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Journeys and adventuresGhosts and spiritsFamily stories

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Rip Van Winkle

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En s’éveillant il se trouva sur le monticule vert d’où, pour la première fois, il avait vu le vieillard du vallon. Il se frotta les yeux : — on était au matin, et le soleil brillait ; les oiseaux voletaient çà et là et jetaient leurs notes aiguës dans les buissons ; l’aigle tournait sur lui-même au haut des airs, se maintenant contre la brise pure de la montagne. « Assurément, pensa Rip, je n’ai pas dormi ici toute la nuit. » Il chercha à se rappeler ce qui s’était passé avant qu’il ne s’endormes’endormît — l’homme étrange au petit tonneaubarriquaut de liqueur — le ravin de la montagne — la retraite sauvage au milieu des rochers — le groupe mélancolique qui jouait aux quilles — le flacon. « Oh ! ce flacon ! ce maudit flacon ! pensa Rip, — quelle excuse donnerapporter à dame Van Winkle ? »

Il chercha des yeux son fusil, mais au lieu de son fusil de chasse si proprenet, si brillant, il n’en trouva près de lui qu’un vieux fusil dontdont le canon était incrusté de rouille. Sarouille, dont la platine, son mécanisme de mise à feu,platineExplication : La platine est le mécanisme qui permet la mise à feu du fusil ancien. Le texte dit qu’elle ne tient plus ; il ne parle pas du métal précieux appelé platine. ne tenait plus, et sondont le bois était vermoulu. Il soupçonna alors les graves personnages de la montagne de lui avoir joué un tour, et, après l’avoir fait boire à l’excèsgorgé de liqueur, de lui avoir volédérobé son fusil. Wolf aussi avait disparu ; mais il pouvait s’être élancé à la poursuite d’un écureuil ou d’une perdrix. Il le rappela en sifflantsiffla et l’appela à grands cris, le tout en vain. L’échovain ; l’écho répéta son sifflement et ses cris, mais du chien pas de nouvelles.

Il résolut de retourner sur le lieurevisiter le théâtre des jeux de la veille. S’ilsoirée dernière, et s’il rencontrait quelqu’un de ceux qu’il y avait vus, il lui demanderaitde lui demander son chien et son fusil. Comme il se levait pour se mettre en marche, il s’aperçut qu’il avait les articulations raides, que son agilité ordinaire lui manquaitfaisait défaut. « Ces lits de montagne ne me conviennent pas, pensa Rip, et si cette folie me valait un rhumatisme je passerais un joli quart d’heure avec dame Van Winkle. » Il descendit, non sans difficulté, dans le vallon : il trouva le ravin que son compagnon et lui avaient escaladé la veille au soirle soir précédent ; mais, à sa grande surprise, un ruisseau de montagne y jetait maintenant son écume, sautant de rocher en rocher, babillant et remplissant la vallée de murmures. Cependant il s’efforça de grimper sur les côtés, se frayant péniblement un chemin à travers des buissons de bouleau, de sassafras, de noisetiercoudrier, trébuchant parfois ou s’embarrassant dans les piedsceps de vigne sauvage qui entrelaçaient d’un arbre à l’autre leurs jeunes pousses caressantestendrons caressants et formaient sous ses pas une sorte de filetespèce de réseau.

Enfin il atteignit l’endroit où le ravin leur avait fourni un passage à travers les rochers pour gagner l’amphithéâtre ; il ne restait aucune trace d’une tellesemblable ouverture. Les rochers formaient une muraille élevée, impénétrable, sur laquelle le torrent roulait sa nappe d’écume transparentediaphane, pour se jeter dans un bassin large et profond, noir des ombres de la forêt voisineprochaine. Ici le pauvre Rip fut enfin forcé de s’arrêter. Il appela, il siffla encore son chien : pas d’autre réponse que les croassements d’une bande de corbeaux oisifs qui jouaientse jouant dans l’air, bien au-dessus de lui, autour d’un arbre desséché qui avançait sur un précipice éclairé par le soleil. Rassurés par leur hauteurConfiants dans leur élévation, ils semblaient regarder en bas et se moquer de la perplexitédes perplexités du pauvre homme. Que faire ? — la matinée s’avançait, et Rip, affamémourant de faim, sentait le besoin de déjeuner. Il était désolé d’abandonner son chien et son fusil ; il redoutait l’accueil de sa femme ; mais ce n’était pas une raison pour se laisser mourir de faim dans les montagnes. Il secoua la tête, mit sur l’épaule son fusil rouillé, et, le cœur plein de chagrin et d’inquiétuded’affliction et d’anxiété, se mit en route vers la maisontourna ses pas du côté du logis.

