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Fairies and magicSun, Moon and starsPranks and mischief

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L’Ermite du mont Lao

Wang voudrait apprendre à vivre éternellement et à accomplir des prodiges. Il part au mont Lao pour devenir le disciple d’un maître taoïste. Mais son maître lui donne d’abord une hache et l’envoie couper du bois. Quand lui enseignera-t-il ses secrets ?

Content warning: Ce conte évoque l’ivresse et une blessure à la tête.

Text version

Wang Hing-ts'ih était un fils de famille qui, dès sa jeunesse, s'était intéressé au taoïsme. L'élixir de longue vie, la recette de l'immortalité, les neuf transformations, les formules magiquesde conjuration, les talismans, avaient été les sujets constants de ses études. Mais comme il n’avait pas de maître et ne trouvait ses informations que dans les livres, il n’avait obtenu aucun résultat notable.l'objet constant de son étude, mais, comme il n'avait pas de maître et n'était renseigné que par les livres, il n'avait pu obtenir aucun résultat appréciable.

Illustration

Il était déjà marié quand un ami lui apprit une nouvelle : à quelque distance de la ville, dans un massif montagneux couvert de forêts appelé le mont Lao, plusieurs adeptes du taoïsme s’étaient retirés. Ils étaient parvenus à l’immortalité sur terre.marié, quand un ami lui apprit qu'à quelque distance de la ville, dans un massif montagneux couvert de forêts, qu'on appelait le mont Lao, s'étaient retirés plusieurs adeptes de la doctrine, parvenus à l'immortalité terrestre. Wang prépara aussitôt ses affairesIl fit son paquet aussitôt et sa femme chercha vainement à le retenir.

Son panier de voyage sur le dos, Wang s’enfonça tout seul dans la forêt. Pendant plusieurs jours, il erra de vallée en vallée. Il gravissait les pentes pour découvrir le pays, s’arrêtait au bord des ruisseaux pour ses maigres repas et dormait à l’abri d’uns'enfonça, tout seul, dans la forêt et, pendant plusieurs jours, y erra, de vallée en vallée, gravissant des pentes pour découvrir le pays, faisant halte au bord des ruisseaux pendant ses maigres repas, dormant à l'abri d'un rocher. Enfin, comme le soir tombait, il aperçut, au travers d'une futaie, une construction de planches sur la cime d'une montagne. Il s'approcha : c'était un ermitage taoïste. Dans la vérandavérandah qu'abritaient les branches d'un vieux cèdre, un homme était assis sur un siège circulaire ; ses cheveux lui descendaient jusqu'aux épaules, une clarté surnaturelle l’entouraitl'environnait.

— Maître, lui dit Wang en tremblant, je suis venu jusqu'à vous pour vous demander la faveur de votre enseignement sublime.

L'ermite, levant les paupières, examina le nouveau venupostulant et dit enfin :

— Vous n’avez pas la force de supportern'êtes pas de force à endurer les épreuves.

Wang, navré, multipliait lesse répandait en protestations. Mais, à ce moment, les disciples de l'ermite revenaient de leur journée de travail et s'assemblaient sous l'arbre. Wang se tut, se joignit à leur groupe, se prosterna avec eux, se retira comme eux dans le dortoir de l'ermitage. On le laissa faire. Au petit jour, tous se levèrent et l'ermite, remettant une lourde hache aux mains de Wang, lui dit :

— Suivez les autres, allez couper du bois dans la forêt.

Pendant un mois, il mena cette existence, partant dès l'aurore pour ne revenir qu'après le soleil couché. Comme il n'avait jamais touché un outil de sa vie, ce métier de bûcheron le fatiguait beaucoup. Des ampoules grosses comme le cocon d’un ver à soie lui étaient venues aux mains et aux pieds.Il lui était venu aux mains et aux pieds des ampoules grosses comme le cocon d'un ver à soie. Il en avait assez, mais n'osait pas le dire.

Un soir qu'il revenait l'un des premiers, il s'aperçut que son maître n'était pas seul dans la vérandavérandah : deux étrangers, la tasse en main, conversaientdevisaient avec lui. Il faisait presque nuit, mais on n'avait pas encore apporté les lampes. Wang vit l'ermite prendre une feuille de papier sur la table, y découper un rond de la taille d’un miroir, puis se lever pour le coller au mur. Le rond de papiergrandeur d'un miroir et se lever pour le coller au mur où il devint aussitôt une lune resplendissante. Les disciples assemblés sous l'arbre s'enfuyaient, pris de terreur, mais un des étrangers les retint :

— La joie d'une si belle nuit, prononça-t-il, doit être partagée.

Prenant un pot de vin sur la table, il leur fit signe de s'approcher pour y puiser. Wang se demandait comment un seul pot pourrait suffire à sept ou huit hommes. Les disciples se posaient la même question et se disputaient pour présenter leur tasse les premiers.hommes, et les disciples, ayant fait la même réflexion, se disputaient à qui présenterait d'abord sa tasse. Mais, on avait beau verser, le pot restait toujours plein.

L'autre visiteur dit alors à l'ermite :

— Vous nous avez donné la lune et nous buvons en paix. Il ne nous manque plus que l'Immortelle de la lune, la charmante Tch'ang-ngo.

