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Fantômes et espritsHistoires d’amourÉnigmes et secrets

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La Légende de Sleepy Hollow

Version du texte

Les choses allèrent ainsi pendant quelque temps sans changer réellement la situation des deux puissances en guerresans produire aucun effet matériel sur la situation respective des puissances belligérantes. Par un bel après-midi d’automne, Ichabod, pensif et rêveur, trônait sur son haut tabouret. De là, il avait l’habitude de veiller à tous les intérêts de son petit royaume littéraire. Sa main brandissait la palette dont il frappait les élèves, emblème de son pouvoir despotique. Derrière le trône, la baguette de justice reposait sur trois clous, perpétuelle terreur pour les méchants. Sur le pupitre placé devant lui s’étalaient divers articles de contrebande et armes interdites, confisqués à des polissons désœuvrés : pommes à moitié mâchées, petits tubes pour lancer des projectiles, toupies, cages à mouches et légions entières de petits coqs de combat en papier.Par une belle après-midi d’automne, Ichabod, pensif et rêveur, était assis trônant sur le tabouret élevé d’où il avait coutume de veiller à tous les intérêts de son petit royaume littéraire ; sa main brandissait la férule, emblème de son pouvoir despotique ; la verge de justice reposait sur trois clous derrière le trône, perpétuelle terreur pour les méchants ; tandis que sur le pupitre placé devant lui se pouvaient voir divers articles de contrebande et armes prohibées saisis sur les personnes de polissons désœuvrés, tels que pommes à moitié mâchées, canonnières, pirouettes, cages à mouches, et des légions tout entières de petits coqs de combat en papier. Apparemment il y avait eu quelque terrible acte de justice récemment accompli, car ses élèves étaient tous ardemment appliqués sur leurs livres, ou chuchotaient adroitement derrière, un œil fixé sur le maître, et il régnait dans la classe une espèce de bourdonnante tranquillité. Elle fut tout à coup interrompue par l’arrivée d’un homme noirnègreExplication : Remplace une désignation raciale aujourd’hui offensante, en conservant la personne et son rôle. en veste et en culotte de toile grossièreen jaquette et en culotte d’étoupe, avec quelque chose qui ressemblait vaguement à un chapeauun à peu près de chapeau, rond et en forme de couronne, comme le chapeau de Mercure, et monté sur le dos d’un ânon tout éraillé, à l’air effarouché, et aux trois quarts usé, qu’il dirigeait avec une corde en guise de licolen guise de licou. Il arriva avec fracas à l’école, porteur d’une invitation pour Ichabod : un joyeux banquet, une « piquante folie », aurait lieu le soir même chez Meinherr Van Tassel. Il transmit son message d’un air important, en s’efforçant de bien parler. Puis il franchit le ruisseau comme une flèche. On le vit remonter précipitamment le vallon, convaincu de l’importance et de l’urgence de sa mission.Il arrivait avec fracas à l’école, porteur d’une invitation pour Ichabod à assister au joyeux banquet, à la « piquante folie », qui devait avoir lieu le soir même chez Meinherr Van Tassel ; et s’étant acquitté de son message avec cet air d’importance et cette prétention au beau langage qu’un nègre est enclin à déployer dans les petites missions de ce genre, il franchit le ruisseau comme un trait, et l’on put le voir remontant précipitamment le vallon, pénétré de l’intérêt et de l’urgence de son mandat.Explication : Retire une généralisation raciale offensante pour les enfants. Le sérieux du messager reste présent. Les propositions emboîtées et les expressions anciennes sont reprises dans une syntaxe actuelle. Les descriptions, énumérations, métaphores, plaisanteries et faits restent présents dans le même paragraphe.

Tout était maintenant agitation et vacarme dans la classe encore si tranquille un instant plus tôt.Tout était maintenant agitation, vacarme dans la classe naguère encore si tranquille. Les élèves eurent à expédier leurs leçonsà dépêcher leurs leçons sans s’arrêter aux bagatelles ; ceux qui étaient agiles en sautèrent impunément la moitié, et ceux qui n’avaient pas la même rapiditéprestesse reçurent de temps à autre par derrière une cuisante correctionune cuisante admonition, pour stimuler leur zèle ou les aider à franchir un mot redoutableà cette fin de stimuler leur zèle ou de les aider à doubler un mot formidable. Les livres furent jetés au loin, sans qu’on prenne la peine de les ranger sur les étagères. Les encriers furent renversés, les bancs mis sens dessus dessous. Toute l’école fut renvoyée une heure plus tôt que d’habitude. Les enfants s’échappèrent comme une légion de diablotins, glapissant et vociférant en courant sur le gazon, tout joyeux de leur libération anticipée.Les livres furent jetés au loin, sans qu’on se donnât la peine de les serrer sur les rayons, les encriers renversés, les bancs mis sens dessus dessous, et toute l’école licenciée une heure plus tôt que l’heure habituelle, s’échappant comme une légion de diablotins, glapissant et vociférant en courant sur le gazon ; tout joyeux de leur émancipation prématurée.

