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大海与河流女巫与巫师爱情故事

La Petite Sirène

Tout au fond de la mer, une jeune sirène rêve de découvrir le monde des humains. Un jour, elle aperçoit un prince et le sauve d’un naufrage. Elle voudrait désormais vivre près de lui, sur la terre ferme. Mais l’aide de la sorcière des mers a un prix terrible. Dans ce conte d’Andersen, un grand désir pousse la petite sirène à faire des choix difficiles.

《两首阿拉伯风格曲》CD 74——第一首

Claude Debussy
文本版本

Loin en mer, l’eau est bleue comme les pétales du plus beau bleuetbluet, et claire comme le verre le plus pur, mais elle est profonde, trop profonde pour qu’une ancre puisse atteindre le fond. Il faudraitelle est profonde, trop profonde pour qu’aucune ancre puisse atteindre le fond, il faudrait poser un grand nombre de tours d’église les unes sur les autres pour monter du fond à la surface. C’est là, en bas, que les êtres de la mer ont leur demeureondins ont leur demeure.

Mais n’allez pas croire qu’il y a là seulement un sol nu de sable blanc ; non, il y pousse les arbres et plantes les plus étranges, dont les tiges et les feuilles sont si souples qu’elles s’agitent au moindre mouvement de l’eau, comme si elles étaient vivantes. Tous les poissons, grands et petits, se glissent entre les branches, comme ici les oiseaux dans l’air. À l’endroit le plus profond se trouve le château du roi de la mer. Les mursA l’endroit le plus profond se trouve le château du roi de la mer, les murs sont en corail, et les hautes fenêtres pointues en ambre jaune transparent. Le toitambre jaune transparent, et le toit est fait de coquillages qui s’ouvrent et se ferment selon le courant de l’eau ; c’est d’un bel effet, car chaque coquillage renferme des perles brillantes, dont une seule serait un ornement superbe dans la couronne d’une reine.

Le roi de la mer était veuf depuis de nombreuses années, et sa vieille mère s’occupait de sa maison. C’étaitsa vieille mère tenait sa maison; c’était une femme intelligente, mais fière de sa noblesse. C’est pourquoifière de sa noblesse, c’est pourquoi elle portait douze huîtres sur sa queue, les autres nobles ne devaient en porter que sixles autres personnes de qualité n’en devaient porter que six. D’ailleurs elle méritait de grands éloges, parce qu’elle aimait beaucoup les petites princesses marines, filles de son fils. Elles étaient six charmantes enfants, mais la plus jeune était la plus belle de toutes. Sa peaula plus belle de toutes, sa peau était d’un blanc éclatant comme un pétale de roseune feuille de rose, ses yeux aussi bleus que l’océan le plus profond. Mais, comme ses sœurs,le plus profond, mais, de même que ses sœurs, elle n’avait pas de pieds. Son corps se terminait en queue.

Illustration

Tout au long de la journéeToute la longue journée elles pouvaient jouer en bas, dans les grandes salles du château, où des fleurs vivantes poussaient sur les murs. Les grandes fenêtres d’ambre jaune étaient ouvertes, et les poissons entraient en nageant, comme chez nous les hirondelles volent à l’intérieur, quand nous ouvrons nos fenêtres. Les poissons nageaient tout droit vers les petites princessesquand nous ouvrons, mais les poissons nageaient tout droit aux petites princesses, mangeaient dans leur main, et se laissaient caresser.

En dehors du château se trouvait un grand jardinétait un grand jardin avec des arbres rouge feu et bleu sombre. Les fruitsbleu sombre, les fruits resplendissaient comme l’or et les fleurs comme des flammes, et elles remuaient constamment leurs tiges et leurs pétales. Le sol était du sable le plus fin, mais bleu, comme le soufre qui brûle. Sur tout cela s’étendait une étrange lueur bleue. On aurait cruune étrange lueur bleue était répandue, on aurait cru que l’on se trouvait très haut dans l’air et que l’on ne voyait que le cielne voyait rien que le ciel au-dessus et au-dessous de soi, et non que l’on était au fond de la mer. Par calme plat, on pouvait apercevoir le soleil, qui semblait une fleur pourpre dont la corolle diffusait toute la lumièredispensait toute la lumière.

Chacune des petites princesses avait dans le jardin son petit coin, où elle pouvait creuser et planter comme elle voulait. L’une donnait à son massif de fleursberceau de fleurs la forme d’une baleine, une autre préférait qu’il ressemblequ’il ressemblât à une petite ondine, mais la plus jeune fit le sien tout rond comme le soleil, et n’y mit que des fleurs aussi rouges et brillantes que luin’eut que des fleurs à l’éclat rouge, telles que lui. Elle était une enfant à partune singulière enfant, tranquille et réfléchie. tranquille et réfléchie, et Tandis que ses sœurs décoraient leur petit domaine avec les objets les plus étranges récupérés sur les navires coulés,tandis que ses sœurs ornaient leur petit domaine avec les objets les plus bizarres qu’elles avaient eus des navires sombrés, elle ne voulait avoir, en dehors des fleurs rouges qui rappelaient le soleil de là-haut, qu’une belle statue de marbre. Elle représentait un charmant jeune garçon taillé dans la pierre blanche et claire. Elle était tombée au fond de la mer lors d’un naufrage.qu’une belle statue de marbre; c’était un délicieux jeune garçon taillé dans la claire pierre blanche, et tombé au fond de la mer par suite d’un naufrage.» La petite ondine planta près de la statueElle planta près de la statue un saule pleureur rouge qui poussa magnifiquement, et fit retomber ses branches fraîches autour du garçon jusqu’au sol de sable bleu, où l’ombre apparaissait violette, et s’agitait comme les branches ; on aurait dit que la cime et les racines jouaient et s’embrassaient.

La petite ondine n’avait pas de joie plus grande que d’entendre parler du monde des hommes, là-haut. La vieilledu monde des hommes, là-haut; la vieille grand-mèregrand’mère dut raconter tout ce qu’elle savait sur les bateaux et les villes, les hommes et les animaux. La petite trouvait surtout merveilleux que les fleurs, sur terre, aient un parfum : elles n’en avaient pas au fond de la mer. Elle s’émerveillait aussi des forêts vertes, et des poissons que l’on voyait sur les branches : ils pouvaient chanter si fort et si joliment que c’était un plaisir de les entendre.les hommes et les animaux, la petite trouvait surtout merveilleux que les fleurs, sur la terre, eussent un parfum, elles n’en avaient pas au fond de la mer, et que les forêts fussent vertes, et que les poissons que l’on voyait sur les branches pussent chanter si haut et si joliment que c’était un plaisir de les entendre ; C’étaient les petits oiseauxc’était les petits oiseaux que la grand-mèregrand’mère appelait poissons, car autrement elle n’aurait pas été comprise, puisque les petites filles n’avaient jamais vu d’oiseaules filles n’avaient jamais vu d’oiseau.

— Quand vous aurez quinze ans, dit la grand-mèregrand’mère, il vous sera permis de monter à la surface de la merde sortir au-dessus de la mer, de monter sur les rochers au clair de la lune, et de voir les grands navires qui passent. Vous verrezles grands vaisseaux qui passent, vous verrez des forêts et des villes !

Au cours de l’année, l’une des sœurs eut quinze ans, mais chacune des autres avait un an de moins que la précédente. La plus jeune devait donc attendre encore cinq ansmais les autres, — chacune avait un an de moins que la précédente, la plus jeune devait donc attendre cinq ans encore avant de pouvoir monter du fond de la mer et voir comment les choses se passent chez nouset regarder comment c’est chez nous. Mais chacune promettait aux autres de raconter ce qu’elle aurait vu et ce qu’elle aurait trouvé le mieux le premier jour; car leur grand-mèregrand’mère ne leur en racontait pas assez, elles voulaient en savoir beaucoup plusen savoir beaucoup plus long.

Aucune n’était aussi impatiente que la plus jeune, elle qui, justement, devait encore attendre le plus longtemps, et qui était si calme et pensive. Souvent, la nuit, elle restait à la fenêtre ouverte, et regardait en haut à travers l’eau bleu sombre, que les poissons battaient de leurs nageoires et de leurs queues. Elle pouvait voir la lune et les étoiles, dont la lueur était bien pâle, il est vrai, mais qui, à travers l’eau, paraissaient beaucoup plus grandes qu’à nos yeux; si une sorte de gros nuage glissait sous les étoiless’il glissait sous elles comme un gros nuage, elle savait que c’était ou bien une baleine qui nageait au-dessus d’elle, ou peut-être un navire avec beaucoup d’hommes,ou bien peut-être un vaisseau avec beaucoup d’hommes, qui ne se doutaient sûrement pas qu’une ravissante ondine était sous eux, les mains tendues vers la quille.

