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旅行与冒险大海与河流会说话的动物黄金与宝藏

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Le Naufragé

De retour d’un voyage, un chef d’expédition doit parler au roi. Pour lui donner du courage, un serviteur lui raconte une aventure qu’il a vécue : après un naufrage, il s’est retrouvé seul sur une île pleine de nourriture. Un immense serpent au corps orné d’or est alors apparu. Faut-il le craindre ? Ce conte nous vient de l’Égypte ancienne.

阅读提示: Ce récit contient un naufrage mortel, des menaces de mort, des sacrifices d’animaux et de l’esclavage. Ses notes évoquent aussi la mort d’enfants.

文本版本

Le Serviteur habile dit : « Que ton cœur soit rassuréSain soit ton cœur, mon chef, car voici, nous sommes arrivés au pays : on a pris le maillet, on a enfoncé le pieu, l’amarre a été fixée à terre. On a poussé des cris de joie, on a adoré le dieu516, chacun a embrassé son camarade, et la foule nous a crié : « Bienvenuemise à terre, on a poussé l’acclamation, on a adoré le dieu516, et chacun d’embrasser son camarade, et la foule de nous crier : « Bonne venue ! » Sans qu’il nous manque un seul soldat, nous avons atteint les confins du pays d’Ouaouaît. Nous sommes passés devant Sanmouît517. Et maintenant, nous voici revenus en paix : nous arrivons dans notre paysde nos soldats, nous avons atteint les extrémités du pays d’Ouaouaît, nous avons passé devant Sanmouît517, et nous, maintenant, nous voici revenus en paix, et notre pays nous y arrivons ! Écoute-moi, mon prince, car je n’exagère rien. Lave-toi, verse l’eau sur tes doigts, puis réponds quand on t’invitera à parler. Parle au roi de tout ton cœur et réponds sans te laisser troubler. Car si la bouche de l’homme le sauve, sa parole peut aussi lui fairetu seras invité à parler, parle au roi de tout ton cœur, réponds sans te déconcerter, car si la bouche de l’homme le sauve, sa parole lui fait voiler le visage518. Agis selon ce que te dicte ton cœur, et que tes paroles apaisentles mouvements de ton cœur, et que ce soit un apaisement ce que tu diras519.

« Or, je te raconterai une aventure semblable qui m’est arrivée à moi-même. J’allai aux mines du Souverain et pris laferai le conte d’une aventure semblable qui m’est arrivée à moi-même, lorsque j’allai aux mines du Souverain, et que je descendis en mer sur un navire long d’environ quatre-vingts mètres et large d’environ vingt mètres.de cent cinquante coudées de long sur quarante coudées de large.Explication : La note 520 de Maspero propose une coudée royale d’environ 52 centimètres. Avec cette hypothèse, 150 coudées sur 40 donnent environ 78 mètres sur 21, arrondis ici à 80 mètres sur 20 pour se représenter le navire. Il ne s’agit pas d’une valeur certaine pour toutes les coudées anciennes. Il portait cent cinquante matelots de l’élite du pays d’Égypte, qui avaient vu le ciel, qui avaient vu la terre, et qui étaient plus hardis de cœur que des lions520. Ils avaient conclu que le vent ne viendrait pas, qu’aucun désastre ne se produirait. Mais le vent éclata tandis que nous étions au large. Avant même que nous ayons atteintdécidé que le vent ne viendrait pas, que le désastre ne se produirait pas, mais le vent éclata tandis que nous étions au large, et, avant même que nous eussions joint la terre, la brise se renforça etfraîchit et elle souleva une vague d’environ quatre mètres.de huit coudées.Explication : Avec la coudée royale d’environ 52 centimètres proposée par Maspero dans la note 520, huit coudées représentent environ quatre mètres. Cet équivalent reste approximatif. J’arrachai une planche. Le navire, lui, sombra, et aucun des autres qui étaient à bord ne survécut.Une planche, je l’arrachai ; quant au navire il périt, et de ceux qui le montaient il n’en resta pas un seul. Moi, j’abordaiMoi donc, j’abordai à une île et ce fut grâce à une vagueun flot de mer. Je passai trois jours seul, sans autre compagnon que mon cœur. La nuit, je me couchai dans un creux d’arbre et j’embrassai l’ombre. Le jour,cœur, et la nuit je me couchai dans un creux d’arbre et j’embrassai l’ombre, puis le jour j’allongeai les jambes à la recherche de quoi mettre dans ma bouche. Je trouvai là des figues et du raisin, des poireaux magnifiques, des baies et des graines, des melons à volonté, des poissons, des oiseaux : on y trouvait de tout.; il n’y avait chose qui ne s’y trouvât. Donc, je me rassasiai, et je laissai à terre ce que mes mains portaient en trop. Jele superflu dont mes mains étaient chargées : je fabriquai un allume-feu, j’allumai un feu521, et je fis une offrande brûléeun holocausteExplication : Un holocauste désigne ici une offrande entièrement brûlée pour les dieux. aux dieux522.

