui le plonge dans un profond sommeil pour toute la nuit. Elle a ainsi le temps d’aller où elle veutElle mêle tous les soirs dans sa boisson un certain suc d’herbe qui le fait dormir toute la nuit d’un sommeil si profond, qu’elle a le temps d’aller où il lui plaît ; et à l’aubeà la pointe du jour, elle vient se recoucher auprès de lui ; alors elle le réveille, en lui faisant respirer une certaine odeuren lui passant sous le nez une certaine odeur. »

» Imaginez, seigneur, ma surprise à ces paroles et les sentiments qu’elles m’inspirèrent. Malgré mon émotion, je sus assez me maîtriser pour la cacherJugez, seigneur, de ma surprise à ce discours, et des sentimens qu’il m’inspira. Néanmoins, quelque émotion qu’il me pût causer, j’eus assez d’empire sur moi pour dissimuler : je fis semblant de m’éveiller, et de n’avoir rien entendu.

» La reine revint du bain ; nous soupâmes ensemble, et avant de nous coucheravant que de nous coucher, elle me présenta elle-même la tasse pleine d’eau, que j’avais l’habitude de boireque j’avois coutume de boire ; mais au lieu de la porter à ma bouche, je m’approchai d’une fenêtre qui étaitétoit ouverte, et je jetai l’eau si adroitement, qu’elle ne s’en aperçut pas. Je lui remis ensuite la tasse entre les mains, pour qu’elle soit certaine que j’avais buafin qu’elle ne doutât point que je n’eusse bu.

« Nous nous couchâmes ensuite ; et bientôt après, me croyant endormi alors que je ne l’étais pascroyant que j’étois endormi, quoique je ne le fusse pas, elle se leva avec si peu de précaution, qu’elle dit assez haut : « Dors, et puisses-tu ne te réveiller jamais ! » Elle s’habilla vitepromptement, et sortit de la chambre… »

En achevant ces mots, Scheherazade s’étant aperçueScheherazade s’étant aperçu qu’il étaitétoit jour, cessa de parler. Dinarzade avaitavoit écouté sa sœur avec beaucoup de plaisir. Schahriar trouvait l’histoire du roi des Îles Noires si intéressanteSchahriar trouvoit l’histoire du roi des Isles Noires si digne de sa curiosité, qu’il se leva, fort impatient d’en apprendre la suite la nuit suivante.

Une heure avant l’aubeUne heure avant le jour, Dinarzade s’étant réveillée, ne manqua pas de prier la sultane, sa chère sœur, de continuer l’histoire du jeune roi des quatre ÎlesIsles Noires. Scheherazade, se rappelant aussitôt où elle s’était arrêtéerappelant aussitôt dans sa mémoire l’endroit où elle en étoit demeurée, la reprit en ces termes :

« Dès que la reine, ma femme, fut sortieD’abord que la reine ma femme fut sortie, poursuivit le roi des ÎlesIsles Noires, je me levai et m’habillai à la hâte ; je pris mon sabre, et la suivis de si près, que je l’entendis bientôt marcher devant moi. Alors réglant mes pas sur les siens, je marchai doucement, de peur qu’elle m’entendede peur d’en être entendu. Elle passa par plusieurs portes qui s’ouvrirent par le pouvoir de certaines paroles magiquespar la vertu de certaines paroles magiques qu’elle prononça ; et la dernière qui s’ouvrit, fut celle du jardin où elle entra. Je m’arrêtai à cette porte, pour qu’elle ne puisse pas m’apercevoirafin qu’elle ne pût m’apercevoir pendant qu’elle traversaittraversoit un parterre ; et la suivant des yeux autant que l’obscurité me le permettaitla conduisant des yeux autant que l’obscurité me le permettoit, je remarquai qu’elle entra dans un petit bois dont les allées étaientétoient bordées de palissades fort épaisses. Je m’y rendis par un autre chemin ; et me glissant derrière la palissade d’une allée assez longue, je la vis qui se promenaitpromenoit avec un homme.

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» J’écoutai attentivement leur conversationJe ne manquai pas de prêter une oreille attentive à leurs discours ; et voici ce que j’entendis : « Je ne mérite pas, disaitdisoit la reine à son amant, votre reproche de ne pas venir assez vitele reproche que vous me faites de n’être pas assez diligente : vous savez bien la raison qui m’en empêche. Mais si toutes mes preuves d’amour ne suffisent pas à vous convaincre de ma sincérité, je suis prête à vous en donner de plus éclatantesMais si toutes les marques d’amour que je vous ai données jusqu’à présent, ne suffisent pas pour vous persuader de ma sincérité, je suis prête à vous en donner de plus éclatantes : vous n’avez qu’à commander ; vous savez quel est mon pouvoir. Je vais, si vous le souhaitez, avant que le soleil se lève, changer cette grande ville et ce beau palais en des ruines affreuses, qui ne seront habitées que par des loups, des hiboux et des corbeaux. Voulez-vous que je transporte toutes les pierres de ces murailles si solidement bâties, au-delà du mont Caucase, et au-delà des limites du monde habitablehors des bornes du monde habitable ? Vous n’avez qu’à dire un mot, et tous ces lieux vont changer d’aspecttous ces lieux vont changer de face. »

» Quand la reine acheva ces paroles, son amant et elle étaient au bout de l’allée. Ils tournèrent dans une autre et passèrent devant moi.Comme la reine achevoit ces paroles, son amant et elle se trouvant au bout de l’allée, tournèrent pour entrer dans une autre, et passèrent devant moi. J’avaisavois déjà tiré mon sabre ; et comme l’amant étaitétoit de mon côté, je le frappai sur le cou, et le renversai par terre. Je crus l’avoir tué ; et persuadé de sa mortdans cette opinion, je me retirai brusquement sans me faire connaîtreconnoître à la reine, que je voulus épargner, parce qu’elle était de ma familleà cause qu’elle étoit ma parente.