L’amoureux Ichabod passa alors au moins une demi-heure de plus que d’habitude à se préparer. Il brossa et nettoya son meilleur habit, à vrai dire son unique habit, d’un noir de rouille. Il arrangea aussi ses cheveux devant un morceau de miroir cassé accroché dans l’école.L’amoureux Ichabod dut alors passer à sa toilette au moins une demi-heure de plus qu’à l’ordinaire, brosser et fourbir son meilleur, et à vrai dire unique habit noir de rouille, et s’arranger les cheveux devant un morceau de miroir cassé qui était accroché dans l’école. Afin de pouvoir paraître devant sa maîtresse dans le véritable style d’un cavalier, il emprunta un cheval au fermier chez lequel il était domicilié, un vieux Hollandais colériqueun vieux Hollandais colère du nom de Hans Van Ripper, et, ainsi galamment monté, se mit en routese mît en campagne comme un chevalier errant en quête d’aventures. Mais, pour suivre les bonnes traditions du récit romanesque, je devrais décrire un peu l’apparence et l’équipement de mon héros et de sa monture.Mais il serait à propos que, suivant les saines traditions du récit romanesque, je donnasse quelque description de la mine et de l’équipement de mon héros et de son coursier. L’animal qu’il montait était un cheval de charrue hors d’usage, à qui les annéesà qui les ans n’avaient guère laissé que ses vices. Il était maigre et velu, avec un cou de brebis et une tête qui ressemblait à un marteau ; sa crinière et sa queue, d’un noir sale, étaient entremêlées de cotylédons ; un œil avait perdu sa pupille et était vitreux comme celui d’un spectre ; mais un franc démon prêtait à l’autre son éclat. Pourtant il devait avoir eu du feu, de l’ardeur dans son temps, si l’on peut en jugersi l’on en peut juger d’après son nom, qui était Gunpowder (Poudre à canon). Il avait en fait été le coursier favori de son maître, l’irascible Van Ripper. Celui-ci était un cavalier fougueux et avait très probablement transmis à l’animal quelque chose de son propre caractère. Car, si vieux et hors de service qu’il paraisse, le cheval avait plus du démon en lui que n’importe quel jeune poulain de la contrée.Il avait été, dans le fait, le coursier favori de son maître, l’irascible Van Ripper, lequel était un furieux cavalier, et avait très-probablement communiqué à l’animal quelque chose de son propre caractère ; car vieux et hors de service comme il paraissait, il y avait en lui plus du démon que dans n’importe quel jeune poulain de la contrée.

Ichabod était une figure bien assortieune sortable figure pour un semblable coursier. Ses pieds étaient dans des étriers trop courts, qui amenaient ses genoux presque au niveau du pommeau de la selle. Ses coudes pointus sortaient comme ceux d’une sauterelle. Il tenait son fouet bien droit dans sa main, comme un sceptre. Pendant que son cheval avançait par saccades, ses bras bougeaient comme deux ailes qui battent.Il avait les pieds dans des étriers trop courts qui amenaient ses genoux presque au niveau du pommeau de la selle ; ses coudes pointus sortaient comme ceux d’une sauterelle ; il tenait son fouet perpendiculairement dans sa main, ainsi qu’un sceptre, et pendant que son cheval avançait par saccades, le mouvement de ses bras ressemblait assez au battement de deux ailes. Un petit bonnet de laine reposait sur le haut de son nez, car on pouvait appeler ainsi l’étroite bande de son front ; et les basques de son habit allaient flotter presque jusque sur la queue du cheval. Voilà le spectacle qu’offraient Ichabod et sa monture lorsqu’ils franchissaient, lourds et gauches, le seuil de la porte de Hans Van Ripper. On voit rarement un pareil spectacle en plein midi.Tel était le coup d’œil qu’offraient Ichabod et son coursier, alors qu’ils passaient lourds et gauches le seuil de la porte de Hans Van Ripper ; et c’était vraiment un spectacle tel qu’on en voit rarement en plein midi.

C’était, comme je l’ai dit, une belle journée d’automne ; le ciel était pur et serein, et la nature avait endossé cette éclatante et riche livrée que nous associons toujours à l’idée d’abondance. Les forêts avaient revêtu leurs mélancoliques couleurs brune et jaune, tandis que quelques arbres, des espèces les plus fragilesde l’espèce la plus tendre, pincés par les gelées, étalaient leurs teintes brillantes d’orangé, de pourpre et d’écarlate. De fuyantes troupes de canards sauvages commençaient à faire leur apparition au haut des airs ; on pouvait entendre le cri de l’écureuil sortir des bouquets de hêtres et de noyers, et le sifflement pensif de la caille, s’échappant par intervalles du chaume de quelque champ voisin.