L’aînée des princesses eut quinze ans, et put monter à la surface de la mer.

Lorsqu’elle revint, elle avait beaucoup à raconter, mais le plus merveilleux, dit-elle, étaitmais le plus délicieux, dit-elle, était de s’étendre au clair de lune sur un banc de sable dans la mer paisible et de voir près de la côte la grande ville où scintillaient les lumières comme des centaines d’étoiles. Elle aimait aussi entendre la musiqueoù scintillaient les lumières comme des centaines d’étoiles, d’entendre la musique et le bruit et le vacarme des voitures et des gens. Elle aimait voir les nombreuses tours d’églises et les clochers, et écouter les cloches sonner., de voir les nombreuses tours d’églises et les clochers, et d’écouter les cloches sonner; Comme elle ne pouvait pas y aller, c’était surtout cela qui lui manquait.précisément parce qu’elle ne pouvait pas y aller, c’était cela surtout qu’elle regrettait.

Oh, comme la plus jeune sœur écouta attentivement ! Lorsqu’elle resta ensuite,Oh, comme la plus jeune sœur fut attentive, et lorsqu’elle resta ensuite, le soir, à sa fenêtre ouverte, et regarda en haut à travers l’eau bleu sombre, elle se représenta la grande ville avec tout son bruit et son vacarme, et il lui sembla pouvoir entendre les cloches d’église dont le son descendait jusqu’à elle.

L’année suivante il fut permis à la seconde sœur de monter à travers l’eau et de nager où elle voudrait. Elle atteignit la surface juste au moment où le soleil se couchait, et trouva que ce spectacle était le plus magnifique. Tout le ciel semblait être d’or, dit-elle, et les nuages, elle n’arrivait pas à trouver les mots pour les décrireelle ne pouvait assez les décrire ! Ils avaient vogué au-dessus d’elle, rouges et violets, mais bien plus rapide qu’eux volait, comme un grand voile blanc, un groupe de cygnes blancs au-dessus de l’eau, à l’endroit où était le soleil ; elle s’était mise à nager de ce côté, mais le soleil s’était enfoncé, et la lueur rose s’était éteinte sur la surface de la mer et sur les nuages.

L’année suivante, la troisième sœur monta là-haut. C’était la plus audacieuse de toutes, alors elle nageaL’année suivante, la troisième sœur monta là-haut, elle était la plus hardie de toutes, aussi nagea-t-elle vers un large fleuve qui se jetait dans la mer. Elle vit de charmantes collines vertes avec des vignes. Des châteaux et des fermes apparaissaient, des châteaux et des fermes se montrant au milieu de superbes forêts ; elle entendit tous les oiseaux chanter, et le soleil était si ardent qu’elle dut plusieurs fois plonger sous l’eau pour rafraîchir son visage brûlant. Dans une petite baie elle rencontra toute une bande d’enfants ; ils étaient tout nus et jouaient à faire clapoter l’eauils étaient tout nus et clapotaient dans l’eau ; elle voulut jouer avec eux, mais ils se sauvèrent effrayés. Une petite bête noire arriva : c’était un chien, mais elle n’en avait jamais vu. ; et il vint une petite bête noire, c’était un chien, mais elle n’avait jamais vu de chien ; Il aboyait si terriblement contre elleil aboyait si terriblement après elle qu’elle prit peur et se réfugia en pleine mer. Mais jamais elle ne pourrait oublierse réfugia vers la pleine mer, mais jamais elle ne pourrait oublier les superbes forêts, les collines vertes et les jolis enfants qui savaient nager sur l’eau, bien qu’ils n’aient pasbien qu’ils n’eussent pas de queue de poisson.

La quatrième sœur ne fut pas aussi audacieuse. Elle restaLa quatrième sœur ne fut pas si hardie, elle resta en pleine mer, et dit que c’était là, précisément, ce qu’il y avait de plus beau : on voyait jusqu’à de nombreux kilomètresde nombreuses lieues autour de soi, et le ciel, au-dessus, était comme une grande cloche de verre. Elle avait vu des navires, mais de très loin : ils avaient l’air de goélands.Elle avait vu des vaisseaux, mais de très loin, ils avaient l’air de goélands, Les amusants dauphins avaient fait des culbutesles amusants dauphins avaient fait des culbutes, et les grandes baleines avaient fait jaillir l’eau par leurs évents, on aurait dit des centaines de jets d’eau de tous les côtés.

Et le tour vint à la cinquième sœur; son anniversaire tombait en hiverson jour de naissance tombait en hiver, aussi vit-elle ce que les autres n’avaient pas vu la première fois. La mer était complètement verte, et çà et là se dressaient de grands icebergs, dont chacun avait l’air d’une perle, dit-elle, bien qu’il soitbien qu’il fût beaucoup plus grand que les tours d’églises construites par les hommes. Ils avaient les formes les plus étranges et brillaient comme des diamants. Elle s’était assise sur l’un d’eux, et tous les bateaux à voiles s’écartaient avec effroi de l’endroit où elle était assise et laissait voler au vent ses longs cheveux. Vers le soir, le ciel se chargea de nuages ; et vers le soir le ciel se chargea de nuages, il y eut des éclairs et du tonnerre, et la mer noire souleva haut les grands blocs de glace qui brillaient sous les éclairs rouges. Sur tous les navires, on repliait les voilesSur tous les vaisseaux on carguait les voiles, on était tremblant et inquiet, mais elle était bien tranquille sur son iceberg flottant, et regardait la ligne bleue de l’éclair briller en zigzagfulgurer en zigzag et tomber dans la mer illuminée.

Lorsqu’une des sœurs montait pour la première fois au-dessus de l’eau, elle était toujours ravieLa première fois que l’une des sœurs montait au-dessus de l’eau, chacune était toujours ravie de ce qu’elle avait vu de beau et de nouveau. Mais ensuite, devenues grandes, elles pouvaient monter là-haut tant qu’elles voulaient. Cela leur devenait indifférent.vu de beau et de nouveau, mais comme ensuite, en qualité de grandes filles, elles pouvaient monter là-haut tant qu’elles voulaient, cela leur devenait indifférent, Elles avaient de nouveau envieelles avaient de nouveau envie d’être chez elles, et au bout d’un mois elles disaient que c’était tout de mêmetout de môme là que c’était le plus beau, et que l’on était très bien chez soi.

Bien souventMaintes fois, le soir, les cinq sœurs se prirent par le bras et montèrent ensemble au-dessus de l’eau; elles avaient des voix délicieuses, plus belles que celles de tous les humains. Lorsqu’un orage menaçait et qu’elles pensaient que des navires allaient couler,plus belles que celles d’aucun humain, et lorsqu’un orage menaçait, et qu’elles pouvaient croire que des vaisseaux sombreraient, elles nageaient devant les navireselles nageaient devant les vaisseaux et chantaient superbement la beauté du fond de la mer, et invitaient les marins à ne pas craindre d’y venir; mais les marins ne comprenaient pas leurs paroles : ils croyaient entendre l’orage. Ils ne voyaient pas non plus la splendeur d’en bas, car, lorsque le navire coulait, ils se noyaient. Ils n’arrivaient donc que mortsmais les marins ne comprenaient pas leurs paroles, ils croyaient que c’était l’orage, et il ne leur était pas donné de voir non plus la splendeur d’en bas, car lorsque le vaisseau sombrait, les hommes étaient noyés, et ne parvenaient que morts dans le château du roi de la mer.

Quand, le soir, les sœurs montaient ainsi vers la surface, bras dessus bras dessousLorsque ainsi, le soir, bras dessus bras dessous, les sœurs montaient en haut à travers la mer, la petite sœur restait toute seule et les suivait des yeux, et elle avait comme une envie de pleurer, mais l’ondine n’a pas de larmes, et souffre d’autant plus.

— Ah, si seulement j’avais quinze ansAh, que n’ai-je quinze ans ! disait-elle, je sais que j’aimerai ce monde de là-haut, et les humains qui l’habitent !

Enfin elle eut quinze ans.

