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小小英雄会说话的动物旅行与冒险

Poucette

Poucette est une petite fille née au cœur d’une fleur. Pas plus haute qu’un pouce, elle dort dans une coquille de noix. Mais le monde est immense pour elle ! Lorsqu’un crapaud l’emporte, elle commence un voyage parmi des animaux qui veulent tous décider de sa vie. Dans ce conte d’Andersen, une toute petite héroïne cherche du soleil, des amis et un endroit où elle pourra vivre à sa façon.

《抒情小品》作品43——蝴蝶

Edvard Grieg
文本版本

Il y avait une fois une femme qui aurait bien voulu avoir un tout petit enfant, mais elle ne savait pas du tout comment en avoir unelle ne savait pas du tout comment elle pourrait se le procurer ; elle alla donc trouver une vieille sorcière, et lui dit :

— J’aimerais beaucoup avoir un petit enfant. Peux-tu me dire où je pourrais en trouver unJ’aurais grande envie d’avoir un petit enfant, ne veux-tu pas me dire où je pourrai m’en procurer un ?

— Oui, nous allons bien y arriver !— Si, nous allons bien en venir à bout ! dit la sorcière. Tiens, voilà un grain d’orge, il n’est pas du tout de l’espèce qui pousse dans le champ du paysan, ou qu’on donne à manger aux poules, mets-le dans un pot, et tu verras !

— Merci, dit la femme, et elle donna douze pièces de monnaiedouze skillings à la sorcière, rentra chez elle, planta le grain d’orge, et aussitôt poussa une grande fleur superbe qui ressemblait tout à fait à une tulipe, mais les pétales se refermaient, serrés comme si elle était encore en boutoncomme si elle était encore bouton.

C’est une belle fleur, dit la femme, et elle l’embrassa sur les beaux pétales rouges et jaunes, mais au moment même de ce baiser, la fleur s’ouvrit avec un grand bruit d’explosion. C’était vraiment une tulipe, comme on le vit alorsainsi qu’il apparut alors, mais au milieu d’elle, assise sur le siège vert, était une toute petite fille, mignonne et gentille, qui n’était pas plus haute qu’un pouce, soit environ deux centimètres et demin’était pas plus haute qu’un pouce, et qui, pour cette raison, fut appelée Poucette.

Elle eut pour berceau une coque de noix vernie, pour matelas des pétales bleus de violettes et pour couverture des pétales de roses. C’est là qu’elle dormait la nuit. Le jour, elle jouait sur la table,Elle eut pour berceau une coque de noix laquée, des pétales bleus de violettes furent ses matelas, et des pétales de roses son édredon ; c’est là qu’elle dormit la nuit, et le jour elle jouait sur la table, où la femme avait posé une assiette entourée d’une couronne de fleurs dont les tiges trempaient dans l’eau ; un grand pétale de tulipe y flottait, où Poucette pouvait se tenir et naviguer d’un bord à l’autre de l’assiette ; elle avait pour ramer deux crins de cheval blanc. C’était charmant. Et elle savait aussi chanter, et son chant était doux et charmant, comme on n’en avait jamais entendu icison chant était doux et gentil, tel qu’on n’avait jamais entendu le pareil ici.

Une nuit qu’elle était couchée dans son délicieux lit, arriva une vilaine grenouille qui sauta par la fenêtre ; il y avait un carreau cassé. La grenouille était laide, grosse et mouillée, elle sauta sur la table où Poucette était couchée et dormait sous la couverture de pétales de roses rougesl’édredon de feuilles de roses rouges.

Ce serait une femme parfaite pour mon fils ! se dit la grenouille, et elle s’empara de la coque de noix où Poucette dormait, et, à travers le carreau, sauta dans le jardin avec elle.

Tout près de là coulait un grand et large ruisseau ; mais ses berges étaient boueuses et marécageusesle bord en était bourbeux et marécageux ; c’est là qu’habitait la grenouille avec son fils. Hou ! Lui aussi était laid et vilain, il ressemblait tout à fait à sa mère; koax, koax, brékékékex ! c’est tout ce qu’il sut dire quand il vit la jolie fille dans la coque de noix.