« Voici que j’entendis une voix de tonnerretonnante, et je pensai : « C’est une vague de mer ! » Les arbres craquèrent, la terre trembla523, je découvris mon visage et reconnus un serpent qui venait vers moi.dévoilai ma face et je connus que c’était un serpent qui venait, Il était long d’environ seize mètres, avec une queue d’environ un mètre.long de trente coudées, avec une queue grande de deux coudées ;Explication : La note 520 de Maspero propose une coudée royale d’environ 52 centimètres. Avec cette hypothèse, trente coudées représentent environ seize mètres et deux coudées environ un mètre. Ces équivalents restent approximatifs. Sonson corps était incrusté d’or, ses deux sourcils étaient de véritable lapis-lazulilapis vraiExplication : Le lapis-lazuli est une pierre bleue. Lapis est son nom abrégé dans cette traduction., et il était plus parfait encore de côté que de face. Il ouvrit la bouche vers moi. Je restais à plat ventre devant lui. Ilcontre moi, tandis que je restais sur le ventre devant lui, il me dit : « Qui t’a amené, qui t’a amené, vassal, qui t’a amené ? Si tu tardes à me dire qui t’a amené dans cette île, je te ferai comprendre, en te réduisant en cendres, ce que signifieconnaître, réduit en cendres, ce que c’est que devenir invisible ». – « Tu me parles et je ne t’entends pas, je suis devant toi privé de mes senssans connaissance524 ». Puis il me prit dans sa bouche et me transporta chez lui. Il m’y déposa sans me faire de mal. J’étais sain et sauf et n’avais perdu aucun membre.bouche, il me transporta à son gîte et il m’y déposa sans que j’eusse du mal ; j’étais sain et sauf et rien de mes membres ne m’avait été enlevé.

Illustration

« Alors il ouvrit la bouche, tandis que je restais à plat ventre devant lui, etLors donc qu’il eut ouvert la bouche, tandis que je restais sur le ventre devant lui, voici qu’il me dit : « Qui t’a amené, qui t’a amené, vassal, en cette île de la mer dont les deux rives sont baignées par lesrives, sont baignées des flots525 ? » Je lui répondis, les mains pendantes devant lui526répondis ceci les mains pendantes devant lui526, et je lui dis : « J’allais aux mines, en mission du Souverain, sur un navire long d’environ quatre-vingts mètres et large d’environ vingt mètres. IlC’est moi qui descendais aux mines, en mission du Souverain, sur un navire de cent cinquante coudées de long sur quarante de large ; il portait cent cinquante matelots de l’élite du pays d’Égypte, qui avaient vu le ciel, qui avaient vu la terre, et qui étaient plus hardis de cœur que des lions. Ils avaient conclu que le vent ne viendrait pas, qu’aucun désastre ne se produirait. Chacun d’eux avait le cœur plus hardi et les bras plus forts que ses compagnons. Il n’y avait pasdécidé que le vent ne viendrait pas, que le désastre ne se produirait pas ; chacun d’eux était hardi de cœur et fort de bras plus que ses compagnons, et il n’y avait point de lâches parmi eux. Or, le vent éclata tandis que nous étions au large. Avant que nous ayons atteintOr le vent éclata tandis que nous étions au large, et avant que nous eussions joint la terre, la brise se renforça etfraîchit, elle souleva une vague d’environ quatre mètres.de huit coudées.Explication : Avec la coudée royale d’environ 52 centimètres proposée par Maspero dans la note 520, huit coudées représentent environ quatre mètres. Cet équivalent reste approximatif. J’arrachai une planche. Le navire, lui, sombra, et aucun de ceux qui étaient à bord ne survécut, sauf moi seul. Et maintenant,Une planche, je l’arrachai ; quant au navire, il périt, et de ceux qui le montaient, il n’en resta pas un excepté moi seul, et maintenant me voici près de toi. Moi, j’abordai cette île grâce à une vagueMoi donc j’abordai dans cette île et ce fut grâce à un flot de la mer ».

