Blanche-Neige
Chaque jour, la reine demande à son miroir magique qui est la plus belle du pays. Quand il répond que c’est Blanche-Neige, elle devient terriblement jalouse. La jeune fille doit fuir dans la forêt, où elle découvre une petite maison avec sept petits lits. Mais ce refuge suffira-t-il à la protéger ? Dans ce conte des frères Grimm, de nouveaux amis l’attendent, tandis que le danger sait changer de visage.
Nocturne, Op. 9 — No. 1
C’était au milieu de l’hiver, et les flocons de neige tombaient comme des plumes ; une reine était assise près de sa fenêtre au cadre d’ébène et cousait. Et comme elle cousait et regardait la neige, elle se piqua les doigts avec son épingle. Trois gouttes de sang tombèrentelle se piqua les doigts avec son épingle et trois gouttes de sang en tombèrent. Et voyant ce rouge si beau sur la neige blanche, elle se dit :
« Oh ! si j’avais un enfant blanc comme la neige, rouge comme le sang et noir comme l’ébène ! »
Bientôt elle eut une petite fille qui était aussi blanche que la neige, avec des joues rouges comme du sang et des cheveux noirs comme l’ébène ; c’est pourquoi on la nommace qui fit qu’on la nomma Blanche-Neige. La reine mourut après la naissance de l’enfant.Et lorsque l’enfant eut vu le jour, la reine mourut.
Un an après, le roi épousa une autre femmele roi prit une autre femme. Elle était belle, mais si fière et hautaine qu’elle ne supportait pas qu’une autre soit plus belle qu’elle.Elle était belle, mais fière et hautaine à ne pouvoir souffrir qu’aucune autre la surpassât en beauté. Elle avait un miroir merveilleux ; et quand elle se mettait devant lui pour s’y regarderpour s’y mirer, elle disait :
« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Et le miroir répondait :
« Madame la reine, vous êtes la plus belle. »
Alors elle était contente, car elle savait que le miroir disait la vérité.
Mais Blanche-Neige grandissait et devenait toujours plus belle ; et quand elle eut sept ans, elle était aussi belle que le jour, plus belle que la reine elle-même. Comme celle-ci demandait une fois à son miroir :
« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Il lui répondit aussitôt :
« Madame la reine, vous êtes la plus belle ici,
Mais Blanche-Neige est mille fois plus belle que vous. »
La reine, consternée, devint livide de rage et de jalousiede rage et d’envie. Depuis ce moment, la vue de Blanche-Neige lui bouleversa le cœur, tant la petite fille lui inspirait de haine. L’envie et la jalousie ne firent que grandir en ellene firent que croître en elle, et elle n’eut plus de repos ni jour ni nuit. Enfin, elle fit venir son chasseur et lui dit :
« Emmenez l’enfant dans la forêtPortez l’enfant dans la forêt ; je ne veux plus l’avoir devant les yeux ; là, vous la tuerez et vous m’apporterez son foie et ses poumons, pour prouver que vous avez exécuté mes ordrescomme preuve de l’exécution de mes ordres. »
Le chasseur obéit et emmena l’enfant avec lui ; et quand il eut tiré son couteau de chasse pour percer le cœur de l’innocente Blanche-Neige, voilà que la petite fille commença à pleurer et dit :
« Ah ! mon bon chasseur, laisse-moi vivrelaisse-moi la vie ! Je courrai dans la forêt sauvage et ne reviendrai jamais. »
Elle était si belle que le chasseur eut pitié d’elle et dit :
« Va, pauvre enfant ! »
Il pensait en lui-même :
« Les bêtes féroces vont te dévorer bientôt. »
Pourtant, il se sentit le cœur soulagé d’un grand poids à l’idée qu’il n’avait pas eu à l’égorgerqu’il avait pu se dispenser de l’égorger. Et comme il vit courir devant lui un marcassin, il le tua, en prit le foie et les poumons, alla les présenter à la reines’en fut les présenter à la reine, qui les fit bien assaisonner et cuire : et la méchante femme crut manger la chair et le sang de Blanche-Neige.
