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家庭故事黄金与宝藏

Le vent raconte Valdemar Daae et ses filles

Le vent a beaucoup voyagé et se souvient de ce que les hommes oublient. Il raconte ici l’histoire de Valdemar Daae et de ses filles, qui habitent une grande demeure. Leur père rêve de fabriquer de l’or, pendant que les années passent et que tout change autour d’eux. Dans ce conte d’Andersen, le vent nous entraîne à travers les pièces, les champs et les saisons pour suivre les espoirs d’une famille.

《蝴蝶》作品2——第6首:D小调圆舞曲

Robert Schumann
文本版本

Valdemar Daae et ses filles

Quand le vent court sur l’herbe, elle se plisse comme un lac. S’il, s’il court sur le blé, le champ ondule comme la mer. C’est, c’est la danse du vent ; mais écoutez ce qu’il raconte : il le chante, et cela résonne autrement dans les arbres de la forêt qu’à travers les ouvertures, fentes et crevasses d’un mur. Voyez-vous, là-haut, les nuages chassés par le vent comme s’ils étaient un troupeau de moutons ! Entendez-vous, en bas, le vent hurler à travers la porte ouverte, comme s’il était gardien et soufflait dans une corne ! Il gronde étrangement dans le tuyau de la cheminée jusque sur l’âtre ; le feu jette alors flammes et étincelles, il éclaire loin dans la salle, où l’on est assis agréablement au chaud pour écouter. Laissons le vent raconter ! Il sait des contes et des histoires, plus que nous tous réunis. Écoutez comme il raconte :

— Hou-ou-ou ! allez-vous-en ! ...c’est le refrain de la chanson.

Il y a près du grand Belt une vieille maison aux murs rouges épais, dit le vent, j’en connais toutes les pierres, je les ai déjà vues lorsqu’elles faisaient partie du château

de Marsk Stig à Næsset ; il a fallu les abattre ; elles se sont élevées de nouveau en un mur neuf, une maison nouvelle, ailleurs, c’est la maison de Borreby, telle qu’elle existe encore.

J’ai vu et connu les hommes et les dames de haute noblesse, les générations successives qui ont habité là, je vais raconter l’histoire de Valdemar Daae et de Valdemar Daae et ses filles !

Il levait fièrement la tête, il descendait d’une familleétait de race royale ! il savait mieux faire que poursuivre un cerf à la chassecourre un cerf et vider une cruche ; ...ça ira, disait-il lui-même.

Sa femme circulait, droite, en robe de brocart d’or, sur le parquet luisant; les tentures étaient magnifiques, les meubles avaient coûté cher, ils étaient artistiquement sculptés. Elle avait apporté dans la maison les services d’or et d’argent ; la cave contenait de la bière allemande, quand elle était garnie ; la maison de Borreby était somptueuse, quand la richesse y était.

Et il y avait des enfants ; trois élégantes jeunes filles, Ide, Johanne et Anna Dorthea ; je me rappelle encore leurs noms.

C’étaient des gens riches, gens de la noblessequalité, nés dans la splendeur, élevés dans la splendeur ! Hou-ou-ou ! Allez-vous-en ! chantait le vent, et il continua son récit.

Je n’ai pas vu là, comme dans d’autres maisons anciennes, la noble dame assise dans la grande salle avec ses servantes, occupée à fabriquer du fil avec sa et filant la quenouille ; elle jouait sur le luth sonore, et chantait, non pas toujours, toutefois, les vieilles chansons danoises, mais des chants en langues étrangères. On menait là une vie animée, on recevait, des hôtes distingués venaient de près et de loin, la musique résonnait, on faisait tinterchoquait les verres, je ne pouvais pas couvrir tout ce bruit ! disait le vent. Il y avait là un orgueil qui s’affichait en grande pompeà grand apparat, un luxe superbe, mais Notre-Seigneur n’y était pas !

Illustration

Et j’arrivai un soir de premier mai, dit le vent, je venais de l’ouest, j’avais vu des vaisseaux s’écraser contre la côte occidentale du Jylland, j’avais couru au-dessus de la lande et de la côte aux forêts vertes, au-dessus de l’île de Fyen, et j’arrivais par-dessus le grand Belt, haletant et soufflant.