« Il me dit : « N’aie pas peur, n’aie pas peur, vassal, n’aie pas peur et ne laisse pas la tristesse paraître surNe crains pas, ne crains pas, vassal, ne crains pas et n’attriste pas ton visage ! Si tu es arrivé jusqu’à moi, c’est que Dieu a permis que tu vives. Il t’a amené sur cette Île du Double527, où l’on trouve de tout,arrives à moi, c’est que Dieu a permis que tu vécusses, et il t’a amené à cette Ile de Double527 où il n’y a chose qui ne se trouve, et qui est remplie de toutes les bonnes choses. Voici, les mois passeront jusqu’à ce que tu aies séjourné quatre mois dans cette île. Puis un navire viendra du pays avec des matelots que tu connais. Tutu passeras mois sur mois jusqu’à ce que tu aies séjourné quatre mois dans cette île, puis un navire viendra du pays avec des matelots que tu connais ; tu iras avec eux au pays et tu mourras dans ta ville528. C’est une joie de raconter ce qu’on a vécu, une fois les tristesses passées. Je te raconterai exactementjoie de raconter ce qu’on a goûté, passées les tristesses : je te ferai le conte exact de ce qu’il y a dans cette île. J’y suis avec mes frères et mes enfants, au milieu d’eux. Nous sommes soixante-quinze serpents, mes enfants et mes frères. Et je ne compte pas une jeune fille qui m’a été amenée par magied’eux : nous sommes au nombre de soixante-quinze serpents, mes enfants et mes frères, et encore je ne mentionne pas une jeune fille qui m’a été amenée par art magique529. Car une étoile tomba530. Ceux qui étaient dans le feu avec elle en sortirent, et la jeune fille apparut. Je n’étais pas avec les êtres de la flamme, je n’étais pas au milieu d’eux, sinon j’en serais mort. Mais je trouvai ensuite la jeune fille seule parmi les cadavres531.étant tombée530, ceux qui étaient dans le feu avec elle en sortirent, et la jeune fille parut, sans que je fusse avec les êtres de la flamme, sans que je fusse au milieu d’eux, sans quoi je serais mort de leur fait, mais je la trouvai ensuite parmi les cadavres, seule531. Si tu es brave et que ton cœur soit fort, tu serreras tes enfants sur ta poitrineton sein, tu embrasseras ta femme532, tu verras ta maison, ce qui vaut mieux que tout, tu atteindras le pays et tu y seras au milieu de tes frères ! » Alors je m’allongeai à plat ventre et touchai le sol devant lui. Jesur mon ventre, je touchai le sol devant lui, et je lui dis : « Je décrirai tes âmes533 au Souverain et lui ferai connaître ta grandeur. JeSouverain, je lui ferai savoir ta grandeur, et je te ferai porter du fard, du parfum d’acclamation534, de la pommade, de la casse, de l’encens des temples, qui permettent de gagnerdont on se gagne la faveur de tout dieu. Je raconterai ensuite ce qui m’est arrivé et ce que j’ai vu grâce à tes âmes. On t’adorera dans ta ville, en présence des notables de la Terre-Entière.conterai ensuite ce qui m’est arrivé et ce que j’ai vu par tes âmes, et on t’adorera dans ta ville en présence des prud’hommes de la Terre-Entière : Je sacrifierai pour toi des taureaux, puis les brûlerai en offrande. Je te sacrifierai aussi des oiseaux etj’égorgerai pour toi des taureaux pour les passer au feu, j’étranglerai pour toi des oiseaux, et jeExplication : Taureaux et oiseaux restent sacrifiés, et les taureaux restent brûlés en offrande. Les méthodes d’égorgement et d’étranglement sont adoucies pour les enfants dans le modernisé. te ferai amener des navires chargés de toutes les richesses de l’Égypte, comme on fait à un dieu, ami des hommes dans un pays lointain que les hommes ne connaissent paspoint ». Il rit de moi à cause de mes paroles. Et, selonpour ce que je disais, et à cause de ce qu’il avait dans son cœur, il me dit : « N’as-tu pas ici, sous tes yeux, beaucoup de myrrhe ? Et tout ce qui se trouve ici, c’est de l’encens. Car moi, je suis le souverain du pays de Pouanît535 et j’ai de la myrrhe. Seul ce parfum d’acclamation que tu parles de m’envoyer n’est pas abondant surici sous tes yeux beaucoup de myrrhe, et tout ce qu’il y a ici c’est de l’encens ; car, moi, je suis le souverain du pays de Pouanît535, et j’ai de la myrrhe ; seul, ce parfum d’acclamation que tu parles de m’envoyer, il n’est pas abondant en cette île. Mais dès que tu te seras éloigné de cet endroit, tu ne reverras plus jamais cette île : elleil adviendra que, sitôt éloigné de cette place, plus jamais tu ne reverras cette île, qui se transformera en flots536 ».

