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Princes and princessesFamily storiesFairies and magicJourneys and adventures

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La Princesse Miao Shan

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Miao-ts’ing et Miao-yng enfermées dans le palais par ordre du roi s’adonnaient à la perfection, jeûnaient, récitaient les prières bouddhiques. Arriva le quinzième jour de la VIIIe lune, le bouddha Jou-lei sortit de sa pagode pour aller prendre part au festin du P’an-t’ao-hoei chez la déesse Wang-mou-niang-niang. Les deux gardiens de la pagode de Bouddha, le Lion vert et l’Éléphant blanc, dirent :

— Le maître est parti, pourquoi, nous aussi, n’irions-nous pas faire une promenade ?

Ils se transformèrent en deux jeunes gens, entrèrent dans une auberge pour y boire le vin, puis projetèrent de séduireméditèrent une campagne de galanterie avec les jeunes filles du royaume de Hing-ling. Pour mieux tromper les deux filles du roi enfermées dans le palais, ils prirent la figure de leur sœur Miao-chan et de sa suivante, et pénétrèrent ainsi dans la prison...

Bref ces deux mauvais génies les emportèrent dans la vallée des Fleurs où se trouvait la grotte des cinq sapins. Peu après les deux servantes Kiao-hong et Ts’oei-hong furent enlevéesravies à leur tour. Une tortue magiquetranscendante, vieille de mille ans, fut chargée de les garder dans cette grotte sauvage.

Le roi était sur le point de partir pour le pèlerinage de Hiang-chan ; trois ans s’étaient déjàdéjà s’étaient écoulés depuis sa guérison, quand il apprit la disparition de ses deux filles et de leurs servantes. Grand fut l’émoi à la cour, toutes les recherches furent infructueuses, on crut d’abord que les captives s’étaient évadées.

Le roi accompagné de tous les grands du royaume prit le chemin de Hiang-chan. La reine l’accompagnait. LeHiang-chan, la reine l’accompagnait, le grand général Tch’ou-lié et trois mille soldats de la garde servaient d’escorte. Après une première journée de marche, on arriva à Tch’eng-sing-hien. LaTch’eng-sing-hien, la grande salle du tribunal fut aménagée pour servir de chambre à coucher au roi et à la reine. Voilà qu’au milieu de la nuit un grand vent se mit à souffler. Lessouffler, les deux mauvais génies qui avaient enlevéravi les filles du roi et leurs servantes enlevèrent aussi le roi et la reine et les transportèrent dans une grotte profonde et obscure du rocher des mille Couches, au bord de la vallée des dix mille Fleurs, et au bas de la montagne des Sapins. Le matin venu, le mandarin local arrive pour présenter ses hommages au souverain, les gens de la cour se préparent au départ ; quand ils pénétrèrent dans les appartements ils ne trouvèrent plus trace du roi et de la reine. Deux servantes de la reine dirent qu’au moment où la tempête faisait rage, elles avaient aperçu deux géants entrer dans la grande salle, puis tout était rentré dans le calme. Il fut convenu que le ministre Tchao-tcheng irait aussitôtde suite à Hiang-chan implorer une fois encore la protection de l’immortelle qui déjà avait sauvé la vie du roi ; quant au général Tch’ou-lié il se mettrait à la tête des gardes du corps pour faire des recherchesperquisitions dans tout le pays, et essayer de retrouver les souverains. Les méchants génies apprirent que le ministre était en route pour Hiang-chan ; craignant à juste titre que la sainte de cette pagode ne leur enlèveravisse leurs captifs, ils députèrent la vieillevielle tortue magiquetranscendante dans la baie de Hiang-chan. Elle prit la forme d’un batelier.Hiang-chan, elle prit la forme d’un batelier, Tchao-tcheng monta sur la barque pour gagner l’îlel’ile de P’ou-t’ouo ; arrivé au milieu de la baie sans méfiance aucune, il fut emporté dans les airs et enfermé dans la grotte avec le roi et la reine.