» Cependant le coup que j’avaisavois porté à son amant étaitétoit mortel ; mais elle lui conserva la vie par la force de ses enchantementsenchantemens, le laissant dans un état où l’on peut dire qu’il n’est ni mort ni vivantde manière toutefois qu’on peut dire de lui, qu’il n’est ni mort ni vivant. Comme je traversaistraversois le jardin pour regagner le palais, j’entendis la reine qui poussaitpoussoit de grands cris ; et jugeant par-là de sa douleur, je me félicitai de lui avoir laissé la vieje me sus bon gré de lui avoir laissé la vie.

» Lorsque je fus rentré dans mon appartement, je me recouchai ; et satisfait d’avoir puni l’audacieux qui m’avait offenséle téméraire qui m’avoit offensé, je m’endormis. En me réveillant le lendemain, je trouvai la reine couchée auprès de moi…

Scheherazade fut obligée de s’arrêter en cet endroit, parce qu’elle vit paraîtreparoître le jour. « Bon Dieu, ma sœur, dit alors Dinarzade, je suis bien déçue que vous ne puissiez pas en dire davantageje suis bien fâchée que vous n’en puissiez pas dire davantage. » « Ma sœur, répondit la sultane, vous deviez me réveiller plus tôtde meilleure heure ; c’est votre faute. » « Je la réparerai, s’il plaît à Dieu, la nuit prochaine, répliqua Dinarzade ; car je suis sûre que le sultan a autant envie que moi de connaître la finje ne doute pas que le sultan n’ait autant d’envie que moi de savoir la fin de cette histoire ; et j’espère qu’il aura la bonté de vous laisser vivre encore jusqu’à demain. »

Effectivement, Dinarzade, comme elle se l’étaitétoit promis, appela de très bonnetrès-bonne heure la sultane, tant elle avait envie de l’entendre achever l’agréable histoire du roi des Îles Noirespar l’extrême envie de lui entendre achever l’agréable histoire du roi des Isles Noires, et de savoir comment il fut changé en marbre. « Vous allez l’apprendreVous l’allez apprendre, répondit Scheherazade, avec la permission du sultan. »

» Je trouvai donc la reine couchée auprès de moi, continua le roi des quatre ÎlesIsles Noires ; je ne vous dirai paspoint si elle dormaitdormoit ou non ; mais je me levai sans faire de bruit, et je passai dans ma pièce de travaildans mon cabinet, où j’achevai de m’habiller. J’allai ensuite réunir mon conseiltenir mon conseil ; et à mon retour, la reine, habillée de deuil, les cheveux défaitsles cheveux épars, et en partie arrachés, vint se présenter devant moi. « Sire, me dit-elle, je viens supplier votre majesté de ne pas trouver étrange que je sois dans l’état où je suis. Je viens de recevoir trois nouvelles affligeantes en même temps. Elles expliquent ma vive douleur, dont vous ne voyez que de faibles signes.Trois nouvelles affligeantes que je viens de recevoir en même temps, sont la juste cause de la vive douleur dont vous ne voyez que les foibles marques. » « Hé quelles sont ces nouvelles, madame, lui dis-je ? » « La mort de la reine ma chère mère, me répondit-elle, celle du roi mon père, tué dans une bataille, et celle d’un de mes frères, qui est tombé dans un précipice. »

» Je fus plutôt satisfait qu’elle prenne ce prétexte pour cacher la vraie cause de son chagrinJe ne fus pas fâché qu’elle prît ce prétexte pour cacher le véritable sujet de son affliction, et je jugeai qu’elle ne me soupçonnaitsoupçonnoit pas d’avoir tué son amant. « Madame, lui dis-je, loin de blâmer votre douleur, je vous assure que je la partage comme je le doisje vous assure que j’y prends toute la part que je dois. Je serais extrêmement surpris que vous soyez insensible à vos pertesJe serois extrêmement surpris que vous fussiez insensible à la perte que vous avez faite. Pleurez : vos larmes sont des signes certains de votre bontévos larmes sont d’infaillibles marques de votre excellent naturel. J’espère néanmoins que le temps et la raison pourront apaiser vos chagrinsapporter de la modération à vos déplaisirs. »

» Elle se retira dans son appartement, où, se livrant sans réserve à ses chagrins, elle passa une année entière à pleurer et à s’affliger. Au bout de ce temps-là, elle me demanda la permission de faire bâtir son tombeaule lieu de sa sépulture dans l’enceinte du palais, où elle voulaitvouloit, disaitdisoit-elle, demeurer jusqu’à la fin de ses jours. Je le lui permis, et elle fit bâtir un palais superbe, avec un dôme qu’on peut voir d’ici ; elle l’appela le Palais des larmes.