— Ne parle pas si fortNe parle pas si haut, tu vas la réveiller ! dit la vieille grenouille, elle pourrait encore nous échapper, car elle est légère comme du duvet de cygnelégère comme duvet de cygne ; nous la mettrons sur une des larges feuilles de nénuphar, ce sera pour elle, si petite et légère, comme une île ; de là, elle ne pourra pas s’enfuir, pendant que nous préparerons la belle chambre, sous la vase, où vous habiterez.

Dans le ruisseau poussaient beaucoup de nénuphars dont les larges feuilles vertes semblaient flotter à la surface de l’eau ; la feuille la plus éloignée était aussi la plus grande de toutes ; c’est là que la vieille grenouille nagea et plaça la coque de noix avec Poucette.

La pauvre petite mignonne se réveilla de très bonne heure le matin, et lorsqu’elle vit où elle était, elle se mit à pleurer amèrement, car il y avait de l’eau de tous les côtés autour de la grande feuille verte, elle ne pouvait pas du tout aller à terre.

La vieille grenouille était au fond de la vase et ornait la chambre avec des roseaux et des boutons jaunes de nénuphars, — il fallait que tout soit très élégant pour sa nouvelle belle-filleil fallait que ce fût tout à fait élégant pour la nouvelle bru, — et avec son vilain fils elle nagea vers la feuille où était Poucette afin de prendre à eux deux le beau lit, et l’installer dans la chambre de la mariée avant son arrivéedans la chambre de l’épousée, avant qu’elle y vînt elle-même. La vieille grenouille s’inclina profondément dans l’eau devant elle, et dit :

— Voilà mon fils, il sera ton mari, et vous aurez un délicieux logement au fond de la vase.

— Koax ! koax ! brékékékex ! C’est tout ce que le fils put dire.

Et ils prirent le gentil petit lit et partirent avec à la nage, et Poucette resta toute seule et pleura sur la feuille verte, car elle ne voulait pas demeurer chez la vilaine grenouille, ni avoir son fils si laid pour mari. Les petits poissons qui nageaient dans l’eau avaient bien vu la grenouille et entendu ce qu’elle avait dit, et ils sortirent la tête de l’eau, ils voulaient voir la petite fille. Aussitôt qu’ils l’eurent vue, ils la trouvèrent charmante, et ils furent tristes à l’idée qu’elle doive descendrecela leur fit de la peine qu’elle dût descendre chez la vilaine grenouille. Non, il ne le fallait pas. Ils se rassemblèrent sous l’eauIls s’assemblèrent sous l’eau tout autour de la tige qui tenait la feuille, et mordillèrent la tige, si bien que la feuille descendit le cours du ruisseau, emportant Poucette loin, très loin, où la grenouille ne pouvait pas aller.

Poucette navigua, passa devant beaucoup d’endroits, et les petits oiseaux perchés sur les arbustes la voyaient et chantaient : quelle gentille demoiselle ! La feuille, avec elle, s’éloigna de plus en plus; c’est ainsi que Poucette partit pour l’étranger.

Un joli petit papillon blanc ne cessait de voler autour d’elle, et finit par se poser sur la feuille, car Poucette lui plaisait, et elle était bien contente, car la grenouille ne pouvait plus l’atteindre, et le lieu où elle naviguait était très agréable ; le soleil luisait sur l’eau, c’était comme de l’or magnifique. Et elle défit sa ceinture, en attacha un bout au papillon, et fixa l’autre bout dans la feuille, et ainsi la feuille avança beaucoup plus vite, et Poucette aussi, puisqu’elle était dessusla feuille prit une course beaucoup plus rapide, et elle avec, puisqu’elle était dessus.

À ce momentA ce moment arriva en volant un grand hanneton, il l’aperçut, et aussitôt saisit dans ses pinces la taille toute mincela taille grêle de la petite, qu’il emporta dans un arbre, mais la feuille verte continua de descendre le courant, et le papillon de voler avec, car il était attaché à la feuille, et ne pouvait pas s’en libérer.