Pendant ce temps, la pauvre enfant errait toute seule dans l’épaisse forêt, et elle avait si peursi grand’peur qu’elle regardait d’un air inquiet tous les arbres et toutes les feuilles, sans savoir où trouver de l’aidene sachant où trouver du secours. Puis elle se mit à courir sur les pierres pointues et sur les épines, et les bêtes féroces bondissaient à côté d’elle, mais sans lui faire aucun mal. Elle courut aussi longtemps que ses pieds purent la porter, jusqu’au crépusculejusqu’à la brune, et elle aperçut alors une petite cabane où elle entra pour se reposer. Tout dans cette cabane était petit, mais si joli et si propresi gentil et si propre qu’on ne saurait le décrire. Il y avait une petite table recouverte d’une nappe blanche avec sept petites assiettes, chaque assiette avec sa petite cuillèresa petite cuiller, puis sept petits couteaux, sept petites fourchettes et sept petits gobelets. Contre le mur, il y avait sept petits lits l’un à côté de l’autre, couverts de draps blancs comme la neige.
Blanche-Neige avait très faim et très soiftrès-faim et très-soif ; elle mangea une cuillerée de légumes avec une bouchée de pain dans chaque assiette, et but dans chaque gobelet une goutte de vin, car elle ne voulait pas prendre une seule part tout entière. Puis, comme elle était fatiguée, elle essaya de se coucher dans un des petits lits ; mais l’un était trop long, l’autre trop petit, et enfin, seul le septième fut à sa tailleenfin il n’y eut que le septième qui fût à sa taille ; elle y resta donc, fit sa prière et s’endormit.
La nuit venue, les habitants de la cabaneles maîtres de la cabane arrivèrent ; c’étaient des nains qui cherchaient du bronze et de l’orde l’airain et de l’or dans les montagnes. Ils allumèrent leurs petites lampes, et quand la maison fut éclairéele logis fut éclairé, ils virent bientôt que quelqu’un avait passé par là, car tout n’était plus rangé comme ils l’avaient laissétout n’était plus dans le même ordre où ils l’avaient laissé.
Le premier dit :
« Qui s’est assis sur ma chaise ? »
Le second :
« Qui a mangé dans mon assiette ? »
Le troisième :
« Qui a pris de mon pain ? »
Le quatrième :
« Qui a touché à mes légumes ? »
Le cinquième :
« Qui a piqué avec ma fourchette ? »
Le sixième :
« Qui a coupé avec mon couteau ? »
Et le septième :
« Qui a bu dans mon gobelet ? »
Puis le premier se retourna et il vit que son lit était un peu affaissé.
« Qui s’est couché dans mon lit ? » dit-il.
Et les autres accoururent et direntEt les autres d’accourir et dire :
« Dans le mien aussi, il y a eu quelqu’un. »
Mais le septième, en regardant son lit, aperçut Blanche-Neige qui y était couchée et dormait. Il appela ses frères, qui se dépêchèrent de venir et poussèrent des cris d’étonnement. Chacun alla chercher sa lampequi se hâterent de venir et se récrièrent d’étonnement ; et chacun fut chercher sa lampe pour mieux contempler Blanche-Neige.
« Ah ! mon Dieu, ah ! mon Dieu, répétaient les nains, que cette enfant est belle ! »
Ils étaient ravis de l’admirer et se gardèrent bien de l’éveiller ; le septième nain dormit une heure dans le lit de chacun de ses compagnons jusqu’au lever du jourjusqu’au point du jour. Le matin, quand Blanche-Neige sortit de son sommeil, elle vit les petits hommes et fut effrayée. Mais ils se montrèrent très aimablesfort aimables et lui demandèrent son nom.
« Je me nomme Blanche-Neige, » dit-elle.