Et je me reposai sur la côte de Sjælland, près de la maison de Borreby, où la forêt avait encore de magnifiques chênes.

Les jeunes gens de l’endroit venaient dans les bois et ramassaient du petit boisfagot et des branches, les plus grandes et les plus sèches qu’ils pouvaient trouver. Ils les emportaient en ville, en faisaient des tas auxquels ils mettaient le feu, et filles et garçons dansaient tout autour en chantant.

J’étais tranquille, dit le vent, mais je touchai légèrement une branche, celle qui avait été posée par le plus beau jeune gars ; son tas flamba, flamba plus haut que les autres ; il fut l’élu, reçut le titre d’honneur de Géant de la rue, choisit parmi les filles son petit Agneau de la rue ; ce fut une joie et un plaisir plus grands qu’on n’en voit dans le manoir de Borreby.

Et dans un carrosse doré attelé de six chevaux arrivèrent au manoir la noble dame et ses trois filles élégantes, jeunes, trois charmantes fleurs : rose, lilas et la pâle jacinthehyacinthe. La mère elle-même était une tulipe éclatante, elle ne salua personne du groupe, qui cessa de jouer, et fit la révérence jusqu’à terre, on aurait dit que la dame avait la tige trop cassante pour se courbercassante.

Rose, lilas et la pâle jacinthehyacinthe, oh, je les ai vues toutes les trois ! de qui seront-elles un jour l’Agneau de la rue, me demandai-je ; leur Géant de la rue sera sans doute un orgueilleux chevalier, peut-être un prince !... Hou-ou-ou !... allez-vous-en ! allez-vous-en !

Bon, le carrosse courut avec elles, et les paysans coururent à la danse. On fêta le premier mai dans la ville de Borreby, à Tjæreby, dans toutes les villes d’alentour.

Mais la nuit où je m’envolai, dit le vent, la noble dame se coucha pour ne plus jamais se relever ; cela la prit comme cela prend tout le monde, ce n’est pas nouveau. Valdemar Daae resta grave et songeur pendant un moment ; il se disait dans son for intérieur : « L’arbre le plus fier peut être tordu, mais non pas brisé. » Ses filles pleurèrent, et tout le monde dans le manoir essuya ses yeux, mais Mme Daae s’en était allée, ...et je m’en allai ! Hou-ou-ou ! dit le vent.

Je revins, je revins souvent, par-dessus l’île de Fyen et les eaux du Belt ; je m’installais sur la rive de Borreby, près de la magnifique forêt de chênes, où l’aigle pêcheur, les ramiers, les corbeaux bleus, et même la Cigogne noire construisaient leurs nids. On était encore au début de l’annéeL’année n’était pas avancée, quelques oiseaux avaient des œufs, quelques-uns avaient des petits. Oh, comme ils volaient, comme ils criaient ! On entendait des coups de hache dans la forêt, coup sur coup ; la forêt allait être abattue, Valdemar Daae voulait construire un navire d’un grand prix, un navire de guerre à trois ponts que le roi sans doute achèterait, c’est pourquoi tombait la forêt, repère des marins, demeure des oiseaux. La pie-grièche volait épouvantée, son nid était détruit; l’aigle pêcheur et tous les oiseaux de la forêt perdirent leur foyer ; ils volaient çà et là au hasard et criaient leur angoisse et leur colère, je les comprenais bien. Corneilles et choucas criaient très fort, par moquerie :

— ÀA bas du nid ! ÀA bas du nid ! ÀA bas ! ÀA bas !

Et au milieu de la forêt, auprès de la troupe des ouvriers, se tenaient Valdemar Daae et ses trois filles, et ils riaient tous des cris furieux des oiseaux, mais la plus jeune, Anna Dorthea, éprouvait de la compassion. On allait abattre un arbre à demi mort où la cigogne noire avait fait son nid, sur les branches nues. On fille, Anna Dorthea, éprouvait en son cœur de la compassion, et comme on allait abattre aussi un arbre à demi mort, sur les branches nues duquel la cigogne noire s’était nichée, on voyait même les petits sortir leurs têtes. Anna Dorthea supplia son père, en pleurant, d’épargner l’oiseau. L’arbre put donc, elle pria son père pour l’oiseau, le pria en pleurant, et l’arbre put rester debout avec le nid de la cigogne noire. Cet arbre n’avait guère d’importance.