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» Quand il fut achevé, elle y fit porter son amant. La nuit où je l’avais blessé, elle l’avait fait transporter dans un endroit choisi par elle.Quand il fut achevé, elle y fit porter son amant, qu’elle avoit fait transporter où elle avoit jugé à propos, la même nuit que je l’avois blessé. Elle l’avaitavoit empêché de mourir jusqu’alors par des breuvages qu’elle lui avaitavoit fait prendre ; et elle continua de lui en donner et de les lui porter elle-même tous les jours dès qu’il fut au Palais des larmes.

» Cependant, avec tous ses enchantementsenchantemens, elle ne pouvaitpouvoit guérir ce malheureux. Il ne pouvait ni marcher ni se tenir debout. Il avait aussi perdu la parole et ne donnait signe de vie que par ses regards.Il étoit non-seulement hors d’état de marcher et de se soutenir, mais il avoit encore perdu l’usage de la parole, et il ne donnoit aucun signe de vie que par ses regards. La reine n’avait pour consolation que de le voir et de lui dire les paroles les plus tendres et les plus passionnées que son amour fou lui inspirait. Elle lui rendait pourtant chaque jour deux visites assez longues.Quoique la reine n’eût que la consolation de le voir et de lui dire tout ce que son fol amour pouvoit lui inspirer de plus tendre et de plus passionné, elle ne laissoit pas de lui rendre chaque jour deux visites assez longues. J’étaisétois bien informé de tout cela ; mais je feignaisfeignois de l’ignorer.

» Un jour j’allai par curiosité au Palais des larmes, pour savoir ce que la reine y faisaitquelle y étoit l’occupation de cette princesse ; et d’un endroit où je ne pouvaispouvois être vu, je l’entendis parler dans ces termes à son amant : « Je suis au comble du chagrin de vous voir dans cet étatJe suis dans la dernière affliction de vous voir en l’état où vous êtes ; je ressens aussi vivement que vous les souffrances brûlantes que vous endurezje ne sens pas moins vivement que vous-même les maux cuisans que vous souffrez ; mais, chère âmechère ame, je vous parle toujours, et vous ne répondez pas. Jusqu’à quandJusques à quand garderez-vous le silence ? Dites un mot seulement. Hélas ! les plus doux momentsmomens de ma vie sont ceux que je passe ici à partager vos douleurs. Je ne peux pas vivre loin de vousJe ne puis vivre éloignée de vous, et je préféreraispréférerois le plaisir de vous voir sans cesse au pouvoir sur l’univers entierà l’empire de l’univers. »

» À ce discours, qui fut plus d’une fois interrompu par ses soupirs et ses sanglots, je perdis enfin patience. Je me montrai ; et m’approchant d’elle : « Madame, lui dis-je, c’est assez pleurer ; il est temps de mettre fin à une douleur qui nous déshonore tous deux ; c’est trop oublier ce que vous me devez, et ce que vous vous devez à vous-même. » « Sire, me répondit-elle, si vous avez encore un peu d’estime, ou plutôt un peu d’indulgence pour mois’il vous reste encore quelque considération, ou plutôt quelque complaisance pour moi, je vous supplie de ne pas me forcerde ne me pas contraindre. Laissez-moi m’abandonner à mes chagrins mortels ; il est impossible que le temps les diminue. »

« Quand je vis que mes discours, au lieu de la ramener à ses devoirs, ne faisaient qu’aggraver sa colèreau lieu de la faire rentrer en son devoir, ne servoient qu’à irriter sa fureur, je cessai de lui parler, et me retirai. Elle continua de visiter tous les jours son amant ; et durant deux années entières, elle ne fit que se désespérer.

» J’allai une seconde fois au Palais des larmes pendant qu’elle y étaitétoit. Je me cachai encore, et j’entendis qu’elle disaitdisoit à son amant : « Cela fait trois ans que vous ne m’avez pas dit une seule paroleIl y a trois ans que vous ne m’avez dit une seule parole, et que vous ne répondez paspoint aux marques d’amour que je vous donne par mes discours et mes gémissementsgémissemens ; est-ce par insensibilité ou par mépris ? Ô tombeau, auraisaurois-tu détruit cet excès de tendresse qu’il avaitavoit pour moi ? AuraisAurois-tu fermé ces yeux qui me montraientmontroient tant d’amour, et qui faisaientfaisoient toute ma joie ? Non, non, je n’en crois rien. Dis-moi plutôt par quel miracle tu es devenu le gardien du plus rare trésor qui ait jamais existétu es devenu le dépositaire du plus rare trésor qui fut jamais. »

» Je vous avoue, seigneur, que je fus indigné de ces paroles ; car enfin, cet amant chéri, ce mortel adoré, n’étaitétoit pas tel que vous pourriez vous l’imaginer : c’étaitétoit un Indien noir, originaire de ces pays. Je fus, dis-je, tellement indigné de ce discours, que je me montrai brusquement ; et m’adressant au même tombeauapostrophant le même tombeau : « Ô tombeau, m’écriai-je, pourquoi n’engloutis-tu pas ce monstre qui fait horreur à la natureque n’engloutis-tu ce monstre qui fait horreur à la nature ; ou plutôt pourquoi ne brûles-tu pas l’amant et la maîtresseque ne consumes-tu l’amant et la maîtresse ! »