— CommentPar quel hasard, reprirent les nains, es-tu venue dans notre maison ? »
Alors elle leur raconta son histoireelle leur conta son histoire : comment sa belle-mère avait voulu la faire tuer, comment le chasseur l’avait épargnée, et comment elle avait couru tout le jour jusqu’à ce qu’elle trouve la petite cabanejusqu’à ce qu’elle rencontrât la petite cabane. Les nains lui dirent :
« Veux-tu faire notre ménage, les lits, la cuisine, coudre, laver, tricoter ? Dans ce casEn ce cas, nous te garderons avec nous et tu ne manqueras de rien. »
Blanche-Neige leur promit tout ce qu’ils désiraient et resta chez eux. Elle s’occupait du ménageElle vaquait aux soins du ménage. Le matin, les nains s’en allaient pour chercher dans les montagnes du bronze et de l’orde l’airain et de l’or ; le soir, ils rentraient à la maisonau logis, où le dîner devait se trouver prêt. Toute la journée la jeune fille était seule, et ils l’avertissaient en partant de se tenir sur ses gardes : « Car, disaient les bons petits hommes, ta marâtre saura bientôt que tu es ici ; n’ouvre à personne ! »
Cependant, la reine qui croyait avoir mangé la chair et le sang de Blanche-Neige, pensait bien être de nouveau la plus belle femme du pays ; et pour en avoir l’assurance, elle se mit devant son miroir et lui dit :
« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Aussitôt le miroir réponditAussitôt le miroir de répondre :
« Madame la reine, vous êtes la plus belle ici,
Mais Blanche-Neige au-delà des montagnes,
Chez les sept petits nains,
Est mille fois plus belle que vous. »
La reine pâlit de colère ; elle savait que le miroir ne mentait pas, et elle reconnut que le chasseur l’avait trompée et que Blanche-Neige vivait encore. Elle réfléchit de nouveau aux moyens de la tuerElle songea derechef aux moyens de la tuer ; car aussi longtemps qu’elle ne serait pas la plus belle, elle sentait qu’elle n’aurait pas de repos. Enfin, elle imagina de se maquiller le visagede se grimer le visage et de s’habiller en vieille marchande, de façon à se rendre méconnaissable. Ainsi déguisée, elle alla dans les sept montagnes, chez les sept nains, frappa à la porte de la cabane et cria :
« De belles marchandises ! Achetez, achetez ! »
Blanche-Neige regarda par la fenêtre et dit :
« Bonjour, ma bonne femme ; que vendez-vous là ? »
— De bonnes marchandises, de belles marchandises, reprit l’autre, des lacets de toutes les couleurs ! »
Et elle tira de sa boîte un lacet tressé de soies de diverses couleurs.
« Je peux laisser entrer cette brave femme, » pensa Blanche-Neige.
Et tirant le verrou de la porte, elle ouvrit à la vieille et lui acheta le beau lacet.
« Enfant, dit la vieille, pourquoi vos vêtements sont-ils si mal lacésde quelle façon êtes-vous lacée ? Je vais vous montrer comment il faut faire. »
Blanche-Neige, sans aucun soupçon, se plaça devant elle, et la laissa resserrer ses vêtements avec le nouveau lacetse fit lacer avec le nouveau lacet ; mais la vieille le serra si fort que la jeune fille ne put plus respirerla jeune fille en perdit la respiration et tomba comme morte.
« Maintenant, tu as fini d’être la plus belle, » dit la marâtre, et elle s’en alla au plus vite.
Vers le soir, les sept nains revinrent à la cabane, mais ils furent bouleversés de voir leur chère Blanche-Neige étendue par terre, immobile et comme sans viemais quel ne fut pas leur trouble en apercevant leur chère Blanche-Neige étendue par terre sans mouvement et comme inanimée ! Ils la relevèrent, et quand ils eurent vu le lacet qui l’étranglait, ils le coupèrent ; alors elle commença à respirer faiblement et reprit peu à peu connaissancerevint à elle peu à peu. Les nains écoutèrent le récit de ce qui s’était passé et dirent :
« La vieille marchande n’était autre que la reine ; désormais, fais bien attention à n’ouvrir à personne en notre absenceprends garde de n’ouvrir à personne, désormais, en notre absence. »
La méchante reine, dès qu’elle fut de retour chez elle, alla droit à son miroir et lui demanda :
« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Et le miroir magique réponditEt le miroir magique de répondre :
« Madame la reine, vous êtes la plus belle ici,
Mais Blanche-Neige, au-delà des montagnes,
Chez les sept petits nains,
Est mille fois plus belle que vous. »
Lorsque la reine entendit cela, tout son sang se porta au cœur, tant sa colère fut violente à l’idée que Blanche-Neige était en vie.
« À présentA présent, dit-elle, il faut que je trouve un moyen sûr de la tuerun moyen infaillible de la perdre ! »
Et, avec son art de sorcière, elle fabriqua un peigne empoisonné. Puis elle se déguisa de nouveau, sous l’apparence d’une autre vieille bohémiennesous la figure d’une autre vieille bohémienne. Elle partitElle s’en fut par les sept montagnes, chez les sept nains, frappa à la porte, et dit :
« Bonnes marchandises à vendre ! Achetez ! »
Blanche-Neige regarda par la fenêtre ; mais elle répondit :
— Je ne dois faire entrer personne ; passez votre chemin.
— On vous permettra bien de regarder seulement, » répondit la vieillerepartit la vieille, qui tira le peigne empoisonné et le mit sous les yeux de la jeune fille.