Les petits oiseaux savouraient leurs banquets d’adieu. Dans l’enivrement de leur bruyante fête, ils battaient des ailes, gazouillant et se jouant d’arbre en arbre, de buisson en buisson, rendus capricieux par la profusion et la variété mêmes qui les entouraient. C’était l’honnête rouge-gorge, gibier favori des chasseurs adolescents, avec son cri vibrant et plaintif ; et les merles aux notes précipitées, s’envolant par bandes noires ; et le pivert aux ailes d’or avec son panache cramoisi, son large gorgerin noir et son plumage splendide ; et l’oiseau du cèdre, avec ses ailes nuancéesses ailés nuancées de rouge et sa queue nuancée de jaune, et son petit bonnet de cavalier, fait de plumes ; et le geai bleu, ce coquet bavardce muscadin bavard, dans son élégant habit bleu clair et son blanc vêtement de dessous, jetant des cris aigus et caquetant, remuant la tête et frappant du bec et faisant la révérence, et affectant d’être en de bons termes avec tous les chantres du bocage.

Tandis qu’IchabodCependant qu’Ichabod avançait lentement et par secousses, son œil, toujours ouvert au moindre signe d’abondance culinaireau moindre symptôme d’abondance culinaire, s’égarait avec délices sur les trésors de l’automnetrésors dé l’automne. Partout il voyait d’immenses quantités de pommes, celles-ci étageant sur les arbres leur massive opulence, celles-là serrées pour le marché dans des paniers et des barils, d’autres amoncelées en piles étincelantes pour le pressoir au cidre. Plus loin, il découvrait d’immenses champs de maïs. Les épis d’or perçaient sous leur couverture de feuilles, faisant briller à ses yeux la promesse de gâteaux et de bouillie. Au pied des tiges, les citrouilles jaunes tournaient vers le soleil leurs belles panses arrondies : elles lui ouvraient de vastes perspectives de tourtes des plus savoureuses. Puis voilà qu’il traversait des champs de sarrasin parfumés, respirant l’odeur de la ruche. Tandis qu’il les contemplait, son esprit mordait déjà doucement dans de savoureux gâteaux, bien beurrés et garnis de miel ou de mélasse par la délicate petite main à fossettes de Katrina Van Tassel.Plus loin il découvrait d’immenses champs de blé de Turquie, avec ses épis d’or perçant sous leur couvert de feuilles, qui faisaient briller aux yeux la promesse de gâteaux et de bouillie ; et les citrouilles jaunes couchées au pied, qui tournaient du côté du soleil leurs belles panses arrondies et dévoilaient d’amples perspectives de tourtes des plus savoureuses ; et puis voilà qu’il traversait des champs de sarrasin parfumés, respirant l’odeur de la ruche ; et comme il les contemplait, son esprit mordait doucement, par anticipation, à de friands gâteaux bien beurrés et garnis de miel ou de mélasse par la délicate petite main à fossettes de Katrina Van Tassel.

Nourrissant ainsi son esprit d’une foule de douces pensées et « d’hypothèses sucrées », il faisait route le long des flancs d’une chaîne de collines qui encaissent quelques-unes des plus charmantes scènes qu’offre le majestueux Hudson. Le soleil, tournant sur ses roues, plongeait peu à peu son large disque à l’ouestdans l’Occident. Le vaste sein du Tappaau Zee dormait, immobile et lisse comme un miroir. Çà et là seulement, une douce ondulation balançait et prolongeait l’ombre bleue d’une montagne lointaine.Le vaste sein du Tappaau Zee dormait immobile et poli comme un miroir, hormis que çà et là une molle ondulation balançait et prolongeait l’ombre bleue d’une montagne lointaine. Quelques nuages ambrés flottaient dans le ciel sans trouver un souffle d’air pour les pousser. L’horizon était d’une jolie teinte d’or se fondant graduellement dans un vert-pomme clair, pour de là passer au bleu foncé de la voûte céleste. Un oblique rayon s’attardait sur les crêtes boisées de précipices avançant au-dessus de quelques parties du fleuve, donnant plus de profondeur aux nuances gris sombre et pourprée de leurs flancs rocheux. Un voilier à un mâtUn sloop se berçait dans le lointain et descendait lentement avec le courant, sa voile négligemment adossée contre le mât ; et comme le reflet du ciella réflexion du ciel faisait courir la lumière sur l’onde silencieuse, il semblait que l’embarcation fût suspendue dans l’air.