» J’eus à peine achevé ces mots, que la reine, qui étaitétoit assise auprès de l’homme noirauprès du noir, se leva comme une furie. « Ah cruel, me dit-elle, c’est toi qui causes ma douleur ! Ne pense pas que je l’ignore, je ne l’ai que trop longtempslong-temps dissimulé. C’est ta main cruelle qui a mis l’homme que j’aime dans cet état pitoyableC’est ta barbare main qui a mis l’objet de mon amour dans l’état pitoyable où il est ; et tu as la dureté de venir insulter une amante au désespoir. » « Oui, c’est moi, interrompis-je emporté par la colèretransporté de colère, c’est moi qui ai châtié ce monstre comme il le méritaitméritoit ; je devaisdevois te traiter de la même manière ; je me repens de ne l’avoir pas fait, et il y a trop longtempslong-temps que tu abuses de ma bonté. » En disant cela je tirai mon sabre, et je levai le bras pour la punir ; mais elle regarda tranquillement mon gestemais regardant tranquillement mon action : « Calme ta colèreModère ton courroux, me dit-elle avec un sourire moqueurun souris moqueur. » En même temps elle prononça des paroles que je n’entendis paspoint, et puis elle ajouta : « Par le pouvoir de mes enchantementsPar la vertu de mes enchantemens, je te commande de devenir tout de suite moitié marbre et moitié hommetout-à-l’heure moitié marbre et moitié homme. » Aussitôt, seigneur, je devins tel que vous me voyez, déjà mort parmi les vivantsvivans, et vivant parmi les morts…

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Scheherazade, en cet endroit, ayant remarqué qu’il étaitétoit jour, cessa de poursuivre son conte. « Ma chère sœur, dit alors Dinarzade, je suis très reconnaissante au sultanje suis bien obligée au sultan ; c’est à sa bonté que je dois l’extrême plaisir que je prends à vous écouter. » « Ma sœur, lui répondit la sultane, si cette même bonté veut bien encore me laisser vivre jusqu’à demain, vous entendrez des choses qui ne vous feront pas moins de plaisir que celles que je viens de vous raconter. » Même si Schahriar n’avait pas décidé de repousser d’un mois la mort de Scheherazade, il ne l’aurait pas fait mourir ce jour-là.Quand Schahriar n’auroit pas résolu de différer d’un mois la mort de Scheherazade, il ne l’auroit pas fait mourir ce jour-là.

Vers la fin de la nuitSur la fin de la nuit, Scheherazade s’étant réveillée à la voix de sa sœur, se prépara à satisfaire sa demandeà lui donner la satisfaction qu’elle demandoit, en achevant l’histoire du roi des ÎlesIsles Noires. Elle commença de cette sorte : Le roi demi-marbre et demi-homme continua de raconter son histoire au sultan :

» Après, dit-il, que la cruelle magicienne, indigne de porter le nom de reine, m’eut ainsi métamorphosé, et fait passer dans cette salleen cette salle par un autre enchantement, elle détruisit ma capitale, qui étaitétoit très florissantetrès-florissante et fort peuplée ; elle anéantit les maisons, les places publiques et les marchés, et en fit l’étang et la campagne déserte que vous avez pu voir. Les poissons de quatre couleurs qui sont dans l’étang sont les quatre groupes d’habitants de la ville, de religions différentesLes poissons de quatre couleurs qui sont dans l’étang, sont les quatre sortes d’habitans de différentes religions qui la composoient ; les blancs étaientétoient les Musulmans ; les rouges, les Perses, adorateurs du feu ; les bleus, les Chrétiens ; les jaunes, les Juifs : les quatre collines étaientétoient les quatre îlesisles qui donnaientdonnoient le nom à ce royaume. J’appris tout cela de la magicienne, qui, pour ajouter à mon chagrinpour comble d’affliction, m’annonça elle-même ces effets de sa rage. Ce n’est pas tout encore ; sa fureur ne s’est pas limitée à détruire mon royaume et à me transformerelle n’a point borné sa fureur à la destruction de mon empire et à ma métamorphose ; elle vient chaque jour me donner sur mes épaules nues, cent coups de fouet en nerf de bœufnerf de bœuf, qui me mettent tout en sang. Quand ce supplice est achevé, elle me couvre d’une étoffe épaisseune grosse étoffe de poil de chèvre, et met, par-dessus, cette robe de brocartrobe de brocard que vous voyez, non pour me faire honneur, mais pour se moquer de moi. »

» En cet endroit de son discours, le jeune roi des ÎlesIsles Noires ne put retenir ses larmes ; et le sultan en eut le cœur si serré, qu’il ne put prononcer une parole pour le consoler. Peu de temps après, le jeune roi, levant les yeux au ciel, s’écria : « Puissant créateur de toutes choses, je me soumets à vos jugementsjugemens et aux décrets de votre Providence ! Je souffre patiemment tous mes maux, puisque telle est votre volonté ; mais j’espère que votre bonté infinie m’en récompensera. »