« Et voilà, le navire arriva comme il l’avait prédit. Je grimpai donc sur un grand arbre et reconnus ceux qui étaient à bordvint ainsi qu’il avait prédit d’avance ; j’allai donc, je me juchai sur un arbre élevé et je reconnus ceux qui y étaient537. J’allai ensuite lui annoncer cette nouvelle, mais je m’aperçus qu’il la savait déjà. Ilcommuniquer cette nouvelle, mais je trouvai qu’il la savait déjà, car il me dit : « Bonne chance, bonne chance, vassal, sur le chemin de ta demeure ! Revois tes enfants, et que ton nom soit respecté dans ta ville. Voilàvers ta demeure, vois tes enfants et que ton nom soit bon dans ta ville ; voilà mes souhaits pour toi ! » Alors je m’allongeai à plat ventre, les mains pendantes devant lui. IlLors je m’allongeai sur le ventre, les mains pendantes devant lui, et lui, il me donna des cadeaux de myrrhe, de parfum d’acclamation, de pommade, de casse, de poivre, de fard, de poudre d’antimoine, de cyprès, une quantité d’encens, de queues d’hippopotames, de dents d’éléphants, de lévriers, de babouinscynocéphalesExplication : Cynocéphale est ici un ancien nom du babouin. Le remplacement permet d’identifier l’animal sans lui attribuer une espèce précise., de girafes, de toutes les richesses excellentes538. « Je chargeai le tout sur ce navire, puis je m’étendis à platsur le ventre et j’adorai le serpent. Il me dit : « Voici que tu arriveras au pays, en deux mois, tu serreras tes enfants sur ta poitrinepresseras tes enfants sur ton sein et, par la suite, tu iras te rajeunir dans ton tombeau ». Et voici, je descendis sur le rivage, là où était le navire, et j’appelai les soldats qui étaient à bord.au rivage à l’endroit où était ce navire et j’appelai les soldats qui se trouvaient dans ce navire. Sur le rivage, je remerciai leJe rendis des actions de grâces sur le rivage au maître de cette île, et ceux du navire en firent autant.

« Nous revînmes au Nord, à la résidence du Souverain. Nous arrivâmes au palais le deuxième mois, comme le serpent l’avait annoncé.Souverain, nous arrivâmes au palais le deuxième mois, conformément à tout ce que le serpent avait dit. Je me présentai devant le Souverain et lui offris les cadeaux rapportés de cette île. Il m’adora en présence des notablesJ’entrai devant le Souverain et je lui présentai ces cadeaux que j’avais apportés de cette île, et il m’adora en présence des prud’hommes de la Terre-Entière. Voici qu’on fit de moi un serviteur et qu’on me récompensa parque j’eus comme récompense de beaux esclaves. Regarde-moi, maintenant que j’ai rejoint la terre d’Égypte, après avoir vu et vécuAbaisse ton regard sur moi, maintenant que j’ai rejoint la terre d’Égypte ; après que j’ai vu et que j’ai goûté ces épreuves. Écoute-moi, car voici, il est bon pour les hommes d’écouter539.aux hommes d’écouter539 » Le prince me dit : « Ne fais pas le malin, mon ami ! Qui donc donne de l’eau à une oie la veille du jour où on doit l’égorger ? » – C’est fini, du commencement jusqu’à la fin, tel qu’on l’a trouvé par écrit. Celui qui l’a écrit estainsi qu’il a été trouvé en écrit. Qui l’a écrit, c’est le scribe aux doigts habiles Amâouni-Amanâou, vie, santé, force.v. s. f.Explication : L’abréviation développe le souhait ancien « vie, santé, force ».