Dieu, comme Poucette fut effrayée lorsque le hanneton s’envola dans l’arbre avec elle, mais surtout elle fut chagrinée pour le beau papillon blanc qu’elle avait attaché à la feuille : s’il ne parvenait pas à se libérer, il allait mourir de faim. Mais c’était bien égal au hanneton. Avec elle il se plaça sur la plus grande feuille verte de l’arbre, lui donna le pollen des fleurs à manger, et lui dit qu’elle était très gentille, même si elle ne ressemblait pas du toutbien qu’elle ne ressemblât pas du tout à un hanneton. Ensuite tous les autres hannetons qui habitaient l’arbre vinrent rendre visite, ils regardèrent Poucette, et les demoiselles-hannetons allongèrent leurs antennes et dirent : elle n’a tout de même que deux pattes, c’est misérable, et elle n’a pas d’antennes ! Et tous les hannetons femelles dirent : « Elle a la taille trop mince, fi ! elle ressemble à l’espèce humaine ! Qu’elle est laide ! » Et pourtant le hanneton qui l’avait prise la trouvait très jolie. Mais comme tous les autres la disaient laide, il finit par le croire aussi et ne voulut plus la garder ! Elle pouvait aller où elle voulait.la trouvait très gentille, mais comme tous les autres disaient qu’elle était vilaine, il finit par le croire aussi, et ne voulut pas l’avoir! elle pouvait s’en aller où elle voulait. On vola en bas de l’arbre avec elle, et on la posa sur une grande marguerite ; là, elle pleura parce qu’elle était si laide que les hannetons ne voulaient pas d’elle, et elle était pourtant l’être le plus charmant qu’on puisse imaginerl’être le plus délicieux que l’on pût imaginer, délicat et pur comme le plus beau pétale de rose.

La pauvre Poucette vécut toute seule tout l’été dans la grande forêt. Elle se tressa un lit de brins d’herbe et l’accrocha sous une grande feuille de patience, une plante à larges feuilles, pour se protéger de la pluieune grande feuille de patience, en sorte qu’il ne pouvait pleuvoir sur elle; elle récoltait le pollen des fleurs et s’en nourrissait, et elle buvait la rosée qui était tous les matins sur les feuilles ; ainsi passèrent l’été et l’automne, mais vint alors l’hiver, le froid et long hiver. Tous les oiseaux qui lui avaient chanté de belles chansons s’en allèrent, les arbres et les fleurs se fanèrent, la grande feuille de patience sous laquelle elle avait habité se recroquevilla et ne fut plus qu’une tige jaune et fanéedevint un pédoncule jaune fané, et elle eut terriblement froid, car ses vêtements étaient déchirés, et elle-même était si petite et si frêle, la pauvre Poucette, qu’elle risquait de mourir de froidqu’elle devait mourir de froid. Il se mit à neiger, et chaque flocon de neige qui tombait sur elle était comme un paquet de neige qu’on jetterait sur nous, car nous sommes grands et elle n’avait qu’un pouce. Alors elle s’enveloppa dans une feuille fanée, mais cela ne la réchauffait pascela ne voulait pas la réchauffer, elle tremblait de froid.

À la lisière de la forêtA l’orée de la forêt, où elle était alors parvenue, s’étendait un grand champ de blé, mais le blé n’y était plus depuis longtemps, seul le chaume sec et nu se dressait sur la terre gelée. C’était pour elle comme une forêt qu’elle parcourait, oh, comme elle tremblait de froid. Elle arriva ainsi à la porte de la souris des champs. C’était un petit trou au pied des brins de pailledes fétus de paille. La souris avait là sa bonne demeure tiède, toute sa chambre pleine de grain, cuisine et salle à manger. La pauvre Poucette se plaça contre la porte, comme toute pauvre mendiante, et demanda un petit morceau de grain d’orge, car depuis deux jours elle n’avait rien eu du tout à manger.

Illustration

— Pauvre petite, dit la souris, car c’était vraiment une bonne vieille souris des champs, entre dans ma chambre chaude manger avec moi !

Puis, comme Poucette lui plut, elle dit :

— Tu peux bien rester chez moi cet hiver, mais il faudra tenir ma chambre tout à fait propre et me raconter des histoiresme conter des histoires, car je les aime beaucoup.

Et Poucette fit ce que demandait la bonne vieille souris, et vécut parfaitement.