La nuit était presque tombée quand Ichabod arriva au château du seigneur Van Tassel. Il y trouva réunis en foule ceux dont les pays voisins tiraient le plus de fierté, la fleur de leur population.Il y trouva réunis en foule l’orgueil et la fleur des pays circonvoisins. De vieux fermiers, race sèche à face de cuir, aux habits et aux culottes confectionnés à la maison, aux bas bleus ; aux énormes souliers et aux splendides boucles d’étain. Leurs petites femmes pétulantes et ridées, aux bonnets gaufrés serré, aux robes courtes à taille longue, aux jupons façonnés au logis, avec des ciseaux et des pelotes, et d’éclatantes poches de coton imprimépoches d’indienne suspendues au côté. De fortes filles, presque aussi mal habilléesmal affublées que leurs mères, excepté quand un chapeau de paille, un joli ruban, ou, parfois, une robed’aventure, une robe blanche, témoignaient des innovations de la ville. Les fils, en habits courts à larges basques, avec des rangées de boutons de cuivre prodigieux, et leurs cheveux généralement en queue, suivant la mode du temps, surtout quand ils avaient pu se procurer une peau d’anguille pour la circonstance, cette peau étant réputéeétant ladite peau réputée dans tout le pays très-efficace pour nourrir et fortifier les cheveux.

Mais le héros de la fête, c’était Brom Bones, venu à l’assemblée sur son coursier favori, Daredevil (Affronte-démon), une créature pleine d’ardeur et de malice, comme lui-même, et que personne d’autre ne pouvait maîtriser.créature, comme lui-même, pleine d’ardeur et de malice, et que nul autre que lui ne pouvait gouverner. On savait en effet qu’il préférait les animaux indociles, capables de toutes sortes de manœuvres qui risquaient à chaque instant de faire se rompre le cou au cavalier. Il jugeait un cheval docile et bien dressé indigne d’un franc luron.Il était, défait, connu pour préférer les animaux vicieux, adonnés à toutes sortes de manéges qui mettaient continuellement le cavalier en danger de se rompre le cou, car il tenait un cheval docile et bien dressé pour indigne d’un franc luron.

J’aimerais bien m’arrêter pour décrire tous les charmes qui apparurent aux yeux enchantés de mon héros lorsqu’il entra dans le salon de réception du seigneur Van Tassel.J’aurais bien envie de m’arrêter pour m’appesantir sur le monde de charmes qui se dévoila aux regards enchantés de mon héros quand il fit son entrée dans le salon d’apparat du seigneur Van Tassel. Non ceux des robustes filles de fermiers, avec leur appétissant étalage de rouge et de blanc, mais les charmes solides d’une vraie table de thé hollandaise à la campagne, pendant la riche saison d’automne. Une étourdissante accumulation d’immenses plats remplis de gâteaux d’espèces diverses et presque impossibles à décrire, connues seulement des ménagères hollandaises expérimentées. On y voyait le pesant gâteau de noisettes, le oly koek, plus délicat, et le cruller, qui casse et qui s’émiette ; gâteaux sucrés et non sucrés, gâteaux au gingembre et gâteaux au miel, et toute la famille des gâteaux. Et puis c’étaient des tourtes aux pommes, et des tourtes aux pêches, et des tourtes aux citrouilles, sans parler de tranches de jambon et de bœuf fumé ; et puis encore de délicieux plats de prunes, de pêches, de poires et de coings en conserves ; pour ne rien dire des aloses grillées et des poulets rôtis, ainsi que des jattes de lait et de crème, le tout confondu pêle-mêle, à peu près comme je les ai énumérés, la théière maternelle placée au centre et de là faisant monter ses nuages de vapeur. — Que le ciel me vienne en aide ! Je manque de souffle et de temps pour examiner ce banquet comme il le mérite, et je suis bien trop pressé de continuer mon histoire.— Le ciel me vienne en aide ! je manque d’haleine et de temps pour étudier ce banquet comme il le mérite, et suis bien trop pressé de continuer mon histoire. Heureusement Ichabod Crane n’était pas dans un aussi grand embarras que son historien, et il rendit amplement justice à toutes ces friandises.