— Eh bien, tu vas devenir libretu vas t’émanciper, dit sa grand-mèregrand’mère, la vieille reine veuvela vieille reine douairière. Viens que je te prépare et te fasse belleViens que je te pare comme tes autres sœurs.

Et elle lui posa sur la tête une couronne de lis blancs, mais chaque pétale de la fleur était une demi-perle ; et la vieille lui fit attacher huit grandes huîtres à la queue pour montrer son haut rang.

— Ça fait mal ! dit la petite ondine.

— Il faut souffrir pour être belle, dit la vieille.

Oh, comme la petite aurait voulu se débarrasser de ces ornements et enlever sa lourde couronneôter sa lourde couronne ; les fleurs rouges de son jardin lui allaient bien mieuxla paraient bien mieux, mais elle n’osait pas changer.

— Adieu, dit-elledit elle, et, légère comme une bulle, elle s’éleva au travers de l’eau.

Le soleil venait de se coucher lorsqu’elle sortit la tête à la surface, mais tous les nuages brillaient encore comme les roses et l’or, et au milieu de l’air rose pâle étincelait l’étoile du soir claire et charmante. L’air était doux et frais, et la mer tout à fait calme. Un grand navire à trois mâts était là, avec une seule voile déployéeUn grand vaisseau à trois mâts était là, et une seule voile était dehors, car il n’y avait pas un souffle de vent, et çà et là sur les cordages et les barres qui portaient les voilesles cordages et les vergues étaient assis les matelots. On jouait de la musique et on chantait, et à mesure que le soir s’assombrissait, des centaines de lumières de diverses couleurs furent allumées; on aurait dit que les drapeaux de toutes les nations flottaient dans l’air. La petite ondine nagea jusqu’à la fenêtre du salon, et chaque fois que l’eau la soulevait, elle put voir par les carreaux transparents les nombreuses personnes élégantes. Mais le plus beau de tousles nombreuses personnes élégantes, mais le plus beau de tous était le jeune prince aux grands yeux noirs ; il ne devait pas avoir beaucoup plus de seize ans. C’était son anniversaire, et c’est pour cela qu’on faisait la fêteil ne devait guère avoir plus de seize ans, c’était son jour de naissance, et c’est pourquoi il y avait fête. Les matelots dansaient sur le pont, et lorsque le jeune prince s’y présentait, des centaines de fusées étaient lancées. Elles brillaient comme le plein jour, et la petite ondine, tout effrayée, plongeait sous l’eau. Mais elle ne tardait pas à sortir de nouveau la tête. Alorsdes centaines de fusées étaient lancées, elles brillaient comme le plein jour, et la petite ondine, tout effrayée, plongeait sous l’eau, mais ne tardait pas à sortir de nouveau la tête, et alors il lui semblait que toutes les étoiles du ciel tombaient sur elle. Jamais elle n’avait vu pareille magie de feu. De grands soleils tournoyaient, de superbes poissons de feu se balançaient dans l’air bleu, et tout se reflétait dans l’eautout se répétait dans l’eau calme et claire. Sur le navirevaisseau lui-même, il faisait si clair que l’on pouvait voir le moindre cordage, à plus forte raison les gens. Oh, comme le jeune prince était beau, et il serrait la main des gens, riait et souriait, tandis que la musique résonnait dans l’admirable nuit.

Il se fit tard, mais la petite ondine ne pouvait détacher ses yeux du navirevaisseau et du charmant prince. Les lumières de couleurs variées furent éteintes, les fusées n’étaient plus lancées, on ne tirait plus de coups de canon, mais un grondement provenait des profondeurs de l’océan. Elle restait sur l’eau, balancée par les vagues, si bien qu’elle pouvait voiren sorte qu’elle pouvait voir dans le salon; mais le navire accéléra. Une voile après l’autre fut déployéemais le vaisseau prit une allure plus rapide, une voile après l’autre fut déployée, les vagues devinrent plus fortes, de grands nuages s’assemblèrent, des éclairs luirent au loin. Oh, un temps épouvantable s’annonçait ! Aussi, les matelots replièrent les voilesles matelots carguèrent les voiles. Le bateau vola d’une course folle, ballotté sur la mer furieuse, les vagues s’élevaient comme de grandes montagnes noires qui voulaient rouler sur le mât, mais le navirevaisseau plongeait comme un cygne entre les hautes vaguesles hautes lames, et se laissait de nouveau soulever par le gonflement des eaux. La petite ondine trouvait que c’était là une course amusante, mais les marins n’étaient pas de cet avis. Le navire craquait à grand bruit, les épaisses pièces de bois pliaient sous les coups puissantsmais les marins n’étaient pas de cet avis, le vaisseau craquait à grand bruit, les épais madriers ployaient sous les coups puissants, la mer assaillait le navirevaisseau, le mât fut brisé au milieu comme un simple roseau, et le navirevaisseau pencha sur le côté, tandis que l’eau pénétrait dans la cale. La petite ondine vit alors que les gens étaient en danger. Elle dutles gens étaient en danger, elle dut elle-même faire attention aux poutres et débris du navirevaisseau qui traînaient sur l’eau. Un instant l’obscurité fut si noire qu’elle ne voyait plus rien, mais quand un éclair surgissaitmais s’il venait un éclair, il faisait si clair de nouveau qu’elle reconnaissait tout le monde sur le navirevaisseau; chacun se débrouillait de son mieux; elle cherchait surtout le prince, et elle le vit, lorsque le navirevaisseau fut brisé, s’enfoncer dans la mer profonde. Sur le moment, elle fut très contente, puisqu’il allait ainsi descendre vers elle, mais elle se rappela que les hommes ne pouvaient pas vivre dans l’eau, et qu’il ne pouvait venir que mort dans le château de son père. Non, il ne fallait pas qu’il meureil ne fallait pas qu’il mourût ; elle nagea donc au milieu des poutres et grosses planches éparpilléespoutres et madriers épars sur la mer, oublia complètement qu’elle pouvait en être écrasée, plongea profondément, et revint en haut parmi les vagues, et arriva enfin jusqu’au jeune prince, qui ne pouvait presque plus nager dans la mer déchaînée. Ses brasjeune prince, qui ne pouvait presque plus nager dans la mer déchaînée, ses bras et ses jambes commençaient à être épuisés, ses beaux yeux se fermaient. Il serait mort,ses beaux yeux se fermaient, il serait mort, si la petite ondine n’avait pas été là. Elle tint sa tête au-dessus de l’eau, et avec lui se laissa pousser par les vagues où elles voulaient.

Illustration

Le matin, le mauvais temps passa ; on n’apercevait pas le moindre débris du navire. Le soleildu vaisseau l’on n’apercevait pas le moindre débris, le soleil se leva sur l’eau, rouge et brillant, on aurait dit que cette lumière redonnait vie aux joues du princeon aurait dit que les joues du prince étaient par là ranimées, mais ses yeux demeurèrent clos ; l’ondine embrassa son beau front hautl’ondine baisa son beau front haut, et repoussa en arrière ses cheveux mouillés; elle trouvait qu’il ressemblait à la statue de marbre qu’elle avait en bas, dans son petit jardin, elle l’embrassa de nouveau et souhaita qu’il puisse vivreelle le baisa de nouveau, et souhaita qu’il pût vivre.

Et elle vit devant elle la terre ferme, de hautes montagnes bleues sur les sommets desquellesles cimes desquelles brillait la neige, comme s’il y avait là des cygnes ; près de la côte s’étendaient de ravissantes forêts vertes, et devant elles était une église ou un couvent, elle ne savait pas exactementelle ne savait pas au juste, mais c’était un bâtiment. Des citronniers et des orangers poussaient dans le jardin, et devant la porte se dressaient de hauts palmiers. La mer formait ici une petite anse, qui était tout à fait calme, mais très profonde, jusqu’à la roche couverte de fin sable blanc; c’est là que nagea l’ondine avec le beau prince, elle le déposa sur le sable. Elle fit surtout attention à ce que sa tête soit surélevée et reçoive la lumière chaude du soleilelle le déposa sur le sable, et eut surtout soin que sa tête fût haute et reçût la lumière chaude du soleil.

Mais les cloches sonnèrent dans le grand bâtiment blanc, et de nombreuses jeunes filles traversèrent le jardin. Alors la petite ondine alla nager à quelque distance, derrière de hautes pierres qui émergeaient de l’eau, couvrit ses cheveux et sa poitrine avec de l’écume de mer, pour que personne ne puisse voirafin que personne ne pût voir son petit visage, et observa qui allait venir auprès du pauvre prince.