Le sultan, attendri par le récit d’une histoire si étrange, et décidé à venger ce malheureux princeanimé à la vengeance de ce malheureux prince, lui dit : « Dites-moi où se cache cette perfide magicienneApprenez-moi où se retire cette perfide magicienne, et où peut être cet indigne amant qui est mis au tombeau avant sa mortest enseveli avant sa mort. » « Seigneur, lui répondit le prince, l’amant, comme je vous l’ai déjà dit, est au Palais des larmes, dans un tombeau en forme de dôme ; et ce palais communique avec ce châteauce palais communique à ce château du côté de la porte. Pour ce qui est de la magicienne, je ne peux pasje ne puis vous dire précisément où elle se retire ; mais tous les jours au lever du soleil, elle va visiter son amant, après m’avoir infligé le supplice sanglant dont je vous ai parléavoir fait sur moi la sanglante exécution dont je vous ai parlé ; et vous jugez bien que je ne peux pasje ne puis me défendre d’une si grande cruauté. Elle lui porte le breuvage qui est le seul aliment qui, jusqu’à présent, l’a empêché de mouriravec quoi, jusqu’à présent, elle l’a empêché de mourir ; et elle ne cesse de se plaindre du silence qu’il garde depuis sa blessureelle ne cesse de lui faire des plaintes sur le silence qu’il a toujours gardé depuis qu’il est blessé. »

« Prince qu’on ne peut assez plaindre, réponditrepartit le sultan, personne ne pourrait être plus touché que moi par votre malheuron ne sauroit être plus vivement touché de votre malheur que je le suis. Jamais rien de si extraordinaire n’est arrivé à personne ; et les auteurs qui raconteront votre histoireles auteurs qui feront votre histoire, auront l’avantage de rapporter un fait qui surpasse tout ce qu’on a jamais écrit de plus surprenant. Il n’y manque qu’une chose : c’est la vengeance qui vous est due ; mais je ferai tout pour vous l’obtenirje n’oublierai rien pour vous la procurer. »

Le sultan lui révéla qui il était et pourquoi il était entré dans ce château. En discutant avec le jeune prince, il trouva un moyen de le venger et lui expliqua son idée.En effet, le sultan, en s’entretenant sur ce sujet avec le jeune prince, après lui avoir déclaré qui il étoit, et pourquoi il étoit entré dans ce château, imagina un moyen de le venger, qu’il lui communiqua. Ils se mirent d’accord sur les mesures à prendre pour réussir ce projet. Ils le réaliseraient le lendemain.Ils convinrent des mesures qu’il y avoit à prendre pour faire réussir ce projet, dont l’exécution fut remise au jour suivant. Cependant la nuit étant fort avancée, le sultan prit quelque repos. Quant au jeune prince, il resta éveillé toute la nuit, comme d’habitude : il ne pouvait plus dormir depuis qu’il avait été ensorceléPour le jeune prince, il la passa à son ordinaire, dans une insomnie continuelle (il ne pouvoit dormir depuis qu’il étoit enchanté). Il gardait néanmoins l’espoir d’être bientôt délivré de ses souffrances. ; mais avec quelque espérance néanmoins d’être bientôt délivré de ses souffrances.

Le lendemain, le sultan se leva dès qu’il fut jour ; et pour commencer à réaliser son projetpour commencer à exécuter son dessein, il cacha dans un endroit son vêtement de dessus, qui l’aurait gênéson habillement de dessus, qui l’auroit embarrassé, et s’en alla au Palais des larmes. Il le trouva éclairé d’une multitude de bougies de cire blancheune infinité de flambeaux de cire blanche, et il sentit une odeur délicieuse qui sortaitsortoit de plusieurs petits récipients à parfum en or pur, admirablement travaillés et soigneusement rangésplusieurs cassolettes de fin or, d’un ouvrage admirable, toutes rangées dans un fort bel ordre. Dès qu’il aperçut le lit où l’homme noir était couchéD’abord qu’il aperçut le lit où le noir étoit couché, il tira son sabre, et tua ce misérable, qui ne résista pas. Il traîna son corps dans la cour du château et le jeta dans un puitsôta, sans résistance, la vie à ce misérable, dont il traîna le corps dans la cour du château, et le jeta dans un puits. Après celaAprès cette expédition, il alla se coucher dans le lit de l’homme noirdans le lit du noir, mit son sabre près de lui sous la couverture, et resta là pour achever son projetdemeura pour achever ce qu’il avoit projeté.

La magicienne arriva bientôt. Elle alla d’abordSon premier soin fut d’aller dans la chambre où étaitétoit le roi des ÎlesIsles Noires, son mari. Elle le déshabillaElle le dépouilla, et commença par lui donner sur les épaules les cent coups de fouet en nerf de bœufnerf de bœuf, avec une cruauté sans pareilleavec une barbarie qui n’a point d’exemple. Le pauvre prince avaitavoit beau remplir le palais de ses cris, et la supplier de la manière la plus touchante d’avoir pitié de luila conjurer de la manière du monde la plus touchante, d’avoir pitié de lui, la cruelle ne cessa de le frapper, qu’après lui avoir donné les cent coups. « Tu n’as pas eu compassion de mon amant, lui disaitdisoit-elle, tu ne dois pas en attendre de moitu n’en dois point attendre de moi…