— Nous aurons bientôt une visite, dit la souris des champs, mon voisin a l’habitude de venir me voir tous les jours de la semaine. Il se tient enfermé encore plus que moi, il a de grandes salles et il porte un ravissant manteau de fourrure noir, doux comme du veloursil porte une délicieuse pelisse de velours noir ; si tu pouvais l’avoir pour mari, tu n’aurais besoin de rien ; mais il ne voit pas clair. Il faudra lui raconter les plus belles histoireslui conter les plus belles histoires que tu saches.

Mais Poucette n’avait pas envie d’épouser le voisinPoucette ne se souciait pas d’avoir le voisin, qui était une taupe. Il vint rendre visite dans son manteau de velours noirdans sa pelisse de velours noir. Il était riche et instruit, dit la souris des champs, son appartement était aussi vingt fois plus grand que celui de la souris, et il savait beaucoup de chosesil était plein de science, mais il ne supportait pasil ne pouvait supporter le soleil et les belles fleurs, il en disait du mal, car il ne les avait jamais vues. Poucette dut chanter, et elle chanta « Hanneton, vole, vole » et « Le moine va aux champs », et la taupe devint amoureuse d’elle à cause de sa belle voix, mais ne dit rien, car c’était une personne prudenteune personne circonspecte.

Elle s’était récemment construit un long corridor dans la terre, de sa demeure à celle de la souris, et elle permit à la souris et à Poucetteet il permit à la souris et à Poucette de s’y promener tant qu’elles voudraient. Mais elle leur dit de ne pas avoir peur de l’oiseau mort qui gisait dans le corridor, c’était un oiseau entier avec bec et plumes, qui sûrement était mort depuis peu, au commencement de l’hiver, et avait été enterré juste à l’endroit où elle avait fait son corridor.

La taupe prit dans sa bouche un morceau de mèche, car cela brille comme du feu dans l’obscurité, et elle marcha devant eux et les éclaira dans le long couloir sombre; lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit où gisait l’oiseau mort, la taupe dressa en l’air son large nez et heurta le plafond, et cela fit un grand trou par lequel la lumière put briller. Sur le sol gisait une hirondelle morte, ses jolies ailes plaquées contre son corps, les pattes et la tête cachées sous les plumes. Le pauvre oiseau était évidemment mort de froid. Poucette en eut de la peine, elle aimait tant tous les petits oiseaux, qui avaient si joliment chanté et gazouillé pour elle tout l’été, mais la taupe donna un coup de ses courtes pattes à l’hirondelle, et dit :

— Elle ne piaillera plus ! ça doit être lamentable de naître petit oiseau. Dieu merci, aucun de mes enfants ne sera ainsi, un oiseau pareil n’a rien d’autre pour lui que son Qvivit, et doit mourir de faim l’hiver !

— Oui, vous pouvez le dire, vous qui êtes prévoyant, dit la souris. Qu’a l’oiseau pour tout son Qvivit, quand vient l’hiver? Il doit avoir faim et geler; mais ce Qvivit est tout de même une grande chose !

Poucette ne dit rien, mais lorsque les deux autres eurent tourné le dos à l’oiseau, elle se baissa, écarta les plumes qui recouvraient la tête de l’hirondellela tête de l’alouette, et l’embrassa sur ses yeux fermésla baisa sur ses yeux clos. C’est peut-être celle qui a si joliment chanté pour moi cet été, se dit-elle, quelle joie il m’a procurée, le cher, bel oiseau !

Puis la taupe boucha le trou par où le jour luisait, et les dames l’accompagnèrent à sa demeure. Mais la nuit, Poucette ne put dormir, elle se leva de son lit et tressa une belle couverture de paille dont elle alla envelopper l’oiseau mort, et elle mit du coton moelleux, qu’elle avait trouvé chez la taupe, autour du corps de l’oiseau, pour qu’il soit au chaudafin qu’il pût être au chaud dans la terre froide.

— Adieu, beau petit oiseau, dit-elle. Adieu, et merci pour tes délicieux chants de cet été, lorsque tous les arbres étaient verts et que le soleil brillait si chaud au-dessus de nous !