Notes de bas de page

516. Cf. Maspero, Note sur le Conte du Naufragé, dans le Recueil de Travaux, t. XXIX p. 106-108.

517. Le pays d'Ouaouaît est la partie de la Nubie située au-delàau delà de la seconde cataracte, une zone de rapides du Nilcataracte ; Sanmouît est le nom donné par les monumentsque les monuments attribuent à l’île de Bigéh, en face de Philæ, à l'entrée de la première cataracte. Ce passage semble indiquerIl semble résulter de ce passage que le marin égyptien se vantait d'avoir atteint la frontière méridionale de l'Égypte, en passant de la Mer Rouge dans le Nil (cf. Introduction, V).

518. C'est ici, je crois, une allusion à l'usage de couvrir la face des criminels qu'on emmène au supplice. L'ordre : « Qu'on lui couvre la face » équivaut à une condamnation.

519. En d’autres termes, que son discours soit construit pour apaiser la colère du roi et obtenir l’acquittementconçu de telle sorte qu'il apaise la colère du roi et qu'il entraîne l'acquittement du Naufragé.

520. Si l'on admet qu'il s'agit ici de la coudée royale d’environ 52 centimètresde 0 m. 52, le navire aurait mesuré environ 78 mètres de longueur sur 21 de largeur. Même en tenant compte du fait que les barques égyptiennes étaient très larges, ces dimensions restentlargeur, ce qui, même en tenant compte de ce fait que les barques égyptiennes étaient fort larges, nous donne encore des dimensions exagérées. Les navires de la reine Hâtshopsouîtou, construits pour la course, ne dépassaient pas 22 mètres de longueur et ils devaient porter à peu près cinquante hommes d'équipage (Maspero, De quelques navigations des Égyptiens, p. 11, 16-17). Le navire de notre conte appartient donc par sa taille et par le nombre de ses matelots, à la classe des vaisseaux invraisemblables dont on trouve tant d'exemples dans les littératures populaires de tous les pays.

521. Ungnad, der Feuerbohner, dans la Zeitschrift, 1906, t. XLIII, p. 161-162.

522. L'apparition du maître de l’île se produit aussitôt après que le feu est allumé : les invocations ne produisent leur effet que si l’onfournissent leur effet que si on brûle un parfum ou une substance quelconque, préparée selon les règles. Peut-être faut-il comprendre dansen ce sens le passage où Golénicheff ne voit que la mention d'un sacrifice, et considérer la cérémonie indiquée dans le texte comme une véritable évocation ; peut-être faut-il simplementnous borner à admettre que, parmi les plantes dont le naufragé se servit pour allumer le feu de son sacrifice, quelques-unes attirèrent le génie de l’île, sans qu’il ait lui-même voulu accomplirdans la masse des plantes dont le naufragé se servit pour allumer le feu de son sacrifice, il s'en trouva quelques-unes qui exercèrent une action d'appel sur le génie de l'île, sans que lui-même il eût l'intention d'accomplir un rite magique.

523. Sur cette arrivée tonitruante du roi de l'île, cf. le commentaire de Golénicheff (Le Papyrus n° 1115, dans le Recueil, t. XXVIII, p. 93-95.)

524. Le Naufragé prend ici la parole brusquement, pour s’excuser de ne pas répondre à l’ordre du serpent : la frayeur l’a privé de ses sens et il n’entend pas ce qu’ons'excuser de ne pas répondre à la sommation que le serpent vient de lui faire : l'effroi lui a enlevé l'usage de ses sens et il n'entend pas ce qu'on lui dit ; cf. un passage analogue dans les Mémoires de Sinouhît.

525. Sethe (Bemerkungen zur Geschichte des Schiffbrüchigen, dans la Zeitschrift, 1908, t. XLIV, p. 83-84) propose de reconnaître une île flottante dansdans une île flottante « cette île de la mer dont la moitié devient le flot ».

526. C'est la posture dans laquelle les monuments nous représentent les personnes qui supplient ou celles de rang inférieur devant leursuppliants ou les inférieurs devant le maître.