C’était une bonne et reconnaissante créature. Son cœur se dilatait à mesure que sa peau se gonflait sous l’effet des bons plats. La nourriture lui éveillait l’esprit comme la boisson le fait chez certains hommes.C’était une bonne et reconnaissante créature, dont le cœur se dilatait à mesure que sa peau se gonflait sous la bonne chère, et dont la nourriture éveillait les esprits comme fait la boisson pour certains hommes. En mangeant, il ne pouvait d’ailleurs s’empêcher de rouler ses gros yeux autour de lui. Il se berçait de l’espoir de posséder un jour toute cette richesse et cette splendeur presque inimaginables.Il ne pouvait d’ailleurs s’empêcher de rouler en mangeant ses gros yeux autour de lui, et de se bercer de la possibilité qu’il pourrait un jour être possesseur de toute cette scène de richesse et de splendeur presque inimaginables. Alors, pensait-il, comme il aurait bientôt fait de tourner le dos à la vieille écolede montrer les épaules à la vieille école, de faire claquer ses doigts sous le nez de Hans Van Ripper et de tout autre avare Mécène, et de chasser à grands coups de pied de chez lui tout pédagogue ambulant qui aurait l’audace de le traiter de camarade.

Le vieux Baltus Van Tassel circulait au milieu de ses hôtes. Son visage, rond et souriant comme la pleine lune, s’épanouissait de contentement et de bonne humeur.Le vieux Baltus Van Tassel circulait au milieu de ses hôtes, le visage dilaté par le contentement et la bonne humeur, rond et souriant comme la pleine lune. Ses marques d’hospitalité étaient brèves, mais expressives. Elles se limitaient àSes attentions hospitalières étaient courtes, mais expressives, se bornant à une poignée de main, une tape sur l’épaule, un bruyant éclat de rire, et l’invitation pressante : « Tombez sur les plats, et qu’on se serve. »

Bientôt le son de la musique, partant de la pièce commune, ou grande salle, vint donner le signal de la danse. Tous les musiciens se résumaient à un vieil homme noir aux cheveux grisLes musiciens se composaient d’un vieux nègre à tête griseExplication : Conserve la plaisanterie de l’orchestre composé d’un seul musicien et remplace la désignation raciale aujourd’hui offensante. qui avait été l’orchestre ambulant du voisinage pendant plus d’un demi-siècle. Son instrument était aussi vieux, aussi délabré que lui. La plupart du temps, il raclait deux ou trois cordes en accompagnant chaque mouvement de l’archet d’un mouvement de tête. Chaque fois qu’un nouveau couple allait se mettre à danser, il s’inclinait presque jusqu’à terre et frappait du pied.La plupart du temps il raclait sur deux ou trois cordes, accompagnant d’un mouvement de tête chaque mouvement de l’archet ; s’inclinant presque jusqu’à terre et frappant du pied toutes les fois qu’un nouveau couple allait partir.

Ichabod était aussi fier dese piquait autant de son talent pour la danse que de ses qualités de chanteurque de ses facultés vocales. Ce jour-là, pas un membre de son corps ni une de ses fibres ne resta inoccupé. Si vous aviez vu sa charpente mal assurée en pleine activité, trépignant à travers la pièce, vous auriez cru que saint Vitus lui-même, ce bienheureux patron de la danse, dansait en personne devant vous.Ce jour-là il n’y eut pas un membre, pas une fibre en lui qui restassent inoccupés ; et si vous aviez vu sa charpente indécise en pleine activité, trépignant au travers de la chambre, vous auriez cru que saint Vitus lui-même, ce bienheureux patron de la danse, figurait en personne devant vous. Il faisait l’admiration de tous les spectateurs noirs. De tous âges et de toutes tailles, ils étaient venus de la ferme et du voisinage. Debout à chaque porte et à chaque fenêtre, ils contemplaient cette scène avec ravissement et souriaient largement.Il faisait l’admiration de tous les nègres, qui, s’étant rassemblés, de tous âges et de toutes grandeurs, de la ferme et du voisinage, se tenaient debout, formant une pyramide de faces noires reluisantes à chaque porte et à chaque fenêtre, contemplant cette scène avec ravissement, roulant leurs blanches prunelles, et montrant de grimaçantes rangées de palettes d’ivoire qui allaient d’une oreille à l’autre.Explication : Remplace une désignation raciale aujourd’hui offensante, en conservant les personnes présentes. Adoucit pour les enfants une caricature raciale dégradante, tout en conservant le plaisir du public. La construction ancienne est reprise aux articulations naturelles pour suivre les actions et leurs sujets. Les détails, images et degrés de certitude du passage sont conservés. Comment le fouetteur de bambins pouvait-il n’être pas joyeux et animé ! La dame de ses pensées dansait avec lui et souriait gracieusement en réponse à toutes ses œillades amoureuses, tandis que Brom Bones, douloureusement tourmenté par l’amour et la jalousiedouloureusement travaillé par l’amour et la jalousie, méditait tout seulétait à méditer tout seul dans un coin.