Pendant ce contretempscontre temps de graves événements se passaient dans le royaume de Hing-ling : le fils de Ho-fong qui avait dix-huit ans quand son père fut décapité par ordre du roi Miao-tchoang, s’était sauvé dans le royaume de Ta-kan, il apprit que les mauvais esprits avaient enlevé le roi et la reine au cours du pèlerinage à Hiang-chan, et que le royaume était dégarni de ses meilleurs défenseurs, qui tous étaient à la recherche des souverains disparus. Sans perdre un instant, il emprunte trente mille soldats à Tch’e-lou-hoa prince de cette contrée, tombe à l’improviste sur le royaume de Hing-ling, et s’empare du pouvoir sans combattrecoup férir. Son premier soin fut de délivrer sa mère qu’il croyait encore enfermée dans le palais, mais on lui apprit que depuis longtemps elle avait été enlevée ; personne ne connaissait le lieu de sa retraite. Ho-tchao-yang devenu maître incontesté de tout le royaume prit le titre de Yuen-ta-ou, et désireux de partager ses succès et son bonheur avec sa mère, il la fit rechercher activement dans toutes les contrées voisines.

Miao-chan dans sa retraite de Hiang-chan apprit soudain que dix-huit rois des diables s’étaient évadés et jetaient la terreur parmi les mortels. Déjà Li-t’ien-wang était parti avec toute son armée pour les combattre, et Miao-chan reçut l’ordre d’accompagner Li-jen second fils de Li-t’ien-wang dans son expédition contre les mauvais esprits. Avant son départ elle fit ses recommandations à Chan-tsai et à Long-niu leur annonçant que pendant son absence le roi Miao-tchoang accompagné de la reine Pé-ya viendraitviendraient bien certainement à la pagode pour la remercier ; elle les chargea de les recevoir de sa part. Elle achevait à peine de parler qu’elle disparut sur les nuages dans la direction de l’ouest.

— Ici nous n’avons rien à faire, se dirent Chan-tsai et Long-niu, allons faire une promenade. Ils chargèrent le T’ou-ti, gardien local, de surveiller la pagode, d’entretenir le feu dans le brûle-parfums, et tous deux, sous la forme de deux moinesbonzes, arrivèrent rapidement dans le royaume de Hing-ling. Là, ils apprirent de la bouche d’un vieil eunuque les événements qui venaient de s’y passer. Le T’ou-ti protecteur du palais leur raconta l’enlèvement du roi et de la reine, transportés par le Lion vert et l’Éléphant blanc dans la grotte des mille Couches.

— Surtout, ajouta-t-il, gardez-vous bien de tomber entre les mains du prince actuellement régnant, car il hait les moinesbonzes, craignant toujours que le moinebonze médecin, qui a rendu la santé au roi, ne revienne lui disputer la couronne.

Chan-tsai et Long-niu retournèrent en toute hâte à Hiang-chan et tinrent conseil. Miao-chan est absente, le roi son père et la reine sa mère sont en captivité, esclaves de deux esprits pervers ; n’est-il pas de notre devoir d’aller les délivrer ? notre reconnaissance nous en fait un devoir !

L’armée céleste fut consignée. On délimita le champ d’action de chacunconsignée, à chacun on délimita son champ d’action. Le roi Yng et Keou-pi formaient l’avant-garde ; les cinq brillants et les trois saints constituèrent l’aile droite et l’aile gauche ; l’arrière-garde et la réserve étaient commandées par les cent vingt esprits célestes du ministère de T’ai-soei. Les soldats célestes au nombre de quatre cent mille combattants s’élancèrent vers la vallée des dix mille Fleurs, qu’ils cernèrent méthodiquement.

ÀA ce moment précis, les deux mauvais génies faisaient de la musique dans la grotte avec les deux servantes Kiao-hong et Ts’oei-hong. La tortue magiquetranscendante qui était de garde à l’entrée vit arriver l’armée ennemie ; vite elle avertit les deux génies, qui répondent tranquillement :

— Ne crains rien, nous nous chargeons de les mettre à la raison et de les lier tous.

Le Lion vert, ou génie du feuigné, envoya un mille-pattes surnatureltranscendant prier son frère Tou-houo-koei de lui porter secours.

L’Éléphant blanc, ou génie de l’eauaqueux, députa le serpent magiquetranscendant à double queue vers sa sœur cadette Wang-mou-niang-niang la supplier d’accourir avec son armée. Les deux envoyés se changèrent en deux petits moustiques, et volèrent à la vitesseavec la rapidité de l’éclair vers le but assigné.

Tou-houo-koei arrive avec ses cinq mille soldats de feu, ses roues de feuignées et ses corbeaux incandescents. Choei-mou-niang-niang amène ses cinq mille marins de l’océan oriental, toutes ses tortues et ses crabes surnaturelspréternaturels. EnDans un clin d’œil les soldats du ciel se trouvent entourés par de nouveaux renforts. Les deux génies sortent de leur antre, se transforment en deux rois célestes hauts d’environ douze mètresd’une taille de quarante pieds de hauteur, à trois têtes et à six mains, toutes armées d’armes destructricesd’engins destructeurs, l’un monte un léopard au pelageaux poils d’or, l’autre un loup à huit griffes, et jette dans les airs des pierres et du sable qui se changent en millions de soldats.