Illustration

Scheherazade aperçut le jour en cet endroit, ce qui l’empêcha de continuer son récit. « Mon Dieu, ma sœur, dit Dinarzade, voilà une magicienne bien barbare ! Mais en demeurerons-nous là ? et ne nous apprendrez-vous pas si elle reçut le châtiment qu’elle méritaitméritoit ? » « Ma chère sœur, répondit la sultane, je ne demande pas mieux que de vous l’apprendre demain ; mais vous savez que cela dépend de la volonté du sultan. » Après ce que Schahriar venaitvenoit d’entendre, il étaitétoit bien éloigné de vouloir faire mourir Scheherazade. « Au contraire, je ne veux pas la tuer, se disait-il, avant qu’elle ait achevé cette histoire étonnante, même si le récit doit durer deux moisje ne veux pas lui ôter la vie, disoit-il en lui-même, qu’elle n’ait achevé cette histoire étonnante, quand le récit en devroit durer deux mois. Il sera toujours en mon pouvoir de tenir le serment que j’ai faitgarder le serment que j’ai fait. »

Dès que Dinarzade jugea le moment venu d’appeler la sultane, elle la suppliaDinarzade n’eut pas plutôt jugé qu’il étoit temps d’appeler la sultane, qu’elle la supplia de raconter ce qui se passa dans le Palais des larmes. Schahriar ayant montré qu’il avait la même curiositéayant témoigné qu’il avoit la même curiosité que Dinarzade, la sultane prit la parole, et reprit ainsi l’histoire du jeune prince enchanté :

Sire, après que la magicienne eut donné cent coups de fouet en nerf de bœufnerf de bœuf au roi son mari, elle le revêtit du vêtement épais en poil de chèvredu gros habillement de poil de chèvre, et de la robe de brocartrobe de brocard par-dessus. Elle alla ensuite au Palais des larmes ; et en y entrant, elle renouvela ses pleurs, ses cris et ses lamentations ; puis s’approchant du lit où elle croyaitcroyoit que son amant étaitétoit toujours : « Quelle cruauté, s’écria-t-elle, d’avoir ainsi troublé le bonheur d’une amantele contentement d’une amante aussi tendre et aussi passionnée que je le suis ! Ô toi qui me reproches que je suis trop inhumaine quand je te fais sentir les effets de ma rancuneles effets de mon ressentiment, cruel prince, ta barbarie ne surpasse-t-elle pas celle de ma vengeance ? Ah traître, en essayant de tuer l’homme que j’adore, ne m’as-tu pas volé ma propre vieen attentant à la vie de l’objet que j’adore, ne m’as-tu pas ravi la mienne ? Hélas ! ajouta-t-elle, en adressant la parole au sultan, croyant parler à l’homme noirparler au noir, mon soleil, ma vie, garderez-vous toujours le silence ? Êtes-vous décidé à me laisser mourir sans me consoler en me disant encore que vous m’aimezÊtes-vous résolu à me laisser mourir sans me donner la consolation de me dire encore que vous m’aimez ? Mon âmeMon ame, dites-moi au moins un mot, je vous en conjure. »

Alors le sultan, feignant de sortir d’un profond sommeil, et imitant la façon de parler des hommes noirscontrefaisant le langage des noirs, répondit à la reine, d’un ton grave : « Il n’y a de force et de pouvoir qu’en Dieu seul, qui est tout-puissant. » À ces paroles, la magicienne, qui ne s’y attendaitattendoit pas, poussa un grand cri pour exprimer son immense joiefit un grand cri pour marquer l’excès de sa joie. « Mon cher seigneur, s’écria-t-elle, est-ce que je ne me trompe pasne me trompé-je pas ? Est-il bien vrai que je vous entends, et que vous me parlez ? » « Malheureuse, reprit le sultan, es-tu digne que je réponde à tes discours ? » « Hé pourquoi, répliqua la reine, me faites-vous ce reproche ? » « Les cris, réponditrepartit-il, les pleurs et les gémissementsgémissemens de ton mari, que tu traites tous les jours avec tant de mépris et de cruautéavec tant d’indignité et de barbarie, m’empêchent de dormir nuit et jour. Il y a longtempslong-temps que je seraisserois guéri, et que j’aurais retrouvé la parole si tu l’avais délivré de son sortilègej’aurois recouvré l’usage de la parole, si tu l’avois désenchanté : voilà la cause de ce silence que je garde, et dont tu te plains. » « Hé bien, dit la magicienne, pour vous apaiser je suis prête à faire ce que vous me commanderez : voulez-vous que je lui rende sa forme d’avantsa première forme ? » « Oui, répondit le sultan, et hâte-toi de le mettre en liberté, afin que je ne sois plus gêné par ses crisincommodé de ses cris. »

La magicienne sortit aussitôt du Palais des larmes. Elle prit une tasse d’eau, et prononça dessus des paroles qui la firent bouillir comme si elle avait été sur le feucomme si elle eût été sur le feu. Elle alla ensuite à la salle où étaitétoit le jeune roi son mari ; elle jeta de cette eau sur lui, en disant : « Si le Créateur de toutes choses t’a formé tel que tu es maintenanttel que tu es présentement ou s’il est en colère contre toi, ne change pas ; mais si tu n’es dans cet état que par le pouvoir de mon enchantementpar la vertu de mon enchantement, reprends ta forme naturelle, et redeviens tel que tu étaisétois auparavant. » À peine eut-elle achevé ces mots, que le prince ayant retrouvé son état d’avantse retrouvant en son premier état, se leva librement, avec toute la joie qu’on peut s’imaginer, et il en remercia Dieuil en rendit graces à Dieu. La magicienne reprenant la parole : « Va, lui dit-elle, éloigne-toi de ce château, et n’y reviens jamais, ou bien il t’en coûtera la vie. »

Le jeune roi, n’ayant pas le choixcédant à la nécessité, s’éloigna de la magicienne, sans répliquer, et se retira dans un endroit isolédans un lieu écarté, où il attendit impatiemment la réussite du plan que le sultan venait de mettre en œuvre avec tant de succèsoù il attendit impatiemment le succès du dessein dont le sultan venoit de commencer l’exécution avec tant de bonheur.