Comme il approchait du village, il rencontra beaucoup de gens, mais personne qu’il reconnaissaitnombre de gens, mais personne qu’il reconnût, ce qui le surprit un peu, car il avait jusqu’alors cru connaître tous les habitants des environspays d’alentour. Leurs vêtements, aussi, étaient d’une mode différente de celle à laquelle il était habitué. Ils le regardaient tous fixement avec les mêmes signesd’égales marques de surprise, et, chaque fois qu’ils jetaient sur lui les yeux, portaient invariablement la main à leur menton. À force de voir ce geste répété, Rip le fit à son tour sans y penserLa continuelle répétition de ce geste amena Rip, involontairement, à faire de même. — Alors, à son grand étonnement, il s’aperçut que sa barbe avait grandi d’environ trente centimètresd’un piedExplication : Le pied est une ancienne mesure de longueur. On donne ici un ordre de grandeur d’environ trente centimètres pour se représenter la barbe, sans fixer un étalon absent de l’édition..

Il venait d’atteindre les premières maisons du village. Une bande d’enfants inconnus se mit à sa poursuite en le couvrant de cris moqueurs etl’accablant de huées, en se montrant du doigt sa barbe grise. Les chiens, les chiens, parmi lesquels il ne retrouvait pas un seul chien connuune vieille connaissance, aboyaient sur son passage. Le village même était changé ; il était maintenant plus vaste, plus peuplélarge, plus populeux. Il découvrait des rangées de maisons qu’il n’avait jamais vues auparavant, et celles qui avaient été ses refuges favorisretraites favorites avaient disparu. Des noms inconnus étaient sur les portes — des visages inconnus aux fenêtrescroisées — tout était inconnu. Son esprit se chargea de noirs pressentiments ; il en vint à se demander si tout ce qui l’entourait et lui-même n’étaient pas ensorcelésenchantés. C’était pourtant bien là le village où il était né, qu’il n’avait quitté que lade la veille ; c’étaient bien là les monts CatskillKaatskill — c’était bien l’Hudson qui roulait dans le lointain ses eaux argentées — chaque colline, chaque vallée était bien telle qu’elle avait toujours été. — Rip était terriblementcruellement embarrassé : — « Ce flacon de la nuit dernière, pensa-t-il, a laissé ma pauvre tête bien vide ! »

Ce ne fut pas sans difficulté qu’il trouva le chemin qui conduisait à sa maison. Il s’en approcha en silence, avec unen approcha dans un muet respect, respect mêlé de crainte, s’attendant à chaque minute à entendre la voix perçante de dame Van Winkle. Il trouva la maison en ruine — le toit écroulé, les fenêtres brisées, et les portes sorties des gonds. Un chien à demi mort de faim, qui ressemblait à Wolf, rôdait aux alentoursà l’entour. Rip l’appela par son nom, mais le chien grogna, montra les dents et passa. L’accueil n’était pas aimablegracieux. — « Jusqu’à mon chien, soupira le pauvre Rip, qui m’a oublié ! »

Il entra dans la maison, où, c’est une justice à lui rendre, dame Van Winkle avait toujours fait régner l’ordre et la propreté. Elle était vide, triste, et, selonsuivant toute apparence, abandonnée. Cette désolation fit taire toutes ses craintes envers sa femmedompta toutes ses craintes conjugales : — il appela à grands cris sa femme et ses enfants — les chambres désertessolitaires retentirent un moment du bruit de sa voix, et puis tout rentra dans le silence.

Il en sortit précipitamment, et courut à son ancien refugeasile, l’auberge du village — mais elle aussi avait disparu. À la place se dressait, tout chétifrachitique, un grand bâtiment en bois, aux grandes fenêtres béantes, dont quelques-unes avaient été brisées et rafistoléesrajustées avec de vieux chapeaux et de vieux jupons, et sur la porte était peint : « Hôtel de l’Union, tenu par Jonathan Doolittle. » Au lieu du grand arbre qui abritaitservait à abriter la petite et tranquille auberge hollandaise d’autrefois, s’élevait maintenant une grande perche nue, avec quelque chose au bout qui ressemblait à un bonnet de nuit de couleur rouge, et au bout de cette perche flottait un drapeau sur lequel il y avait un singulier assemblage d’étoiles et de bandesbarres. — Tout cela était étrange, incompréhensible. Il reconnut cependant sur l’enseigne le visage rougela face vermeille du roi Georges, au-dessous duquelau-dessous de laquelle il avait si souvent fumé paisiblement sa pipe ; mais ici s’était encore produite une étrange transformationopéré une singulière métamorphose. L’habit rouge avait été remplacé par un habit ajusté, bleu et beigejustaucorps bleu et couleur chamois ; au lieu d’un sceptre, la main tenait une épée, la tête était ornée d’un chapeau à pointescornes, et au-dessous était peint en grosses lettresgros caractères : « Le général Washington. »