Illustration

La danse achevée, Ichabod fut attiré vers un groupe de gens plus posés. Avec le vieux Van Tassel, ils étaient assis à un bout du portique et fumaient. Ils bavardaient du temps passé et racontaient, d’un ton pesant, d’interminables histoires de guerre.La danse achevée, Ichabod fut attiré vers un groupe de gens plus posés, qui, avec le vieux Van Tassel, étaient assis fumant à un bout du portique, faisant des commérages au sujet du vieux temps et débitant lourdement d’interminables histoires à propos de la guerre.

Cette petite province, à l’époque dont je parle, était un de ces endroits particulièrement favorisés, riches en récits et en hommes illustresune de ces localités hautement favorisées qui abondent en chroniques et en grands hommes. Les troupes anglaises et américaines étaient passées le long de ses limitesl’avaient côtoyée pendant la guerre ; elle avait, par conséquent, été le théâtre de pillagesmaraudages, infestée de réfugiés, de Vachers, et de toute espèce de chevalerie des frontières. Juste assez de temps s’était écoulé pour que tous les conteurs puissent orner leur récit d’une gentille petite invention. Dans la confusion de leurs souvenirs, ils se donnaient le beau rôle dans tous les exploits.Il s’était écoulé juste assez de temps pour permettre à tous les conteurs d’histoires d’orner leur récit d’une gentille petite fiction, et, dans la confusion de leurs souvenirs, de se faire les héros de tous les exploits.

On racontaitC’était l’histoire de Doffue Martling, un Hollandais colossal à barbe bleue. Depuis un parapet en terre, il aurait, qui aurait pris une frégate anglaise avec un vieux canon en fer qui tirait des boulets d’environ quatre kilosde neuf en fer, d’un parapet en terreExplication : « Canon de neuf » désigne un canon tirant des boulets de neuf livres anglaises, soit environ quatre kilos. Le chiffre indique le poids du boulet, pas celui du canon., si celui-ci n’avait pas éclaté au sixième coup. Puis venait l’histoire d’unson canon n’avait pas éclaté à la sixième décharge ; et puis un vieux gentleman que je ne nommerai pas : c’est un Monsieur beaucoup trop riche pour qu’on parle de lui à la légère. Excellent maître d’armes, il avait, à la bataille de Whiteplains, détourné, vu que c’est un Meinherr beaucoup trop riche pour qu’on en parle légèrement, qui, à la bataille de Whiteplains, c’était un excellent maître d'armes, avait paré une balle de mousquet avec une petite épée. Il l’avait bel et bien, de telle sorte qu’il l’avait positivement entendue siffler autour de la lame et ressortirsortir par la poignée. Pour le prouver, : en preuve de quoi il était à toute heure prêt à montrer l’épée, dont la poignée était un peu tordue. Plusieurs autres s’étaient aussi distingués sur le champ de bataille. Chacun était persuadé d’avoir grandement contribué à faire gagner la guerre.Il y en avait encore plusieurs qui s’étaient également distingués sur le champ de bataille, dont il n’était pas un seul qui ne fût persuadé qu’il avait considérablement contribué à mener la guerre à bonne fin.

Mais tout cela n’était rien en comparaison des histoires de revenants et d’apparitions qui suivirent. Le voisinage est riche en trésors légendaires de cette nature. Les contes et superstitions locaux s’épanouissent au mieux dans ces retraites bien closes où régna toujours le silence, mais sont foulés aux pieds par la population changeantel’élément changeant qui forme la population de la plupart de nos campagnes. Et puis, il n’y a pas d’encouragement pour les fantômes dans la plupart de nos villages. Ils ont à peine eu le temps de dormir leur premier somme et de se retourner dans leurs cercueils que les amis qui leur ont survécu ont déjà quitté le voisinage. Quand ils s’échappent la nuit pour faire leur ronde, ils ne trouvent donc personne de connaissance à qui s’adresser.les fantômes dans la plupart de nos villages, car ils ont à peine eu le temps de dormir leur premier somme et de se retourner dans leurs cercueils, que déjà les amis qui leur ont survécu se sont éloignés du voisinage ; de sorte que quand ils s’échappent la nuit pour faire leur ronde, ils ne trouvent personne de connaissance à qui s’adresser. Voilà peut-être ce qui fait que nous n’entendons guère parler de fantômes que dans nos vieilles communautés hollandaises.