Une jeune fille ne tarda pas à s’en approcher. Elle parut très effrayée, mais seulement un instant, puis alla chercher d’autres personnes. L’ondine vit le prince reprendre vie :Une jeune fille ne tarda pas à s’en approcher, elle parut très effrayée, mais seulement un instant, et alla chercher d’autres personnes, et l’ondine vit le prince s’animer, il souriait à tout le monde autour de lui, mais à elle il ne sourit pas, il ne savait pas, d’ailleurs, qu’elle l’avait sauvé. Elle se sentit si désoléeil ne savait pas, d’ailleurs, qu’elle l’avait sauvé ; elle se sentit si désolée que, lorsqu’il fut conduit dans le grand bâtiment, elle plongea dans l’eau, toute triste, et rentra chez elle, dans le château de son père.

Elle avait toujours été calme et pensiveToujours elle avait été calme et songeuse, mais elle le devint alors bien davantage. Ses sœurs lui demandèrent ce qu’elle avait vu, la première fois qu’elle était montée là-haut, mais elle ne raconta rien.

Le matin ou le soir, bien souvent, elle retourna où elle avait quitté le prince. Elle vit les fruits du jardin mûrir, elle vit qu’ils étaient cueillis et que la neige fondait sur les hautes montagnes, mais elle ne voyait pas le prince, et rentrait toujours encore plus désolée. Sa seule consolation était de s’asseoir dans son petit jardin et d’entourer de ses bras la belle statue de marbre qui ressemblait au prince, mais elle ne s’occupait pas de ses fleurs. Elles poussaient au hasardelle ne soignait pas ses fleurs, elles poussaient au hasard, jusque dans les allées, et entrelaçaient leurs longues tiges et leur feuillage aux branches des arbres, si bien que l’endroit était sombreen sorte que l’endroit était sombre.

Enfin elle ne put plus y tenir, et raconta son histoireconta son histoire à l’une de ses sœurs, et aussitôt toutes les autres la connurent, mais personne d’autre qu’elles, et deux ondines qui la dirent seulement à leurs amies les plus intimes. L’une de celles-ci savait qui était le prince, elle avait vu aussi la fête sur le navirevaisseau, savait d’où venait le prince, et où était son royaume. — Viens, petite sœur, dirent les autres princesses, et, les bras sur les épaules les unes des autres, elles montèrent en une longue rangée devant l’endroit où elles savaient que se trouvait le château du prince.

Ce château était construit en pierres jaune clair brillantes, avec de grands escaliers de marbre, dont l’un descendait

à la mer.a à la mer. De splendides coupoles dorées s’élevaient sur le toit, et entre les colonnes qui étaient sur tout le tour du monument, des statues de marbre avaient l’air d’être vivantes. Par les vitres claires des hautes fenêtres on voyait l’intérieur de salles magnifiques, où de précieux tapis et rideaux de soie étaient accrochés, et où tous les murs étaient décorésoù de précieux tapis et rideaux de soie étaient accrochés, et tous les murs décorés de grandes peintures que l’on avait grand plaisir à regarder. Au milieu de la plus grande salle jaillissait un grand jet d’eau qui s’élevait haut sous la coupole de verre du plafond, et à travers cette coupole, le soleil illuminaitpar elle le soleil illuminait l’eau et les plantes ravissantes qui poussaient dans le grand bassin.

La petite ondine savait donc enfin où habitait le prince, et elle vint là sur l’eau bien souvent le soir et la nuit ; elle nageait beaucoup plus près de la terre que n’avait osé le faire aucune des autres, elle alla même jusque dans l’étroit canal qui était sous la superbe terrasse de marbre dont l’ombre se prolongeait sur l’eau. Elle se plaçait là et regardait le jeune prince, qui croyait être tout seul au clair de la lune.

Elle le vit bien des soirs voguer avec de la musique à bord de son superbe bateau où flottaient les drapeaux; elle jetait un coup d’œil entre les roseaux verts, et le vent soufflait dans son long voile d’un blanc d’argent ; si quelqu’un le voyait, on croyait que c’était un cygne qui déployait ses ailes.

Elle entendit bien souvent les pêcheurs, la nuit, lorsqu’ils étaient en mer avec des torches, dire beaucoup de bien du jeune prince. Elle se réjouissaitjeune prince, et elle se réjouissait de lui avoir sauvé la vie lorsqu’il dérivait à demi mort sur les vagues. Elle songeait au calme avec lequel il avait reposé, la tête sur sa poitrine, et au baiser plein de tendresse qu’elle lui avait donnésur les vagues, et elle songeait comme il avait bien reposé, la tête sur sa poitrine, et comme alors elle lui avait donné un baiser bien senti ; lui ne savait rien de tout cela, et ne pouvait même pas rêver d’elle.

Elle en vint de plus en plus à aimer les hommes, de plus en plus elle désira pouvoir monter parmi eux ; leur monde lui semblait beaucoup plus grand que le sien ; ils pouvaient parcourir la mer sur des naviresils pouvaient sur des vaisseaux courir la mer, ils pouvaient monter sur les hautes montagnes au-delà despar delà les nuages, et les terres qu’ils possédaient s’étendaient, avec des forêts et des champs, plus loin qu’elle ne pouvait voir. Il y avait beaucoup de choses qu’elle aurait voulu savoirIl y a beaucoup de choses qu’elle aurait voulu savoir, mais ses sœurs n’avaient pas réponse à tout; elle interrogea donc sa vieille grand-mèregrand’mère, qui connaissait bien le monde d’en haut; elle l’appelait très justement les terres au-dessus de la mer.

— Lorsque les hommes ne se noient pas, demanda la petite ondine, peuvent-ils vivre éternellement ? Est-ce qu’ils ne meurent paspeuvent-ils vivre toujours, est-ce qu’ils ne meurent pas, comme nous, ici, dans la mer ?

— Si ! dit la vieille, ils doivent aussi mourir, et la durée de leur vie est même plus courte que la nôtre. Nous pouvons vivre trois cents ans, mais lorsque nous cessons d’exister ici, nous devenons simplement de l’écume sur l’eau. Nous n’avons même pas de tombenous devenons seulement écume sur l’eau, nous n’avons même pas une tombe ici, en bas, au milieu de ceux qui nous sont chers. Nous n’avons pas d’âme immortelle, nous ne reprenons jamais vie. Nous sommes comme le roseau vert : une fois coupé, il ne peut plus jamais reverdirNous n’avons pas d’âme immortelle, nous ne reprenons jamais vie, nous sommes comme le roseau vert, une fois qu’il est coupé, il ne peut jamais reverdir ! Les hommes, au contraire, ont une âme, qui vit toujours, qui vit après que le corps est retourné à la terre ;le corps est devenu terre; elle s’élève dans l’air lumineux jusqu’à toutes les étoiles brillantes ! De même que nous émergeons de la mer! de même que nous émergeons de la mer et voyons les terres des hommes, de même ils montent vers des lieux inconnus et délicieux que nous ne verrons jamais.

— Pourquoi n’avons-nous pas d’âme immortelle ? demanda la petite ondine attristée. Je donneraisdemanda la petite ondine attristée, je donnerais toutes les centaines d’années que j’ai à vivre pour être une humaine pendant un seul jour, et avoir ensuite accès au monde du cielune personne humaine rien qu’un seul jour, et avoir ensuite part au monde céleste !

— Il ne faut pas penser à cela, dit la vieille, notre vie est bien meilleurede beaucoup meilleure et plus heureuse que celle des hommes, là-haut !

— Il faut donc que je meure et disparaisse comme écume sur la mer, que je renonce à entendre la musique des vagues, à voir les fleurs ravissantes et le soleil rouge ! Est-ce que je ne peux rien faireNe puis-je rien faire pour avoir une âme immortelle?

