继续上次的阅读?

已为此文本保存了阅读位置。

奇妙的变身家庭故事女巫与巫师

La petite Cane blanche

Pendant l’absence du prince, une sorcière transforme sa jeune épouse en cane blanche et prend sa place au palais. Réfugiée au bord de l’eau, la princesse élève ses trois petits, mais le danger rôde toujours.

文本版本

Un robuste et puissant prince s’était marié à une charmante princesse. Il n’avait pas encore eu le temps de la contempler, de lui parler, de l’écouter autant qu’il le voulaitde l’entendre à son gré, que déjà il dutque déjà il lui fallut se séparer d’elle.

Illustration

Il devait partir à cheval pour une lointaine expédition militaireune lointaine campagne, et laisser sa femme aux soins d’autres personnesabandonner sa femme à des mains étrangères. La princesse pleura beaucoup et le prince lui fit de sages recommandations. Il lui défendit ; il lui défendit de quitter son terem, à l’étageson haut terem, de fréquenter de méchantes gens, d’écouter de vilains propos, de se fier à des femmes inconnues. La princesse promit tout. Le prince partit, et elle s’enferma dans son paisible appartement. La voilà assise ; jamais elle ne sort.

Illustration

Quelque temps plus tardA quelque temps de là, la princesse était dans le terem à sa fenêtre, et fondait en larmes, lorsque s’approche une étrangère. À la voirA la voir, elle est tout à fait bonne, compatissante. Le coude appuyé sur sa béquille, la main sous le menton, elle dit à la princesse d’une voix douce et insinuante :

— Qu’as-tu, ma petite princesse, à être toujours triste ? Si tu sortais de ton terem pour jeter un regard sur le monde de Dieu, faire quelques pas à travers ton jardinet, ton jardin verdoyant, pour chasser la mélancolie…

Longtemps la princesse résista, refusant de suivrese refusant à suivre les conseils de cette femme ; mais, à la fin, elle se dit :

— Faire un tour dans le jardin n’est pas un si grand mal ; si je sortais une petite fois.

Hélas ! elle ne savait pas que cette vieille était une sorcière, qui, jalouse de son bonheur, était venue pour causer sa pertepour la perdre.

Elle suivit cette femme dans le jardin, et se laissa aller à écouter ses paroles trompeuses et insinuantesses discours artificieux et insinuants. Or, dans le jardin, au pied de la montagne, jaillissait une source de cristal.

— Que la journée est chaude ! que le soleil est brûlantque le soleil est ardent ! dit la petite vieille. L’eau est légèrement froide ! Il s’en dégage de la fraîcheur ; si nous y descendions, à cette place ?

— Ah ! non, non ! je ne veux pas, dit la princesse, tout en se disanttout en pensant en elle-même : et pourquoi pas ? y descendre n’est pas un si grand mal !

Elle ôta son joli saraphane1 et, d’un saut, fut dans l’eau. À peine eut-elleA peine eut-elle plongé que la sorcière la toucha dans le dos.

— Nage, dit-elle, sous la forme d’une blanche cane.

Puis elle se déguisa avec la robe de sa victime, arrangea sa tenue, se maquillas’ajusta, se farda, et s’assit à la place de la princesse dans le terem pour attendre le prince.

Au premier jappement du petit chien, au premier tintement de la sonnette, elle court à la rencontre du prince, lui saute au cou, l’embrasse, le caresse. Le prince était si heureux qu’il fut le premier à lui tendre les mains. Il ne s’aperçut pas qu’il n’avait pas devant lui sa femme, mais une cruelle sorcière.Telle était la joie du prince, qu’il fut le premier à lui tendre les mains et ne s’aperçut pas qu’il n’avait pas devant lui sa femme, mais une cruelle sorcière.

Cependant la blanche cane, vivant dans le clair ruisseaudemeurant dans le clair ruisseau, pondit de petits œufs, d’où éclorent des canetons, dont deux gentils et un tout chétifdont deux gentils et un avorton, et ses canetons grandirent. Elle les éleva. Ils se mirentElle les éleva ; ils se mirent à parcourir la petite rivière, à attraper les petits poissons dorésle fretin doré, à ramasser de petits chiffons, à se coudre de petits caftans2, à sauter hors de l’eau sur la rive, à risquer un regardà hasarder un regard sur la clairière. La mère leur disait :

— N’y allez pas, mes petits enfantsmes enfançons ! Là-bas est une cruelle sorcière : elle a causé ma perte, et elle causera aussi la vôtreelle m’a perdue, et vous aussi elle vous perdra !

Les enfants ne se souciaient pas des conseils de leur mèreLes enfants ne prenaient souci des conseils maternels. Aujourd’hui, c’est ; aujourd’hui c’est un petit jeu sur l’herbe finel’herbe menue de la rive, demain c’est une escapade plus aventureuseune escapade plus aventurée sur le vert gazon. Toujours plus loin, toujours plus fort : ; toujours plus loin, toujours plus fort ; en peu de tempsen quelque temps les voilà montés dans la cour du princela cour princière.

Illustration

La sorcière les reconnaît au flair, grince des dents de colèrede colère grince des dents. Feignant une grande tendresseContre-faisant une grande tendresse, elle les appelle dans son appartement, leur donne à manger, à boire, et les fait coucher.

Elle ordonne ensuite à ses serviteursà ses gens de préparer de grands feux dans la cour, de suspendre au-dessus des chaudrons et d’aiguiser les couteaux.

