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Journeys and adventuresGhosts and spiritsFamily stories

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Rip Van Winkle

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Un beau jour d’automne, pendant une longue excursion de cette espèce, Rip avait, sans y songer, escaladé l’une des parties les plus élevées des monts CatskillKaatskill. Il se livraitétait en train de se livrer à son divertissement favori, la chasse à l’écureuil, et les solitudes endormies avaient retenti et retenti encore des détonations de son fusil. L’après-midi était très avancéetrès-avancée ; haletant, épuisé, il se jeta sur un monticule vert que recouvraient des pâturages de montagne et qui couronnait le front d’un précipice. Par une ouverture entre les arbres il pouvait voir d’un regardembrasser tout le pays qui s’étendait à ses pieds, des kilomètresbien des milles de terres magnifiquement boisées. Il voyait dans le lointain l’Hudson majestueux, en dessous,dessous, mais bien au-dessous de lui, poursuivant sa course silencieuse mais imposante. Seuls l’interrompaient le refletimposante, que venait seulement accidenter la réflexion d’un nuage couleur de pourpre ou la voile d’une barque aux mouvements pleins de lenteur,lenteur qui dormait çà et là sur son sein lissepoli et se perdait enfin dans le bleu des hautes terres.

Il regarda de l’autre côté, et ses yeux plongèrent dans une vallée profonde, sauvage, solitaire, effrayante, dont le fond était rempli de blocs énormes détachés des rochers qui surplombaient, et qu’éclairaient à peine les rayons réfléchis du soleil couchant. Pendant quelque temps Rip contempla cette scène d’un air rêveur. Le soir avançait toujours. Lesrêveur : le soir s’avançait toujours, les montagnes commençaient à projeter sur les vallées leurs longues ombres bleues. Ilbleues ; il vit que la nuit tomberait bien avant qu’il puissepût atteindre le village, et il poussa un profond soupir en songeant à l’accueil gracieux que lui réservait dame Van Winkle.

Comme il était sur le point de descendre, il entendit à une certaine distance une voix qui criait : « Rip Van Winkle ! Rip Van Winkle ! » Il regarda autour de lui, mais il ne vit rien… qu’une corneille qui passait dans son vol solitaire, perpendiculairement à la montagne. Il crut que son imagination lui avait joué un tour. Ilavoir été le jouet de son imagination, et se retournait pour continuer à descendre, quand il entendit le même cri retentir dans l’air assoupi du soir : « Rip Van Winkle ! Rip Van Winkle ! » — En même temps le dos de Wolf se hérissa ; il poussa un grognement étouffé, et, se serrant contre son maître, jeta dans le vallon un regard effrayé. Rip sentit alors une vague inquiétude s’emparer de lui. Ilalors sentit une vague appréhension s’emparer de lui ; il jeta dans la même direction un regard inquiet, et aperçut une forme étrange escaladant lentement et péniblement les rochers, courbée sous le poids d’un fardeau qu’elle portait sur son dos. Il fut surpris de voir un être humain dans cet endroit sauvage et désertnon fréquenté ; mais supposant que c’était quelque habitant du voisinage qui avait besoin de son aidesecours, il se hâta de descendre pour la lui apporterle lui prêter.

En s’approchantComme il approchait davantage, il fut encore plus surpris de l’aspect singulierla singularité de la personne de l’étranger. C’était un petit vieillard aux formes carréesconstruit en carré, avec des cheveux épais et mal entretenusincultes et une barbe grise. Il était habillé à l’ancienne mode hollandaise — un pourpoint, une veste courte de drap,pourpoint de drapExplication : Un pourpoint est un vêtement ancien couvrant le haut du corps, comparable à une veste courte. Le costume hollandais du personnage est conservé. serréeserré autour de la taille, plusieurs paires de culottes anciennes, dont la dernière très amplehauts-de-chausses, dont le dernier très-ample, ornéeorné de rangées de boutons sur les côtés et de nœuds aux genoux. Sur son épaule était un lourd petit tonneaubarriquaut, qui paraissait plein de liquide. Il fit signe à Rip d’approcher et de l’aider à le porter. Bien queQuoique sur ses gardes et méfiant enversse défiant de cette nouvelle connaissance, Rip répondit à son souhaitse rendit à son désir avec son empressement habituel. S’aidantordinaire, et s’aidant l’un l’autre tour à tour, ils escaladèrent une gorge étroite, formée, selon toute apparence, par le lit d’un torrent asséchédesséché de la montagne. Pendant leur ascensionComme ils gravissaient, Rip entendit de temps à autre de longs roulements, semblables à des coups de tonnerre dans le lointain, qui paraissaient sortir d’un profond ravin, ou plutôt d’une crevasse, entre des rochers au front élevé, vers lequel menait le sentier escarpédifficile qu’ils avaient pris. Il s’arrêta pendant un instant, mais il supposa que c’était le bruit sourd d’une de ces brèves pluies accompagnées de tonnerre, fréquentes dans les hauteurs des montagnespluies accompagnées de tonnerre et sans durée, fréquentes dans les montagnes sur les hauteurs, et se remit en marche. Ils traversent le ravin et arrivent à un creuxune cavité qui ressemblait à un petit amphithéâtre, entouréentourée de rochers à pic, sur le bord desquels des arbres qui surplombaient laissaient tomber leurs branches, de sorte qu’on n’apercevait que par endroitséchappées le ciel bleu et les nuages dorés du couchant. — Pendant tout ce temps, Rip et son compagnon avaient silencieusement poursuivi leur marche pénible ; car, bien que Rip ait été très curieux de savoir pourquoi on transportaitle premier fût grandement curieux de savoir quel motif pouvait pousser à transporter un petit tonneaubarriquaut de liqueur sur cette montagne sauvage, ilcependant il y avait autour de cet inconnu je ne sais quoi de singulier et d’incompréhensible. Celasingulier, d’incompréhensible, qui inspirait une crainte respectueuse et empêchait touten’admettait pas la familiarité.