Il y avait, comme de coutume, beaucoup de monde autour de la porte, mais personne que Rip reconnaissaitreconnût. Le caractère même du groupe semblait changé : il y régnait un ton de dispute, quelque choseje ne sais quoi d’affairé, de remuant, au lieu du flegme habituel, du calme endormantaccoutumé, du calme soporifique d’autrefois. En vain chercha-t-il des yeux le sage Nicolas Vedder avec sa large face, son double menton, sa longue et belle pipe, laissant échapper des nuages de fumée de tabac au lieu d’inutiles discours ; ou Van Bummel, le maître d’école, lisantcommuniquant le contenu d’un vieux journal. À leur place, un individu maigre, au regard plein de mauvaise humeurbilieux, les poches pleines de billets, parlait longuement avec forcepérorait avec véhémence sur les droits des citoyens, — les élections, — les membres du congrès, — la liberté, — Bunker’s Hill, — les héros de 1776soixante-seizeExplication : Le discours évoque 1776, année de la déclaration d’indépendance américaine. Rip ne connaît pas encore ce changement de régime. — et autres expressions qui sonnaient aux oreilles troublées de Van Winkle comme un vrai jargon de Babel, impossible à comprendrebabylonien.

L’apparition de Rip avec sa longue barbe grise, son fusil de chasse couvert de rouille, son costume bizarre et l’armée de femmes et d’enfants qui se pressait sur ses talons, attira bientôteut bientôt attiré l’attention des politicienspolitiques de taverne. Ils se rassemblèrents’amassèrent autour de lui, l’examinant de la tête aux pieds avec la plus grande curiosité. L’orateur se précipita vers lui, et, le prenant légèrement à part, lui demanda « pour quel camp il votait ».s’enquit « de quel côté il votait : » Rip le regarda fixement, d’un air distrait et hébétéstupide. Un autre individu, de petite taille, mais qui s’agitait beaucoupse donnait beaucoup de mouvement, le tira par le bras, et, se haussant sur la pointe des pieds, lui glissa dans l’oreille : « Êtes-vous du camp fédéraliste ou du camp démocrate ?Êtes-vous fédéraliste ou démocrate ?Explication : Le personnage demande à Rip son camp politique dans l’Amérique de cette époque. Il ne s’agit pas de lui attribuer un choix : Rip ne comprend pas la question. » Rip se torturait encore l’esprit pour comprendre la questionmettait encore l’esprit à la torture pour saisir la question, quand un habile et vieux gentleman à l’air autoritairemine dictatoriale et coiffé d’un chapeau à cornes finissant en pointe d’aiguille s’ouvrit un passage à travers la foule. Son chapeau à pointes se terminait en pointe d’aiguille. Il repoussait les gensfoule, que sur son chemin il repoussait à droite et à gauche avec ses coudes. Puis il se plantacoudes, et se plantant devant Van Winkle, un bras sur la hanche, l’autre appuyé sur sa canne. Sescanne, pendant que ses yeux perçants et son chapeau pointu plongeaient, pour ainsi dire, au fond de l’âme de Rip. Ilson âme, lui demanda d’un ton sévèreaustère « ce qui l’amenait aux élections avec un fusil sur l’épaule et un rassemblement derrière lui, et s’il avait l’intention de provoquerfaire une émeute dans le village ? » — « Hélas ! Messieurs, s’écria Rip unquelque peu alarmé, je suis un pauvre homme bien paisible, né dans ce villagenatif de l’endroit, et un loyal sujet du roi, Dieu le bénisse ! »