Cependant, si l’on racontait tant d’histoires surnaturelles dans ces parages, c’était sans doute parce que Sleepy Hollow était tout près.La cause immédiate, cependant, de la prédominance des histoires surnaturelles dans ces parages tenait sans doute à la proximité du Vallon endormi. L’air même qui soufflait de cette régionsoufflait dé cette région enchantée vous était fatal ; il respirait une atmosphère de songes et d’imaginations qui infectait toute la contrée. Plusieurs des habitants de Sleepy Hollowdu Vallon endormi se trouvaient à la réunion chez Van Tassel, et, comme d’habitude, racontaientnarraient leurs bizarres et merveilleuses légendes. On raconta bien des histoires effrayantes sur les cortèges funèbres, les cris et les lamentations de deuil qu’on voyait et entendait près du grand arbre où le malheureux major André avait été arrêté. Cet arbre se trouvait dans le voisinage.Mainte effrayante histoire fut racontée sur les cortéges funèbres, cris et lamentations de deuil, vus et entendus près du grand arbre où l’infortuné major André fut saisi, lequel se trouvait dans le voisinage. On parla aussi de la femme vêtue de blanc qui hantait la sombre vallée de Raven Rock. Elle y avait péri dans la neige, et, avant l’orage, on l’entendait souvent pousser des cris inarticulés pendant les nuits d’hiver.Il fut fait aussi mention de la femme vêtue de blanc qui hantait la sombre vallée de Raven Rock, et qu’avant l’orage on entendait souvent pousser des cris inarticulés pendant les nuits d’hiver, ayant péri là dans la neige. Toutefois, la plus grande partie de ces histoires porta surces histoires roula sur le spectre favori de Sleepy Hollowdu Vallon endormi, le cavalier sans tête, que l’on avait encore récemment entendu parcourir le pays à plusieurs reprises. La nuit, disait-on, il attachait son cheval au milieu des tombes du cimetièreque l’on avait, dernièrement encore, plusieurs fois entendu battant le pays, et qui, disait-on, attachait la nuit son cheval au milieu des tombes dans le cimetière.

Cette église est isolée : voilà sans doute pourquoi elle a toujours été le refuge préféré des esprits inquiets.La position isolée de cette église semble en avoir fait de tout temps la retraite favorite des esprits inquiets. Elle est bâtie surElle est assise sur un monticule, et entourée de courbarils et d’ormes élevés, du milieu desquels ses murailles décentes, blanchies à la chaux, brillent d’un modeste éclat, comme la pureté chrétienne perçant à travers les ombres de la solitude. Une pente douce conduit de là vers une nappe d’eau argentée, bordée de grands arbres entre lesquels on peut découvrir par endroitspar échappées les collines bleues de l’Hudson. À voir le cimetière, que l’herbe a envahi, où les rayons de soleil semblent dormir si profondément, on penserait que là au moins les morts peuvent reposer en paix. D’un côté de l’église s’étend un grand vallon boisé, le long duquel un large ruisseau court en mugissant parmi des rocs brisés et des troncs d’arbres abattus. Non loin de l’église, un pont de bois franchissait autrefois une partie du ruisseau où l’eau était d’un noir profond. Des arbres surplombaient le pont et la route qui y menait, les couvrant d’ombres épaisses. Ils donnaient au lieu un aspect lugubre, même en plein jour. La nuit, ils y répandaient une effrayante obscurité. C’était une des retraites favorites du cavalier sans tête, l’endroit où on le rencontrait le plus souvent.Sur une partie du ruisseau, d’un noir foncé, non loin de l’église, était anciennement jeté un pont de bois ; la route qui y menait et le pont lui-même étaient couverts d’ombres épaisses par des arbres qui surplombaient et qui lui donnaient un aspect lugubre, même en plein jour, mais produisaient la nuit une effrayante obscurité : c’était une des retraites favorites du cavalier sans tête, l’endroit où on le rencontrait le plus fréquemment. On raconta l’histoire du vieux Brouwer, hérétique et grand incrédule en matière d’apparitions. Il avait rencontré le cavalier qui revenait de son excursion à Sleepy Hollow et avait été obligé de monter en croupe derrière lui. Ils avaient franchi au galop buissons et broussailles, collines et marais, jusqu’au pont. Là, le cavalier s’était soudain changé en squelette, avait jeté le vieux Brouwer dans le ruisseau et, d’un bond, s’était élancé sur les cimes des arbres dans un coup de tonnerre.Fut racontée l’histoire du vieux Brouwer, très-hérétique incrédule en fait d’apparitions ; comme quoi il trouva le cavalier revenant de son excursion dans le Vallon endormi, et fut obligé de monter en croupe derrière lui ; comme quoi ils franchirent, au galop buissons et broussailles, collines et marais, jusqu’à ce qu’ils atteignissent le pont ; quand le cavalier se changea soudain en squelette, jeta dans le ruisseau le vieux Brouwer, et d’un bond s’élança sur les cimes des arbres, dans un coup de tonnerre.