527. Le double est l’âme égyptienne : l’Île du Double est donc habitée par les âmes bienheureuses. C’est une de ces îles heureuses dont j’ai parlé dans l’Introductionl'âme égyptienne : l'île de Double est donc une île habitée par les âmes bienheureuses, une de ces îles fortunées dont j'ai parlé dans l'Introduction (chapitre V). Golénicheff refuse de donner au terme ka un autre sens que celui d’esprit ou dese refuse à reconnaître dans le terme ka autre chose qu'un sens esprit, génie, et il traduit « cette île du génie, cette île enchantée » (Le Papyrus n° 1115, dans le Recueil, t. XXVIII, p. 98). Erman préfère y reconnaître le mot kaou, « vivres, provisions, » et traduire « cette île des vivres » (die Geschichte des Schiffbrüchigen, dans la Zeitschrift, 1906, t. XLIII, p. 1).

528. Golénicheff pense pouvoir déduire de ce passage qu’à l’époquela conclusion qu'au temps où notre conte fut écrit, il y avait entre l'Égypte et le pays de Pouanît des liaisons régulières. Selon lui, un navire égyptien amenait au pays de Pouanît des expéditions commerciales trois fois par an.communications régulières qui étaient entretenues par un navire égyptien amenant au pays de Pouanît trois fois par an des expéditions de commerce. C’est à ce navire, sans doute bien connu de ses concitoyens, que le narrateur égyptien fait allusion. Et c’estC'est à ce navire sans doute bien connu de ses concitoyens que le narrateur égyptien fait allusion, et très probablement le retour périodique de ce navire que notre héros est censé « attendre » (Le Papyrus n° 1115, dans le Recueil, t. XXVIII, p. 96). C’est tout à fait possible, mais je pense qu’étant donné la nature merveilleuse du récit, il vaut mieux admettre ici un de ces cas où l’avenir est connu à l’avanceIl est fort possible, mais je pense qu’étant donné la nature merveilleuse du récit, il vaut mieux admettre ici un de ces cas de prescience que j'ai signalés plus haut, dans Le conte des deux frères.

529. Golénicheff a supposé, avec grande raison, que l’épisode de la jeune fille est une version très abrégée et devenue difficile à comprendre d’un autre contesupposé avec grand raison, que l'épisode de la jeune fille est une rédaction très écourtée et devenue peu intelligible d'un conte différent où elle jouait le rôle principal (le Papyrus n° 1115,.dans le Recueil, t. XXVIII, p. 100). Cette hypothèse a été adoptée par Erman (die Geschichte des Schiffbrüchigen dans la Zeitschrift, 1906, t. XLIII, p. 106,107).

530. C'est la seule mention d'une étoile filante qu'on ait rencontrée jusqu’alorsjusqu'à présentExplication : Jusqu’alors situe cette affirmation dans la note de Maspero publiée en 1911. La modernisation ne la présente pas comme un état actuel des découvertes et ne réécrit pas le commentaire savant. dans les textes ; elle montre quelle idée les Égyptiens se faisaient de ce phénomène. Ils considéraient l’étoilela masse comme habitée de génies qui en sortaient au choc et qui se dévoraient de leurs propres flammes. L’exemple de la jeune fille semble indiquer qu’on croyait que certains de ces génies pouvaient survivre et s’adapter àflammes ; l’exemple de la jeune fille semble indiquer qu'on croyait que certains de ces génies pouvaient survivre et s'acclimater sur notre terre. Golénicheff rapproche de cet épisode la légende arabe de l’île brûlée, située dans la mer des Zendjes, et qui, tous les trente ans environ, est incendiée par une comète malfaisante (Le Papyrus n° 1115, dans le Recueil, t. XXVIII, p. 101, 102.)

531. Le texte est si bref qu’il manque de clartén'est pas clair dans sa concision et diverses interprétations en ont été proposées, surtout par Sethe (Bemerkungen, dans la Zeitschrift, t. XLIV, p. 84-85) et par Gardiner (Notes, dans la Zeitschrift, t. XLV, p. 65). Golénicheff pense que la jeune fille n'existait plus au moment où le serpent raconte sa naissance : elle aurait été réduite en cendres par la flamme de l'étoile filante (le Papyrus n° 1115, dans le Recueil, t. XXVIII, p. 101). Il me semble, au contraire, qu’elle vit encore. Selon moi, le serpent s’excuse de ne pas pouvoir expliquer comment elle est née : il n’a pu approcher de l’endroit où l’étoile est tombée qu’après l’extinction de l’incendie qu’elle avait allumé. Il a trouvé la fille seule parmi les cadavres, sans avoir vu de ses propres yeux comment elle étaitqu'elle vit encore, mais que le serpent s'excuse de ne pouvoir pas expliquer comment elle est née : il n'a pu approcher de l'endroit où l'étoile est tombée qu'après que l'incendie qu'elle avait allumé se fut éteint, et il a trouvé la fille seule parmi les cadavres, sans qu'il ait vu de ses propres yeux la manière de sa venue au monde.