Il plut tellement à celle-ci qu’elle se laissa tenter et ouvrit la porteelle se laissa entraîner à ouvrir la porte. Lorsqu’elle eut acheté le peigne, la vieille dit :
« Attends je vais te peigner comme il faut. »
La pauvre Blanche-Neige, sans aucune méfiancesans nulle méfiance, laissa faire la vieille ; mais à peine eut-elle glissé le peigne dans les cheveux de sa victime que le poison agit. La jeune fille tomba raide par terre, comme mortemais à peine avait-elle entré le peigne dans les cheveux de sa victime, que le poison commença à agir, et que la jeune fille tomba roide par terre, comme frappée de mort.
« Eh bien, ma belle, dit la vieille en ricanant ; cette fois c’en est fait de toi ! »
Puis elle sortit.
Par bonheur, le soir approchait, et c’était l’heure du retour des nains. En voyant Blanche-Neige étendue ainsi, ils pensèrent tout de suite à sa belle-mère et cherchèrent partout la cause de ce qui venait d’arriver. Ils mirent la main sur le peigne empoisonné, et, à peine l’eurent-ils retiré, que Blanche-Neige reprit connaissance et raconta ce qui s’était passéce qui avait eu lieu. Les nains lui recommandèrent plus vivement que jamais de ne laisser personne entrer chez ellede ne laisser pénétrer personne jusqu’à elle.
Tandis que la charmante enfant échappait pour la troisième fois à ses piègestriomphait pour la troisième fois de ses embûches, la reine, dans son palais, consultait le miroir suspendu au mur :
« Miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Et comme auparavant, il répondaitEt comme naguère il répondait :
« Madame la reine, vous êtes la plus belle ici,
Mais Blanche-Neige, au-delà des montagnes,
Chez les sept petits nains,
Est mille fois plus belle que vous. »
Lorsque la marâtre entendit cette nouvelle réponse, elle trembla de fureur.
« Blanche-Neige mourra, s’écria-t-elle, même si je dois y laisser la viequand il devrait m’en coûter la vie ! »
Puis elle s’enferma dans une chambre secrète où personne n’entrait, et y prépara une pomme empoisonnée, superbe à voir, blanche et rose de peau, fraîche à croquer ; cette pomme avait le pouvoir de tuer quiconque en goûterait un morceau. Lorsqu’elle eut fini de la préparerLorsqu’elle l’eut bien apprêtée, la reine se maquilla le visagela reine se peignit la figure, et, déguisée en paysanne, retourna dans les sept montagnes, au pays des sept nains. Parvenue à la cabane où demeurait Blanche-Neige, elle frappa, et la jeune fille mit la tête à la fenêtre.
« Je ne dois laisser entrer personne, dit-elle, les nains me l’ont interditles nains me l’ont défendu.
— Soit ! répliqua la paysanne, cela m’est égal ; on m’achètera mes pommes ailleurs ; tenez, en voici une, je vous la donne.
— Non, dit Blanche-Neige, je ne dois rien prendre.
— Auriez-vous peur qu’elle soit empoisonnéeAuriez-vous peur de quelque poison ? dit la vieille ; regardez, voici ma pomme coupée en deux moitiés : mangez la rouge, moi je mangerai la blanche. »
Mais la pomme était préparée si habilement que seul le côté rouge était empoisonnéavec tant d’art, que le côté rouge seul était empoisonné. Blanche-Neige avait bien envie de la belle pomme, et lorsque la paysanne se mit à en manger la moitié, la pauvre petite ne put résister plus longtempsne put y tenir davantage ; elle tendit la main et prit la moitié où se trouvait le poison. À peine ses lèvres eurent-elles touché la pomme qu’elle tomba morte sur le solA peine ses lèvres s’y furent-elles posées, qu’elle tomba morte sur le sol. La reine la regardaLa reine la considéra avec des yeux terribles, rit aux éclats et dit :
« Blanche comme neige ! rouge comme sang ! noire comme l’ébène ! cette fois-ci les nains ne te réveilleront pasne te réveilleront point ! »
Et lorsqu’elle interrogea son miroir, selon sa formule habituelle :
« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Il répondit enfin :
« Madame la reine, la plus belle, c’est vous ! »
Alors, le cœur envieux de la marâtre fut satisfait, autant que peut l’être un cœur envieux.
Les nains, en arrivant à la maison, le soir, trouvèrent Blanche-Neige étendue encore une fois par terre, sans souffle et sans mouvementsans haleine et sans mouvement. Ils la relevèrent, cherchèrent la cause de ce nouveau malheur, desserrèrent ses vêtementsla desserrèrent, peignèrent ses cheveux, et lui lavèrent le visage avec de l’eau et du vin ; mais rien n’y fit : la pauvre enfant était morte et resta morte.