— Non, dit la vieille, sauf si un homme t’aime plus que son père et sa mèreà moins qu’un homme t’aime plus que père et mère. Il faudrait qu’il soit attaché à toi par toutes ses pensées et tout son amour. Il faudrait aussi qu’il fasse mettre par le prêtre sa main droite dans la tienne, en promettant de t’être fidèle ici-bas et pour toute l’éternité. Alors, qu’il te soit attaché de toute sa pensée et de tout son amour, et qu’il fasse mettre par le prêtre sa main droite dans la tienne en promettant de t’être fidèle ici et dans toute l’éternité, alors son âme se déverserait dans ton corps, et tu prendrais part au bonheur des hommes. Il te donnerait une âme et conserverait pourtant la sienne. Mais c’est impossible ! Ce qui est charmant ici dans la mer, ta queue de poisson, est justement ce qu’on trouve laid, là-haut sur la terre. Ils n’y comprennent rien : ils croientsur la terre, ils n’y entendent rien, ils croient qu’il faut avoir deux lourdes colonnes, qu’ils appellent des jambes, pour être beau !

La petite ondine soupira et regarda tristement sa queue de poisson.

— Soyons satisfaites, dit la vieille, nous pouvons sauter et jouernous pouvons sauter et nous ébattre pendant les trois cents ans que nous avons à vivre, c’est déjà une assez longue vie. On pourrac’est une assez bonne durée, on pourra se reposer ensuite avec satisfaction dans sa tombe. Il y aura un bal à la courNous aurons bal de la cour, ce soir !

Ce fut une splendeur, il est vrai, telle qu’on ne la voit jamais sur la terre. Murs et plafond dans la grande salle de danse étaient de verre épais, mais clair. Plusieurs centaines de coquilles gigantesquescoquilles colossales, roses et vert-pré, étaient rangées de chaque côté ; une flamme bleue en sortaitil en émanait une flamme bleue qui éclairait toute la salle et brillait à travers les murs, si bien que la mer, au-dehors, était illuminée. On pouvait voiren sorte que la mer, au dehors, était illuminée ; on pouvait voir les innombrables poissons, petits et grands, qui nageaient vers le mur de verre; sur les uns, les écailles luisaient rouge pourpre, sur d’autres, elles semblaient argent et or. La salle était traversée en son milieu par un large fleuve ruisselant, et c’était là que dansaient ondins et ondines en chantant de leurs voix délicieusesdansaient ondins et ondines sur leurs propres chants délicieux. Les habitants de la terre n’ont pas de si belles voix. La petite ondine était celle qui chantait le mieux de tous, et l’on battait des mains pour l’applaudir; elle en éprouva de la joie en son cœur, un instant, car elle savait qu’elle avait la plus belle voix qui existela plus belle voix qui fût sur la terre et dans la mer ! Mais elle ne tarda pas à penser de nouveau au monde au-dessus d’elle ; elle ne pouvait oublier le beau prince et la douleur de ne pas posséder, comme lui, une âme immortelle. Et elle se glissa hors du château de son père, et tandis que tout y était chant et gaieté, elle s’assit tristement dans son petit jardin. Alors elle entendit sonner du cor à travers l’eau, et elle se dit :

Voilà sûrement qu’il vogue là-haut, celui que j’aime plus que père et mère, à qui ma pensée est attachée, et entre les mains de qui je remettrais le bonheur de ma viedans la main de qui je mettrais le bonheur de ma vie. Je veux tout oser pour le gagner, lui et une âme immortelle ! Pendant que mes sœurs dansent dans le château de mon père, je vais aller trouver la sorcière marine; j’en ai toujours eu peur, mais elle pourra peut-être me conseiller et m’aider.

Et la petite ondine sortit de son jardin et se dirigea vers le gouffre grondantle gouffre mugissant derrière lequel habitait la sorcière. Elle n’était encore jamais allée par là. Il n’y poussait pasJamais elle n’avait encore été par là, il n’y poussait pas de fleurs, pas d’herbe marine; seul et nu, le sable grisseul et nu, la sable gris s’étendait vers le gouffre, où l’eau, avec des grondements de roue de moulin, tourbillonnait en arrachant tout ce qu’elle saisissait et l’emportant vers les profondeurs. La petite ondine devait traverser ces terribles tourbillons pour arriver dans le domaine de la sorcière. Puis, sur un long parcoursles profondeurs; il fallait que la petite ondine traversât ces terribles tourbillons pour arriver dans le district de la sorcière, et sur un long parcours il n’y avait pas d’autre chemin qu’au-dessus de la vase chaude, bouillonnante, que la sorcière appelait sa tourbière. On parvenait ainsi à sa maison qui était au milieu d’une étrange forêt. Tous les arbres et buissons étaient des polypes, moitié plantes, moitié animaux, qui semblaient des serpents à des centaines de têtesdes serpents à centaines de têtes poussant dans la terre ; toutes les branches étaient de longs bras visqueux aux doigts souples comme des vers, qui remuaient depuis la racine jusqu’à l’extrémité. Tout ce qu’ils pouvaient saisir dans la mer, ils l’enlaçaient fortement et ne le lâchaient jamais. La petite ondine demeura tout effrayée devant cette forêt ; son cœur battait de peur. Elle futson cœur battait de crainte, elle fut sur le point de repartirde s’en retourner, mais elle pensa au prince et à l’âme de l’homme, et elle reprit courage. Elle attacha bien serrés sur sa tête ses longs cheveux flottants, pour que les polypes ne puissent pas les attraper. Elle joignitafin de ne pas laisser prise par là aux polypes, elle joignit ses mains sur sa poitrine, et vola ainsi à travers l’eau, comme le poisson sait voler, au milieu des affreux polypes qui tendaient vers elle leurs bras et leurs doigts agiles. Elle vit que chacun de ces bras et doigts tenait, comme une attache de fercomme un lien de fer, quelque objet saisi. Des hommes naufragés, descendus à cette profondeur, apparaissaient à l’état de squelettes blancs dans les bras des polypes. Ils serraient des gouvernails, des caisses, des cadavres d’animaux terrestres, et une petite ondine qu’ils avaient capturée et étouffée. C’était là le plus épouvantableet une petite ondine qu’ils avaient prise et étouffée, c’était là le plus épouvantable.

Puis s’ouvrit dans la forêt un grand espace visqueux où s’ébattaient de grandes couleuvres d’eau qui montraient leur vilain ventre jaunâtre. Au milieu de la place s’élevait une maison faite d’ossements humains blancs. C’était là que se trouvait la sorcière marine. Elle donnaitune maison faite de blancs ossements humains, c’était là qu’était la sorcière marine, elle donnait à manger à un crapaud sur ses lèvres, comme les hommes font manger du sucre à un petit canari. Elle appelait les vilaines couleuvres grosses et grasses ses petits poussins, et les laissait se vautrer sur sa vaste poitrine molle comme une épongesa vaste poitrine fongueuse.

— Je sais bien ce que tu veux, dit la sorcière, c’est bête de ta part, mais ta volonté sera faite tout de même, car elle causera ton malheur, ma charmante princesse. Tu voudrais te défaire de ta queue de poisson et avoir à la place deux moignons avec quoi marcher comme les hommes, afin que le jeune prince puisse devenir amoureux de toi et que tu puisses avoir et lui, et une âme immortelle ! — Et la sorcière eut un rire si fort et si laid que le crapaud et les couleuvres tombèrent et se mirent à grouiller par terre. — Tu viens au bon moment, dit-elle, si tu étais venue demain, au lever du soleil, je n’aurais pas pu t’aider avant une année entièredemain, au lever du soleil, je n’aurais pas pu t’aider avant une année entière. Je vais te préparer une boisson. Tu l’emporteras avec toi et tu nageras jusqu’à la terre avant le lever du soleil. Tu t’assiéras au bord et tu la boiras. Ta queue se divisera alors et s’amincira pour former ce que les hommes appellent de jolies jambes. Mais cela fait mal : c’est comme si une épée aiguisée te fendait.Je vais te composer une boisson, avec elle tu nageras, avant que le soleil soit levé, jusqu’à la terre, où tu t’assiéras au bord et la boiras, ta queue alors se divisera et s’étriquera en ce que les hommes appellent de jolies jambes, mais ça fait du mal, c’est comme si une épée effilée te fendait. Tous ceux qui te verront diront que tu es la plus ravissante enfant des hommes qu’ils ont vue. Tu conserveras ta démarche souple, aucune danseuse ne sera souple comme toi, mais chaque pas que tu feras sera comme si tu marchais sur un couteau tranchant, qui ferait couler ton sang. Si tu acceptes de souffrir tout celaSi tu veux souffrir tout cela, je viendrai à ton aide.

— Oui ! dit la petite ondine, la voix tremblante. Elle pensait au prince et à l’âme immortelle qu’elle voulait obtenir.