Illustration

Quand ils entrèrentComme ils entraient dans l’amphithéâtre, de nouvelles surprises se présentèrentil se présenta de nouveaux sujets d’étonnement. Sur une surface plane, au centre, se trouvait un groupe de personnages au regard étrange, jouant aux quilles. Leur costume bizarre n’était pas à la mode du pays : les uns portaient des pourpoints courts, les autres des jaquettes, avec de longs couteaux dans leurs ceinturons ; la plupart d’entre eux avaient d’énormes culottes ancienneshauts-de-chausses, dans le genre de cellesceux du guide de Rip. Leurs visagesfigures, aussi, étaient particuliersparticulières : l’un avait une grosse tête, une large face et des yeux microscopiques ; le nez de cet autre semblait être tout son visage. Ce visagevisage, lequel était surmonté d’un chapeau blanc, en forme de pain de sucre, comme un côneen forme de pain de sucreExplication : Le pain de sucre était une masse de sucre en forme de cône. Le chapeau lui est comparé pour sa forme, sans être fait de sucre., qu’ornait une petite queue de coq, de couleur rouge. Tous avaientils avaient des barbes, mais de formes et de couleurs diverses. Il y en avait un qui paraissait être le chef. C’était un vieux gentleman robuste, à l’air guerriermartial ; il portait un pourpoint garni de dentelles, un large ceinturon soutenant un couteau de chasse, un chapeau haut de forme et à plume, des bas rouges, et des souliers à talons élevés, ornés de rosettes, de petits ornements en forme de rosesrosettes. Ce groupe rappelaremit en mémoire à Rip les personnagesfigures d’une vieille peinture flamande qu’il avait vue dans la salle à manger de Dominie Van Shaick, le curé du village, et qui avait été apportée de Hollande à l’époque de la fondationl’établissement de la colonie.

Mais ce qui surtout parut étrange à Rip, c’était que ces gens, tout en s’amusant visiblement, gardaient les visages les plus sérieux etc’est que, bien que ces gens s’amusassent évidemment, ils gardassent cependant les physionomies les plus sérieuses, le plus mystérieux silence : c’était la plus mélancolique partie de plaisir à laquelle il avaiteût jamais assisté. Rien n’interrompait le calme de cette scène, rien, sinonsi ce n’est le bruit que faisaient les boules en roulant, qui retentissait le long des montagnes comme le tonnerre grondant dans le lointain.

Quand Rip et son compagnon s’approchèrent d’eux, ils abandonnèrent tout à coup leur partie, et le regardèrent avec des yeux si fixes, si glacés, d’un air si étrange, si extraordinaire, si éteint, que le courage lui manqua etcœur lui manqua, que ses genoux s’entrechoquèrent. Alors son compagnon vida le contenu du petit tonneaubarriquaut dans de grands flacons et lui fit signe de servir la compagnie. Il obéit avec crainte et tremblement ; ils burent à grandes gorgéeslongs traits la liqueur dans un profond silence, et puis retournèrent à leur jeu.

Le respect et la crainte de Rip se dissipèrent peu à peu. Il s’aventura même à goûter le liquidepar degrés. Il alla jusqu’à s’aventurer, quand aucun regard n’était fixé sur lui. Illui, à goûter le liquide ; il trouva, rien qu’au parfum, que ce liquidequ’il ressemblait beaucoup à de l’excellente eau-de-vie de genièvre, un alcool.genièvre. Il avait naturellement le gosier en pente : il aimait boire le gosier en pente Explication : Avoir le gosier en pente signifie aimer boire, ici de l’alcool. L’expression imagée est conservée et brièvement éclaircie.et fut bientôt tenté d’y retourner. Une grande gorgéerasade en provoqua une autre. Enfinautre ; enfin ses visites au flacon devinrent si fréquentes, qu’il perdit conscienceque le sentiment l’abandonna ; ses yeux nagèrent dans leurs orbites, sa tête pencha peu à peu,graduellement, et il tomba dans un profond sommeil.