« Par une matinée de Pâques, pareille à celle où Valdemar Daae crut avoir découvert le secret de faire de l’or, j’entendis chanter un cantique sous le nid de la cigogne, dans la hutte délabrée : quelle voix douce et touchante ! on aurait dit le chant harmonieux des roseaux lorsque je les caresse. C’était le dernier chant d’Anne-Dorothée. Elle regardait la bruyère par l’ouverture qui figurait la fenêtre de la cabane. Le soleil resplendissant vint comme un immense globe d’or se montrer à ses yeux. À ce spectacle, tous ses souvenirs se ravivèrent. Elle poussa un dernier soupir, puis son cœur se brisa, et ses yeux se fermèrent pour toujours. Je fus seul à chanter à son enterrement, dit le vent. Je sais où est sa tombe et celle de son père ; personne au monde ne les connaît.
« Aujourd’hui, une voie de fer passe à l’endroit où ils reposent tous deux ; un long train de wagons, lancé à toute vapeur, arrive avec fracas : le voilà déjà loin. On entend encore : Hou-ou-houd ! sch-sch ! Je file, je vole !
« Je fais de même : mon histoire est finie ! »
par Hans Christian Andersen
illustrés par Edmund Dulac
Édition de 1911
URL: https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31719010d
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