On abattit, on scia, ...on construisit un navire à trois ponts. Le constructeur était lui-même d’humble naissance, mais de noble prestance ; ses yeux et son front montraient combien il était intelligent, et Valdemar Daae écoutait volontiers ses propos, la petite Ide, l’aînée des filles, qui avait quinze ans, les écoutait aussi, et tout en construisant un navire pour le père, le jeune homme bâtit dans ses rêves un château où il vivait avec la petite Ide comme mari et femme. Cela serait vraiment arrivé si sonconstruisit pour lui-même un château de rêve où lui et la petite Ide habitaient comme mari et femme, et c’est bien ce qui serait arrivé, si le château avait été en pierres de taille, avec des pelouses et des fossés, des bois et un jardin. Mais avec tout son esprit, le maître n’était qu’un pauvre oiseau, et que peut le moineau dans la danse des grues ? Hou-ou-ou ! J’ai pris mon vol et il a pris son vol, car il ne pouvait pas rester, et la petite Ide s’est consolée, car il fallait bien qu’elle s’en consolequ’elle s’en consolât.

ÀA l’écurie hennissaient les chevaux noirs, bien dignes d’être regardés, et ils furent regardés... L’amiral était envoyé par le roi lui-même pour examiner le nouveau navire de guerre et parler de son achat, il parla des fougueux chevaux avec une vive admiration ; je l’ai bien entendu, dit le vent; j’ai accompagné ces messieurs par la porte ouverte, et j’ai répandu à leurs pieds des brins de paille qui semblaient des baguettes d’or devant leurs pieds. Valdemar Daae voulait de l’or, l’amiral voulait les chevaux noirs, puisqu’il en faisait un tel éloge, mais il ne fut pas compris, et ainsi le navire ne fut pas acheté non plus ; il resta, tout brillant, sur le rivage, couvert de planches, arche de Noé qui jamais ne prit la mer. Hou-ou-ou ! allons-nous-en ! et c’était lamentable.

Au temps de l’hiver, lorsque les champs furent couverts de neige, les glaces flottantes ont rempli le Belt, et je les ai amoncelées sur le rivage, dit le vent, des corbeaux et des corneilles sont venus, plus noirs les uns que les autres, par grandes troupes ; ils se sont perchés sur le navire désert, mort, solitaire, et ont poussé de rauques clameurs sur la forêt disparue, sur les nombreux et précieux nids d’oiseaux détruits, sur les vieux et les jeunes qui étaient sans abri, et tout cela pour ce grand bric-à-brac, ce fier vaisseau qui ne naviguerait jamais.

Je fis tourbillonner la neige ; elle s’élevait haut tout autour de la coque, haut sur le pont ! J’ai fait entendre ma voix au navire, et ce que c’est qu’un orage ! Je sais que j’ai fait mon possible pour lui donner de l’expérience. Hou-ou-ou ! allons-nous-en !

Et l’hiver s’en alla, l’hiver et l’été s’en allèrent, ils vont comme je vais, comme la neige tourbillonne, la fleur de pommier s’éparpille et la feuille tombe ; on s’en va, on s’en va, les gens aussi !

Mais les filles étaient encore jeunes, la petite Ide, une rose charmante à voir, comme lorsque le constructeur de navires l’avait vue. Souvent je m’emparais de ses longs cheveux bruns, lorsqu’elle restait dans le jardin, près du pommier, songeuse, et ne s’apercevait pas que je saupoudrais de fleurs ses cheveux qui se dénouaient, et elle regardait le soleil rouge et le ciel doré à travers les arbres et les arbustes sombres du jardin.