Et elle posa sa tête sur la poitrine de l’oiseau, mais fut aussitôt très effrayée, car il y avait comme des battements à l’intérieur. C’était le cœur de l’oiseau. L’oiseau n’était pas mort, il était engourdi, et la chaleur l’avait ranimé.

À l’automneA l’automne toutes les hirondelles s’envolent vers les pays chauds, mais il en est qui s’attardent, et elles ont tellement froid qu’elles tombent comme mortes, elles restent où elles sont tombées, et la froide neige les recouvre.

Poucette était toute tremblante de frayeur, car l’oiseau était très grandfort grand, à côté d’elle qui n’avait qu’un pouce, mais elle rassembla son courage, pressa davantage le coton autour de la pauvre hirondelle, et alla chercher une feuille de menthe crépue, qu’elle avait eue elle-même comme couverture, et la passa sur la tête de l’oiseau.

La nuit suivante elle se glissa de nouveau vers lui, et il était alors tout à fait vivant, mais très faible, il ne put ouvrir qu’un instant ses yeux et voir Poucette, qui était là, un morceau de mèche à la main, car elle n’avait pas d’autre lumière.

— Sois remerciée, gentille enfant, lui dit l’hirondelle malade, j’ai été délicieusement réchauffée, bientôt j’aurai repris des forces et de nouveau je pourrai voler aux chauds rayons du soleil !

— Oh, dit Poucette, il fait froid dehors, il neige et il gèle, reste dans ton lit chaud, je te soignerai.

Elle apporta de l’eau dans un pétale de fleur à l’hirondelle, qui but et raconta comment elle s’était blessé l’aile à une ronce, et n’avait pas pu voler aussi vite que les autres hirondelles, qui étaient parties loin, très loin, vers les pays chauds. Elle avait fini par tomber à terre, ensuite elle ne se rappelait plus rien, et ne savait pas du tout comment elle était venue là.

Tout l’hiver elle y resta, et Poucette fut bonne pour elle, et l’aima beaucoup ; ni la taupe ni la souris des champs ne s’en doutèrent, car elles ne supportaient paselles ne pouvaient sentir la pauvre malheureuse hirondelle.

Dès que vint le printemps et que le soleil réchauffa la terre, l’hirondelle dit adieu à Poucette, qui ouvrit le trou fait par la taupe au-dessus. Le soleil rayonnait superbe au-dessus d’elles, et l’hirondelle demanda à Poucette si elle ne voulait pas venir avec elle, car elle pourrait se mettre sur son dos, elles s’envoleraient ensemble loin dans la forêt verte. Mais Poucette savait que cela ferait de la peine à la vieille souris des champs, si elle la quittait ainsi.

— Non, je ne peux pas, dit Poucette.

— Adieu, adieu, bonne et gentille fille, dit l’hirondelle en s’envolant au soleil.

Poucette la suivit des yeux, et ses yeux se mouillèrent, car elle aimait beaucoup la pauvre hirondelle.

— Qvivit ! Qvivit! chanta l’oiseau, et il s’éloigna dans la forêt verte.

Poucette était triste. Elle n’eut pas la permission de sortir au chaud soleil ; le blé, qui était semé sur le champ au-dessus de la maison de la souris, poussa d’ailleurs haut en l’air, c’était une forêt épaissec’était une forêt drue pour la pauvre petite fille qui n’avait qu’un pouce.

— Cet été tu vas coudre tes vêtements de mariageCet été tu vas coudre ton costume, lui dit la souris, car sa voisine, l’ennuyeuse taupe au manteau de velours noirà la pelisse de velours noir, l’avait demandée en mariage. Tu auras de la laine et du linge. Tu auras de quoi t’asseoir et te coucher, quand tu seras la femme de la taupe !

Poucette dut fabriquer du fil avec sa quenouillePoucette dut filer à la quenouille, et la souris embaucha quatre araignées pour filer et tisser nuit et jour. Tous les soirs la taupe venait en visite, et parlait toujours de la fin de l’été, quand le soleil serait beaucoup moins chaud, car pour le moment il brûlait la terre, qui était comme une pierre ; le mariage avec Poucette aurait lieu à la fin de l’étéquand l’été serait fini auraient lieu les noces avec Poucette; mais la petite n’était pas contente, car elle n’aimait pas du tout l’ennuyeuse taupe. Tous les matins, quand le soleil se levait, et tous les soirs, quand il se couchait, elle se glissait dehors à la porte, et si le vent écartait les sommets des tiges, de façon qu’elle pouvait voir le ciel bleu, elle se disait que c’était clair et beau, là, dehors, et elle désirait bien vivement revoir sa chère hirondelle ; mais elle ne reviendrait jamais, elle volait sûrement très loin dans la forêt verte.