Illustration

À ces mots le même cri échappa à tous les gens présentsassistants : — « Un tory, un partisan du roi ! un tory !Un tory ! un tory !Explication : Dans cette scène, tory désigne un partisan du roi d’Angleterre. La foule accuse Rip d’être dans ce camp parce qu’il se dit fidèle au roi ; cela ne définit pas un parti britannique actuel. un espion ! un réfugié ! Chassez-le, qu’il disparaisse ! » Ce fut à grand-peinegrand’peine que l’important personnage au chapeau à pointescornes parvint à rétablir l’ordre. Il pritl’ordre, et qu’ayant pris un air dix fois plus menaçant et demanda de nouveaurébarbatif, il demanda derechef à cet accusé, à cet inconnu, ce qu’il était venu faire et qui il cherchait. Le pauvre homme lui assura bien humblement qu’il n’avait pas de mauvaises intentions, mais était simplement à la rechercheen quête de quelques-uns de ses voisins qui avaient l’habitude de fréquenter la taverne.

« Bien. — Qui sont-ils ? — Nommez-les. »

Rip rassembla un moment ses penséesse recueillit un moment et demanda : « Où est Nicolas Vedder ? »

Il y eutse fit un silence de quelques instants. Enfin,instants ; enfin, un vieillard répondit d’une voix faiblegrêle et flûtée : « Nicolas Vedder ? Eh quoi ! il est mort et enterré depuis dix-huit ans. Il y avait dans le cimetière une stèle de bois, une plaque funérairetombe de boisExplication : La tombe de bois désigne ici le repère funéraire qui portait des informations sur Nicolas Vedder. On clarifie cet objet sans changer sa mort ni les dix-huit ans écoulés. qui racontait son histoire. Maisservait à dire tout ce qui le concernait ; mais elle est pourrie ; elle n’existe plus — elle nonnon plus.

— Où est Brom Dutcher ?

— Oh ! il est parti pour l’armée au commencement de la guerre. Les uns disent qu’il a été tué à l’assaut de Stony-Point, — d’autres qu’il s’est noyé dans une violente rafalebourrasque, au pied de Antony’s Nose. Je ne sais pas — il n’est jamais revenu.

— Où est Van Bummel, le maître d’école ?

— Il est aussi parti pour la guerre, a été un grand général de milice, une troupe de citoyens armésmiliceExplication : La milice est une troupe formée de citoyens armés. Le mot est conservé avec une brève définition., et fait maintenant partie du congrès. »

En apprenant ces tristes changements intervenus dans son pays natal, parmi ses amis, en se trouvant ainsi seul au monde, Rip sentit son cœur se serrer.s’en aller. Et puis chacune de ces réponses le troublait,l’embarrassait, car elles supposaient un temps si long. Elles parlaient desi énorme laps de temps ; elles avaient trait à des choses qu’il ne pouvait comprendre : la guerre — le congrès — Stony-Point. — IlStony-Point ; — il n’eut pas le courage de demander davantage de nouvelless’informer davantage de ses amis, mais s’écria dans un mouvement de désespoir : « N’y a-t-ilN’est-il donc personne ici qui connaisse Rip Van Winkle ?

— Oh ! Rip Van Winkle ! répliquèrent deux ou trois ; oh ! bien certainement ! Voilà Rip Van Winkle là-bas, appuyé contre un arbre. »

Rip regarda, et vit l’exacte copie de lui-même, tel qu’il était quand il s’était acheminé vers la montagne ; aussi paresseux, selon toute apparence, et certainement tout aussi déguenillé. Le pauvre homme était maintenant complètement bouleverséentièrement confondu. Il douta de sa propre identité : était-il lui-même ou un autre ?identité, s’il était lui-même ou un autre. Au milieu de son trouble l’homme au chapeau à pointescornes lui demanda qui il était et quel était son nom.

« Dieu le sait ! s’écria-t-il, complètements’écria-t-il tout hors de lui ; je ne suis pas moi-même — je suis un autre — c’est moi qui suis là-bas — non — c’est un autre dans mes souliers. — J’étais moi-même la nuit dernière, mais je me suis endormi sur la montagne, et l’on m’a changé mon fusil, et tout est changé, et je suis changé, et je ne peuxpuis dire quel est mon nom, ni qui je suis ! »

Les spectateurs commencèrent à se regarder les uns les autres, à secouer la tête, à cligner des yeux d’une façon très significativetrès-significative, et à se frapper le front avec leurs doigts. On se dit aussi à l’oreille qu’il fallait prendre lese saisir du fusil pour empêcher le vieillard de faire quelque malheur. À cette idéesuggestion, l’important personnage au chapeau à pointescornes se retira avec une certaine hâteprécipitation. En ce moment critique, une femme fraîche et accueillanteavenante perça la foule afin de jeter un coup d’œil sur l’homme à la barbe grise. Elle tenait dans ses bras un enfant joufflu, qui, effrayé par le regardles regards de Rip, se mit à pleurer. « Silence, Rip ! s’écria-t-elle ; taisez-vous, petit sot : le vieillard ne vous fera pas de mal. » Le nom de l’enfant, les traits de la mère, le son de sa voix, éveillèrent dans l’esprit de Ripson esprit un monde de souvenirs.