Sa sœur était comme un lis, éclatante et droite, Johanne ; elle avait le maintien et l’allure raideport et la raide allure de sa mère, elle avait, comme sa mère, la tige trop cassante pour se courbercassante. Elle allait volontiers dans la grande salle, où étaient accrochés les portraits de la famille ; les dames étaient peintes vêtues de soie et de velours avec un tout petit chapeau piqué de perles sur les cheveux tressés ; c’étaient de belles dames ! On voyait leurs maris vêtus d’armurescouverts d’acier ou d’un riche manteau avec fourrure de peau d’écureuil et un grand col plissé bleula fraise bleue ; l’épée pendait autour de la cuisse et non derrière le dosaprès les reins. Où le portrait de Johanne serait-il un jour accroché sur le mur, et quelle mine aurait son noble époux ? Oui, elle y pensait et le murmurait. Jec’est à cela qu’elle pensait, sur quoi elle marmottait, je l’ai entendue lorsque je me suis engouffré dans le long corridor jusque dans la salle et m’en suis retourné.

Anna Dorthea, la pâle jacinthehyacinthe, enfant de quatorze ans seulement, était paisible et réfléchie, ses grands yeux bleu pâle avaient l’air songeur, mais le sourire enfantin était sur ses lèvres, je ne pouvais pas le chasser, et d’ailleurs, je ne le voulais pas.

Je la rencontrais dans le jardin, sur le chemin creux et dans le champ du château. Elle ramassait les plantes et les fleurs que son père pouvait utiliserle chemin creux, et le champ du château, elle ramassait des plantes et des fleurs, celles dont elle savait que son père pouvait se servir pour les boissons et les gouttes qu’il savait distiller.distiller; Valdemar Daae était orgueilleux et arrogant, mais aussi habile et savantoutrecuidant, mais homme expert aussi, qui savait beaucoup ; on s’en apercevait, on en parlait beaucoupjasait ; le feu brûlait dans sa cheminée même en été ; la porte de son cabinet était fermée à clef ; le feu augmentait pendant des jours et des nuits, mais il n’en parlait guère ; il faut gouverner en silence les forces de la nature, bientôt sans doute il découvrirait ce qu’il y a de mieux... l’or rouge !

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C’est pourquoi la fumée sortait de la cheminée, pourquoi elle crépitait et flambait ; oui, j’en étais ! racontait le vent, je chantais à travers le tuyau : allons-nous-en ! allons-nous-en ! Ça fera de la fumée, des fragments de charbon brûlantescarbilles, de la cendre chaude et de la poussière ! Tu te brûleras toi-même ! Hou-ou-ou ! Allons-nous-en ! allons-nous-en ! mais Valdemar Daae ne voulait pas s’arrêter.

Les superbes chevaux de l’écurie, que sont-ils devenus ? La vieille vaisselle d’argent et d’or dans les buffets et les placards, les vaches des champs, les terres et la ferme? ...Oui, tout cela pouvait se fondre, se fondre dans le creuset à or, où quand même l’or n’apparaît pas.

Grange et garde-manger, cave et grenier se vidèrent. Moins de gens, de plus en plus de sourisles souris en plus grand nombre, une vitre se fendit, une se brisa, je n’avais plus besoin d’entrer par la porte, dit le vent. Où la cheminée fume, le repas cuit, la cheminée fuma, mais elle dévorait tous les repas, elle fumait pour l’or rouge.

J’ai soufflé à travers la grande entrée comme un gardien qui souffle dans une corne, mais il n’y avait pas de gardien, dit le vent; j’ai tourné la girouette de la tour pointue, elle grinça comme si le gardien ronflait dans la tour, mais il n’y avait pas de gardien ; il y avait des rats et des souris ; la pauvreté mettait le couvert, la pauvreté garnissait la garde-robe et l’armoire aux provisions, la porte sortait de ses gonds, des fissures et des crevasses apparaissaientil venait des fissures et des crevasses ; j’entrais et je sortais, dit le vent, je sais à quoi m’en tenir.

Avec la cendre et la fumée, le chagrin et les nuits sans sommeil, les cheveux et la barbe grisonnèrent, la peau ternit et jaunit, les yeux devinrent plus avides d’or, de l’or attendu.