Cependant la magicienne retourna au Palais des larmes ; et en entrant, comme elle croyaitcroyoit toujours parler à l’homme noirparler au noir : « Cher amant, lui dit-elle, j’ai fait ce que vous m’avez ordonné : rien ne vous empêche de vous lever, et de me donner par-là un bonheur dont je suis privée depuis si longtempsune satisfaction dont je suis privée depuis si long-temps. »

Le sultan continua d’imiter la façon de parler des hommes noirsde contrefaire le langage des noirs. « Ce que tu viens de faire, répondit-il d’un ton brusque, ne suffit pas pour me guérir ; tu n’as ôté qu’une partie du mal, il faut le couper jusqu’à la racineil en faut couper jusqu’à la racine. » « Mon aimable amant à la peau noireMon aimable noiraut, reprit-elle, qu’entendez-vous par la racine ? » « Malheureuse, réponditrepartit le sultan, ne comprends-tu pas que je veux parler de cette ville et de ses habitantshabitans, et des quatre îlesisles que tu as détruites par tes enchantementsenchantemens ? Tous les jours à minuit, les poissons ne manquent pas de lever la tête hors de l’étang, et de crier vengeance contre moi et contre toi. Voilà la vraie raison qui retarde ma guérison.Voilà le véritable sujet du retardement de ma guérison. Va vitepromptement remettre les choses dans leur état d’avantrétablir les choses en leur premier état, et à ton retour, je te donnerai la main, et tu m’aideras à me lever. »

La magicienne, pleine de l’espoir que ces paroles lui donnèrentremplie de l’espérance que ces paroles lui firent concevoir, s’écria, transportée de joie : « Mon cœur, mon âmemon ame, vous aurez bientôt retrouvé la santévous aurez bientôt recouvré votre santé ; car je vais faire ce que vous me commandez. » En effet, elle partit aussitôtelle partit dans le moment ; et lorsqu’elle fut arrivée sur le bord de l’étang, elle prit un peu d’eau dans sa main, et en aspergea l’étangen fit une aspersion dessus.

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Scheherazade, en cet endroit, voyant qu’il étaitétoit jour, n’en voulut pas dire davantage. Dinarzade dit à la sultane : « Ma sœur, j’ai bien de la joie de savoir que le jeune roi des quatre Îles Noires est délivré du sortilègesavoir le jeune roi des quatre Isles Noires désenchanté ; et je regarde déjà la ville et les habitantshabitans comme revenus à leur état d’avantcomme rétablis en leur premier état ; mais je suis impatiente de savoirje suis en peine d’apprendre ce que deviendra la magicienne. » « Patientez un peuDonnez-vous un peu de patience, répondit la sultane ; vous aurez demain la satisfaction que vous désirezdesirez, si le sultan, mon seigneur, veut bien y consentir. » Schahriar, qui, comme on l’a déjà dit, avait pris sa décision à ce sujetavoit pris son parti là-dessus, se leva pour aller remplir ses devoirs.

Scheherazade, désirant tenir sa promesse, se mit à raconter quel fut le sort de la reine magicienne, en ces termes :

Après avoir aspergé l’étang, la magicienne prononça quelques paroles sur les poissons et sur l’eau. La ville reparut aussitôt.La magicienne ayant fait l’aspersion, n’eut pas plutôt prononcé quelques paroles sur les poissons et sur l’étang, que la ville reparut à l’heure même. Les poissons redevinrent humainsLes poissons redevinrent hommes : femmes ou enfantsenfans, musulmansmahométans, chrétiens, persans ou juifs, gens libres ou esclaves, chacun reprit sa forme naturelle. Les maisons et les boutiques furent bientôt remplies de leurs habitantshabitans, qui y trouvèrent toutes choses dans la même situation et dans le même ordre où elles étaientétoient avant l’enchantement. Les nombreux accompagnateurs du sultan se retrouvèrent campés sur la plus grande place. Ils furent très étonnés de se voir soudain au milieu d’une ville belle, vaste et bien peuplée.La suite nombreuse du sultan, qui se trouva campée dans la plus grande place, ne fut pas peu étonnée de se voir en un instant au milieu d’une ville belle, vaste et bien peuplée.

Pour revenir à la magicienne, dès qu’elle eut fait ce changement merveilleux, elle se rendit en toute hâteelle se rendit en diligence au Palais des larmes, pour en recevoir la récompensepour en recueillir le fruit. « Mon cher seigneur, s’écria-t-elle en entrant, je viens me réjouir avec vous du retour de votre santé ; j’ai fait tout ce que vous avez exigé de moi : levez-vous donc et donnez-moi la mainlevez-vous donc, et me donnez la main. » « Approchez, lui dit le sultan, en imitant toujours la façon de parler des hommes noirscontrefaisant toujours le langage des noirs. » Elle s’approcha. « Ce n’est pas assez, reprit-il, approche-toi davantage. » Elle obéit. Alors il se leva, et la saisit par le bras si brusquement, qu’elle n’eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivaitqu’elle n’eut pas le temps de se reconnoître ; et, d’un coup de sabre, il sépara son corps en deux parties, qui tombèrent, l’une d’un côté, et l’autre de l’autre. Cela étant fait, il laissa le cadavre sur la place, et sortant du Palais des larmes, il alla trouver le jeune prince des ÎlesIsles Noires, qui l’attendaitattendoit avec impatience. « Prince, lui dit-il en l’embrassant, réjouissez-vous, vous n’avez plus rien à craindre : votre cruelle ennemie n’est plus. »