« Quel est votre nom, ma bonne femme ? lui demanda-t-il.

— Judith Gardenier.

— Et le nom de votre père ?

— Ah ! pauvre homme, son nom était Rip Van Winkle. Il y a vingt ans qu’il est partipartit de la maison avec son fusil, et jamais on n’a plus entendu parler de luin’en a plus entendu parler. — Son chien revint à la maison sans lui, mais s’il s’est tué, ou s’il a été enlevé par les AmérindiensIndiens, c’est ce que personne ne peut dire. Je n’étais alors qu’une petite fille. »

Rip n’avait plus qu’une question à poser, mais il la posaadresser, mais il le fit en balbutiant :

« Et votre mère ?

— Oh ! elle aussi estelle est morte, mais depuis quelque temps seulement ; un vaisseau sanguin s’est rompu chez elleelle se rompit un vaisseau dans un accès de colère contre un colporteur, un marchand ambulant,colporteur de la Nouvelle-Angleterre. »

Il y avait au moins dans cette nouvelle quelque chose de réconfortantconsolant. Le brave homme ne put se retenircontenir plus longtemps. Il prit sa fille et son enfant dans ses bras. « Je suis votre père ! s’écria-t-il — le jeune Rip Van Winkle autrefois — le vieux Rip Van Winkle aujourd’hui ! — Est-ce que personne ne reconnaît le pauvre Rip Van Winkle ? »

Tous étaient saisis d’étonnement ; mais enfin une vieille femme se sépara de la foule, s’avançavint en chancelant, porta sa main à son front, et, regardant un moment le visage de Rip sous sa mainle regardant par-dessous au visage pendant un moment, s’écria : « Mais assurément, c’est Rip Van Winkle — c’est lui-même ! Soyez le bienvenu parmi nous, vieux voisin. — Eh bien ! où étiez-vousavez-vous été pendant ces vingt longues années ? »

L’histoire de Rip fut vite racontéebientôt dite, car ces vingt années n’avaient été pour lui qu’une seule nuit. Les voisins ouvraient de grands yeux en l’écoutant ; on en vit quelques-uns se faire signe de l’œil et pousser leurs langues contre leurs joues, et l’important personnage au chapeau à pointescornes, qui, l’alarme dissipée, était revenu sur le champ de bataille, abaissa les coins de sa bouche et secoua la tête. — Là-dessus toute l’assemblée se mit à secouer la tête.

On décida néanmoins de demanderrésolut néanmoins de prendre l’avis du vieux Peter Vanderdonk, que l’on voyait s’avancer lentement sur la chaussée. C’était un descendant de l’historien de ce nom, qui écrivit un des premiers la chronique de la province. Peter était le plus ancien habitant du village, et très instruit de tous les événements merveilleux et des traditions des environsversé dans tous les événements merveilleux et les traditions du pays d’alentour. Il reconnut Rip immédiatement, et confirma son récitdire de la façon la plus satisfaisante. Il assura aux gens présents que son ancêtre l’historien avait transmis ce fait :à la compagnie que c’était un fait transmis par son ancêtre l’historien, que les monts CatskillKaatskill avaient toujours été hantés par des êtres étranges. On affirmait que le grand Hendrick Hudson, celui qui découvrit le premier la rivière et le pays, y passait une sorte de veilléetenait une espèce de veille tous les vingt ans avec son équipage de la Demi-Lune. Cela lui permettait ainsiavec son équipage de la Demi-Lune ; qu’il lui était ainsi permis de revoir le théâtre de ses aventures et de jeter un regard protecteurtutélaire sur le fleuve et la grande cité qui portent son nom. Il ajoutait que son père les avait vus une fois dans leur antique costume hollandais, jouant aux quilles dans un creux de la montagne, et que lui-même avait entendu, par unune après-midi d’été, le bruit des boules, qui ressemblait à des coups de tonnerre dans le lointain.