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Kings and queensPranks and mischief

Le Costume neuf de l'empereur

Un empereur adore les vêtements neufs. Deux inconnus lui promettent un tissu magnifique que les gens bêtes ne peuvent pas voir. Il leur donne aussitôt beaucoup d’argent. Au palais, tout le monde veut admirer leur travail, mais personne n’ose dire ce qu’il voit vraiment. Dans ce conte amusant d’Andersen, la peur de passer pour un imbécile fait grandir un mensonge de plus en plus difficile à arrêter.

Serenata notturna, K. 239

Wolfgang Amadeus Mozart
Text version

Il y a longtemps, vivait un empereur qui raffolait tellement de beaux costumes neufs qu’il donnait tout son argent pour être bien habillé. Il ne se souciait pas de ses soldats, ne se souciait pas de théâtre, ni d’aller en voiture dans la forêt, sinon uniquement pour montrer ses vêtements neufs. Il avait un costume pour chaque heure du jour, et de même que l’on dit d’un roi : il est au conseil, on disait toujours de lui : il est dans sa garde-robe.

Dans la grande ville où il habitait, on s’amusait beaucoup.on s’amusait beaucoup, Chaque jour, de nombreux étrangers arrivaient. Un jour, deux escrocs se présentèrent. Ils prétendirent être tisserandschaque jour venaient de nombreux étrangers, un jour arrivèrent deux escrocs ; ils se donnèrent pour tisserands, et dirent qu’ils savaient tisser l’étoffe la plus ravissante que l’on puisse imaginerla plus ravissante que l’on pût imaginer. Non seulement les couleurs et le dessin en étaient exceptionnellement beaux, mais les habits taillés dans cette étoffe avaient la propriété merveilleuse d’être invisibles à toute personne incapable de faire son travail ou d’une bêtise incurableà quiconque ne savait pas remplir son emploi, ou bien était d’une irrémissible bêtise.

« Voilà de charmants habits, se dit l’empereur. En les portant,se dit l’empereur; en les portant, je pourrai découvrir quels hommes ne savent pas remplir leur emploi dans mon royaume. Je pourraidans mon royaume; je pourrai distinguer les gens intelligents des sots ! Oui, il faut qu’on me tisse cette étoffe tout de suiteoui, tout de suite il faut que l’on me tisse cette étoffe ! » Et il donna beaucoup d’argent aux deux escrocs comme avanceà titre d’arrhes pour leur faire commencer leur travail.

Ils installèrent bien deux métiers à tisser, et firent semblant de travailler, mais ils n’avaient rien du tout sur le métier. Bien vite ils demandèrent la soie la plus fine et l’or le plus magnifique; ils fourrèrent le tout dans leur propre sac et travaillèrent avec les métiers vides, et même jusque tard dans la nuit.

«Je voudrais bien savoir où ils en sont de leur étoffe», se dit l’empereur, mais il se sentit un peu gêné. Une personne bête ou incapable de faire son travail ne pourrait rien voir. Il pensait bien n’avoir rien à craindre pour lui-même, mais il voulait d’abord envoyer quelqu’un voir comment ça marchait.mais il se sentit un peu gêné à l’idée que celui qui était bête ou convenait mal à son emploi ne pourrait rien voir, il pensait bien qu’il n’avait rien à craindre pour lui-même, mais il voulait d’abord envoyer quelqu’un voir comment ça marchait. Tous les gens de la ville savaient quelle merveilleuse qualité l’étoffe possédait, et chacun était curieux de voir combien son voisin était bête ou incapable.

« Je vais envoyer aux tisserands mon vieux et brave ministre», se dit l’empereur. C’est lui qui peut le mieux juger de l’effet de l’étoffe,se dit l’empereur, c’est lui qui peut le mieux voir l’effet que fait l’étoffe, car il est intelligent, et personne mieux que lui ne remplit sa fonction.

Et le vieux et honnête ministre entra dans la salle où les deux escrocs travaillaient à leurs métiers vides. « Dieu ait pitié de nous, se dit le vieux ministre en écarquillant les yeux; je ne vois rien du tout ! » Mais il ne le dit pas.