Lorsque l’automne arriva, Poucette avait préparé sa corbeille de vêtements et de linge pour le mariagePoucette eut sa corbeille toute prête.

— Dans quatre semaines ce sera la noce, lui dit la souris. Et Poucette pleura et dit qu’elle ne voulait pas de l’ennuyeuse taupe.

— Tatata, dit la souris, ne proteste pasne regimbe pas, sans quoi je te mords avec ma dent blanche ! C’est un excellent mari que tu auras, la reine elle-même n’a pas un pareil manteau de velours noirune pelisse de velours noir pareille. Il a cuisine et cave. Remercie Dieu de l’avoir.

La noce devait donc avoir lieu. La taupe était venue déjà pour prendre Poucette, qui devait habiter avec son mari au profond de la terre, ne jamais sortir au chaud soleil qu’il ne pouvait pas supporter. La pauvre enfant était très tristetoute affligée, elle voulait dire adieu au beau soleil, que du moins, chez la souris, il lui avait été permis de regarder de la porte.

— Adieu, lumineux soleil ! dit-elle, les bras tendus en l’air, et elle fit quelques pas hors de la demeure de la souris, car le blé avait été coupé, il ne restait plus que le chaume sec. Adieu, adieu ! dit-elle, et elle entoura de ses bras une petite fleur rouge qui était là. Salue de ma part la petite hirondelle, si tu la vois.

— Qvivit, qvivit ! dit-on à ce moment au-dessus de sa tête.

Elle regarda en l’air, c’était la petite hirondelle, qui passait justement. Aussitôt qu’elle vit Poucette, elle fut ravie ; la fillette lui raconta qu’elle ne voulait pas du tout avoir pour mari la vilaine taupe, et qu’elle habiterait ainsi au fond de la terre, où le soleil ne brillait jamais. Elle ne pouvait s’empêcher d’en pleurerDe cela, elle ne pouvait s’empêcher de pleurer.

— Voilà le froid hiver qui vient, dit la petite hirondelle, je m’envole au loin vers les pays chauds, veux-tu venir avec moi? Tu peux te mettre sur mon dos, tu n’as qu’à t’attacher fortement avec ta ceinture, et nous nous envolerons loin de la vilaine taupe et de sa sombre demeure, bien loin par-dessus les montagnes jusqu’aux pays chauds où le soleil luit, plus beau qu’ici, où c’est toujours l’été avec des fleurs exquises. Viens voler avec moi, chère petite Poucette qui m’as sauvé la vie quand j’étais étendue, gelée, dans le sombre tunnel sous terrelorsque je gisais gelée dans le sombre caveau de terre !

— Oui, j’irai avec toi, dit Poucette. Elle se mit sur le dos de l’oiseau, les pieds sur ses ailes étendues, et attacha solidement sa ceinture à une des plus grosses plumes. L’hirondelle s’éleva haut dans les airs, au-dessus de la forêt et de la mer, puis des grandes montagnes toujours couvertes de neige. Poucette eut froid dans l’air glacé. Elle se recroquevilla sous les plumes chaudes de l’oiseau et ne passa que sa petite tête pour admirer toute la splendeur étalée sous elle.Oui, j’irai avec toi, dit Poucette, qui se mit sur le dos de l’oiseau, les pieds sur ses ailes étendues, et attacha fortement sa ceinture à une des plus grosses plumes, et ainsi l’hirondelle s’éleva haut dans l’air, au-dessus de la forêt et au-dessus de la mer, haut au-dessus des grandes montagnes toujours couvertes de neige, et Poucette eut froid dans l’air glacé, mais elle se recroquevilla sous les plumes chaudes de l’oiseau, et passa seulement sa petite tête pour voir toute la splendeur étalée sous elle.