Je lui ai soufflé de la fumée et de la cendre dans le visage et la barbe ; les dettes sont venues au lieu de l’or. J’ai chanté à travers les vitres brisées, j’ai soufflé sur les banquettes qui servaient de lit aux filles, où leurs vêtements étaient étalés, fanés, usés, car ils devaient toujours servir. Ce n’était pas cet avenir-là qu’on avaitair-là qui avait été chanté au berceau de ces enfants ! La vie seigneuriale devint une vie misérable ! J’étais le seul à chanter fortqui chantais haut dans le château ! dit le vent. Je les couvris de neige à l’intérieur, ça tient chaud, dit-on; elles n’avaient pas de bois de chauffage, la forêt où elles auraient pu en prendre était abattue. Il gelait à pierre fendre ; je me faufilai par des trous et des couloirs, je courus par-dessus toits et murs afin de me maintenir en forme ; elles restaient couchées pour se protégerétaient couchées à cause du froid, les nobles filles ; le père se recroquevillait sous sa couverture de peau. Rien sous la dent et rien à brûler, voilà une vie seigneuriale ! Hou-ou-ou ! Allons-nous-en ! Mais M. Daae ne le pouvait pas.

— Après l’hiver vient le printemps, disait-il, après la misère viennent les jours prospères ; mais ils se font attendre, ils tardent ! ...maintenant j’ai engagé le manoir pour garantir mes dettes le manoir est une garantie de dette ! C’est maintenant qu’on est tout à fait à bout ! ...et l’or va venir ! à Pâques !

Je l’ai entendu murmurer, penché sur la toile d’araignée :

— Adroite petite tisseuse, tu m’enseignes à tenir bon ! Si ta toile est déchirée, tu recommences et tu l’achèves ! Déchirée encore... tu te remets au travail ! ...au travail ! c’est cela qu’il faut ! et ça réussit.

Le matin de Pâques, les cloches sonnèrent, le soleil jouait au ciel. Valdemar Daae avait veillé, tout fiévreux, il avait fait bouillir et refroidir, il avait mélangé, distillé. Je l’entendis soupirer comme une âme en peine, je l’entendis prier, je compris qu’il retenait sa respiration. Sa lampe s’était éteinte, il ne s’en aperçut pas ; je soufflai sur les braises, elles éclairèrent son visage d’un blanc de craie, qui en reçut un éclat coloré, ses yeux étaient enfoncés dans leurs orbitesserrés dans leurs cavités profondes... mais ils s’agrandirent de plus en plus... comme s’ils voulaient éclater.

Voyez le flacon d’alchimieverre alchimique ! ça brille là-dedans ! ça flamboie, c’est pur et lourd ! Il leva le verre d’une main tremblante et d’une voix tremblante il cria :

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— De l’or ! de l’or !

Il en eut le vertige, d’un souffle j’aurais pu le renverser, dit le vent, mais je soufflai seulement sur les charbons ardents, et l’accompagnai dans la chambre où ses filles avaient froid. Sa robe était couverte de cendre, il y en avait dans sa barbe et ses cheveux emmêlés. Il se redressa, leva le verre fragile qui contenait son riche trésor et s’écria :

— Trouvé ! gagné ! ...de l’or !

Et il tendit en l’air le verre qui étincela aux rayons du soleil; ...et sa main trembla et le flacon d’alchimieverre alchimique tomba par terre et éclata en mille morceaux; la dernière bulle de sa prospérité avait crevé. Hou-ou-ou ! Allons-nous-en ! ...Et je quittai le manoir du fabricant d’or.