Ils la couchèrent dans un cercueildans une bière et se mirent tous les sept autour d’elle, veillant et pleurant pendant trois jours. Puis ils voulurent l’enterrer ; mais elle avait si bien l’air d’une personne vivante, tant ses joues étaient fraîches et roses, qu’ils se dirent :
« Nous ne pouvons la mettre dans la terre noire. »
Ils lui firent un cercueil de verre pour qu’on puisse la voirpour qu’on pût la voir de tous côtés, l’y déposèrentl’ensevelirent dedans et écrivirent dessus en lettres d’or, qu’elle était fille de roi, et se nommait Blanche-Neige. Ensuite ils placèrent le cercueil sur le haut de la montagne, et l’un d’eux restait toujours auprès d’elle pour la garder. Les oiseaux vinrent aussi pleurer Blanche-Neige : le premier fut un hibou, le second un corbeau, et le troisième une colombe.
Blanche-Neige resta ainsi longtemps dans son cercueil, sans changer d’apparence. Elle semblait toujours endormie : elle était toujours blanche comme neige, avec des joues rouges comme du sang, sous ses beaux cheveux noirs comme l’ébène.Blanche-Neige était ainsi depuis bien longtemps dans son cercueil et ne changeait pas de figure, ne semblant toujours qu’endormie, car elle était toujours blanche comme neige, avec des joues rouges comme du sang, sous ses beaux cheveux noirs comme l’ébène.
Un jour, un fils de roi traversait la forêt. Il arriva chez les nains pour y passer la nuitOr, il advint qu’un fils de roi, allant par la forêt, arriva chez les nains pour y passer la nuit. Il vit Blanche-Neige couchée dans le cercueil de verre sur la montagne, et lut ce qui s’y trouvait écrit en lettres d’or. Alors il dit aux nains :
« Livrez-moi ce cercueil, je vous donnerai ce que vous voudrez. »
Mais les nains répondirent :
« Nous ne le livrerions pas pour tout l’or du monde !
— Eh bien, reprit-il d’un ton suppliant, offrez-le-moifaites-m’en présent ; car je ne peux plus vivre sans voir Blanche-Neige. »
Les bons petits nains, touchés par ses supplicationstouchés de ses prières, eurent pitié de lui et lui permirent d’emporter le cercueil. Les serviteurs du princeLes gens du prince le soulevèrent sur leurs épaules ; mais, ayant heurté du pied une grosse racine, ils tombèrent, et sous l’effet du choc, le cœur de la pomme sortit de la gorgepar l’effet du choc, le cœur de la pomme sortit du gosier de Blanche-Neige. Presque aussitôt, elle rouvrit les yeux, se redressa et dit :
« Mon Dieu ! où suis-je ?
— Avec moi qui t’aime plus que tout au monde ! s’écria le fils de roi plein de joie. »
Et il lui raconta ce qui s’était passé.
« Viens avec moi dans le château de mon père, dit-il, et tu seras ma femme. »
Et Blanche-Neige sentit bien qu’elle l’aimait aussi, et elle partit avec luielle s’en fut avec lui, et on prépara un mariage somptueuxla noce fut préparée en grande pompe.
On n’oublia pas d’inviter la méchante belle-mère à la fête. Après avoir mis ses vêtements et ses bijoux les plus somptueuxLorsqu’elle se fut parée de ses plus riches atours, elle se mit devant son petit miroir et dit :
« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »
Le miroir répondit :
« Madame la reine, vous êtes la plus belle ici;
Mais la jeune reine est plus belle que vous ! »
La méchante femme poussa un cri de fureurse récria de fureur ; dans son trouble, elle ne savait plus que faire. Tout d’abord, elle ne voulait plus aller à la noce ; mais bientôt elle changea d’avis et ne trouva pas le repos avant de partir voir la jeune reineelle changea de résolution et n’eut point de repos qu’elle ne fût partie pour voir la jeune reine.
Et lorsqu’elle entra, elle reconnut Blanche-Neige et resta immobile de terreur et d’angoisse.
Mais on avait déjà mis des pantoufles de fer sur un feu de charbons ardents, et on les apporta toutes brûlantes : elle dut chausser ces pantoufles rougies au feu et danser avec. Elle fut condamnée à danser jusqu’à ce que ses pieds soient entièrement brûlés et qu’elle tombe raide morteil lui fallut chausser ces pantoufles rougies au feu et danser avec, elle fut condamnée à danser jusqu’à ce qu’elle eût les pieds consumés et tombât roide morte.