Les deux escrocs l’invitèrent poliment à s’approcherle prièrent d’avoir la bonté de s’approcher, et lui demandèrent si ce n’était pas là un beau dessin et de charmantes couleurs. Et ils montraient le métier vide, et le pauvre vieux ministre continuait à écarquiller les yeux, mais ne pouvait rien voir, car il n’y avait rien. « Grand Dieu, songeait-il, est-ce que je serais bête ! Je ne l’ai jamais cru, et personne ne doit le savoiril ne faut pas que personne le sache ! Est-ce que je ferais mal mon travailest-ce que je remplirais mal ma fonction ? Non, il vaut mieux ne pas raconteril convient de ne pas raconter que je ne peux pas voir l’étoffe! »

Illustration

— Eh bien, vous n’en dites rien ! dit l’un des deux qui tissaient.

— Oh, c’est joli, c’est tout à fait magnifique, dit le vieux ministre en regardant avec ses lunettes, ce dessin et ces couleurs !... oui, je dirai à l’empereur que cela me plaît extrêmement !

— Ah, ça nous fait plaisir, dirent les deux tisserands, et ils désignèrent les couleurs par leurs noms et expliquèrent l’étrange dessin. Le vieux ministre les écouta avec attention, afin de pouvoir répéter ce qu’il entendait, lorsqu’il serait revenu auprès de l’empereur, et c’est ce qu’il fit.

Alors les escrocs demandèrent encore de l’argent, ainsi que de la soie et de l’or qui devaient servir au tissage. Ils mirent tout dans leurs poches, et pas un fil ne vint sur le métier, mais ils continuèrent comme auparavant à tisser sur le métier vide.

L’empereur envoya bientôt un second haut fonctionnaire honnête pour voir comment allait le tissage et si l’étoffe serait bientôt prête. Il lui arriva la même chose qu’au ministre. Il regarda et regarda,Ce fut pour lui comme pour le ministre, il regarda et regarda, mais comme il n’y avait rien que le métier vide, il ne put rien voir.

— Eh bien, n’est-ce pas une belle pièce d’étoffe ! dirent les deux escrocs, et ils montrèrent et expliquèrent le ravissant dessin qui n’existait pas.

Je ne suis pas bête ! songea l’homme.songea l’homme, Est-ce donc moi qui ne suis pas à la hauteur de mon postec’est donc mon bon emploi auquel je ne conviens pas ? C’est assez bizarre ! mais il ne faut pas que l’on s’en aperçoive ! Et il complimenta l’étoffeEt il loua l’étoffe qu’il ne voyait pas, et affirma combien les belles couleurs et le charmant dessin lui plaisaientaffirma sa joie des belles couleurs et du charmant dessin.

— Oui, c’est tout à fait magnifique ! dit-il à l’empereur.

Tous les gens de la ville parlèrent de la superbe étoffe.

Et l’empereur voulut la voir lui-même pendant qu’elle était encore sur le métier. Avec tout un groupe de personnages importantsd’hommes éminents, parmi lesquels étaient les deux vieux fonctionnaires qui déjà y étaient venus, il se rendit auprès des deux escrocs malins, qui tissaient de toutes leurs forces, mais sans le moindre fil.

— Oui, n’est-ce pas admirable ! dirent les deux fonctionnaires honnêtes. Votre Majesté veut-elle voir... quel dessin, quelles couleurs ! — Et ils montraient du doigt le métier vide, car ils croyaient que les autres pouvaient sûrement voir l’étoffe.

« Comment ! se dit l’empereur. Je ne vois rien ! C’est effrayant, suis-je bête? Ne suis-je pas capable d’être empereur ? Il ne pourrait rien m’arriver de plus terrible ! »

— Oh, c’est très beau, dit l’empereur, je l’approuve sans réserveje donne ma plus haute approbation !

Et il fit un signe de tête satisfait et examina le métier videconsidéra le métier vide. Il ne voulait pas dire qu’il ne pouvait rien voir. Tous ceux qui l’accompagnaient regardaient et regardaient sans voir davantage que les autres. Mais tous disaientToute la suite qu’il avait amenée regardait et regardait sans y voir plus que tous les autres, mais tous disaient comme l’empereur : « Oh, c’est très beau ! » et lui conseillaient de porter pour la première fois un costume taillé dans cette nouvelle étoffe superbe à la grande procession qui devait avoir lieu bientôt. C’est admirable, ravissant, parfait! disait-on en chœur, et tout le monde était enchanté. L’empereur fit cadeau à chacun des deux escrocsL’empereur gratifia chacun des deux escrocs d’une croix de chevalier à mettre à leurs boutonnières, et du titre d’écuyers-tisserands.