Vers la fin de l’annéeComme l’année s’avançait, pendant les courtes journées où la brume vient avec son torchon et répand des gouttes sur les baies rouges et les branches sans feuilles, j’arrivai de très bonne humeur, j’aérai, je nettoyai le ciel et brisai les branches pourries, ce n’est pas un grand travail, mais il faut le faire. Un balayage à fond eut lieu aussi d’une autre façon dans le manoir de Borreby chez Valdemar Daae. Son ennemi, Ove Ramel de Basnæs, était là avec le document qui lui donnait droit au manoir et aux meubles en remboursement des dettesla garantie de dette sur le manoir et les meubles. Je tambourinai sur les vitres brisées, je frappai aux portes délabrées, je sifflai au travers des fentes et des crevasses : hu-i !... M. Ove ne devait pas avoir envie de rester là. Ide et Anna Dorthea pleurèrent à chaudes larmes ; Johanne resta droite et pâle, se mordit le pouce à le faire saigner, ce qui ne pouvait servir à rien ! Ove Ramel offrit à M. Daae de rester dans le manoir pour le reste de sa viesa vie durant, mais ne fut pas remercié pour cette offre ; j’écoutais ; ...je vis le seigneur sans abri lever plus fièrement la tête, le visage hautainla mine haute, et je me ruai sur le manoir et les vieux tilleuls, si bien que la plus grosse branche se rompit, et elle n’était pas pourrie ; elle resta par terre devant la grande porte, comme un balai, pour qui voudrait balayer, et on balaya, en effet ; je le pensais bien.

Ce fut une journée pénible, un moment où l’on a du mal à cacher son émotion. Mais ils gardaient courage et se raidissaientpeine à garder contenance, mais on avait le cœur ferme, on se raidissait.

Ils ne possédaient rien que les vêtements qu’ils avaient sur eux ; si ! le flacon d’alchimieverre alchimique récemment acheté, rempli des débris ramassés sur le parquet ; le trésor qui promettait mais qui ne tenait pas. Valdemar Daae le cacha sur sa poitrine, prit son bâton à la main, et le seigneur autrefois riche sortit avec ses trois filles du manoir de Borreby. Je soufflai froid sur ses joues chaudes, je caressai sa barbe grise et ses longs cheveux blancs, je chantai comme je pus : hou-ou-ou ! Allez-vous-en ! Allez-vous-en !... Ce fut la fin de la riche splendeur.

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Ide et Anna Dorthea marchaient à ses deux côtés ; Johanne se retourna vers la porte, à quoi bon, la chance ne devait pas tourner. Elle regarda les pierres rouges provenant du château de Marsk Stig; pensait-elle à ses filles :

L’aînée prit la plus jeune par la main,

et elles s’en allèrent par le monde !

Pensa-t-elle à ce chant?... ici elles étaient trois... le père était avec elles !... Elles suivaient le chemin où elles avaient roulé en carrosse, elles allaient en mendiantes, avec le père, au champ de Smidstrup, à la maison de terre et de pailleen torchis qui avait été louée pour dix marks par an, nouvelle résidence seigneuriale aux murs nus et toute vide. Corneilles et choucas volaient au-dessus et criaient comme pour se moquer : « ÀA bas du nid ! à bas du nid ! à bas ! à bas ! » comme le criaient les oiseaux dans la forêt de Borreby, lorsque les arbres furent abattus.

M. Daae et ses filles le comprirent bien ; je leur soufflai à l’oreille que ce n’était pas la peine d’écouter ça.

Puis, ils entrèrent dans la maison de terre et de pailleen torchis du champ de Smidstrup, ...et je partis par-dessus champs et marais, à travers haies et forêts dénudées, vers la mer et d’autres pays,... hou-ou-ou ! Allons-nous-en ! Allons-nous-en ! et à tout jamais.

Que devint Valdemar Daae ? Que devinrentQu’advint-il de Valdemar Daae? Qu’advint-il de ses filles ? Le vent raconte :

La dernière que j’ai vue, c’est Anna Dorthea, la pâle jacinthe. C’était cinquante ans plus tard : elle avait vieilli et se tenait courbée, et la dernière fois, c’est Anna Dorthea, la pâle hyacinthe, ...elle était alors vieillie et courbée, c’était cinquante ans plus tard. C’est elle qui a vécu le plus longtemps, elle était au courant de tout.

Là-haut, sur la lande, près de la ville de Viborg, était la nouvelle et belle maison du doyen de la cathédrale, aux pierres rouges et à pignons pointus ; la fumée sortait épaisse de la cheminée. Son aimable femme et ses gracieuses filles, assises dans la fenêtre en saillie, regardaient, par-dessus l’épine de bouc pleureur du jardin, la lande brune... ; qu’y cherchaient leurs yeux? Ils cherchaient le nid de cigognes perché sur la maison délabrée. Le toit était de mousse et de joubarbe, si l’on peut parler de toit, ce qui surtout constituait la couverture était le nid de cigognes, seule partie qui était réparée, la cigogne l’entretenait.