Wang-ling-koan vient se poster bravement devant eux, il était coiffé d’un casque, revêtu d’une cuirasse de fer et ceint de la ceinture aux neuf dragons, il avait chaussé ses bottes qui l’empêchaient de coulerinsubmersibles et tenait à la main son fouet de bambous noueux, la terreur des diables ; fier sur son mystérieux coursier, le ‘Pompeur d’eau et le Propulseur de feu’, il provoque et invective l’Éléphant blanc :

— Vilaine bête, au long nez en pompe aspirante, pourquoi ne restes-tu pas à garder la porte de Bouddha, et viens-tu jeter le trouble dans ce bas monde ? Reconduis au plus vite le roi Miao-tchoang dans son royaume pour te faire pardonner tes sots propos, sans quoi mon fouet va te réduire en miettes.

Les deux génies lui répondent par des injures.

— Pourquoi t’occupes-tu de nos affaires, tu t’en vas écouter les plaintesrécriminations de cette bestiole de Chan-tsai, et sans motif aucun tu viens nous assiéger dans notre retraite ; si tu nous donnes la paix, nous te pardonnons, mais si tu ne t’enfuis pas sur-le-champsur l’heure, tu vas te trouver sans route pour monter au ciel et sans porte pour entrer en terre. Wang-ling-koan charge bravement à la tête de ses troupes. Le Lion vert, esprit du feu, souffle un tourbillon de flammes hautes de plusieurs dizaines de kilomètrescent mille pieds, Tou-houo-koei arrive avec ses roues et ses corbeaux de feu, tout le ciel est embrasé. Choei-mou-niang-niang soulève les eaux des cinq lacs qui, semblables à un immense raz-de-marée,lacs, qui semblables à un immense raz de marée, submergent la plaine et apportent ses tortues et ses crabes magiquestranscendants.

Les soldats célestes, pris entre le feu et l’eau, se trouvèrent suspendus dans les airs, cernés en bas et en haut, obligés de défendre à la fois leurs pieds et leur tête. Latête, la situation devenait critique. Chan-tsai et Long-niu tinrent conseil :

— Ces animaux féroces sont terriblement redoutables, quel moyen employer pour les dompter ?

Long-niu ajouta :

— J’ai entendu dire que sur la montagne de Houo-yen habite Hong-hai-koei (Le diable l’Enfant rouge), dont le corps a été durci dans le feu pendant trois jours entiers ; va le prier de nous venir en aide avec ses soldats. Pour moi,soldats, pour moi j’irai trouver mon grand-père Long-wang le roi des mers du sud, qui viendra à notre secours avec ses fils. De cette façon,fils, de cette façon nous combattrons le feu par le feu et l’eau par l’eau, la victoire ne peut nous échapper. Cachons soigneusement notre plan de bataille et maintenons nos troupes sur la défensive.

Tous deux disparaissent sur les nuages et volent chercher des renforts. Chan-tsai et l’Enfant rouge suivis de toute son armée rencontrèrent à mi-route Long-wang et ses fils qui avaient mobilisé leurs troupes. Hong-hai-koei devait charger l’ennemi à l’ouest, et Long-wang au sud.

Chan-tsai partit en toute hâte pour communiquer à son armée les plans du combat. Soudain le canon gronde à l’ouest. La vieille tortue magiquetranscendante court en trébuchant annoncer aux deux génies que les armées de renfort arrivaient. C’était le signal du combat. Wang-Ling-koan et ses troupes chargent l’Éléphant blanc, Wang-mou-niang-niang soulève d’énormes vagues, pour le protéger, mais l’Enfant rouge souffle un déluge de feu, et l’eau chauffée comme dans une chaudière devient brûlante ; Wang-mou-niang-niang et ses soldats échaudés par cette eau bouillante, accablés par une pluie de flèches embrasées durent lâcher pied ; elle se sauve à Se-tcheou avec les débris de son armée, et l’Éléphant blanc à demi brûlérôti cherche un lieu de refuge sur la montagne Ts’ing-liang-chan. Le Lion vert et Tou-houo-koei, attaqués d’un côté par l’armée du maréchal Yng, de l’autre inondés, submergés par une nappe d’eau que Long-wang venait de soulever, ne réussissent qu’avec peine à gagner une haute caverne sur le versant de la roche aux cinq sapins. Tou-Kouo-koei et les siens s’enfuient en toute hâte vers la montagne de Tong-tsieou. La bataille était gagnée, mais les captifs n’étaient pas encore retrouvés, et les deux génies malfaisants avaient pu s’évader.