Le jeune prince remercia le sultan d’une manière qui montrait sa profonde reconnaissanced’une manière qui marquoit que son cœur étoit pénétré de reconnoissance ; et pour le remercier de ce service si importantpour prix de lui avoir rendu un service si important, il lui souhaita une longue vie et toutes sortes de bonheursune longue vie, avec toutes sortes de prospérités. « Vous pouvez désormais, lui dit le sultan, vivre en paix dans votre capitaledemeurer paisible dans votre capitale, à moins que vous ne vouliez venir dans la mienne, qui en est si voisine ; je vous y recevrai avec plaisir, et vous n’y serez pas moins honoré et respecté que chez vous. » « Puissant monarque à qui je dois tantà qui je suis si redevable, répondit le roi, vous croyez donc être fort près de votre capitale ? » « Oui, répliqua le sultan, je le crois ; il n’y a pas plus de quatre ou cinq heures de chemin. » « Il y a une année entière de voyage, reprit le jeune prince. Je veux bien croire que vous êtes venu ici de votre capitale dans le peu de temps que vous dites, parce que la mienne étaitétoit enchantée ; mais depuis qu’elle ne l’est plus, les choses ont bien changé. Cela ne m’empêchera pas de vous suivre, même s’il fallait aller jusqu’au bout de la terrequand ce seroit pour aller aux extrémités de la terre. Vous êtes mon libérateur ; et pour vous donner toute ma vie des marques de ma reconnaissancereconnoissance, je compte vous accompagnerje prétends vous accompagner, et j’abandonne sans regret mon royaume. »

Le sultan fut extraordinairement surpris d’apprendre qu’il étaitétoit si loin de ses états, et il ne comprenaitcomprenoit pas comment cela était possiblecomment cela se pouvoit faire. Mais le jeune roi des ÎlesIsles Noires le convainquit si bien de cette possibilité, qu’il n’en douta plus. « Peu importeIl n’importe, reprit alors le sultan : la peine de rentrer dans mon royaume est largement compensée par le bonheur de vous avoir aidé et d’avoir trouvé un fils en vousla peine de m’en retourner dans mes états, est suffisamment récompensée par la satisfaction de vous avoir obligé, et d’avoir acquis un fils en votre personne ; car, puisque vous voulez bien me faire l’honneur de m’accompagner, et que je n’ai pas d’enfants, je vous considère comme mon filsje n’ai point d’enfans, je vous regarde comme tel, et je vous fais, dès maintenantdès-à-présent, mon héritier et mon successeur. »

L’entretien du sultan et du roi des ÎlesIsles Noires, se termina par les plus tendres embrassementsembrassemens. Après quoi, le jeune prince ne songea qu’aux préparatifs de son voyage. Ils furent achevés en trois semaines, au grand regret de toute sa cour et de ses sujets, à qui il donna pour roi un de ses proches parentsqui reçurent de sa main un de ses proches parens pour leur roi.

Enfin, le sultan et le jeune prince se mirent en chemin avec cent chameaux chargés de richesses inestimables, tirées des trésors du jeune roi, qui se fit suivre par cinquante cavaliers de belle prestance, sur d’excellents chevaux et parfaitement équipésbien faits, parfaitement montés et équipés. Leur voyage se passa bienLeur voyage fut heureux ; le sultan avait envoyé des messagers pour annoncer son retard et l’aventure qui l’expliquait. À l’approche de sa capitale, les principaux officiers qu’il y avait laissés vinrent l’accueillir. Ils lui assurèrent que sa longue absence n’avait rien changé dans son royaume.et lorsque le sultan, qui avoit envoyé des courriers pour donner avis de son retardement et de l’aventure qui en étoit la cause, fut près de sa capitale, les principaux officiers qu’il y avoit laissés, vinrent le recevoir, et l’assurèrent que sa longue absence n’avoit apporté aucun changement dans son empire. Les habitantshabitans sortirent aussi en foule, le reçurent avec de grandes acclamations, et firent des réjouissances qui durèrent plusieurs jours.

Le lendemain de son arrivée, le sultan raconta en détail à tous ses courtisans réunis les événements qui avaient prolongé son absence de façon inattenduefit à tous ses courtisans assemblés, un détail fort ample des choses qui, contre son attente, avoient rendu son absence si longue. Il leur déclara ensuite l’adoption qu’il avaitavoit faite du roi des quatre ÎlesIsles Noires, qui avaitavoit bien voulu abandonner un grand royaume pour l’accompagner et vivre avec lui. Enfin, pour récompenser leur fidélité, il leur fit des dons généreux, selon le rang de chacun à sa courpour reconnoître la fidélité qu’ils lui avoient tous gardée, il leur fit des largesses proportionnées au rang que chacun tenoit à sa cour.

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小测验

第 1 题,共 5 题

À quelle catégorie de roches appartient le marbre ?