Il prit alors sur son assiette un de ses bâtonnets et le lança dans la lune artificielle. Une petite silhouette humaine y apparut et s’en détacha, haute à peine d’une cinquantaine de centimètres. Elle descendit à terre, où elle atteignit aussitôt la taillefigure humaine y parut, s'en détacha, haute à peine d'une coudée, et descendit à terre où elle atteignit aussitôt la grandeurExplication : La coudée est une ancienne mesure fondée sur la distance du coude au bout des doigts, soit environ cinquante centimètres. La modernisation donne cet ordre de grandeur. normale : c'était une jeune fille à la taille fine, au cou délicat. Elle se mit à danser une danse inconnue sur la terre, qui se nomme la danse de l'arc-en-ciel, et tout en dansant, elle chantait :

— Immortels ! Immortels ! Ramenez-moi, cachez-moi dansen ma solitude glacée !

Sa voix pure était chaude comme le son d'un hautbois. Elle s'arrêta de chanter, fit une pirouette et sauta sur la table où, en un instant, elle redevint unétait redevenue bâtonnet. Les trois convives riaient aux éclats. L'un d'eux prit encore la parole :

— La nuit est belle, mais le vin est bien fort. Voulez-vous qu'il nous mène au palais de la lune ?

On vit alors les deux étrangers et l’ermite se lever et entrer dans la lune, l’un après l’autre. Ils y apparurent ensuite distinctement, de nouveau attablés,l'ermite se lever et, l'un après l'autre, entrer dans la lune où ils apparurent distinctement ensuite, attablés de nouveau, comme dans un miroir. Puis la lune pâlit. L'obscurité se fit. Les disciples qui avaient assisté, muets de surprise, à toute cette scène, crurent devoir apporter les lampes. L'ermite était seul, assis sur son siège ordinaire ; auprès de lui, sur la table, des restes de friandises traînaient. Une feuille de papier, de la dimension d'un miroir, était collée au mur.

— Avez-vous assez bu ? leur demanda-t-il.

Et, sans autre allusion à ce qui venait de se passer, il ajouta :

— Allez donc vous coucher sans tarder, pour ne pas manquer à votre ouvrage de demain.

Wang, émerveillé de ce qu'il avait vu, ne regretta plus rien et redoubla de zèle. Mais il continuait àde beaucoup souffrir et il n'était pas question de lui enseigner quoi que ce soitfût. Un jour, ses ampoules lui faisaient encore plus mal que d’habitude. Il osa alors aller trouver le maître avant le retour des autresjour que ses ampoules lui faisaient plus mal encore que de coutume, il s'enhardit jusqu'à aller trouver le maître, avant le retour des autres, et lui dit :

— Votre disciple que voici est venu de trèsfort loin pour suivre vos leçons. Sans doute, si vous ne m'avez pas transmis encore le secret de longue vie, c'est que mon initiation n'est pas suffisante. Mais, ne pourriez-vous pasn'y aurait-il pas lieu de me tenir compte de ma bonne volonté ? Depuis trois mois que je suis ici, je n'ai pas fait autre chose que de couper du bois du matin au soir. À la maison, je n'étais pas habitué à des travaux si dursaccoutumé à de si durs travaux.

— Je vous l'avais bien dit, répondit l'ermite en souriant. Vous partirez demain matin, si vous voulez.

— Mais, n'y aurait-il pas moyen, après tout le temps que j'ai passé ici, de m'apprendre au moins un tout petit secret, afin que je ne sois pas venu tout à fait pour rien ?

À peine ces mots prononcés, Wang auraiteût voulu les reprendre, car il comprit que sa demande était indiscrèteen sentit l'indiscrétion. Mais l'ermite ne se fâcha pas.

— Je veux bien, répondit-il. Dites-moi ce que vous aimeriez savoirà savoir.

— J'ai cru remarquer, répondit Wang, que vous pouviez aller et venir à votre gré, sans être arrêté par les murs.

— N'est-ce que cela ? dit l'ermite, toujours souriant. Je vais vous donner la formule.

Wang répéta la formule. L'ermite la lui fit réciter à plusieurs reprises, puis lele conduisit devant le mur du jardin :

— Allez ! lui dit-il.

Wang, face au mur, ne bougeait pas.

— Allez donc !

Wang prit son élan, mais devant le mur, il s'arrêta.

— N'ayez pas peur ! Jetez-vous dans le mur, tête baissée !

Alors Wang recula de quelques pas, bondit et passa au travers du mur, sans plus de difficulté que s’il n’avaits'il n'eût pas existé. Tout surpris de se trouver de l'autre côté, il revint auprès de l'ermite et le remercia avec effusion. Il en reçut cet avertissement :

— Soyez bien sage à votre retour. Sinon, la formule restera sans effet.

Et l'ermite lui indiqua le chemin du retour.

La femme de Wang fut bien heureuse de le revoir et lui demanda, comme il fallait s'y attendre, ce qu'il avait vu et fait dans la montagne. Wang se garda de raconter qu’il n’avait fait que couper du bois. Il se vanta plutôt d’avoir gagné la confiance du merveilleux ermite. Selon lui, celui-ci lui avait enseigné, parmi bien d’autresqu'il n'avait fait autre chose que de couper du bois, mais se vanta d'avoir gagné la confiance du merveilleux ermite, qui lui avait enseigné, parmi bien d'autres secrets, celui de passer à travers les murs. Comme elle n'en croyait rien, il décidaentreprit de la convaincre sur-le-champ. Il recula de quelques pas, récita sa formule et alla se cogner violemmentdonner violemment de la tête contre le mur de sa maison. Sa femme dut l’aiderIl fallut que sa femme l'aidât à se relever : il avait au front une bosse grosse comme un œuf de poule.

— Maudit ermite ! s'écria-t-il.

Car il n'avait pas même acquis assez de sagesse pour reconnaître sa faute.

Quiz

Question 1 / 3

Pourquoi voit-on briller la véritable Lune ?