Miao-chan après la fête du P’an-t’ao-koei venait à Hiang-chan ; au moment de se séparer de Jou-lai, elle aperçut du haut des nuées du ciel les deux mauvais génies dans la vallée des dix mille Fleurs, ses parents et sœurs captives dans la grotte.

— Pourquoi, dit-elle à Bouddha, laissez-vous l’Eléphant blanc et le Lion vert mettre le désordre dans ce bas monde et molester ma famille ?

— Soyez tranquille, dit Jou-lai, je me charge de les faire reprendre et de les punir.

Dès qu’il fut de retour, il commanda aux quatre grands King-kang d’aller saisir ces deux malfaiteurs et de les lui amener après avoir délivré tous les parents de Miao-chan. Ils conduisirent Miao-chan à la grotte, ouvrirent les flancs de la montagne et mirent en liberté tous les captifs. Miao-chan avait pris la figure d’un moinebonze pour ne pas se faire reconnaître. Le roi, la reine, et tous les autres captifs remercièrent le moinebonze avec effusion, et promirent de se rendre à Hiang-chan dès que les troubles qui venaient de s’élever dans le royaume seraient apaisés. Le maréchal Tch’ou-lié et ses troupes rentrèrent dans le royaume de Hing-ling, firent le siège de la capitale, chassèrent l’usurpateur, et rétablirent le roi Miao-tchoang sur son trône. L’ordre rétabli, les souverains résolurent d’accomplir leur pèlerinage d’actions de grâces à Hiang-chan.

Miao-chan chargea Chan-tsai de recevoir le roi et la reine quand ils vinrent lui offrir de l’encens et leurs plus vifs remerciementsl’expression de leur plus vive reconnaissance ; elle-même se plaça sur l’autel, se montra à eux privée de ses yeux et de ses mainsles yeux arrachés, les mains coupées et toute ruisselante de sangExplication : Le modernisé conserve l’événement et ses conséquences, mais atténue les détails corporels ou la méthode pour une lecture par les enfants. L’imprimé est conservé dans l’original.. Le roi reconnut sa fille Miao-chan et se reprocha amèrement de l’avoir condamnée à mort. La reine tomba évanouie à ses pieds, ses sœurs fondaient en larmes. Miao-chan prit alors la parole et les consola :

— Le jour où on me mit à mort, le gardien du sol, sous la figure d’un tigre, me porta dans le bois de sapins. Monsapins, mon âme alla visiter les dix sections de l’enfer, et revint ensuite prendre possession de mon corps. Jou-lai me plaça à Hiang-chan, afin que je parvienne au sommet de la sainteté. Tousfaîte de la sainteté, tous les esprits célestes m’honorent du titre de Bouddha de Hiang-chan. Pour vous punir de la mort de tant d’hommes qui périrent pendant les guerres avant votre couronnement, et aussi pour venger l’incendie de la pagode de l’Oiseau blanc, Yu-hoang vous affligea d’ulcères ; ce fut alors que je me changeai en moinebonze pour vous guérir, puis je vous donnai mes mains et mes yeux avec lesquels je préparai le remède qui vous rendit la santé. C’est moi encore qui obtins de Bouddha votre liberté quand vous étiez captifs des deux mauvais esprits, j’accompagnai les quatre grands King-kang qui s’emparèrent de vos persécuteurs et vous tirèrent de la grotte obscure où vous étiez gardés à vue ; afin de ne pas me faire reconnaître, je vous apparus encore sous l’habit d’un moinebonze.

Miao-ts’ing et Miao-yng qui gémissaient amèrement en contemplant ses blessuresblessures sanglantes, lui dirent :

— Chère sœur, comment pourrions-nous bien te guérir ?

Miao-chan reprit :

— Je suis la très miséricordieuse, il suffit que le roi mon père adore le ciel, et alors mes yeux et mes mains repousseront. ÀA ces mots, le roi se prosterne le front contre terre, offre de l’encens, adore le ciel, la terre, le soleil et la lune en disant d’une voix entrecoupée de sanglots :

— J’ai commis un crime en tuant ma fille, qui vient de sacrifier ses mains et ses yeuxyeux pour ma guérison.

