Curupira
Un chasseur se perd dans la forêt et s’endort au pied d’un arbre. Le Curupira le réveille et lui adresse une demande terrifiante. Le chasseur doit trouver une ruse pour se tirer de ce mauvais pas.
Content warning: Ce conte contient des menaces, la consommation d’un cœur d’animal, des ossements et plusieurs morts violentes.
Brejeiro — Mischievous
Un jour, un Indien chassait dans la forêt, quand il s’égara. La nuit vint, il se mit à dormir au pied d’un arbre.
Le CurupiraCouroupira arrive près de lui, frappe sur le tronc de l’arbre et l’homme se réveille.
— Que fais-tu ici, frère ? lui demande le CurupiraCouroupira.
— Je me suis égaré et je suis resté ici pour passer la nuit, répond l’Indien.
— Alors, reprend le mauvais génie, donne-moi un morceau de ton cœur pour que je le mange.
Heureusement l’Indien avait tué un singe pendant sa chasse. Il se détourna et offrit un morceau du cœur du singe au CurupiraIl se détourna, ouvrit la poitrine du singe, en prit le cœur, et en offrit un morceau au CouroupiraExplication : Le détail de l’ouverture du corps est adouci pour les enfants. Le singe tué, le cœur offert et la tromperie restent présents., qui le dévora avec plaisir, croyant que c’était le cœur de l’Indien.
— C’est très bonC’est très doux, dit le CurupiraCouroupira : donne-le-moidonne-le moi tout entier.
L’Indien le lui donna, et ajouta :
— Tu devrais bien me donner aussi un morceau du tien.
Le CurupiraCouroupira, croyant que l’homme avait pu lui donner un morceau de son cœur sans se faire du mal, tenta d’en faire autant et tomba mortcroyant que l’homme avait retiré son propre cœur sans se faire du mal, s’ouvrit la poitrine à son tour, et tomba raide mortExplication : Le mécanisme de la blessure mortelle est adouci pour les enfants, sans effacer la tromperie, la tentative ni la mort.. L’Indien, délivré, s’enfuit.
Au bout d’un an, l’Indien se rappela que le CurupiraCouroupira a les dents vertes. Il revint au même endroit pour en prendre les dents afin de s’en faire un collier.
Il retrouva le squelette au pied de l’arbre, prit le crâne et le frappa pour en arracher les dents. Aussitôt, le CurupiraCouroupira se dressa, tout souriant, devant lui, en s’écriant :
— Merci, mon ami : je m’étais couché et le sommeil m’avait pris : tu as bien fait de me réveiller.
Et, pour le récompenser, il lui fit cadeau d’une flèche enchantée. Il lui dit que désormais il pourrait tuer tous les animaux qu’il voudrait avec cette flèche, à condition de ne pas en révéler la provenance.
L’Indien, auparavant mauvais chasseur, devint le premier des tireurs d’arc de sa tribu. Sa femme s’en étonna, et lui demanda le secret de sa force. Il raconta tout à sa femme ; mais, aussitôt, il tomba mort1.
Notes de bas de page
1. Cf. Archivos do Museo Nacional, Rio-de-Janeiro, 1885.