Une fois couchés, les deux frères s’assoupissent. MaisUne fois couchés, les deux frères s’assoupissent, mais le petit chétifle petit avorton, que la mère leur avait ordonné de porter sous l’aile pour qu’il ne soit pas glacé de froidpour qu’il ne fût pas glacé de froid, le petit chétifl’avorton, lui, ne dort pas, écoute tout, voit tout.

La nuit, la sorcière vient près de la porte et demande :

— Dormez-vous, enfants, oui ou non ?

Le petit chétifL’avorton répond pour ses frères :

— Nous dormons sans dormir et songeons qu’on veut nous couper en quartiers, car on installe des bûchers de bois tendredes bûchers d’aubier, on suspend des chaudrons bouillants, et on aiguise des couteaux d’acier.

— Ils ne dorment pas ! pense la sorcière.

Elle s’éloigne, fait quelques tours, puis revient près de la porte.

— Dormez-vous, enfants, oui ou non ?

Le petit chétifL’avorton de nouveau, à la place de ses frères, crie de sous l’oreillerde dessous l’oreiller :

— Nous dormons sans dormir, nous songeons à une chose, c’est qu’on veut nous couper en quartiers, qu’on installe des bûchers de bois tendrequ’on pose des bûchers d’aubier, qu’on suspend des chaudrons bouillants, qu’on aiguise des couteaux d’acier.

— Eh ! quoi ! Toujours la même voix, pense la sorcière. Si je regardais !

Elle ouvre la porte doucement, doucement, et voit les deux frères qui dorment d’un profond sommeil… Et elle les fait périr.

À l’aubeA l’aube, la blanche cane appelle, cherche ses petits enfants ; ils ne viennent pas à l’appel ses petits enfants chéris. Son cœur pressent un malheur ; elle secoue ses plumes, s’envole et va planer sur la cour du palais.

Dans la cour du palais, blancs comme de petits mouchoirs, froids comme de petits poissons, gisent les frères côte à côte. La cane se précipite, se jette sur eux, étend ses ailes maternelles, étreint ses pauvres petits enfantsses pauvres enfantelets, et d’une voix de cristal gémit :

Coin-coin, mes doux petits enfantsmes doux enfançons !
Coin-coin, mes petits pigeons !
Vous êtes nés dans l’alarmeVous êtes nés dans les alarmes,
Abreuvés de mes larmes.
J’ai passé des nuits sans fermer les yeux,
J’ai passé des jours au chevet soyeux
De votre couchette
Douillette,
Oubliant pour vous
Les mets les plus doux.

Le prince entendit cette complainte, il appela à lui la sorcière et dit :

— Femme, entends-tu quel prodige ?

C’est une illusion de ton imaginationC’est un fantôme de ton imagination ! Eh ! serviteurs, ordonnez de chasser la cane hors de la cour.

On se met à la chasser, elle fuit en tournoyant et s’adresse de nouveau aux enfantselle fuit en tournoyant et de nouveau s’adressant aux enfants :

Coin-coin, mes doux petits enfantsmes doux enfançons !
Coin-coin, mes petits pigeons !
Une vieille sorcière
Vous a reconnus
Et vous a perdus.
C’est un vrai serpent caché sous la pierre
Que cette sorcière,
Un serpent hideux,
Serpent venimeux.
Elle a perdu votre cher père,
Ô mon époux chériO mon époux chéri ! —
Nous a plongés dans la rivière,
Eau vive de ce bord fleuri,
Et tandis qu’elle trône, — oh ! cette hardiesse ! —
En princesse,
Elle a fait de nous des canetons blancs,
Et pour palais nous donne les étangs.

Le prince pressent quelque maléfice et s’écrie :

— Attrapez-moi la cane blanche !

Tous se précipitent pour exécuter son ordre, mais la cane blanche vole en tournoyant et ne se laisse prendre par personnene se livre à personne.

Enfin le prince sort lui-même sur le perron, et la cane s’abat dans ses mains. Le prince la prend avec précaution par les ailes et dit :

Deviens un blanc bouleau derrière moi et, devant moi, une jeune femme au teint rose.Deviens blanc bouleau derrière moi et devant moi rose jeune femme.

Et la blanche cane redevient comme avantcomme devant une jolie princesse.

Elle indiqua comment on pourrait trouver dans un nid de pie un petit flaconatteindre dans un nid de pie une ampoule contenant de l’eau qui rend la vie, de l’eau qui rend la parole. Elle aspergea les enfants avec la première : ils s’animèrent. Elle les aspergea avec la seconde ; elle les aspergea avec la seconde : ils parlèrent. Le prince retrouva ainsi du même coup toute sa famille saine et sauve, et tous ne pensèrent plus qu’à poursuivre leur vie et à oublier le malheur passé.

Quant à la sorcière, sur l’ordre du prince, elle fut attachée à la queue d’un cheval et traînée ici et làde ci de là à travers la rase campagne. Sa chair, les oiseaux de proie la déchirèrent à coups de becla becquetèrent en tous sens, et il ne resta d’elle ni trace ni souvenirni trace ni mémoire.

Illustration

1 Robe des femmes russes.

2 Sorte de vêtement ajusté sans manchesSorte de justaucorps sans manches.

小测验

第 1 题,共 5 题

Dans les anciennes maisons russes, que désignait le terem ?