ÀA peine ces paroles furent-elles prononcées, que Miao-chan reprit sa figure normale, et descendit de l’autel vers ses parents et ses sœurs. Sonsœurs, son corps avait repris son intégrité première ; devant cette beauté parfaite, tous pleurèrent de joie en se retrouvant en famille.

— Eh bien !, reprit Miao-chan, en s’adressant à son père, me forcerez-vous encore à me marier, et m’empêcherez-vous encore de me vouer à la perfection ?

— Ne parle plus de cela, ma fille, j’ai eu tort ; si tu n’étais pas arrivée à la perfection, maintenant je ne serais plus vivant. J’ai pris la résolution d’échanger mon sceptre contre la vie parfaite, que je veux mener désormais en ta compagnie.

Alors, en présence de toute la cour il s’adresse à Tchao-tcheng son grand ministre :

— Votre dévouement au service de l’État vous a rendu digne de porter la couronne, je vous la donne.

La cour proclama Tchao-tcheng roi de Hing-ling, fit ses adieux à Miao-tchoang et reprit le chemin du royaume, accompagnant son nouveau souverain.

Bouddha s’était fait amener l’Éléphant blanc et le Lion vert, il était sur le point de leur signifier une condamnation éternellesentence d’éternelle damnation ; la miséricordieuse Miao-chan eut pitié de ces deux grands coupables, et intercéda pour eux.

— Vous ne méritez à vrai dire aucun pardon, mais je ne puis rien refuser aux prières de Miao-chan dont la compassion est sans limites, je vous remets entre ses mains pour la servir et lui obéir en tout, suivez-la.

Miao-chan amena ces deux génies devant ses sœurs :

— Les reconnaissez-vous ?, leur dit-elle.

ÀA cette vue, elles se sentent transportées de colère contre ces misérables qui les avaient traitées si indignement.

— Maintenant que vous avez renoncé à la vie du mondequitté le siècle, soyez miséricordieuses, apaisez le ressentiment de vos cœurs, ces génies se plieront désormais à toutes mes volontés, Bouddha vient de les remettre à ma disposition.

Chan-tsai prépara des chambres pour le roi, la reine et ses deux sœurs, et des aliments sans viandemaigres pour le repas de famille. Tous désormais sous la conduite de Miao-chan ne seront plus occupés que de leur perfection.

L’esprit de garde ce jour-là annonce l’arrivée d’un messager du roi du ciel Yu-hoang. T’ai-pé-king-sing portait un édit divin qu’il remet avec respect entre les mains de Miao-chan ; il était ainsi conçu :

« Moi, l’Auguste empereur, je te fais savoir ce qui suit : le roi de Hing-ling Miao-tchoang, oublieux du ciel et de l’enfer, des six vertus et de la réincarnationmétempsycose, a mené une vie coupable, mais tes neuf années de vie pénitente, la piété filiale qui t’a fait sacrifier ton propre corps pour procurer sa guérison, en un mot toutes tes vertus ont racheté ses fautes, tes yeux voient toutes les bonnes et les mauvaises actions du monde, ton oreille entend toutes les paroles des hommes, et tu es l’objet de ma très spéciale affection. C’est pourquoi je proclame le présent décret de canonisation.

Miao-chan aura le titre de : ‘P’ou-sah très miséricordieuse et très compatissante, salut des affligés, miraculeuse et toujours secourable protectrice des humains’. Du haut du trône précieux de fleurs de lotus, tu seras la souveraine des mers du Sud et de l’île de P’ou-t’ouo. Tes deux sœurs d’abord éprises des plaisirs mondains se perfectionneront peu à peu et arriveront à la perfection souveraine.

Miao-ts’ing aura le titre de : ‘P’ou-sah très vertueuse, toute belle, montant le Lion vert’.

Miao-yng est honorée du titre de : ‘P’ou-sah très vertueuse et toute resplendissante, montant l’Éléphant blanc’.

Le roi Miao-tchoang est élevé à la dignité de : ‘P’ou-sah vainqueur vertueux, intendant des immortels’.

La reine Pé-ya reçoit le titre de : ‘P’ou-sah des dix mille vertus, intendante des femmes célèbres’.

Chan-tsai est gratifié du titre honorifique de : ‘Adolescent d’or’.

Long-niu a pour titre d’honneur : ‘Adolescent de jade’.

Dans tous les siècles l’encens brûlera devant toute ta famille canonisée. »

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Question 1 / 3

À quelle figure du bouddhisme la légende de Miao Shan est-elle liée ?