— Mais rappelle-toi, dit la sorcière, que lorsque tu auras pris la forme humaine, tu ne pourras jamais plus redevenir ondine ! Jamais tu ne pourras redescendre vers tes sœurs dans le château de ton père. Pour avoir une âme immortelle, il faut que tu gagnes l’amour du prince. Il doit oublier pour toi son père et sa mère, être attaché à toi par toutes ses pensées et faire unir vos mains par le prêtre, pour que vous soyez mari et femme., et si tu ne gagnes pas l’amour du prince, de sorte qu’il oublie pour toi père et mère, s’attache à toi de toute sa pensée, et fasse unir vos mains par le prêtre pour que vous soyez mari et femme, tu n’auras pas d’âme immortelle ; Le premier matin après son mariage avec une autrele premier matin après qu’il aura été marié avec une autre, ton cœur se brisera, et tu deviendras écume sur la mer.

— Je le veux! dit la petite ondine. Elle était pâle comme une morte.

— Mais il faut aussi que tu me payes, dit la sorcière, et je te demande beaucoupet ce n’est pas peu que je demande. Tu as la voix la plus ravissante parmi tous ceux qui sont ici, au fond de la mer, et sans doute crois-tu pouvoir charmer le prince avec cette voix, mais il faut me la donner. Je veux avoir ce que tu as de mieux pour ma précieuse boisson ; je dois y mettre de mon propre sang pour qu’elle soit aiguiséeje dois t’y donner de mon propre sang, pour qu’elle soit acérée comme une épée à double tranchant.

— Mais si tu prends ma voix, dit la petite ondine, qu’est-ce qu’il me restera?

— Ton beau corpsTa charmante personne, dit la sorcière, ta démarche soupleton allure ondoyante et tes yeux qui parlent, c’est assez pour séduire un cœur d’homme. Allons, ne perds pas courage, tends-moi ta langue. Je la couperaitends-moi ta langue, je la couperai en paiement, et tu auras la puissante boisson.

— Soit ! dit la petite ondine.

Et la sorcière prit sa marmite pour faire bouillir la boisson magique.

— La propreté est une bonne chose, dit-elle, et elle frotta la marmite avec les couleuvres nouées ensemble, puis elle s’écorcha sa propre poitrine et fit couler son sang noir. La vapeur eut les formes les plus étranges, il y avait de quoi vous terrifier. À tout instantA tout instant la sorcière ajoutait quelque nouvel ingrédient, et lorsque le tout fut bien bouillant, on aurait dit des larmes de crocodile. Enfin la boisson fut prête. Elle avaitEnfin là boisson fut à point, elle avait l’aspect de l’eau la plus pure.

— La voilà, dit la sorcière, et elle coupa la langue de la petite ondine, qui alors fut muette, et ne put ni chanter ni parler.

— Si les polypes t’attrapaient quand tu traverseras ma forêt, tu n’as qu’à leur jeter une goutte de cette boisson, et leurs bras et leurs doigts se briseront en mille morceaux.

Mais la petite ondine n’en eut pas besoin, les polypes s’écartèrent devant elle, effrayés, lorsqu’ils virent la boisson lumineuse briller dans sa main comme une étoile étincelante. Elle eut ainsi bientôt traversé la forêt, la tourbière et le gouffre grondant.

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Elle put voir le château de son père ; les lumières étaient éteintes dans la grande salle de danse ; tout le monde dormait sûrement, et elle n’osa pas s’y présenter, maintenant qu’elle était muette et allait se séparer d’eux à jamais. Il lui sembla que son cœur allait se briser de chagrin. Elle se glissa dans le jardin, cueillit une fleur du parterre de chacune de ses sœurs, envoya du bout des doigts mille baiserslança du doigt mille baisers vers le château, et monta au travers de la mer bleu sombre.

Le soleil n’était pas encore levé lorsqu’elle vit le château du prince; elle monta le magnifique escalier de marbre. La lune brillait, merveilleusement claire. La petite ondine but la boisson brûlante et âcrela brûlante et âpre boisson, et ce fut comme si une épée à double tranchant avait fendu son corps délicat. Elle s’évanouitavait fendu son corps délicat, elle s’évanouit et resta comme une morte. Lorsque le soleil resplendit sur la mer, elle se réveilla, et ressentit une douleur aiguë. Mais devant elleune douleur aiguë, mais devant elle se tenait le charmant jeune prince qui la regardait de ses yeux noirs, si fixement qu’elle baissa les siens. Elle vitsi fixement qu’elle baissa les siens, et vit que sa queue de poisson avait disparu, et qu’elle avait les plus jolies petites jambes blanches qu’une petite fille puisse avoirles plus jolies petites jambes blanches qu’aucune petite fille pouvait avoir; mais elle était complètement nue, aussi s’enveloppa-t-elle dans sa longue chevelure. Le prince lui demanda qui elle était, et comment elle était venue là, et elle le regarda très doucement, mais d’un air désolé de ses yeux bleu sombre, car elle ne pouvait pas parler. Alors il la prit par la main et la conduisit au château. À chaque pas, elle avait l’impression de marcher sur des aiguilles et des couteaux aiguisés, comme la sorcière l’en avait prévenue,A chaque pas qu’elle faisait, c’était, ainsi que la sorcière l’en avait prévenue, comme si elle avait marché sur des aiguilles et des couteaux affilés, mais elle supportait cela volontiers ; la main dans la main du prince, elle monta aussi légèrement qu’une bulle d’air, et lui et tout le monde admirèrent sa démarche gracieuse et souplesa démarche gracieuse et ondoyante.

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Elle eut de précieux vêtements de soie et de mousseline ; elle était au château la plus belle de toutes, mais elle était muette, et ne pouvait ni chanter ni parler. De jolies esclaves vêtues de soie et d’or s’avancèrent et chantèrent pour le prince et ses parents royaux. L’une d’elles chantait mieux que toutes les autres, et le prince battit des mains et lui sourit, et la petite ondine fut attristée. Elle savaitet la petite ondine fut attristée, elle savait qu’elle aurait chanté beaucoup mieux encore. Elle se disait : Oh, s’il savait que, pour être auprès de lui, j’ai cédé ma voix à tout jamais !

Ensuite les esclaves dansèrent des danses gracieuses et légères, accompagnées d’une admirable musique. Alors la petite ondine leva ses beaux bras blancs, se dressa sur la pointe de ses pieds, se balança doucement, et dansa comme personne encore n’avait dansé; à chaque mouvement son charme devenait plus évidentson charme devenait plus sensible et ses yeux parlaient plus profondément au cœur que le chant des esclaves.

Tout le monde était ravi, surtout le prince, qui l’appela son petit enfant trouvé, et elle dansa de plus en plus, bien que, chaque fois que son pied touchait la terre, ce soit comme si elle marchaitce fût comme si elle eût marché sur des couteaux aiguiséscouteaux affilés. Le prince dit qu’elle resterait toujours près de lui, et il lui permit de dormir à sa porte sur un coussin de velours.

Il lui fit faire un costume d’homme, pour qu’elle l’accompagneafin qu’elle l’accompagnât à cheval. Ils couraient à travers des forêts parfuméesforêts embaumées, où les branches vertes lui frappaient les épaules, et les petits oiseaux chantaient derrière le frais feuillage. Avec le prince elle grimpa sur les hautes montagnes, et ses pieds délicats saignaient, au point que les autres pouvaient le voirtellement que les autres pouvaient le voir, mais elle en riait et suivait le prince jusqu’aux sommets où l’on voyait les nuages voguer au-dessous de soi comme s’ilssomme s’ils étaient une troupe d’oiseaux partis pour les pays étrangers. La nuit, au château du prince, lorsque les autres dormaient, elle descendait au large escalier de marbre. Elle rafraîchissait ses pieds brûlants dans l’eau de mer froide et songeait alorselle descendait au large escalier de marbre, et cela rafraîchissait ses pieds brûlants de les tenir dans l’eau de mer froide, et alors elle songeait à ceux d’en bas, dans les profondeurs. Une nuit, ses sœurs arrivèrent bras dessus, bras dessous. Elles chantaientUne nuit, ses sœurs arrivèrent bras dessus, bras dessous, elles chantaient un chant très triste en nageant à la surface de l’eau, et elle leur fit signe ; et les sœurs la reconnurent et dirent combien elle leur avait fait de peine à toutes. Elles vinrent la voir chaque nuit depuis lors, et une nuit elle vit, de bien loin, la vieille grand-mèregrand’mère, qui n’avait pas été au-dessus de la mer depuis de nombreuses années, et le roi de la mer avec sa couronne sur la tête ; ils tendaient les mains vers elle, mais n’osaient pas approcher de la terre autant que ses sœurs.