Illustration

Et elles arrivèrent aux pays chauds. Le soleil y brillait, beaucoup plus lumineux qu’ici. Le ciel était deux fois plus élevé, et dans des fossés et sur des haies poussaient de délicieux raisins blancs et bleus. Dans les forêts pendaient des citrons et des oranges, les myrtesles myrthes et la menthe crépue embaumaient, et sur la route couraient de délicieux enfants qui jouaient avec de grands papillons aux couleurs variéesde grands papillons diaprés. Mais l’hirondelle vola plus loin encore, et ce fut de plus beau en plus beau. Sous de magnifiques arbres verts au bord de la mer bleue se trouvait un château de marbre d’une blancheur éclatante très ancienfort ancien. Les ceps de vigne enlaçaient les hautes colonnes ; tout en haut étaient de nombreux nids d’hirondelles, et dans l’un d’eux habitait celle qui portait Poucette.

— Voilà ma maison, dit l’hirondelle, mais si tu veux te chercher une des superbes fleurs qui poussent en bas, je t’y poserai, et tu seras aussi bien que tu peux le désirer.

— C’est parfait, dit Poucette, et elle battit de ses petites mainset ses petites mains battirent.

Il y avait par terre une grande colonne de marbre blanc qui était tombée et s’était cassée en trois morceaux, entre lesquels poussaient les plus belles fleurs blanches. L’hirondelle y vola et déposa Poucette sur l’un des larges pétales ; mais quelle surprise fut celle de la petite fille ! un petit homme était assis au milieu de la fleur, aussi blanc et transparent que s’il avait été de verre ; il avait sur la tête une belle couronne d’or et aux épaules de jolies ailes claires, et il n’était pas plus grand que Poucette. C’était l’ange de la fleur. Dans chaque fleur habitait un pareil ange, homme ou femme, mais celui-là était le roi de tous.

— Oh, qu’il est beau, chuchota Poucette à l’hirondelle.

Le petit prince fut très effrayé par l’hirondelle, car elle était un énorme oiseau à côté de lui, qui était si petit et menu, mais lorsqu’il vit Poucette, il fut enchanté. C’était la plus belle fille qu’il ait jamais vue. Il prit sa couronne d’or et la posa sur la tête de Poucette. Puis il lui demanda son nom et si elle voulait être sa femme. Elle serait ainsi la reine de toutes les fleursmais lorsqu’il vit Poucette il fut enchanté, c’était la plus belle fille qu’il eût encore jamais vue. Aussi prit-il sur sa tête sa couronne d’or et la plaça sur la sienne, lui demanda comment elle s’appelait et si elle voulait être sa femme, elle serait ainsi la reine de toutes les fleurs ! Oh, c’était là un mari bien différent du fils de la grenouille et de la taupe au manteau de velours noirà la pelisse de velours noir. Elle dit donc oui au charmant prince, et de chaque fleur arriva une dame ou un jeune homme, si gentil que c’était un plaisir des yeux; chacun apportait un cadeau à Poucette, mais le meilleur de tous fut une paire de belles ailesune couple de belles ailes d’une grande mouche blanche ; elles furent accrochées au dos de Poucette, qui put ainsi voler d’une fleur à l’autre ; c’était bien agréable, et la petite hirondelle était là-haut dans son nid et chantait du mieux qu’elle pouvait, mais au fond de son cœur, elle était tristeen son cœur elle était affligée, car elle aimait beaucoup Poucette, et aurait voulu ne jamais s’en séparer.

— Tu ne t’appelleras pas Poucette, lui dit l’ange de la fleur, c’est un vilain nom, et tu es si belle. Nous t’appellerons Maja.

— Adieu, adieu ! dit la petite hirondelle, qui s’envola de nouveau, quittant les pays chauds pour aller très loin, jusqu’au Danemarkjusqu’en Danemark; c’est là qu’elle avait un petit nid au-dessus de la fenêtre où habite l’homme qui sait raconter des contesl’homme qui sait conter des contes, elle lui a chanté son : qvivit, qvivit ! et c’est de là que nous tenons toute l’histoire.

小测验

第 1 题,共 5 题

Dans la nature, l’orge appartient à quelle famille de plantes ?