Cette histoire trouva sur-le-champ son égale dans la trois fois merveilleuse aventure de Brom Bones, qui traita dédaigneusement le Hessois galopant de cavalier ratéd’écuyer manqué. Il affirma qu’une nuit, en revenant du village voisin de Sing-Sing, il avait été rattrapé par ce cavalier de minuit. Il lui avait proposé une course, avec un bol de punch pour enjeu. Il aurait très certainement gagné, car Daredevil battait le cheval-fantôme à plate-couture. Mais, juste au moment où ils arrivaient au pont de l’église, le Hessois avait bondi comme une flèche et disparu dans une traînée de feu.Il affirma que, revenant une nuit de Sing-Sing, village voisin, il avait été rattrapé par ce cavalier de minuit ; qu’il lui avait proposé de courir avec lui pour un bol de punch, et aurait bien certainement gagné, car Daredevil battait le cheval-fantôme à plate-couture, si, juste au moment où ils arrivaient au pont de l’église, le Hessois n’avait bondi comme une flèche et disparu dans un sillon de feu.

Tous ces contes étaient racontés de ce ton assoupi, mystérieux, avec lequel on parle dans l’ombre. De temps à autre seulement, la lueur éblouissante d’une pipe éclairait un instant le visage des auditeurs. Ces récits et ces visages pénétraient profondément dans l’esprit d’Ichabod.Tous ces contes, faits de ce ton assoupi, mystérieux, avec lequel on s’entretient dans l’ombre, les figures des auditeurs, qui de loin en loin seulement empruntaient un passager éclat à la lueur éblouissante d’une pipe, pénétraient profondément dans l’esprit d’Ichabod. Il leur rendit la monnaie de leur pièce en citant de longs extraits de son inestimable auteur, Cotton Mather. Il y ajouta de nombreux événements merveilleux survenus dans le Connecticut, l’État où il était né, et les effrayantes apparitions qu’il avait vues lors de ses promenades nocturnes à travers Sleepy Hollow.Il s’acquitta en nature, avec de copieux extraits de son inestimable auteur, Cotton Mather, et y ajouta maints événements merveilleux qui s’étaient passés dans l’État où il était né, le Connecticut, et les effrayantes apparitions qu’il avait vues dans ses courses nocturnes à travers le Vallon endormi.

La joyeuse réunion se dispersa peu à peu. Les vieux fermiers rassemblèrent leurs familles dans leurs chariots, que pendant quelque temps on entendit s’engager avec fracas dans les chemins creux et remonter les collines lointaines. Quelques-unes des jeunes paysannes se juchèrent sur des coussinets derrière leurs amoureux préférésleurs bergers favoris, et leurs joyeux éclats de rire, mêlés au bruit des sabots de cheval, se répétèrent le long des bois silencieux, s’affaiblissant de plus en plus, jusqu’à ce qu’ils s’éteignentjusqu’à ce qu’ils s’éteignissent graduellement dans le lointain, — et cette scène récente de tapage et de folie ne fut plus que silence et abandon. Ichabod seul resta derrière, suivant la coutume des amoureux de campagne, pour avoir un tête-à-tête avec l’héritière, pleinement convaincu qu’il était maintenant sur la grande route du succès. Que se passa-t-il à cette entrevue, c’est ce que je n’ai pas la prétention de dire, car la vérité est que je n’en sais rien. Pourtant, les choses ont dû bien mal tourner, j’en ai peur. Car, peu de temps après, il ressortit à coup sûr d’un pas rapide, l’air complètement désolé et l’oreille basse.Cependant il faut, j’en ai peur, que les choses aient bien mal tourné, car à coup sûr il sortit rapide, pas très-longtemps après, d’un air complètement désolé, l’oreille basse. — Oh ! ces femmes ! ces femmes ! Cette jeune fille n’avait-elle donc fait que jouer un de ses tours de coquette ? — Les encouragements qu’elle avait donnés au pauvre maître d’école n’étaient-ils qu’une ruseLes encouragements qu’elle avait donnés au pauvre pédagogue n’étaient-ils simplement qu’une ruse pour assurer la conquête de son rival ? Dieu seul le sait, pas moi ! — Il me suffira de direQu’il me suffise de dire qu’Ichabod s’échappa sans bruit, de l’air d’un homme qui avait mis à sac un poulailler plutôt que le cœur d’une jolie fille. Sans regarder à droite ou à gauche pour observer la scène d’opulence rustique qu’il avait si souvent couvée des yeuxqu’il avait si souvent couvés des yeux, il alla droit à l’étableil s’en fut droit à l’étable, et, au moyen de plusieurs vigoureux coups de poing et coups de pied, tira fort discourtoisement son cheval des confortables quartiers où il s’était profondément endormi et rêvait montagnes de blé et d’avoine, vallées tout entières de sainfoin et de luzerne.