De jour en jour elle devenait plus chère au prince. Il l’aimaitelle devenait plus chère au prince, il l’aimait comme on peut aimer un bon enfant affectueux, mais il n’avait pas la moindre idée d’en faire sa reine. Pourtant, il fallait qu’elle devienne sa femme. Sinon, elle n’aurait pas d’âme immortelle et, le matin qui suivrait son mariage avec une autre, elle deviendrait de l’écume sur la mer, et il fallait qu’elle devînt sa femme, sans quoi elle n’aurait pas une âme immortelle, et, le matin qui suivrait son mariage, deviendrait écume sur la mer.

— N’est-ce pas moi que tu aimes le plus de toutes? semblaient dire les yeux de la petite ondine, lorsqu’il la prenait dans ses bras et embrassait son beau frontlui baisait son beau front.

— Oui, tu m’es la plus chère, disait le prince, car c’est toi qui as le meilleur cœur. C’est toi qui m’es le plus dévouée, et tu ressembles à une jeune fille que j’ai vue une fois, mais que sûrement je ne retrouverai jamais. J’étais sur un navire qui s’échouaJ’étais sur un vaisseau qui échoua. Les vagues me jetèrent sur la côte, près d’un temple sacré dont s’occupaient des jeunes fillesà la côte près d’un saint temple desservi par des jeunes filles; la plus jeune me trouva là et me sauva la vie; je ne l’ai vue que deux fois ; elle était la seule que je pouvais aimer d’amour en ce monde, mais tu lui ressembles ; dans mon cœur, tu effaces presque son imageen mon âme, tu relègues presque son image ; elle appartient au saint temple, et c’est pourquoi la chance t’a envoyée à moi. Jamais nous ne nous sépareronsmon heureuse fortune t’a envoyée à moi, jamais nous ne nous séparerons !

Hélas, il ne sait pas que je lui ai sauvé la vie ! se dit la petite ondine. Je l’ai porté sur la mer jusqu’à la forêt où se trouve le temple, j’étais derrière l’écume et je regardais si quelqu’un allait venirje regardais si personne n’allait venir. J’ai vu la jolie fille qu’il aime plus que moi ! — Et l’ondine soupira profondément, elle ne pouvait pas pleurer. — La jeune fille appartient au temple sacré, a-t-il dit. Elle ne retournera jamais vivre dans le monde. Ils ne se rencontreront plus. Moi, je suis près de luiLa fille appartient au saint temple, a-t-il dit, elle ne sortira jamais dans le monde; ils ne se rencontreront plus, je suis près de lui, je le vois tous les jours, je le soignerai, je l’aimerai, je lui dévouerai ma vie !

Or, le prince va se marier, il épousera la fille du roi voisin, racontait-on, c’est pourquoi il prépare un si magnifique navireil arme un si magnifique vaisseau. Le prince voyage pour visiter le pays du roi voisin, à ce qu’on dit, mais c’est bien pour voir la fille du roi voisin, il emmènera un grand entourageil emmènera une grande suite ; mais la petite ondine secouait la têtebranlait la tête et riait; elle connaissait les idées du prince beaucoup mieux que tous les autres.

— Il faut que je parte, lui avait-il dit. Je dois aller voir la belle princesse : mes parents l’exigent. Mais ils ne veulent pas me forcer à la ramener ici comme ma fiancéeIl faut que je parte, lui avait-il dit, il faut que j’aille voir la belle princesse, mes parents l’exigent, mais me forcer à l’amener ici comme ma fiancée, ils ne le veulent pas. Je ne peux pas l’aimer, elle ne ressemble pas à la belle fille du temple, à laquelle tu ressembles ; si je devais un jour choisir une fiancée, ce serait plutôt toi, mon enfant trouvé, muette aux yeux qui parlent !

Et il embrassa ses lèvres rougesil baisa ses lèvres rouges, joua avec ses longs cheveux, et posa sa tête sur son cœur, qui se mit à rêver de bonheur humain et d’âme immortelle.

— Tu n’as pas peur de la mer, au moins, mon enfant muet ! dit-il, lorsqu’ils furent sur le magnifique navirevaisseau qui devait le conduire dans le pays du roi voisin, et il lui parla de tempêtes et de calme platd’orage et de bonace, d’étranges poissons des profondeurs, et de ce que les plongeurs y avaient vu. Elle sourit à son récit : elle était mieux renseignée que personne, et elle sourit de son récit, elle était mieux renseignée que personne sur le fond de la mer.

Dans la nuit claire, lorsque tout le monde dormait, excepté l’homme qui était à la barre, elle se tenait contre le rebord du bateauelle se tenait contre le plat-bord, et cherchait à travers l’eau claire, et il lui semblait apercevoir le château de son père, au sommet duquel la vieille grand-mèregrand’mère, sa couronne d’argent sur la tête, avait les yeux fixés en haut, vers la quille du navirevaisseau. Et les sœurs montèrent à la surface de l’eau, et regardèrent tristement la petite ondine, et tordirent leurs mains blanches. Elle leur fit signeet tordirent leurs mains blanches, elle leur fit signe, leur sourit, et voulait raconter que tout allait bien et heureusement pour elle, mais le jeune apprenti marin s’approchamais le mousse s’approcha et les sœurs plongèrent, et le garçon crut que la blancheur qu’il avait aperçue était de l’écume sur la mer.

Le lendemain matin, le navirevaisseau entra dans le port de la splendide ville du roi voisinde la ville splendide du roi voisin. Toutes les cloches des églises sonnaient, et des hautes tours on sonnait de la trompetteon sonnait dans des trompettes, pendant que les soldats étaient alignés sous les drapeaux flottants avec leurs baïonnettes reluisantes. C’était la fête tous les jours : dîners et bals se succédaient. Mais la princesse n’était pas encore arrivée. On l’élevait loin de làC’était tous les jours fête, dîners et bals se succédaient, mais la princesse n’était pas encore là, elle était élevée loin de là, disait-on, dans un saint temple où elle apprenait toutes les vertus royales. Enfin elle arriva.

La petite ondine était impatiente de voir sa beauté, et dut le reconnaître : elle n’avait jamais vu personne d’aussi charmantet dut lui rendre justice, elle n’avait jamais vu plus charmante personne. La princesse avait la peau blanche et délicate, et derrière ses longs cils foncés souriaient des yeux bleu sombre fidèles.

— C’est toi ! dit le prince. Toi qui m’as sauvé lorsque j’étais étendu sur la côte comme un cadavre! — Et il pressa dans ses bras sa fiancée rougissante.

— Oh, je suis trop heureux, dit-il à la petite ondine, mon plus grand espoir, que je n’ai jamais osé imaginer, s’est réaliséma meilleure espérance, que je n’ai jamais osé concevoir, est remplie. Tu te réjouiras de mon bonheur, toi qui, entre tous, as le plus d’affection pour moi.

Et la petite ondine lui embrassa la mainlui baisa la main, mais il lui sembla que déjà son cœur se brisait. Le matin qui suivrait la noce devait lui donner la mort et la réduire en écume sur la mer.

Toutes les cloches des églises sonnaient, les messagers à chevalles hérauts à cheval parcouraient les rues et proclamaient les fiançailles. Sur tous les autels brûlaient des huiles parfumées dans de précieuses lampes d’argent. Les prêtres agitèrent des encensoirs, et les deux fiancés se tendirent la main et furent bénis par l’évêque. La petite ondine, en robe de soie et d’or, tenait la traîne de la mariée, mais son oreille n’entendait pas la musique de fête, son œil ne voyait pas la sainte cérémonie. Elle pensaitson œil ne voyait pas la sainte cérémonie, elle pensait à sa nuit de mort, à tout ce qu’elle avait perdu en ce monde.

Le soir même les mariés montèrent à bord du navirevaisseau, les canons tonnèrent, tous les drapeaux flottèrent. Au milieu du navirevaisseau était dressée une tente royale d’or et de pourpre, garnie des coussins les plus douillets, où le couple pouvait dormirune tente royale d’or et de pourpre, et avec les plus délicieux coussins où le couple pouvait dormir dans la nuit calme et fraîche.