C’était une maison qu’on pouvait regarder, non toucher ; je devais l’aborder avec précaution, dit le vent. ÀA cause du nid de cigognes, la maison put rester là, même si elle faisait peur à voir au milieu debien qu’elle fût un épouvantail pour la lande. Le doyen ne voulait pas renvoyer la cigogne, si bien que la bicoque pouvait rester, avecen sorte que la bicoque pouvait rester, et aussi la pauvresse qui l’habitait; elle pouvait en remercier l’oiseau égyptien, ...ou bien était-ce un remerciement parce qu’elle avait autrefois supplié qu’on épargne le nid de son frère noir et intercédé pour le nid de son frère noir sauvage dans la forêt de Borreby? Elle était alors, la pauvre, une jeune enfant, une élégante, pâle jacinthehyacinthe dans le noble jardin. Elle se rappelait tout cela, Anna Dorthea :

— Oh ! Oh !

...Oui, les gens peuvent soupirer, comme le vent peut le faire dans les joncs et les roseaux.

— Oh, sur ta tombe, Valdemar Daae, aucun sacristain n’a sonné ! Les enfants pauvres de l’école n’ont pas chanté lorsque l’ancien seigneur de Borreby a été mis en terre !... Oh, tout prend fin, pourtant, la misère aussi ! MaLa sœur Ide est devenue la femme d’un paysan; ce fut la plus dure épreuve de notre père ! Le mari de sa fille, un misérable serf, qui pouvait être mis par son maître sur le chevalet de torture. Maintenant il doit être sous terre ? et toi aussi ? Ide !... Oh, oui ! oh, oui, pour moi, malheureuse, ce n’est pas encore fini ! Pauvre vieille ! délivre-moi, puissant Christ !

Telle était la prière d’Anna Dorthea dans la misérable maison qu’on laissait debout à cause de la cigogne.

La plus intrépide des sœurs, je m’en suis chargé, dit le vent, elle se fit confectionner un vêtement à l’image de son caractèretailler un vêtement conforme à son tempérament ! Elle se présenta comme un pauvre gars et s’engagea sur un bateau ; elle parlait peu, avait la mine revêche, mais voulait faire sa besogne ; seulement elle ne savait pas grimper ; ...j’ai soufflé, et l’ai envoyée par-dessus bord avant que personne ait su qu’elle était une femme, et j’ai sans doute bien fait, dit le vent.

C’était un matin de Pâques, comme lorsque Valdemar Daae crut avoir trouvé l’or rouge, et j’entendis sous le nid de la cigogne, entre les murs chancelants, un chant de psaume, le dernier chant d’Anna Dorthea.

Il n’y avait pas de vitre, seulement un trou dans le mur ; le soleil vint, comme une boule d’or, et entra par là ; quel éclat ! Les yeux de la vieille s’éteignirent, son cœur se brisa ! Cela serait arrivé même si le soleil ne l’avait pas éclairéeils l’auraient fait aussi bien si le soleil n’avait pas lui sur elle ce matin-là.

La cigogne lui fournit un toit jusqu’à sa mort ! Je chantai sur sa tombe, dit le vent ; j’ai chanté sur la tombe de son père, je sais où elle est, et où est la tombe d’Anna Dorthea, je suis seul à le savoir.

Des temps nouveaux ! D’autres temps !Nouveaux temps ! autres temps ! La vieille route aboutit à un terrain clos, des tombes concédées deviennent des routes où l’on passe. Bientôt viendra le train à vapeur avec sa suite de wagons. Ilroute parcourue, ...et bientôt viendra la vapeur avec sa suite de voitures, qui grondera sur les tombes, oubliées comme les noms, hou-ou-ou ! Allons-nous-en !

Telle est l’histoire de Valdemar Daae et de ses filles. Racontez-la mieux, vous autres, si vous pouvez ! dit le vent qui se tourna.

Il était parti.

小测验

第 1 题,共 5 题

Que voulaient fabriquer des alchimistes à partir du plomb ?