Toute la nuit qui précéda le matin où la procession devait se dérouler, les escrocs furent à l’œuvre avec plus de seize lumières allumées. Les gens pouvaient voir qu’ils se dépêchaient d’achever le nouveau costume de l’empereur. Ils firent comme s’ils ôtaient l’étoffe du métier, coupèrent l’air avec de grands ciseaux, cousirent avec des aiguilles sans fil, et dirent enfin :

— Voilà, le costume est terminé !

L’empereur vint lui-même, avec ses chevaliers d’honneur, et les deux escrocs levèrent un bras comme s’ils tenaient quelque chose. Ils direntles deux escrocs levèrent un bras en l’air comme s’ils tenaient quelque chose, et dirent :

— Voilà le pantalon ! Voilà l’habit ! Voilà le manteau ! — et ainsi de suite. — C’est léger comme une toile d’araignée ! on croirait que l’on n’a rien sur le corps, mais c’est justement la qualité de l’étoffe. — Oui ! dirent tous les chevaliers, mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu’il n’y avait rien.

— Votre Majesté Impériale veut-elle bien se déshabillerveut-elle avoir la bonté de se déshabiller, pour que nous lui mettions l’habit neuf devant ce grand miroir.

L’empereur enleva tous ses vêtements. Les escrocs firent semblant de lui passer chaque pièce du nouveau costume, qu’ils prétendaient avoir cousu. Ils le prirent par la taille et firent mine d’attacher quelque chose : la traîne. L’empereur se tourna et se retourna devant le miroir.L’empereur ôta tous ses vêtements et les escrocs firent simplement le geste de lui donner chaque pièce des nouveaux, qui étaient soi-disant cousus, et ils le prirent par la taille, et eurent l’air d’attacher quelque chose, c’était la traîne, et l’empereur se tourna et se retourna devant le miroir.

— Dieu, comme c’est bien ajustécomme c’est bien pris ! comme ça va parfaitement ! dirent-ils tous. Quel dessin ! quelles couleurs ! en voilà, un précieux habit !

— Les gens qui doivent porter le dais au-dessus de Votre Majesté pendant la procession sont là, dehors, dit le maître des cérémonies.

— Oui, me voilà prêt, dit l’empereur. Est-ce que cela me va bienÇa va-t-il bien?

Et il se tourna encore une fois devant le miroir, car il fallait qu’il ait l’airqu’il eût l’air de bien contempler son costume de gala.

Les chambellans qui devaient porter la traîne touchèrent avec les mains par terre, comme s’ils la relevaient ; ils marchèrent, les mains devant eux, car ils ne voulaient pas qu’on s’aperçoiveque l’on s’aperçut qu’ils ne voyaient rien.

Et l’empereur défila dans la procession sous le magnifique dais, et tout le monde, dans la rue et aux fenêtres, disait : Dieu, comme le nouveau costume de l’empereur est splendide ! quelle belle traîne il a ! comme elle est d’un bel effet ! Personne ne voulait qu’on s’aperçoiveque l’on s’aperçût qu’il ne voyait rien, car cela aurait prouvé qu’on faisait mal son travail ou qu’on était très bêtecar cela aurait prouvé qu’on n’aurait pas bien rempli son emploi, ou aurait été très bête. Aucun costume de l’empereur n’avait obtenu un tel succès.

Illustration

— Mais il n’a rien sur lui ! dit un petit enfant.

— Grand Dieu, entendez la voix de l’innocence, dit le père.

Et chacun chuchotaEt chacun de chuchoter à son voisin ce que l’enfant avait dit.

— Il n’a rien sur lui, un petit enfant dit qu’il n’a rien sur lui.

— Il n’a rien sur lui ! cria finalement tout le peuple.

Et l’empereur eut un frisson, car il lui semblait bien que ces gens avaient raison. Mais il se disait qu’il devait aller jusqu’au bout de la procession. Il prit donc une allure encore plus fière, et les chambellans marchèrent,ces gens avaient raison, mais il se disait qu’il lui fallait subir la procession jusqu’au bout, et il prit une allure encore plus fière, et les chambellans marchèrent, tenant la traîne qui n’existait pas.

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Question 1 / 5

De quel pays venait le récit médiéval dont Andersen s’est inspiré ?