Les voiles se gonflèrent au vent, et le navirevaisseau glissa légèrement et sans grand mouvement sur la mer limpide.sur la mer limpide,

Lorsqu’il fit sombre, des lampes de multiples couleurs furent allumées, et les marins dansèrent des danses joyeuses sur le pont. La petite ondine dut penser à la première fois qu’elle avait émergé de la mer, et vu le même faste et la même joie. Elle se lança en tourbillon dans la danse, se balançala même joie, et elle se lança en tourbillon dans la danse, sa balança comme se balance le cygne quand il est poursuivi, et tout le monde l’admira et l’acclama. Jamais elle n’avait dansé si admirablementet tout le monde l’admira et l’acclama, jamais elle n’avait dansé si admirablement; ses pieds délicats étaient comme meurtris par des couteaux aiguiséscouteaux affilés, mais elle ne le sentait pas ; elle était plus douloureusement meurtrie au cœur. Elle savait que c’était le dernier soir qu’elle voyait celui pour qui elle avait abandonné sa famille et son foyer, donné sa voix exquise, et souffert tous les jours des tourments infinis, sans qu’il s’en doutesans qu’il s’en doutât. C’était la dernière nuit qu’elle respirait le même air que lui, qu’elle voyait la mer profonde et le ciel bleu étoilé; une nuit éternelle sans pensée ni rêve l’attendait, elle qui n’avait pas d’âme, qui ne pouvait en gagner une.

Et tout, sur le navirevaisseau, fut joie et gaieté, jusque longtemps après minuit. Elle dansajusque longtemps après minuit, elle dansa et rit avec la pensée de la mort dans son cœur. Le prince embrassait sa charmante épouseépousée, qui jouait avec ses cheveux noirs, et, se tenant par le bras, ils allèrent se reposerils allèrent reposer dans la magnifique tente.

Le silence et le calme s’établirent sur le navire. Seul l’homme à la barre était encore là. La petite ondine posaLe silence et le calme s’établirent sur le vaisseau, il n’y avait que l’homme à la barre, la petite ondine posa ses bras blancs sur le rebord du bateauses bras blancs sur le plat-bord, et regarda vers l’est, guettant l’aubevers l’orient, épiant l’aube; elle savait que le premier rayon de soleil allait la tuer. Elle vit alors ses sœurs émerger de la mer. Elles étaient pâlesElle vit alors ses sœurs émerger de la mer, elles étaient pâles comme elle ; leurs beaux cheveux longs ne flottaient plus au vent, ils étaient coupés.

— Nous les avons donnés à la sorcière, pour qu’elle t’empêche de mourir cette nuitpour qu’elle fasse que tu ne meures pas cette nuit. Elle nous a donné un poignard, le voici, vois-tu comme il est aiguisé? Avant que le soleil se lève, il faut que tu l’enfonces dans le cœur du prince, et quand son sang chaud jaillira sur tes pieds, ils s’uniront en une queue de poisson et tu redeviendras ondine. Tu pourras descendretu redeviendras ondine, tu pourras descendre dans l’eau vers nous et vivre tes trois cents ans avant de devenir de l’écume morte sur la mer saléeavant d’être écume morte de mer salée. Dépêche-toi ! Il faut qu’il meure, ou que tu meures,il faut qu’il meure, ou toi, avant que le soleil se lève. Notre vieille grand-mèregrand’mère a tant de chagrin que ses cheveux blancs sont tombés, comme les nôtres sont tombés sous les ciseaux de la sorcière. Tue le prince et reviens ! Dépêche-toi, vois-tu la lueur rouge au ciel ? Dans quelques minutes le soleil va se lever, et alors tu mourraset alors tu dois mourir !

Et elles poussèrent un profond soupir et disparurent dans les vagues.

La petite ondine écarta le rideau de pourpre de la tente, et vit la charmante mariée qui dormait, la tête contre la poitrine du prince. Elle se baissa, mit un baiser sur le beau front du jeune homme, regarda le ciel où l’aube luisait de plus en plus, regarda le poignard aiguisé, puis de nouveau fixa les yeux sur le prince, qui prononça en rêve le nom de son épouse. Il ne pensait qu’à elle. Le poignard tremblale nom de son épousée, sa pensée n’était que pour elle, et le poignard trembla dans la main de l’ondine..., mais elle le jeta bien loin dans les vagues, qui luirent rouge à l’endroit où il tomba, comme si des gouttes de sang étaient montées à la surface de l’eau. Elle sentitcomme si des gouttes de sang avaient monté à la surface de l’eau, et elle sentit son corps se dissoudre en écume.

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Et le soleil s’éleva sur la mer, ses rayons tombèrent doux et chauds sur la froide écume marine. La petite ondine ne sentit pas la mort. Elle vit le soleil lumineux, et la petite ondine ne sentit pas la mort, elle vit le clair soleil, et au-dessus d’elle planaient des centaines de charmants êtres transparents ; elle pouvait à travers eux voir les voiles blanches du navirevaisseau et les nuages rouges du ciel. Leurs voix étaient mélodieusesles nuages rouges du ciel, leurs voix étaient mélodieuses, mais si immatérielles qu’aucune oreille humaine ne pouvait les entendre, de même qu’aucun œil terrestre ne pouvait les voir; sans ailes, ces êtres flottaientsans ailes elles flottaient dans l’air grâce à leur légèretéen vertu de leur légèreté. La petite ondine s’aperçut qu’elle avait un corps semblable au leurun corps tel que le leur, et qu’elle s’élevait de plus en plus au-dessus de l’écume. — Vers qui est-ce que je monte? dit-elle, et sa voix résonna comme celle des autres êtres, si immatérielle qu’aucune musique de l’air ne peut la rendre. — Vers les filles de l’air ! répondirent les autres. L’ondine n’a pas d’âme immortelle, ne peut jamais en avoir à moins de gagner l’amour d’un homme; son existence éternelle dépend de la volonté d’un autred’un vouloir étranger. Les filles de l’air n’ont pas non plus d’âme immortelle, mais elles peuvent s’en créer une elles-mêmes par de bonnes actions. Nous volons vers les pays chauds où l’air empoisonné tue les hommesl’air empesté tue les hommes, nous y soufflons la fraîcheur. Nous répandons dans l’air le parfum des fleurs et envoyons réconfort et guérison. Lorsque nous nous sommes efforcées pendant trois cents ans de faire autant de bien que nous pouvons, nous acquérons une âme immortelle et prenons part au bonheur éternel des hommes. Tu t’es efforcée de même que nous, pauvre petite ondine, de tout ton cœur. Tu as souffert et accepté la douleur, et tu t’es élevée au monde des esprits de l’air. Tu peux maintenantet tu t’es élevée au monde des esprits de l’air, tu peux maintenant par de bonnes actions te créer dans trois cents ans une âme immortelle.

Et la petite ondine leva ses bras blancs vers le soleil de Dieu, et pour la première fois elle sentit des larmes.

Sur le navirevaisseau il n’y avait aucun bruit ni mouvement ; elle vit le prince avec sa belle épouse qui la cherchaient des yeux. Ils observaientsa belle épousée qui la cherchaient des yeux, ils observaient avec tristesse l’écume des vagues, comme s’ils avaient su qu’elle aurait dû devenir écume sur la mer. Invisible, elle embrassa le frontelle baisa le front du jeune homme, lui sourit, et avec les autres enfants de l’air monta sur le nuage rose qui voguait dans les hauteurs.

— Dans trois cents ans nous entrerons ainsi dans le royaume de Dieu !

— Nous pouvons y arriver aussi plus tôt, murmura l’une. Nous pénétrons invisibles dans les maisons des hommes, où il y a des enfants, et pour chaque jour où nous trouvons un bon enfant qui donne de la joie à ses parents et mérite leur amour, Dieu raccourcit notre temps d’épreuveDieu abrège notre temps d’épreuve. L’enfant ne sait pas quand nous volons dans la salle, et quand nous sourions de joie à sa vue, nous gagnons un an sur les trois cents. Mais quandnous gagnons un an sur les trois cents, mais quand nous voyons un enfant vilain et méchant, il nous faut pleurer de tristesse, et chaque larme ajoute un jour à notre temps d’épreuve!

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第 1 题,共 5 题

Qui a sculpté la Petite Sirène de Copenhague ?