532. Le texte dit : « Tu flaireras ta femme ». Les bas-reliefs (Guide to the Cairo museum, 5e édit. anglaise, 1910, p. 88) nous montrent le geste qui remplaçait le baiser chez les Égyptiens : le roi et le dieu ou la déesse se mettent nez contre nez et aspirent l'haleine l'un de l'autre.

533. Les dieux et les rois d'Égypte avaient plusieurs âmes, sept, disait-on : le Naufragé traite le serpent en divinité égyptienne et il lui parle de ses âmes pour le flatter. Chaque âme correspondait à une qualité ou à un sens. Décrire les âmes d’un personnage, c’était donc faire son portrait physique etChacune des âmes répondant à une qualité ou à un sens, décrire les âmes d'un personnage c'était tracer son portrait au physique et au moral.

534. Le parfum d'acclamation, HAKANOU, était l'une des sept huiles prescrites par les ritescanoniques que l'on offrait aux dieux et aux morts pendant le sacrifice. La composition n'en est pas connue : le nom vient probablement des invocations qui en accompagnaient la fabrication ou la présentation.

535. Pouanît est le nom des contrées situées au sud-est de l'Égypte, d'abord à la hauteur de Saouakin et de Massouah, puis, par la suite, sur les deux rives du Bab-el-Mandeb, au pays des Somalis et dans l'Yémen. C'est de là que les Égyptiens ont tiré dès les temps anciens les parfums les plus appréciés pour leurde bonne heure les plus estimés des parfums qu'ils employaient au culte.

536. C’est le refus tout naturel que le serpent oppose à la proposition du Naufragé. Même si les présents lui plaisaient, il ne pourrait pas les accepter : comme l’île va disparaître, les messagers venus d’ÉgypteC'est la fin de recevoir toute naturelle que le serpent oppose à la proposition du Naufragé : quand même les présents seraient à son goût il ne pourrait les accepter, car, l'île disparaissant, les messagers venant de l'Égypte ne la retrouveraient pas.

537. Évidemment le conteur comprenait que les matelots étaient ceux-là mêmesmême avec lesquels le conteur était parti d'Égypte et qui avaient péri au moment du naufrage. C'est un miracle de plus, dont il n'y a pas lieu de s'étonner dans un récit aussi merveilleux ; nous verrons d'ailleurs, plus loin, au premier conte de Satni (L’aventure de Satni-Khâmoîs avec les momies), que les enfants du héros mis à mortégorgés et jetés en pâture aux chiens,Explication : Les enfants du héros restent mis à mort et reparaissent vivants dans la note de Maspero. Les méthodes de leur mise à mort et le détail de leur corps donné aux chiens sont omis pour les enfants dans la version modernisée. reparaissent vivants à Memphis.

538. Aussi étrange qu’elle nous paraisse, cette liste estL'énumération, pour étrange qu'elle nous paraisse, n'a rien que de parfaitement authentique. On la retrouve presque la même, à mille ans et plus d'intervalle, sur le monument où la reine Hâtshopsouîtou de la XVIIIe dynastie fit représenter le voyage de découverte entrepris par une flotte qu’elle avait envoyéedécouverte, qu'une escadre, envoyée par elle, entreprit au pays de Pouanît. Par malheur, la plupart des substances ne nous sont pas connues, et nous pouvons seulement transcrire les noms anciens ou, au mieux, proposer des hypothèses sur le sens dene pouvons que transcrire les noms anciens ou tout au moins émettre des conjectures sur la valeur qu'il convient de donner à chaque terme.

539. Ici s’arrêtes'arrête le discours que le scribe prononçait pour donner du courage à son héros. Celui-ci, qui paraît ne pas avoir confiance dans le sort qui l'attend, lui répond par un proverbe applicable à sa position.

小测验

第 1 题,共 3 题

Avec quoi fabriquait-on le papyrus ?